Bulle

Cette année aura été celle du doute : et si l’intelligence artificielle était une bulle spéculative ?

Australia’s biggest pension fund to cut global stocks allocation on AI concerns
AustralianSuper warns of ‘maturing’ US tech cycle and high valuations

Financial Times du 20 décembre

Qu’est-ce qui peut percer la bulle ? Le manque d’énergie (on lit qu’aux USA, il va manquer 40% de l’énergie nécessaire) ? Un financement façon Ponzi (le fournisseur finançant le client) ? Les Chinois, leurs modèles intelligents, et leur politique industrielle ? Comment souvent, dans ces situations, la bourse américaine fait du yoyo, ce fut le cas dernièrement du titre d’Oracle. Car le jeu de la spéculation, c’est de profiter des hausses et des baisses. Au fond, le spéculateur sérieux ne croit probablement pas un instant à l’IA.

Pour autant le crash ne semble pas en vue.

En fait, ce qu’il manque est une étude sérieuse des « modèles économiques » des entreprises du secteur et de leurs liens. Quelles sont les hypothèses sur lesquelles ils reposent ? Une modélisation façon « dynamique des systèmes ». C’est l’opacité qui permet la spéculation ?

Year in a word: AI bubble ft.trib.al/1AhoJwO | opinion

Financial Times (@financialtimes.com) 2025-12-23T05:31:16.012247Z

Grand jeu

Je n’ai peut-être pas toujours tort. Pendant l’épidémie de COVID, j’estimais que Moderna avait fait un hold up et que ses actionnaires devraient vendre l’entreprise.

Il semble, effectivement, que ses affaires ne vont pas fort. Les Américains sont devenus anti vaccin. Et, il est peut-être maintenant possible de dire que, de toute manière, la vaccination anti COVID ne semble pas avoir été un succès extraordinaire.

Certes, Moderna rêve, depuis son origine, d’un vaccin anti-cancer. Cependant, il y a des moments où rêver n’est plus américain…

Moderna is most shorted stock in S&P 500 as Americans skip jabs on.ft.com/48vPERR

Financial Times (@financialtimes.com) 2025-11-23T12:07:51.407912Z

Éclatement ?

La bourse américaine donne un curieux spectacle. Du jour au lendemain les titres phares perdent ou gagnent des centaines de milliards. Et les records tombent sans cesse. Il y a eu celui des 3000 milliards des 4000 et maintenant des 5000 (Nvidia).

Quand est-ce que cela finira ? Il faut probablement toucher une limite physique ou que le marché prenne peur. Ce qui ne semble pas le cas actuellement.

Quant à l’impact il dépend du type d’entreprises impliquées. Si, par exemple, les banques financent les data centres, la crise pourrait être systémique.

Les possédés

Vous allez voir ce que vous allez voir… L’intelligence artificielle va faire un miracle. Elle va transformer le monde. Comment ? Pas besoin de l’expliquer. Cela va être extraordinaire.

Ce n’est pas la première fois que l’on entend ce discours. La « nouvelle économie » et la « bulle internet », en particulier, faisaient aussi ce type de promesse. Dans une moindre mesure, la 5G, qui a fait flop.

Seulement, ce qu’il y a d’ennuyeux est qu’il n’y ait personne pour l’étudier d’une manière rigoureuse. Et ce qui est encore plus ennuyeux est qu’il a convaincu nos gouvernements.

AI companies are in a race to create artificial general intelligence, seeing it as the catalyst for an “intelligence explosion” that reshapes the economy and society. But they can't agree on what AGI would actually look like, and how it might be achieved.

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2025-10-23T04:48:06.960Z

Inintelligence collective

Chronique d’une bulle spéculative ?

How OpenAI put itself at the centre of a $1tn network of deals
The company behind ChatGPT has signed agreements with many of the largest tech groups, adding to a growing web of financial dependencies across the AI world

Financial Times du 10 octobre

J’ai vécu plusieurs bulles spéculatives. Ce qui m’étonne toujours, c’est à quel point l’humanité est désarmée face à elles. La société, collectivement, semble incapable de penser.

(Et que dire des guerres ?)

La BBC, sur le même sujet.

G bulle

5G, 5 ANS APRÈS (1/2) – Gouffre financier pour les opérateurs, indifférence des utilisateurs : le nouveau standard de téléphonie mobile n’a pas tenu ses promesses malgré des performances techniques bien réelles.

La Tribune du 6 octobre

Se rappelle-t-on de l’hystérie que suscita la 5G, en particulier au sein de notre gouvernement ? Eh bien, une fois de plus, c’était un coup de pub sans lendemain.

Peut-être, au temps de l’intelligence artificielle, serait-il bon de se le rappeler ?

Bulle artificielle

Il y a quelque temps, je lisais que NVidia investissait 100md$ dans Openai.

Or, Openai, c’est 7 ou 8% du chiffre d’affaires de NVidia. Et, pour atteindre la puissance de calcul qu’il vise, il lui faut des dizaines de fois ce qu’il possède déjà en termes de processeurs (voire plus).

NVidia financerait-il son marché pour montrer à ses investisseurs, qui lui accordent une valeur de 4000 md$, qu’il existe ?

Autre exemple :

AI coding start-ups reap $7.5bn wave of investment
Sequoia, NEA and Nvidia invest $50mn in Factory in bet software engineering will be critical application for the tech

Financial Times du 25 septembre

Carotte américaine

Tesla’s board has proposed a new pay package for chief executive Elon Musk worth $1tn over the next decade if he is able to hit a series of formidable targets.

Financial Times, 5 septembre

L’argent est-il un bon stimulant ? Son effet a tendance à s’épuiser, me disait, jadis, un spécialiste des « challenges commerciaux », qui lui préférait les idées de Maslow.

Au temps où Bill Gates était l’admiration du monde, il suffisait de quelques milliards pour faire un heureux. Maintenant, à moins de 100md, on n’est rien.

IA : risque systémique ?

La semaine dernière je lisais une série d’annonces du Financial Times :

Nearly eight in 10 companies have reported using generative A.I., but just as many have reported “no significant bottom-line impact,” according to recent research.

Routine AI assistance hits skills of health experts performing colonoscopies
Study comes amid rapid adoption of the fast-developing technology

CoreWeave investors sell more than $1bn in shares as IPO lock-up ends
Director Jack Cogen offloads stake with an aggregate market value of about $300mn

Qu’arriverait-il si l’engouement pour Internet se révélait une bulle spéculative ?

(Rappel : j’ai toujours tort.) Il me semble que le dommage ne serait pas grand. Quelques entreprises disparaîtraient. Des valorisations stratosphériques se dégonfleraient. Beaucoup d’entreprises découvriraient que ce qu’elles croyaient des investissements productifs sont une perte sèche. Mais rien d’anormal. Nos grandes entreprises, faute de compétence, vivent de rêves. Cette aventure leur arrive régulièrement.

La fabrique des bulles

Les journalistes font-ils leur travail ? Ils s’émerveillent de l’IA. Pourquoi ne cherchent-ils pas ce qu’il y a derrière la façade ?

Ils y verraient un tout petit nombre d’entreprises qui se tiennent par la barbichette. Pyramide de Ponzi ?

Openai devrait dépenser 320md$ dans les prochaines années. Le gros de son financement vient de SoftBank, qui n’a, évidemment, pas les épaules assez larges pour cela, et vit d’expédients. Sa capacité de calcul est fournie par Microsoft, qui passe la main à CorWeave, une start-up, qui n’a qu’un client ! Et tout cela représente 6% des revenus de NVIDIA.

La valeur d’Openai, qui n’est pas cotée, est faite par ses investisseurs. Qui ont, bien sûr, tout intérêt à ce qu’elle augmente.

Seulement, Openai risque de rapidement manquer d’investisseurs, mais aussi d’être limité par la disponibilité de capacités de calcul : elle aurait obtenu 16.000 unités de traitement graphique contre 300.000 promises. En outre tout cela repose sur STARGATE, dans lequel serait impliqué Oracle, un programme de construction de datacentres pharaonique. Or,

future data center expansion is based on two partners supporting CoreWeave and Oracle: Crusoe and Core Scientific, neither of which appear to have ever built an AI data center.