Le journal d’une femme de chambre

Livre d’Octave Mirbeau, Folio.

Voici une femme de chambre sans éducation, mais qui écrit fort bien, surtout au subjonctif.

Sa triste vie révèle les coutumes hypocrites, corrompues et perverses des bourgeois. Dans cet univers, les domestiques ne peuvent survivre qu’en adoptant des mœurs criminelles. On se croirait dans l’affaire DSK ?

Compléments :

Juge d’instruction

Il n’y plus d’affaire DSK. Son accusatrice a été jugée indigne de justice.
En France, je soupçonne qu’un juge d’instruction aurait été nommé, qui aurait cherché à savoir ce qui s’était réellement passé.
Compléments :

DSK : leçons ?

Si l’affaire DSK en reste où elle semble être, il serait utile qu’elle nous serve de leçon.
  • La présomption d’innocence n’est pas un vain mot. Il serait bien qu’elle soit appliquée à tous.
  • Les amis de DSK ont montré qu’ils étaient de vrais amis. Ils le connaissaient bien, et ils n’ont pas eu peur de le défendre. Ce faisant, ils pourraient avoir fait ce que N.Sarkozy voudraient qu’ils fassent plus souvent : dévoiler des mœurs, des opinions, et une hypocrisie qui choquent l’opinion.
  • Protection de la vie privée des politiques. Peut-on occuper des fonctions gouvernementales lorsque ses mœurs prêtent au « piège » ?
Compléments :
  • Aux USA, il suffit de quelques tweets indécents pour détruire une carrière politique, ou de fréquenter des prostituées.
  • Quant à la justice américaine, elle semble à la hauteur de ce qu’en dit Hollywood. 

DSK et le vice de procédure

DSK pourrait être relâché pour vice de procédure : on avait montré à son accusatrice son portrait avant qu’il ne lui apparaisse au poste de police. (Les avocats de DSK pourraient plaider le vice de procédure – LeMonde.fr)
Si un tel argument peut tenir, aucun homme célèbre ne peut être accusé de quoi que ce soit : n’est-il pas dans notre tête à tous, et plus susceptible d’être reconnu que n’importe qui d’autre ?
Peut-on croire à la justice dans ces conditions ?

Compléments :

DSK et Colombo

Hier j’entendais un journaliste imaginer une rencontre entre Colombo et DSK. Comment fonctionne Colombo ? me suis-je demandé :
  • Les criminels que fréquente Colombo appartiennent à l’élite intellectuelle et économique américaine.
  • Ils sont criminels parce qu’ils se savent intouchables. En effet, soit on s’écrase devant eux, soit on essaie de les surclasser. Dans ce cas, arrive ce qui arrive fréquemment aux policiers français et américains : la faute.
  • Colombo ne plie pas, mais accepte sa position sociale subalterne. Ne faisant plus face au garde-fou que lui oppose ordinairement la société, son interlocuteur peut laisser filer sa logique jusqu’à l’absurde et s’enferrer. 

La France n’est que séduction

La séduction caractérise les relations sociales en France. C’est la conclusion qu’une journaliste américaine tire d’une enquête sur notre pays (Smouldering). (D’ordinaire, pourtant, les Américains nous trouvent détestables ?)
Mais; le commentateur du livre pense que l’affaire DSK va ternir notre image.
Et si cette affaire donnait, au contraire, du piment à notre nation ? Le monde découvre qu’elle abrite des satyres aux pulsions primitives, des créatures de Frankenstein Jr, qui rodent en toute liberté… Délicieux frisson pour un puritain ? 

Les Américains à Paris

« Quand un bon Américain meurt, il va à Paris ». Les Américains semblent avoir toujours beaucoup aimé Paris, « Jamais dans leur vie les Américains n’ont vu de tels parcs et palais, ou de si beaux et si nombreux ponts », disait-on. Pour autant l’Américain de Paris reste un Américain.
Cela tient peut-être à ce que l’Américain qui vient à Paris est très riche, et vit entre soi. Bien sûr, Paris n’est plus une cité lumière. Mais son élite est beaucoup plus amicale que jadis, comme le prouvent Minuit in Paris, Mme Lagarde ou DSK (que l’Amérique, d’ailleurs, ne veut plus nous rendre). Au fond, pour un Américain, Paris c’est un peu Londres, avec le frisson de l’exotisme en plus. 

Justice américaine

Article du New York Times traitant de l’affaire DSK. (The Strauss-Kahn Case: Sizing Up a Legal Clash’s Many Facets). On se croirait dans la série New York District.

  • On y apprend que DSK ne peut que plaider non coupable, et que le procureur de Manhattan, qui est nouveau, ne doit absolument pas paraître faible. Il a prévu une équipe de choc. Irait-on vers un affrontement violent ?
  • Je me demande si le NYT n’est pas un peu surpris par les moyens de DSK, qui semblent importants même à l’échelle des USA. Il serait financé par sa femme, qui aurait notamment engagé une agence de détectives (après lui avoir trouvé une maison dans le quartier le plus chic de New York).
  • La stratégie de la défense serait de harceler la plaignante pour amener les jurés à douter de sa parole, et de sa moralité. Ce serait suffisant pour obtenir l’acquittement de l’accusé.
Aux USA, peut-on violer impunément quelqu’un de morale douteuse, ou de parole peu assurée ?

Quel avenir pour DSK ?

Hervé Kabla pense que DSK renaîtra. (Et si DSK revenait dans la course avant la fin de l’année? | Kablages) J’ai aussi tendance à croire que les hommes politiques sont insubmersibles.
Mais DSK est-il un homme politique comme N.Sarkozy, F.Mitterrand ou J.Chirac ? Est-il animé de la même envie de pouvoir qu’eux ? Est-il un aussi subtil manœuvrier ? (En tout cas, moins que S.Royal.)
Et puis, l’affaire dont il est accusé n’est-elle pas de celles qui ruinent définitivement les images de marque ? Beaucoup d’hommes politiques, français ou non, sont de grands séducteurs, ce que l’on peut comprendre comme une forme d’affection professionnelle. Ce que l’on dit de DSK, chimpanzé en rut, ressortit à une maladie honteuse.