Nouveau monde

De Gaulle semble avoir pensé que les nations ont des personnalités. C’était peut-être une idée de son temps. Un temps de Kultur. Mais c’est aussi une idée d’anthropologue et de Montesquieu.

A ce sujet, redécouvre-t-on le véritable visage des USA ? peut-on s’interroger. Un visage qu’aurait fait oublier Roosevelt et un après guerre de science et de progrès.

Jusqu’à Roosevelt, les USA furent le pays de la spéculation et de la crise économique terrifiante. Ils se caractérisent aussi par un puritanisme oscillant. Soit l’Américain veut convertir le monde à la vraie foi, soit il veut s’en isoler pour ne pas être corrompu.

Paradoxalement, les USA et la Chine sont des Etats laïques, issus du Marxisme, fils de la raison des Lumières. Les USA sont une théocratie. Ils craignent l’athée, et aiment les fondamentalismes.

Leur force est probablement leur hypocrisie, ce que les Indiens appelaient « langue fourchue », et ce que Robert Merton nommait « innovation ». S’ils s’en prennent aujourd’hui à leurs amis, s’ils renient la ligne qu’ils ont suivie depuis la guerre, c’est une innovation : c’est un moyen efficace d’obtenir un petit gain. Ailleurs, ils appellent la mort « maladie », car la maladie est bonne pour le business.

Comme dans la fable du scorpion et de la grenouille, il ne faut pas leur en vouloir : c’est dans leur nature. En revanche, il faut s’en méfier.

Cela pourrait-il causer leur perte ? Ils ont relancé l’Islamisme, fourni des armes à l’Iran, prôné la croissance par les services et sous-traité leur production à la Chine, etc. Leurs coups tordus finissent toujours par nous retomber sur le nez. Peut-être faudrait il réorienter un peu mieux les effets de leurs innovations ? Façon « containment » ?

Trump suite

M.Trump annonçait, l’autre jour, assurer la domination des USA sur l’intelligence artificielle.

Depuis 40 ans que je m’intéresse au sujet, je ne le trouve pas très sérieux. Mais, pas sérieux n’est pas américain. L’entrepreneur américain est un bateleur. Ce n’est pas un esprit scientifique. Le seul arbitre de sa vie est le succès. La fin justifie les moyens. Et, s’il réussit, c’est que Dieu est de son côté.

La logique de Trump est celle du mauvais coup. C’est de bonne guerre.

Chez lui, aux USA, c’est aussi une guerre. Mais une mauvaise guerre. Contre les universités, d’abord, et maintenant contre M.Obama. Règlement de compte ? Les démocrates ont déclenché la justice contre lui, et ont fait de sa vie un enfer, maintenant il veut les faire payer ?

Bienvenue au FarWest ?

Santé chinoise

La croissance chinoise demeurerait forte, et ce malgré la faiblesse de la demande intérieure. Les Chinois seraient parvenus à réorienter leurs exportations des USA vers le reste du monde, en particulier l’Europe.

Comment font-ils ? Des complices ?

L’Europe, la France surtout, donne un curieux spectacle. Elle est accusée par Trump d’avoir dévalisé les USA, alors qu’elle se trouve dans une situation identique à la leur. Mais alors qu’il réagit, elle semble impuissante tout en convainquant son peuple du contraire.

« There’s a tendency to sideline China-related issues in Europe because we just have so many things on our plates, » Bachulska said, referring to the Ukraine war and the EU’s trade dispute with Trump. « China seems just to be a geographically distant challenge … [but] many of the impacts of Chinese policies are going to be felt in Europe very soon. »

Article.

Avenir des USA

As Canada’s PM Mark Carney recently put it, “The United States is beginning to monetize its hegemony.” 

In time, US citizens may find themselves trapped in a diminished, nightmare America—like a post-Musk Twitter at scale—de-enshittifying the platforms of American power isn’t just an urgent priority for allies, then. It’s an imperative for Americans too.

Wired

https://bsky.app/profile/wired.com/post/3ltz4bbpn6c26î

Dans les années 80, les USA et ses entreprises paraissaient ridicules. Ont-ils beaucoup évolué ? Leur histoire n’a été qu’une énorme bulle spéculative. Que savent-ils encore fabriquer ?

Trump tente de forcer l’industrie à se réinstaller dans son pays. Mais ledit pays a-t-il vraiment ce qu’il faut pour réussir ? Une nation forte se fait-elle avec des citoyens qui veulent devenir milliardaires, ou avec des héros inconnus qui servent un idéal commun ? En utilisant des méthodes de mafieux pour protéger les intérêts de ses entreprises, et contrebalancer leur incompétence, Trump les encourage-t-il à se réformer ?…

F35

Un temps, on entendait beaucoup parler du F35 américain. Ce devait être un avion révolutionnaire, mais il sombrait dans le ridicule. Puis, plus rien. Dernièrement, même, on lisait qu’il avait fait des exploits.

Un article de linkedin semble dire que les rumeurs étaient justes, cet avion est ridicule. Sa conception a été bâclée. Ses succès militaires tiendraient à ce que les Israéliens auraient fait, comme pour les téléphones, un reconditionnement. Ils auraient gardé la carcasse et changé le logiciel. Et ses succès commerciaux, à l’art du parrain Trump de la « proposition que l’on ne peut refuser ».

Cet avantage concurrentiel est-il durable ?

UK F-35 jet fleet dogged by delays and staff shortages, watchdog says
Aircraft programme ‘shortcomings’ are undermining the effectiveness of Britain’s armed forces, NAO says

Financial Times 10 juillet.

Boeing Boeing

Vendredi dernier je lisais deux nouvelles concernant Boeing. La première disait que le dernier accident d’un Boeing semblait tenir à une alimentation en pétrole qui s’était coupée d’elle-même, l’autre que les affaires de Boeing allaient mieux que celles d’Airbus.

Avec mon mauvais esprit usuel, j’ai pensé que cela devait tenir à l’appétit du lucre des compagnies aériennes et au pouvoir de nuisance américain, dont Trump n’est qu’un pâle représentant.

Politique sociale

Pour avoir voulu toucher aux pensions d’invalidité, le gouvernement anglais a failli sauter. Il est, maintenant, un canard boiteux : il doit trouver 5md£ pour équilibrer ses comptes, alors qu’il a démontré son impuissance.

Curieusement, M.Trump semble faire la même chose aux USA, sans beaucoup de remous.

Cela tient peut-être à une forme de « populisme » de l’extrême gauche anglaise. Mais, je me demande si l’explication ne vient pas plutôt de la mentalité américaine. Ainsi à l’époque de l’Obamacare, ceux qui en profitaient y voyaient une inacceptable atteinte à leurs droits. Le droit fondamental d’un Américain est de pouvoir être un « self made man » ?

Trump et la science

Depuis quelque temps, je n’entends parler que du nouveau téléscope Véra C. Rubin. Il aurait des capacités exceptionnelles, notamment celles de montrer l’univers en « quatre dimensions », selon la BBC.

J’ai aussi entendu dire que l’on y travaillait depuis 30 ans, et que cela avait occupé « deux mille ingénieurs ».

Je me suis demandé si, au temps de Trump, la science avait encore de l’avenir. Ce type de projet, disait une histoire de la CIA, s’expliquait par la lutte que se sont livré l’URSS et les USA. Il s’agissait de se faire des alliés en les impressionnant par ses exploits scientifiques. Les USA semblent revenir à leur nature, qui est le profit à court terme.

C’est, d’ailleurs, ce qui est déjà arrivé au domaine qui m’intéresse : les sciences humaines. Toute la science allemande a été récupérée, avec les universitaires juifs fuyant l’holocauste, par les Américains qui l’ont mise au service des affaires. C’est pourquoi, en particulier, on ne s’intéresse qu’au changement des entreprises.

Déjà, on parle du « business » qu’il y a à faire avec la lune. Les universitaires vont avoir à poursuivre dans cette voie ?

Nouveau monde

Donald Trump ally seeks to snap up DR Congo mine as US brokers peace deal
Financier Gentry Beach in talks over Rubaya coltan mine as Washington dangles investments to accompany end to regional conflict

Financial Times du 27 juin

Depuis toujours les bons sentiments semblent avoir caché des intérêts que la morale réprouve. Avec Donald Trump on est entré dans une nouvelle ère : le népotisme a pignon sur rue.

Au moins, l’hypocrisie était elle un hommage à la vertu ? Désormais la seule vertu qui compte est l’intérêt ?

Pour être honnête, ce n’est pas surprenant. Dans les mythes fondateurs des USA, il y a les « robber barons ». Les USA doivent leur succès à des êtres sans foi ni loi. Mais, qui ont fini par donner leur fortune à la nation.

(Ce qui expliquerait, d’après certains, qu’ils s’entendent si bien avec oligarques et mafieux. Ils pensent qu’ils sont les précurseurs naturels du capitalisme, le parangon de la vertu, selon eux. Seulement, ils sont très surpris lorsque ceux-ci conservent leur argent.)

Moment Sarko ?

Hier, j’entendais M.Trump nier la véracité d’un rapport de ses services secrets. Ils doutaient que sa frappe sur l’Iran ait eu les résultats désirés. Du pur Trump. Mais, dans ces circonstances, c’était pitoyable.

Ne serait-il victime d’un « moment Sarko » ? Comme notre président, il se donne des objectifs impossibles, et, lorsqu’il ne parvient pas à les atteindre, il est prêt à tout pour faire croire qu’il a réussi ?