Je lis Thatcher and sons, les réformes thatchériennes en Angleterre, et relis l’étude sur le totalitarisme de Hannah Arendt. Parallèles imprévus. Et inquiétants.
Étiquette : Thatcher
Nouvelle semaine de dépression
La Corée du Nord pourrait être une nouvelle victime du capitalisme. Une classe commerçante s’est constituée, à laquelle ne devrait pas résister sa dictature. La monnaie chinoise prend une place grandissante dans les échanges. Particulièrement chez les pays émergents, habitués à utiliser la monnaie des autres.
Le monde d'après la crise
Depuis ses origines, ce blog se demande sur quoi peut déboucher la crise. Cela fait quelques temps que The Economist penche pour le modèle scandinave. Son argument : c’est un modèle non idéologique. Il y en a pour tout le monde : Etat protecteur d’un côté, entreprise libre de l’autre. Toujours méfiant, je me demande si The Economist n’a pas peur qu’une réaction au tout libéral des dernières décennies ne renvoie le monde vers le socialisme. Tente-t-il d’arrêter le balancier en milieu de course ?
Pourquoi l’Anglais ne veut plus de l’Europe ?
Il paraît que l’Angleterre fait de la contrepublicité. Elle se décrit comme moche et pauvre. Histoire de décourager le potentiel immigré. D’après France Culture ce matin.
Changement : une étude de marché
Depuis mon dernier livre, j’ai creusé la question du changement, en allant au-delà de la technique et en regardant les changements qui modèlent notre histoire, et la conception qu’en avaient les différentes civilisations. J’ai découvert que le changement, au sens de ma définition, était une problématique centrale à la fois de la pensée humaine et de la science. Maurice Godelier en fait même le propre de notre espèce (modifier les règles qui gouvernent nos comportements collectifs).
J’espérais ainsi avoir des arguments pour convaincre la France de se pencher sur le sujet. Mais j’ai surtout compris qu’il y avait chez nous un blocage vis-à-vis de tout ce qui concerne l’entreprise. Et surtout qu’un groupe influent proche de l’ancien gouvernement avait conçu « changement » comme une application littérale des méthodes Thatcher. Or, leur rôle est de détruire « l’ennemi » (conçu comme forces rétrogrades, malheureusement nous sommes tous « rétrogrades » par certains côtés). Pas de régénérer la société.
Bref, changement à une connotation effroyable ! Et ma vision humaniste (mais scientifique) de la question n’a pas de marché en France. (Ou un marché étroit.)
La France et le mal anglais
Parmi les réhabilitations inattendues, celle de Mme Thatcher. Premier frémissement : billet sur Siegmund Warburg. Il laissait entendre que seule Mme Thatcher était parvenue à secouer la paralysie anglaise. Et voilà que je viens de rencontrer quelqu’un qui a vécu dans les années 60 en Angleterre, et qui confirme un blocage total. La faute des syndicats. Certes, Mme Thatcher a causé des dégâts irréparables, mais, dans ces conditions, il était difficile de faire dans la dentelle, me dit, en substance, mon interlocuteur.
Sarkozy : Thatcher honteux ?
Les changements de l’université mériteraient une enquête. Quelques idées inattendues récoltées au hasard des rencontres :
La recherche devait devenir excellente. Elle aurait, elle aussi, été restructurée, encadrée par allocation de crédit et orientée vers ce qui compte vraiment pour l’avenir de l’humanité : le classement de Shanghai et les besoins de l’économie.
Cette technique a une double particularité. 1) C’est un moyen de démolition, non de changement. 2) Elle procède par enfermement de l’ennemi, en lui coupant les vivres. Se produit alors un effet curieux, quasiment auto-réalisateur : les misérables s’entretuent.
Siegmund Warburg, don Quichotte anglais?
FERGUSON, Niall, High Financier, Penguin, 2011.
Confucius et le libéralisme
Confucius aurait aimé travailler à la définition des mots, paraît-il. Il semblait penser qu’elle déterminait la bonne santé du monde. Je me demande s’il ne voulait pas dire que les mots ne sont pas neutres, ils sous entendent comment réaliser ce qu’ils désignent. Un exemple :
La société n’existe pas
Peu après avoir écrit sur Nicolas Sarkozy et la police, j’entends dire que Margaret Thatcher a nié l’existence de la société. Quelquessiècles de sciences humaines liquidés en une phrase !
Elle s’appuyait sur Hayek. Il semble avoir pensé que :
Toute considération réaliste des intérêts généraux de la société disparaît avec l’émergence d’une économie mondiale structurée par la division du travail, le libre accès aux marchés et le choix de l’individu. La cohésion d’un système aussi développé repose sur l’auto-ajustement plutôt que sur un ordre social rigide. Et, parce que ses résultats ne peuvent pas être prévus ou suivis, sa moralité est fondée sur l’action plutôt que sur les conséquences.
Dans ce contexte, il ne peut pas y avoir de société qui se donne des règles. Plutôt, un consensus sur des règles émerge à mesure que des individus tentent d’interagir de manière cohérente. Ce processus spontané de règles adaptatives ne doit pas être confondu avec le concept fallacieux de société, duquel les individus peuvent espérer des droits et dont ils doivent servir les fins. (Explication tirée d’ici.)





