Le marché a remplacé les droits de l’homme. Et ce sans révolution.
Étiquette : Thucydide
Le marché crée-t-il de l'emploi ?
Qui est notre président ?
J’ai fini par apprendre que Mme Trierweiler avait publié les souvenirs de sa vie à l’Elysée. Une nouvelle image du président apparaît. Jusque-là on le disait incompétent. Cette fois, il paraît malhonnête. Une sorte de Tartuffe ? Qu’a-t-il de socialiste ? Apparemment, il vit dans le luxe, et il méprise les pauvres…
Au fond, tout ceci donne raison à Stéphane Hessel. Ce que cet événement a de plus remarquable, c’est à quel point il montre notre perte de capacité à nous indigner.
(Et The Economist titre : « France’s priapic president« …)
La machine va-t-elle remplacer l'homme ?
- L’homme ne coûte rien. Il se développe tout seul. Il consomme peu, et se nourrit de ce qu’il trouve.
- Surtout, la force de l’homme, c’est la société. Il crée un tout, le groupe humain, qui est quelque chose d’autre que ses membres. Une sorte de « sur être », qui leur permet de réussir des choses inconcevables par chacun d’entre eux.
Commerce électronique : essoufflement ?
Les errements du pilotage de la performance
- Force : parce que notre créativité exceptionnelle vient d’une rencontre d’opposés, en caractère, en compétence, en expérience… (Cette diversité est la recette des « groupes de créativité » qu’utilisent les cabinets d’étude de marché.)
- Cohésion : nos « faiblesses » individuelles viennent d’un déséquilibre entre nos caractéristiques personnelles, certaines sont excessivement développées, d’autres pas du tout. Or c’est parce que ce déséquilibre est de grande dimension qu’il permet de contrebalancer les faiblesses collectives du groupe. D’ailleurs le groupe a été longtemps instable, jusqu’à ce que certaines personnes le rejoignent.
Entreprises : avantage à l'ancienneté !
Voilà qui est surprenant. Aux USA, ce sont les vieilles entreprises qui gagnent de plus en plus de parts de marché. Au détriment des start up. Résultat : « vieillissement des entreprises américaines« .
La vieille entreprise aurait des avantages difficiles à égaler.
Mais ne nous répète-t-on pas qu’il faut détruire le vieux pour faire du neuf ? Vive les start up ? Nouvel exemple de lavage de cerveau ?
La guerre du Péloponnèse, de Thucydide
Et si Thucydide avait raison ?
Quand j’ai une minute, je lis La guerre du Péloponnèse de Thucydide. Fort bon livre fort bien écrit. Régulièrement, nos ancêtres se sont étonnés de sa modernité. Je ne ferai pas exception à la règle.
Que dit Thucydide ? Les Grecs défont les Mèdes. Exploit extraordinaire pour un peuple de va-nu-pieds face à une superpuissance riche et centralisée. La victoire acquise, les cités grecques, Athènes en particulier, appliquent leur esprit d’entreprise au développement de leurs affaires. Rapidement, c’est la guerre du Péloponnèse. Athènes et ses alliés (en fait des cités asservies) contre le reste de la Grèce. Mais surtout, revirements d’alliance incessants, dans chaque cité les oligarques contre le peuple, et, finalement, tout le monde contre tout le monde, et chacun pour son intérêt. La médiocrité liquidant la valeur, Athènes, qui avait tout pour gagner, est défaite par sa propre incompétence. Mais il n’y a pas de vainqueur. Car toute la Grèce est exsangue. Alexandre n’en fera qu’une bouchée. Puis viendront les Romains.
Et le parallèle ? C’est la fin de l’empire soviétique. Depuis 25 ans, l’individualisme occidental s’est répandu sur le monde comme la vérole sur le bas clergé.
(L’Anabase de Xenophon semble n’être rien d’autre qu’une variante de la même leçon. United we stand, divided we fall.)
L’arrogance, réel mal de l’entreprise française ?
- On nous a lavé le cerveau. Le salut est à chercher dans ce que l’on croit ne pas marcher. Il faut tout mettre en cause. Non le Français n’est pas un nul, non ses syndicats, l’Etat, les impôts… ne sont pas des boulets, non ses dirigeants ne sont pas des retardés intellectuels lâches, non il n’y a pas de salut que dans les high tech, l’énergie propre ou les biotech, non votre entreprise n’est pas condamnée par la fatalité, oui, elle sait faire quelque chose d’unique, et qui a du prix…
- Il faut attaquer nos démons, répété-je à l’envi. Les changements auxquels je participe depuis mes débuts commencent toujours par un changement inattendu. L’attaque du démon de l’entreprise. Où faut-il chercher son démon ? Pour Christian Kozar, notre démon national, c’est l’arrogance. Une arrogance qui nous fait croire que le monde se pliera à la justesse de notre raisonnement. Ce qui échoue. Si bien que nous incriminons la « résistance au changement » du dit monde. Et que, pour faire réussir nos plans, nous prenons quelques arrangements avec nos valeurs. Affronter ses démons, c’est accepter le monde tel qu’il est. Et se demander comment lui faire entendre notre raison. Si l’on y parvient, on saura réussir dans le monde. C’est alors qu’on aura l’idée du vrai changement. Celui qui rendra durable l’entreprise. Et qu’on le mènera à bien.
- Enfin, pour conduire le changement, il faut choisir une technique qui est adaptée à la complexité de l’entreprise moderne : le changement planifié. Et renoncer au « changement dirigé », autrement dit au passage en force. (Autre conséquence naturelle de notre arrogance ?)
