Humanité : crise existentielle ?

Nous venons de découvrir que, volontairement ou non, M.Poutine peut déclencher un accident nucléaire. Mais il n’est pas le seul. M.Xi Jinping veut envahir Taiwan, et, demain, M.Trump pourrait diriger les USA. Ces personnes commandent les armées les plus puissantes du monde.

Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. D’Internet au secteur médical, le « progrès » met entre les mains des individus les moyens de détruire l’humanité. Et d’individus, hommes politiques, scientifiques, milliardaires, ou simple bricoleur… qui ne sont pas les plus éclairés d’entre nous. 

Ce problème a été identifié, après guerre, par la communauté scientifique. Pour elle, le mal venait du « réductionnisme », l’obsession de l’humanité de l’individu ultime, de l’atome au sens grec du terme. Ce qui a conduit à la physique. Cette pensée nie la réalité de la vie, et conduit à la détruire. 

Cela a débouché sur la systémique, puis la théorie de la complexité. Edgar Morin est un des derniers représentants de ces temps. Le fameux « rapport du club de Rome » est un exemple de ce qu’elle a produit. 

La question est devenue infiniment plus grave. Non seulement le « progrès » n’a pas changé de principe, mais il n’est plus entre les mains de quelques-uns. Nous devons trouver le moyen de contenir les pulsions destructrices de milliards d’individus. 

Comme le disait Schumpeter, qui, lui, s’intéressait aux crises économiques, la solution est le « communisme ». Pas au sens de Marx, mais au sens de contrôle du « bien commun », qui est notre humanité. Au sens d’Elinor Ostrom. 

Comment faire ? La seule chose que l’on sache, c’est que, dans ce domaine, on ne sait rien et que, probablement, toutes les solutions que nous avons spontanément en tête sont pires que le mal… 

Méfie-toi de l'Etat quand il fait des cadeaux ?

Le CRTE (contrat de relance et de transition écologique), c’est  la relance par en bas. Les intercommunalités décident de projets locaux et en négocient les moyens avec l’Etat. Le changement planifié ? La fin du jacobinisme ?

« Le CRTE, un paquet sans cadeau » répond : attrape nigaud. En réalité, ce serait un moyen déguisé de faire faire à la collectivité locale ce qu’a décidé l’Etat, mais avec moins de moyens qu’auparavant. Mais, avec, en plus, le handicap nouveau d’un cadre dysfonctionnel hérité des dernières réformes : c’est l’intercommunalité qui décide, alors que c’est la commune qui connaît et subit la réalité, et doit appliquer les décisions d’en haut. 

Curieusement, on retrouve quasi exactement le mécanisme décrit pour les EHPAD dans un précédent billet. L’Etat jacobin impécunieux décide en fonction de la dernière mode (environnement, relance…), sans faire aucun choix, c’est génétique ? Mais ne veut pas assumer le coût de ses décisions ? Pour cela, il invente un dispositif supposé abuser le bon peuple, et lui faire réaliser des exploits, contre sa volonté. 

Peut être serait-il temps qu’il comprenne que ce qui est bon pour l’Ukraine est bon pour la France ? La défiance mine une nation. Le jour où notre gouvernement sera convaincu que l’entourloupe est interdite, il fera enfin travailler le cerveau qui lui vaut le titre « d’élite » et le pays entamera son redressement ? 

Meilleur des mondes

A l’époque où je travaillais avec les Chambres de commerce, leurs dirigeants me disaient qu’ils avaient la nostalgie des communistes : ils étaient convaincus qu’ils ne connaissaient rien à l’entreprise, mais ils voulaient de l’emploi. Tant que l’entreprise en fournissait, ils laissaient la Chambre faire son travail.

En écoutant l’histoire d’Ernest Bevin, je me suis demandé s’il n’aurait pas été plus efficace pour tout le monde que les syndicalistes aient été de droite. Les employés auraient bien gagné leur vie, et il n’y aurait pas eu de grèves. 

Comme dans ces histoires que l’on me racontait dans mon enfance, selon que l’on met une personne à un endroit ou à un autre, on obtient le paradis ou l’enfer ? Et c’est la raison et le bon sens qui pavent ce dernier ?

Staline, tsar comme les autres ?

On décrit Staline comme un ogre. Mais n’était-il pas, plutôt, un genre de tsar ? Solution de continuité ?

J’entendais, il y a déjà pas mal de temps, que le Goulag pourrait avoir remplacé le servage. Le pays ne pouvait pas vivre sans main d’oeuvre gratuite. En lisant Boulgakov (un billet précédent), j’y vois, aussi, une société qui collabore activement. D’ailleurs, comment un homme seul pourrait-il diriger tout un pays, sans collaboration enthousiaste ? Pas besoin d’être La Boétie ou Hannah Arendt pour se poser la question. Quant aux millions de morts, n’était-ce pas, tout simplement, un résultat normal de ce type de système ? La politique de Mao, elle-aussi, a tué en grand. Et les guerres napoléoniennes ont ravagé l’Europe, dans la joie et la bonne humeur. D’ailleurs, cela n’a jamais gêné personne que les guerres fassent des millions de morts, et de blessés.

Arrêtons d’attribuer les maux de l’humanité à des boucs émissaires, et considérons notre responsabilité collective ? 

France : le cercle vicieux ?

Surprenante (stupéfiante ?) étude de Patrick Artus

Il fait une modélisation systémique de la situation du pays. En bref : 

  1. Pour rendre possible l’égalité qu’exige notre culture, un système de redistribution extrêmement puissant existe, il est efficace, mais il asphyxie l’économie
  2. l’investissement nécessaire à la « transition écologique » en demandant un prélèvement sur la population et l’entreprise, à court terme, semble devoir accélérer violemment le cercle vicieux actuel. 
  3. L’UE présente des effets pervers de type « dilemme du prisonnier ».
  4. Le plus surprenant : le noeud du problème serait l’éducation, inadaptée. (Principe du raisonnement : faute d’employés qualifiés, les entreprises ne se développent pas, pour compenser le chômage des non qualifiés, il faut prélever sur les entreprises et les employés, ce qui affaiblit l’économie et l’entreprise…) Le décrochage aurait commencé à se faire sentir au début des années 2000. 
Qu’en penser ? Au moins quelques réflexions :
  • Le fait qu’il existe une sorte de thermostat de l’égalisation a été totalement ignoré jusqu’ici. Les politiques dites « libérales » qui visaient à améliorer la performance du pays ont dû faire exactement le contraire. (Ouvrir la porte d’un réfrigérateur n’abaisse pas sa température, mais augmente sa consommation d’énergie…)
  • La « transition écologique », quoi que l’on en pense, est une crise sans cause immédiate, qui risque d’avoir des conséquences redoutables. 
  • Il est clair que notre éducation a perdu le sens des réalités, que ses résultats sont abyssaux et que cela se traduit par chômage et pénurie RH. Mais de là à en faire la cause de la crise de toute l’économie, c’est inattendu. (Cependant, ce blog cite des études similaires pour les USA.) Le plus curieux, peut-être, est que la dégradation s’est produite il y une ou deux décennies, alors que j’avais l’impression que 68 avait été le point de départ de la destruction du système. 
En tout cas, cette étude donne l’impression que l’on est au bord du gouffre. Et que l’on va faire un grand pas en avant. J’ai beau constater que la crise est favorable au changement, et le répéter, la situation est préoccupante.

Pourquoi la raison déraille-t-elle ?

Enantiodromie. Propriété de certaines de nos actions de donner le contraire de leurs intentions. J’ai découvert ce terme il y a quelques années. Mon enthousiasme a été contagieux : un temps, et peut-être encore, j’étais cité par wikipedia. 

Les exemples d’énantiodromie sont partout. La France lui est propice. Pourquoi ? 

Un exemple le fera comprendre. Celui de la fusée et de la sonde interplanétaire. La trajectoire de cette sonde est calculée par la physique classique. Seulement, la sonde tend à ne pas y demeurer. Les petits écarts s’amplifient jusqu’à l’égarer. Si ce n’est pas le cas, cela tient à ses moteurs, qui la remettent sur les rails. 

Il en est de même de la raison. Or, la France est LE pays de la raison. La raison peut nous donner un objectif, mais, si elle prétend s’affranchir de la réalité, si elle n’est pas associée à un « asservissement », qui nous maintient sur la trajectoire désirée, elle pave l’enfer de bonnes intentions. Et l’ange fait la bête. 

Voilà pourquoi les institutions dont nous étions fiers vont à l’envers de leur mission.

2022 : à la recherche du système ?

On raconte l’histoire des aveugles et de l’éléphant : chaque aveugle, touchant l’éléphant, en tire la conclusion que c’est un arbre, une corde… 

Il se pourrait bien que nous soyons aveugles. Nous sommes confrontés à une quantité de problèmes. Le virus agit comme un révélateur. A chaque fois nous constatons qu’un principe auquel nous croyions inconsciemment est en train de changer en son opposé. Mais, nous n’avons pas encore trouvé l’éléphant. C’est à dire le « système » qui est en train de remplacer celui qui réglait nos mouvement depuis, peut-être, un demi siècle. 

Comment le trouver ? Comme les aveugles : en multipliant les expériences. Et, surtout, en favorisant le hasard. Car il nous sort des sentiers battus. 

Des mérites de l'antivax

S’il n’y avait pas d’antivax, il faudrait les inventer ? Car tant qu’il y en a, on peut toujours dire que c’est leur faute si le virus se répand, et mute, sans arrêt. Et cela évite aux gouvernements de chercher un « plan B ». A moins que leur « plan B » soit d’attendre que la société s’adapte, en jouant la montre ? 

Grand classique, et grand piège, du changement. C’est ce que j’appelle le « déchet toxique ». Tout problème a une solution évidente. Mais elle est incorrecte. Seulement, puisque l’on croit le problème résolu, on ne cherche plus ! Le « déchet toxique » est la ruse des systèmes. Ils créent, par exemple, des partis politiques ennemis pour nous faire croire que c’est l’un ou l’autre qui a raison, alors que les deux ont tort, et ne font que défendre les valeurs du dit « système », qui a fait son temps. 

(C’est aussi la question du « bouc émissaire » en philosophie (wikipedia).)

Le phénomène Zemmour expliqué ?

Eric Zemmour, c’est évident ? Toute sa force vient de sa présence dans les médias. Et pour avoir de l’audience, il doit choquer les bien pensants, et choquer toujours plus.  

Et voilà le paradoxe. Toute critique des opinions dominantes est interdite, aujourd’hui. Mais, c’est le modéré que tue la censure ! Elle laisse passer les extrêmes. Mieux, elle les pousse à l’absurde. 

Nouveaux privilégiés

Une observation frappante d’une émission sur l’isolement des personnes âgées (France Culture) : 

  • Nous ne sommes plus dans une société traditionnelle, dans laquelle on naît avec un rôle défini, au centre de relations sociales prédéterminées (le village, son milieu social…), désormais l’individu choisit ses relations. L’individu s’est libéré. N’était-ce pas ce qu’il voulait ?
  • Résultat inattendu : le patrimoine de l’individu est désormais le réseau auquel il a accès. Et cela donne des privilèges exorbitants à certaines couches de la société. 

En éliminant le lien social, on l’a rendu infiniment important !