Responsabilité

Les derniers billets me ramènent à un livre lu il y a longtemps. Il parlait de RSE.

Parmi les scénarios d’évolution de l’IA, il y a celui de 2001 Odyssée de l’espace, disais-je. Mais l’entrepreneur américain n’en a cure. La seule responsabilité qu’il ait c’est de réussir. La fin justifie les moyens. L’humanité peut crever. La seule chose qu’il respecte, c’est la force.

La culture de la drogue

Midnight express : propagande ? L’histoire racontée serait une fausse nouvelle. Les USA accusaient la Turquie de leur exporter de la drogue. En arrêtant un trafiquant, la Turquie a voulu leur rendre la monnaie de leur pièce. Ledit trafiquant, d’ailleurs, ne se serait pas libéré par ses propres moyens, comme le raconte le film, mais par l’intervention de la CIA. Quelques années plus tard, il est venu s’excuser des dommages qu’il avait causés à la Turquie.

Peut-être serait-il temps de s’intéresser à l’hypocrisie des USA ? Car l’histoire récente ne semble que le résultat de leurs coups foireux, et de leur incapacité à voir plus loin que le bout de leur nez. Ainsi, en Afghanistan, ils ont laissé leurs alliés cultiver la drogue (que les Talibans avaient éradiquée), au motif que ça ne pouvait pas leur faire de mal, puisqu’elle était à destination de l’Europe.

Concordance des temps.

Betting the farm

Le capitalisme américain à son meilleur.

La fuite dans une spéculation de plus en plus créative.

2 annonces du Financial Times, le 2 février dernier :

SpaceX buys xAI in $1.25tn deal to unite crucial parts of Elon Musk’s empire
Rocket company boosts valuation to $1tn and pays $250bn to acquire AI start-up as Musk envisions data centres in space

Oracle raises $25bn in bond offering despite concerns over rising debt
Company’s huge bet on AI has prompted investor concerns about the sustainability of its spending

(Un tel phénomène serait-il possible chez un peuple un peu plus évolué ?)

Post scriptum

Big Tech’s ‘breathtaking’ $660bn spending spree reignites AI bubble fears

Financial Times du 6 février

Big Tech groups race to fund unprecedented $660bn AI spending spree
Executives face choice between cutting returns to shareholders, raiding reserves or tapping the markets

Financial Times du 8 février

Heureux comme le diable aux USA ?

Le diable se serait transformé au Moyen-âge. Jusque-là c’était un « bon diable » que l’on pouvait berner. Mais cela n’a pas plu à l’église, qui ne pouvait admettre que chacun puisse à la fois avoir du bon et du mauvais. D’où un effet curieux : l’Occident s’est mis à convertir l’infidèle à tour de bras, de peur que le jour du jugement dernier il ne passe en masse à l’ennemi.

Mais le diable n’est plus à la mode. Alors il s’est réfugié aux USA.

Concordance des temps.

Thelma et Louise

Relecture de l’argument de Thelma et Louise, film que j’ai dû voir à sa sortie.

Je pense qu’on ne peut le comprendre si l’on ne connaît pas l’Amérique. L’Amérique est un pays de pauvres. Il est riche de bien matériels, synthétiques, fast food ou autres, mais ses habitants sont curieusement frustes. Il n’y a peut-être que le peuple anglais qui s’en approche. Car l’élite anglaise est intellectuellement bien plus sophistiquée que l’américaine.

Le propre de l’Amérique est de ne pas avoir de culture ? Peuple d’individus, une innovation ? Pour un anthropologue, il n’y a rien à étudier ?

Enantiodromie

Comment l’aventure Trump va-t-elle se finir?

Si nous sommes encore là pour en parler, il se pourrait qu’en bonne application de la systémique, elle donne le contraire de ce qu’esperait Trump.

On commence à se dire que l’on ne peut pas compter sur les USA et qu’il serait bien de chercher d’autres fournisseurs.

talk of strategic decoupling has expanded beyond military and defense, with German politicians discussing ways to reduce dependence on the U.S. in areas ranging from gold storage to policing software and American liquefied natural gas.

politico Berlin bulletin

Concorde

Concorde commençait sa carrière commerciale il y a 50 ans (le 21 janvier). C’était un avion révolutionnaire. Et il avait ses fans, pilotes, hôtesses, passagers.

Mais, il fut victime, déjà, d’un coup en traître des perfides Yankees. Ne parvenant pas à construire un supersonique, ils ont torpillé Concorde.

Un temps, la France déclarait des guerres pour un oui, pour un non, puis elle a tendu la joue gauche. Ne serait-il pas temps qu’elle retrouve un juste milieu ?

(Curieusement, même enfant, je n’ai jamais rêvé de Concorde, je n’appréciais pas sa ligne, sa carlingue était étroite et ses sièges ne semblaient pas confortables, et je ne voyais pas l’intérêt de voyager dans un avion de chasse… Ceux qui l’ont emprunté m’ont parlé d’un argument auquel je ne suis pas sensible : les sensations que l’on ressentait lorsque l’on était projeté à la verticale, lors du décollage.)

Fâcheux précédent

Un professeur de droit international juge le kidnapping du président du Vénézuela.

Je retiens surtout qu’il confirme notre bon sens ordinaire. Oui, c’est un fâcheux précédent. Nous en sommes revenus au 19ème siècle. Ce qu’a transgressé M.Trump « the prohibition of the use of force » (interdiction du recours à la force ?). Cela devrait encourager non seulement les grandes puissances, mais aussi les puissances locales à écraser leurs petits voisins.

Il en appelle à la sagesse des petits Etats. Ils doivent parvenir à contenir les gros.

Une question. L’histoire semble montrer qu’aucun pays n’est durablement « le plus fort ». D’autant qu’il peut être victime de conflits internes qui le disloquent. Et si les lois internationales étaient dans l’intérêt de tous ?

Landemain qui chante

M.Trump un temps s’est intéressé à la Corée du nord, il a envoyé des bombes sur l’Iran, maintenant il a enlevé le président du Vénézuela. Où cela le mène-t-il ?

Son plan semble être de s’entendre avec le gouvernement vénézuélien actuel (qui est celui de M.Maduro, sans lui) et de demander aux pétroliers américains de s’emparer du pétrole vénézuélien. D’après ce que je lis, ledit pétrole vénézuélien est d’un type particulier (« brut extra-lourd »). Il a besoin de retraitements extrêmement coûteux. Les installations nécessaires ont été laissées à l’abandon. Les reconstruire signifie des investissements très importants. Or, le pays serait aux mains de sortes de seigneurs de guerre. D’ailleurs rien ne garantit qu’il n’y aura pas une nouvelle nationalisation au départ du gouvernement Trump. Qui peut vouloir s’engager dans de telles conditions ?

Bref, tout le monde fait le mort en attendant que M.Trump soit pris d’une nouvelle lubie ? Et si c’était sa logique ? Faire la une des journaux ? Faut-il se demander quel est le prochain coup qu’il prépare ?

(Se pose surtout la question de l’Amérique latine et de bien des pays : ils semblent osciller entre des extrêmes. Le seul moyen de les en sortir serait-il économique ? Qu’ils parviennent à créer une économie propre, qui ne dépende pas seulement de leurs ressources naturelles ? La recette de la démocratie apaisée ?)

Prochain coup

Au fond, Trump est marqué du signe du Vietnam : ce qu’il fait s’enlise. Mais cela ne risque-t-il pas de le pousser à quelque extrémité déplorable ?

Affaires étrangères d’hier pose une question curieuse : et si Trump était une marionnette ? Apparemment, il y aurait deux lobbys derrière lui : le GAFA, qui hier paraissait si « cool » alors qu’il ne rêve que de domination mondiale et d’énergie pour son intelligence artificielle, et une « élite » de fanatiques.

En outre, il faudrait faire le deuil de l’espoir de retour à la situation antérieure après Trump. Les USA ont fait leur coming out. Les invités de l’émission semblaient en déduire que l’Europe devait se préparer à utiliser ses atouts pour profiter d’un monde dont la règle est le rapport de forces et le coup bas.