Un article des Echos annonce que le pays se désindustrialise à vitesse accélérée. En revanche 67md€ iraient aux data centres. (Paradoxalement, ils feraient partie de l’investissement industriel.)
Curieusement, la presse américaine s’interroge, avec inquiétude, plusieurs fois par jour, sur la nature spéculative du data centre.
Peut-être serait-il bien de se poser la question ?
La fuite dans une spéculation de plus en plus créative.
2 annonces du Financial Times, le 2 février dernier :
SpaceX buys xAI in $1.25tn deal to unite crucial parts of Elon Musk’s empire Rocket company boosts valuation to $1tn and pays $250bn to acquire AI start-up as Musk envisions data centres in space
Oracle raises $25bn in bond offering despite concerns over rising debt Company’s huge bet on AI has prompted investor concerns about the sustainability of its spending
(Un tel phénomène serait-il possible chez un peuple un peu plus évolué ?)
Post scriptum
Big Tech’s ‘breathtaking’ $660bn spending spree reignites AI bubble fears
Financial Times du 6 février
Big Tech groups race to fund unprecedented $660bn AI spending spree Executives face choice between cutting returns to shareholders, raiding reserves or tapping the markets
Je ne voyais pas comment Tesla pourrait faire face aux constructeurs traditionnels. Il semble que j’ai eu raison. Tesla est dépassé, ses profits s’effondrent. (Ce que je n’avais pas compris, initialement, c’est que le marché financier américain ne voyait pas les Tesla comme des voitures, mais comme des « iCars », des logiciels.)
Alors Elon Musk va où le pousse le vent de la spéculation : vers les paradis artificiels ?
Tesla trims car line-up in pivot to AI as annual revenue falls for first time Elon Musk’s electric-car maker invests $2bn in the billionaire’s xAI
Cette année aura été celle du doute : et si l’intelligence artificielle était une bulle spéculative ?
Australia’s biggest pension fund to cut global stocks allocation on AI concerns AustralianSuper warns of ‘maturing’ US tech cycle and high valuations
Financial Times du 20 décembre
Qu’est-ce qui peut percer la bulle ? Le manque d’énergie (on lit qu’aux USA, il va manquer 40% de l’énergie nécessaire) ? Un financement façon Ponzi (le fournisseur finançant le client) ? Les Chinois, leurs modèles intelligents, et leur politique industrielle ? Comment souvent, dans ces situations, la bourse américaine fait du yoyo, ce fut le cas dernièrement du titre d’Oracle. Car le jeu de la spéculation, c’est de profiter des hausses et des baisses. Au fond, le spéculateur sérieux ne croit probablement pas un instant à l’IA.
Pour autant le crash ne semble pas en vue.
En fait, ce qu’il manque est une étude sérieuse des « modèles économiques » des entreprises du secteur et de leurs liens. Quelles sont les hypothèses sur lesquelles ils reposent ? Une modélisation façon « dynamique des systèmes ». C’est l’opacité qui permet la spéculation ?
Year in a word: AI bubble ft.trib.al/1AhoJwO | opinion
Je n’ai peut-être pas toujours tort. Pendant l’épidémie de COVID, j’estimais que Moderna avait fait un hold up et que ses actionnaires devraient vendre l’entreprise.
Il semble, effectivement, que ses affaires ne vont pas fort. Les Américains sont devenus anti vaccin. Et, il est peut-être maintenant possible de dire que, de toute manière, la vaccination anti COVID ne semble pas avoir été un succès extraordinaire.
Certes, Moderna rêve, depuis son origine, d’un vaccin anti-cancer. Cependant, il y a des moments où rêver n’est plus américain…
Moderna is most shorted stock in S&P 500 as Americans skip jabs on.ft.com/48vPERR
La bourse américaine donne un curieux spectacle. Du jour au lendemain les titres phares perdent ou gagnent des centaines de milliards. Et les records tombent sans cesse. Il y a eu celui des 3000 milliards des 4000 et maintenant des 5000 (Nvidia).
Quand est-ce que cela finira ? Il faut probablement toucher une limite physique ou que le marché prenne peur. Ce qui ne semble pas le cas actuellement.
Quant à l’impact il dépend du type d’entreprises impliquées. Si, par exemple, les banques financent les data centres, la crise pourrait être systémique.
Vous allez voir ce que vous allez voir… L’intelligence artificielle va faire un miracle. Elle va transformer le monde. Comment ? Pas besoin de l’expliquer. Cela va être extraordinaire.
Ce n’est pas la première fois que l’on entend ce discours. La « nouvelle économie » et la « bulle internet », en particulier, faisaient aussi ce type de promesse. Dans une moindre mesure, la 5G, qui a fait flop.
Seulement, ce qu’il y a d’ennuyeux est qu’il n’y ait personne pour l’étudier d’une manière rigoureuse. Et ce qui est encore plus ennuyeux est qu’il a convaincu nos gouvernements.
AI companies are in a race to create artificial general intelligence, seeing it as the catalyst for an “intelligence explosion” that reshapes the economy and society. But they can't agree on what AGI would actually look like, and how it might be achieved.
How OpenAI put itself at the centre of a $1tn network of deals The company behind ChatGPT has signed agreements with many of the largest tech groups, adding to a growing web of financial dependencies across the AI world
Financial Times du 10 octobre
J’ai vécu plusieurs bulles spéculatives. Ce qui m’étonne toujours, c’est à quel point l’humanité est désarmée face à elles. La société, collectivement, semble incapable de penser.
5G, 5 ANS APRÈS (1/2) – Gouffre financier pour les opérateurs, indifférence des utilisateurs : le nouveau standard de téléphonie mobile n’a pas tenu ses promesses malgré des performances techniques bien réelles.
La Tribune du 6 octobre
Se rappelle-t-on de l’hystérie que suscita la 5G, en particulier au sein de notre gouvernement ? Eh bien, une fois de plus, c’était un coup de pub sans lendemain.
Peut-être, au temps de l’intelligence artificielle, serait-il bon de se le rappeler ?
Il y a quelque temps, je lisais que NVidia investissait 100md$ dans Openai.
Or, Openai, c’est 7 ou 8% du chiffre d’affaires de NVidia. Et, pour atteindre la puissance de calcul qu’il vise, il lui faut des dizaines de fois ce qu’il possède déjà en termes de processeurs (voire plus).
NVidia financerait-il son marché pour montrer à ses investisseurs, qui lui accordent une valeur de 4000 md$, qu’il existe ?
Autre exemple :
AI coding start-ups reap $7.5bn wave of investment Sequoia, NEA and Nvidia invest $50mn in Factory in bet software engineering will be critical application for the tech