La décarbonation ce n’est pas que la voiture électrique, c’est aussi de nouveaux modes de production pour la chimie, l’agroalimentaire et la cosmétique. Un changement du tout au tout, qui prend de court une part considérable de notre économie.
La transition écologique est industrielle. Or, l’industrie demande des investissements à très long terme. Ce qui n’est pas le métier du capital risque que nous a valu la « French tech ». Un économiste me disait que « décarboner, c’est creuser le déficit ». Or, au moins pour la France, il n’en est plus question. Au contraire.
Ce n’est rien d’autre que ce que dit le rapport Draghi : l’Europe a légiféré radicalement, mais seuls la Chine et maintenant les USA, ont fait ce qu’il fallait pour respecter ses normes.
On pourrait même dire, en ce qui concerne la France, qu’elle a fait le contraire de ce qu’elles signifiaient : elle a détruit son industrie. Nous ne sommes pas loin d’être échec et mat.
Nous avons vécu l’âge de l’intellectuel ? L’intellectuel vit dans le monde des idées de Platon ? Il a trouvé une noble cause : le réchauffement climatique ? Et il croit que pour le régler tout est une question de lois ? J’ordonne, tu obéis ? Quant aux usines, et tout ce qui demande d’employer ses mains, c’est sale, et doit être éliminé ?
(Paradoxalement, l’intellectuel ne sait pas penser : « pensée simplifiante » et non systémique ?)
Cette semaine, c’est du jamais-vu, on a vu la France s’endetter plus cher que la Grèce à six mois et voir ses taux à cinq ans s’envoler au-dessus de ceux de la dette hellénique, en quasi faillite il y a dix ans. Après le Portugal, nos taux à dix ans ont dépassé ceux de l’Espagne.
Philippe Mabille, La Tribune, « Bercy, ce Titanic qui regarde l’iceberg en chantant ! »