Et si notre gouvernement était victime d’un biais systémique ? Vous savez, ce qui enferme les nations dans un cercle vicieux…
Il compare nos entreprises avec l’étranger. Ce qui l’amène, sans surprise, à nous enjoindre de nous conformer au modèle américain (Start up / deeptech) et allemand (ETI / production industrielle automatisée). Il considère, aussi, implicitement, que l’initiative individuelle fait le succès économique. En conséquence de quoi il juge que nos patrons ont besoin, pour se mettre à niveau, de formations de type MBA. De même, l’usine, qu’il aime, désormais, ne peut-être qu’allemande, avec beaucoup de machines, et consommant beaucoup d’énergie.
Y-a-t-il une autre façon de penser ?
Si l’on part des forces culturelles de nos entreprises, l’histoire n’est plus la même.
Je constate que nos patrons sont des “entrepreneurs purs”. Ils vont où les Allemands ont peur d’aller. Et ils sont stimulés par la contrainte, la crise. Mais ils ont un potentiel qu’ils ignorent.
Ce potentiel ignoré, quand il est exploité, produit une différenciation unique (changement à coût quasi nul). Comme en Suisse, la contrainte, pénurie RH, énergie, CO2… doit être le moteur de changement. Seulement, elle conduit à l’émergence d’un type d’entreprise qui n’a rien d’allemand : il est biosourcé, à faible énergie… son innovation est « organisationnelle » plutôt que mécanique. A l’allemande, mais sans les moyens allemands !
Le gouvernement interprète mal l’exemple allemand, d’ailleurs : l’ETI allemande, en particulier, résulte d’un plan national, c’est le collectif qui est l’avantage concurrentiel d’une nation, pas le “génie” individuel.
Bref, la clé du changement dont nous avons besoin, c’est de reconstituer la solidarité locale. Pour cela, je constate l’efficacité du conseil de pairs (« cerveau collectif”), et l’intérêt de “placer le patron sur ses forces” : métier / produit. En lui adjoignant des managers professionnels pour réaliser son potentiel. (L’entreprise allemande est dirigée par 4 personnes.)
En ces temps de crises internationales, nos champions nationaux sont en danger, et nous aussi. Et si notre planche de salut était la France de l’intérieur ? Et si notre gouvernement adoptait le feedback positif américain, plutôt que le feedback négatif de la maman française ?