- Kant pour les nuls.
- Durkheim : Religion et changement
- SMITH, Adam, KRUEGER, Alan B, CANNAN, Edwin, The Wealth of Nations: Adam Smith ; Introduction by Alan B. Krueger ; Edited, With Notes and Marginal Summary, by Edwin Cannan, Bantam Classics, 2003.
- Apologie de l’inégalité par le spameur républicain : Propagande américaine.
- L’économie n’est pas une science.
Étiquette : Smith
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- Sur les valeurs officielles : Nouvelle économie.
- C’est probablement parce que j’ai autant de mal à penser, que toute ma carrière a consisté à construire autour de moi des mécanismes qui permettent aux organisations de devenir efficaces. C’est-à-dire de résoudre leurs problèmes sans mon aide, de m’éviter d’avoir à réfléchir. La substance de mes livres : construire « l’ordinateur social » qui permettra à l’organisation de trouver « l’effet de levier » qui la transformera. Comme Adam Smith et Marx, j’espère que mon idéologie fondatrice est approuvée par la science…
La fin de la mondialisation
Il y a quelques années, la mondialisation allait de soi. C’était la marche de l’Histoire. Aujourd’hui on en doute.
Fin d’une émission de France Inter, qui parle de Joseph Stiglitz. J’entends dire que l’avenir n’est peut-être plus à la globalisation, mais à des blocs comme l’Europe, L’Amérique du sud, échangeant entre eux avec mesure… Décidément, c’est une idée qui est dans l’air (Moutons de Panurge)…
Est-elle inattendue ? Contrairement à ce que nous serinait la pensée unique, la globalisation n’a rien de neuf. Elle est au centre de l’œuvre d’Adam Smith, en 1776. Immédiatement la pensée allemande s’insurge, estime que la globalisation est utopique, à court terme, et dresse la théorie du protectionnisme, qui permet à chaque nation de développer ses industries propres jusqu’à ce qu’elles soient assez fortes pour affronter la concurrence internationale. Un premier épisode de globalisation réelle survient au 19ème siècle et s’achève par la première guerre mondiale, ou par la crise des années 30, selon les sources. Bref, « globalisation » n’est qu’un aspect d’un discours idéologique qui revient périodiquement.
La bourse de Londres affirme « My word is my bond ». Tout est dit, il ne peut y avoir d’affaires sans confiance. Or, la confiance dépasse difficilement les frontières des nations. Comme le découvrent aujourd’hui les Japonais, être trop dépendants de l’étranger est dangereux.
Compléments :
- SMITH, Adam, KRUEGER, Alan B, CANNAN, Edwin, The Wealth of Nations: Adam Smith ; Introduction by Alan B. Krueger ; Edited, With Notes and Marginal Summary, by Edwin Cannan, Bantam Classics, 2003.
- LIST, Friedrich, Système national d’économie politique, Gallimard, 1998.
Born to be good
« Nos capacités pour la vertu et la coopération et notre sens moral son vieux, en termes d’évolution » (Forget Survival of the Fittest: It Is Kindness That Counts).
L’homme serait physiologiquement équipé pour l’altruisme (« Nos recherches et celles d’autres scientifiques suggèrent que le nerf vague pourrait être un système physiologique qui encourage l’attention aux autres et l’altruisme »), et s’y livrer serait même bon pour sa santé.
Surprenant. Les gens de pouvoir n’ont de respect que pour l’économiste dont la science repose depuis ses origines sur l’idée que l’homme est poussé par son intérêt égoïste, qu’il cherche à maximiser son profit.
J’imagine qu’Adam Smith et ses successeurs ont dû tirer cette théorie de l’observation du milieu commerçant qui les entourait. Peut-être qu’être dénué d’altruisme dans une société altruiste vous ouvre les plus belles perspectives de carrière ? Mais que lorsque vous et vos pairs prenaient les rênes du monde, la crise est inévitable ?
Compléments :
- Une application récente de la « science » économique et de ses hypothèses : Science des réseaux.
- Voir aussi le Darwinisme social des économistes : Aux sources de notre discours économique ?
- Réflexion sur le parasitisme et ses avantages concurrentiels : Exit Viadeo.
Sémiotique de la crise
Le professeur Jean-François Marcotorchino m’envoie une analyse sémiotique du discours actuel sur la crise. Par Jean Maxence Granier. Question : où se situe le mien ?
Une modélisation en 4 cases
- A Crise = accident. Issue : on revient à la situation antérieure à la crise (2007).
- B Crise = folie passagère. Issue : retour à un capitalisme sain.
- C Crise = mutation. Issue : un capitalisme repensé.
- D Crise = rupture. Issue : autre chose que le capitalisme, voire le chaos.
Maintenant, à moi de parler.
Les mécanismes du changement
Pas tout à fait d’accord avec les 4 cases. Mon opinion s’est construite sur mon expérience des transformations d’entreprise à laquelle j’ai essayé de donner une portée un peu plus universelle, en cherchant à y raccorder ce que la science avait dit sur le sujet. J’ai trouvé un assez grand accord entre science et expérience.
Pour moi l’évolution est irréversible. Certes, je dis souvent que l’entreprise tend à l’homéostasie (A), mais s’il est vrai que les changements de l’entreprise échouent la plupart du temps, il en reste toujours des traces. Une sorte de handicap rémanent qu’il a fallu compenser par un gain de productivité. Le changement qui réussit me semble assez bien modélisé par l’ethnologie (cf. Schein, Lewin…) : il joue sur la culture de l’entreprise, en mettant plus ou moins en avant certaines de ses valeurs préexistantes (hypothèses fondamentales). Ce qui est cohérent avec B. Cependant, il me semble qu’il s’agit d’une réinterprétation du code de loi de l’entreprise, avec ajout de codicilles (C). Le passage en force peut conduire à une destruction du système (D). Exemple : gains de productivité de l’entreprise qui la privent de son savoir faire, des réformes post 68 qui ont détruit l’ascenseur social ou les syndicats… Mais le système garde toujours un lien avec le précédent. La pensée moderne se reconnaît dans la pensée grecque ou dans la pensée chinoise des origines. La révolution française n’a pas touché aux structures fondamentales de la société française (cf. Tocqueville).
L’effet de serre illustre différemment ces idées. Pendant des siècles l’humanité a accumulé des cochonneries dans son écosystème, sans conséquence apparente. Les mécanismes d’autorégulation avaient le dessus. Jusqu’à franchissement d’un seuil. On entre, après une transition, dans un autre mode de régulation. Cependant, si elle survit, l’humanité continuera à s’appuyer sur certaines des recettes qui ont fait son succès.
Ma lecture de la crise
- Nous sommes passés d’une phase de capitalisme dirigiste (après guerre), à une phase ultralibérale (80 – 2000). La première était caractérisée par un contrôle du marché quasi-total par une technostructure qui dirigeait des états keynésiens puissants et de grandes entreprises planificatrices. La seconde a vu la dislocation de l’état et des entreprises au profit d’une classe de managers financiers apatrides, dirigeants d’entreprise ou d’organismes financiers, qui s’appuyaient sur la doctrine de la liberté totale des marchés.
- À cela s’est ajoutée la « mondialisation ». Dorénavant l’ensemble de la planète semble obéir aux mêmes règles du jeu capitaliste. Les nouveaux joueurs ont-ils contribués à l’achèvement des phases précédentes ? En favorisant la déstabilisation de l’édifice planifié (offensive japonaise, crise pétrolière des années 70 / 80), ou en accélérant la débâcle de l’ultralibéralisme (en encourageant sa tendance naturelle à la spéculation) ?
- Globalement le monde me semble chercher un équilibre entre la liberté qui est due à l’homme (libéralisme) et la nécessaire solidarité humaine, le fait que l’homme est un animal social. L’histoire récente de l’humanité oscillerait entre le Charybde d’un individu qui nierait son appartenance sociale, et le Scylla du refus de l’individualité. La prochaine étape de la sinusoïde est probablement un accroissement de la dimension sociale. L’amplitude de la sinusoïde pourrait s’affaiblir ? C’est ce que j’espère.
- Par définition, la vie épuise les ressources qui lui sont nécessaires. Elle est obligée périodiquement de s’adapter (Darwin). Mais le capitalisme a vraisemblablement poussé ce mouvement à l’extrême. Son principe fondamental (Adam Smith) est la croissance de la production d’une année sur l’autre. Une croissance exponentielle, qui explique peut-être la fréquence des crises que nous subissons. Peut-on éviter d’être brutalisés aussi souvent et aussi méchamment ? N’y a-t-il pas un risque que le capitalisme amène, en marche accélérée, l’individu aux limites de sa capacité d’adaptation ? Il me semble qu’en passant du matériel (le modèle de Smith) à l’immatériel (la valorisation du service que la société nous rend depuis la nuit des temps), le capitalisme pourrait, sans apparemment se renier, trouver une voie plus durable, réinventer le passé.
Compléments :
- Sur les hypothèses fondamentales : BCE, hypothèses fondamentales, valeurs officielles.
- Un aperçu de la théorie de Kurt Lewin dont je parle : La crise est un dégel.
- Sur les réformes post 68 : Éducation nationale : les bons sentiments m’ont tuée, Sociologie des syndicats, 68 : victoire de l’individualisme ?
- Pensée chinoise : Le discours de la Tortue.
- Immortel Platon : Platon pour les nuls.
- Sur le passage technostructure / ultralibéralisme : À qui appartient le profit ?
- Sur le lien entre l’épargne des pays émergents et la crise : Cause de la crise : le grand déséquilibre.
- Sur l’individualisme : Norbert Elias.
- Le débat entre communauté dominant l’homme ou société d’individus est au cœur de la pensée allemande : Gemeinschaft ou Gesellschaft. Je tends à essayer de trouver une position au milieu. C’est aussi, je crois, comme cela que Karl Polanyi voyait l’histoire récente du monde (POLANYI, Karl, The Great Transformation: The Political and Economic Origins of Our Time, Beacon Press 2001).
- Darwin et le changement
- Sur la révolution française : TOCQUEVILLE (de), Alexis, L’Ancien Régime et la Révolution, Flammarion, 1985 (voir aussi Louis XVI en leader du changement).
- SMITH, Adam, KRUEGER, Alan B, CANNAN, Edwin, The Wealth of Nations: Adam Smith ; Introduction by Alan B. Krueger ; Edited, With Notes and Marginal Summary, by Edwin Cannan, Bantam Classics, 2003.
Sarkozy imite Bush ?
On n’a pas besoin de lumière, quand on est conduit par le Ciel.
Nicolas Sarkozy aurait-il emprunté la piste de George Bush ?
L’histoire américaine de ces dernières années semble assez mal connue en France. Il y eut d’abord la Nouvelle économie, dans les années 90, sorte de millénarisme : l’économie de marché avait gagné le monde, plus de crise, une croissance comme on n’en a jamais vu. Enron en prophète : il faut installer le marché au sein même des entreprises. D’ailleurs, grâce à Internet, elles sont devenues inutiles, elles vont disparaître. Il n’y aura plus qu’un marché et qu’une offre atomisés. Et une petite élite pour en tirer les ficelles. Éclatement de la bulle Internet. Violente réaction de la population : mort aux escrocs ! Les dirigeants d’Enron et de Worldcom sont condamnés à un quart de siècle de prison. George Bush, candidat de la morale, est réélu triomphalement. Triste diagnostic : George Bush est le pyromane en chef ! Pour éviter une crise, l’État américain regonfle la bulle et les Neocon triomphants redonnent un lustre nouveau à l’idéologie de la nouvelle économie. C’est notre crise, « the big one ». Cette fois-ci l’élite économique anglo-saxonne doute.
Je n’ai pas une grande connaissance de Nicolas Sarkozy, mais ce que l’on en dit fait apparaître un possible scénario d’interprétation de sa logique. Je vais donc lui faire un procès d’intentions.
Je suis frappé par le flou de son programme. Il est possible qu’il ne soit pas flou à dessein, mais que son moteur soit « travailler plus pour gagner plus », qu’il cherche à installer une sorte d’économie de marché basée sur la concurrence, qui amène miraculeusement, sans avoir rien à faire, au bonheur éternel. C’est ce que pensait Adam Smith (« main invisible »), ce que croit toujours la plupart des économistes et des scientifiques du management (tous enfants de Smith), et les néoconservateurs.
Si c’est le cas il y a peu de chances qu’il ait renoncé à cette idée : elle est peut-être sienne depuis ses origines ; il est difficile de changer, quand on n’a pas d’idée de rechange (« anxiété d’apprentissage ») ; et contrairement aux Anglo-saxons il n’a pas été frappé en pleine face par l’échec de ses convictions. Au contraire, le modèle français semble réussir (La France comme modèle ?).
Le danger n’est pas là. Il est dans le déficit de l’économie française. Un article du Monde disait que les dernières mesures annoncées étaient une « concession sociale à la dureté des temps ». C’est exactement cela dont nous n’avons pas besoin : de concessions. Le consensus mondial veut une relance massive. Or, la France n’a pas besoin d’être encouragée au manque de rigueur. Or, entre deux mesures d’effets équivalents, il peut avoir des conséquences à long terme extrêmement divergentes. Le micro crédit de Mohamed Yunus fait des miracles, alors que les énormes fonds de la Guerre à la pauvreté des gouvernements américains d’après guerre se sont perdus dans les sables. S’il faut une relance, ses effets doivent être étudiés avec soin, et sa mise en oeuvre contrôlée. Pas un chèque en blanc.
Parce que George Bush croyait proche une ère de béatitude, il a accumulé sans inquiétude d’énormes déficits. Des déchets radioactifs dont il n’est pas certain qu’ils n’ont pas définitivement hypothéqué l’avenir du pays. C’est ça l’idéologie : la foi remplace la pensée. Pour nous ses conséquences seraient d’autant plus graves qu’il y a peu de chances qu’un Obama succède à un Bush : en France un idéologue en cache un autre. Martine Aubry semble en être restée aux luttes sociales du début du siècle, son credo ? Avancée sociale = réduction du temps de travail.
Compléments :
- Nouvelle économie et idéologie néoconservatrice : Grande illusion, Neocon. À noter que les pratiques d’Enron ont connu une généralisation systématique pendant la bulle financière, avec la bénédiction de la présidence américaine (Dr Doom).
- Le marché doit gouverner l’homme : McKinsey réforme l’entreprise.
- Les conséquences externes de l’idéologie néoconservatrice : Consensus de Washington.
- Doutes des élites : Plutôt rouge que mort, The Economist en petite forme.
- Guerre à la pauvreté : Grand expectations.
- Programme de Nicolas Sarkozy : Ensemble tout devient possible, Sarkozy en panne ?
Accélérons le trafic : moins de rues, 0 signalisation
Les paradoxes de la route :
- L’automobiliste étant égoïste, il cherche à aller le plus vite possible, sans s’intéresser aux autres. Tout le monde faisant pareil, il en résulte des bouchons (ce comportement lui ferait perdre 30% de son temps de parcours). Étrangement, éliminer des options (des routes) permet d’accélérer le trafic.
- Supprimer les signalisations et voitures, cyclistes et piétons sur la même route : force tout le monde à faire attention. La circulation s’améliore. (Une technique utilisée en Europe du nord.)
L’homme laissé à lui-même est peu efficace, il a inventé la société pour le guider. Confirme la théorie de la rationalité limitée d’Herbert Simon, infirme la « main invisible » d’Adam Smith ?
- SIMON, Herbert A., Administrative Behavior, Free Press, 4ème edition, 1997.
- GROSSACK, Irvin M., Adam Smith : His Times and Work, Business Horizons, Août 1976
À vendre, pays pauvre
Article que m’expédie Dominique Delmas. On y dit que les pays riches (Chine, Corée du Sud, Pays du Golfe), qui n’ont pas de les terres pour nourrir leurs populations, achètent celles des pays pauvres, qui n’ont pas plus les moyens de nourrir les leurs.
Nouvelle forme de colonialisme : la Corée achète ainsi la moitié des terres arables de Madagascar ! (J’ai entendu un Malgache dire, sur RFI, que la Corée ne paierait même pas d’impôts !)
Ces terres sont payées. Ce sont les lois du marché, non ? Ce sont celles de l’offre et de la demande.
On ne pouvait pas rêver de démonstration plus claire de ce qu’elles permettent aux riches d’exproprier les pauvres !
D’où une question : voulons-nous subir les lois du marché, suivant la doctrine fondatrice de l’économie moderne (cf. la Main invisible d’Adam Smith), ou mettre le marché au service de l’humanité ?
Plus exactement, ne serait-il pas judicieux que nous cherchions à maîtriser les effets dévastateurs du marché, avant que ceux qui en sont victimes ne nous fassent payer leur mécontentement ?
GROSSACK, Irvin M., Adam Smith : His Times and Work, Business Horizons, Août 1976.
Rendons efficace l’intellectuel engagé
L’intellectuel engagé du billet précédent a sûrement une utilité. Depuis Montesquieu et Adam Smith on soupçonne que du mal peut naître le bien. Il en est de même de l’hypocrisie.
L’hypocrite fait la promotion de valeurs sociales importantes. Son tort est de ne pas savoir les appliquer lui-même, ou de s’en servir pour sa plus grande gloire. Les médecins de Molière ont fait une grande publicité à la science. Et, probablement, les économistes et les professeurs de management modernes pavent la voie à une honnête science de la société et des organisations.
Des techniques conseillées à l’artiste engagé :
- Le feedback négatif est la technique qu’il emploie. Il nous dit que nous faisons le mal. Il veut faire croitre notre « anxiété de survie ». Les psychologues désapprouvent la méthode, parce qu’elle nous met échec et mat : si nous faisons le mal, c’est parce que nous ne savons pas faire autrement (anxiété d’apprentissage). Ce que les Chinois font au Tibet est mal, mais probablement ils ne voient pas d’autre solution pour éviter la dislocation de leur pays. Pour l’homme isolé, le feedback négatif a un rôle dévastateur. Généralement, il essaie d’y échapper en le niant (si je suis nul en maths, c’est parce que l’école ne sert à rien). Le feedback négatif est alors dangereusement contreproductif.
- Exception : la « tête de lard ». Dans ce cas, le changement ne démarre pas faute d’anxiété de survie, de remise en cause. L’individu croit être dans le bien.
- Donc, avant d’utiliser le feedback négatif, il faut se demander si celui à qui on veut l’appliquer est victime d’une trop faible anxiété de survie (et le traitement est approprié), ou d’une trop forte anxiété d’apprentissage (et il est contreproductif).
- Dans ce dernier cas, le feedback positif est de rigueur. Il attire l’attention de la personne qui a besoin de se réformer sur ce qu’elle a fait de bien récemment, et qui, si elle l’appliquait ici résoudrait élégamment la question. L’homme a beaucoup de mal à évoluer, par contre il sait généraliser un comportement qu’il emploie déjà avec succès dans un cas particulier.
Compléments :
- Le rôle bénéfique de l’hypocrisie a fait l’objet de nombreuses recherches modernes. Exemple : étude sur les sciences du management : MARCH, James G., SUTTON, Robert I., Organizational Performance as a Dependent Variable, Organization Science, Novembre-Décembre 1997. Voir aussi les travaux de Nils Brunsson.
- Une application possible pour les techniques de feedback : Bernard Kouchner et les droits de l’homme.
- Les techniques de feedback se trouvent dans : SCHEIN, Edgar, Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999. (Et dans mon livre Transformer les organisations.)
- Anxiétés et changement : Serge Delwasse et résistance au changement.
Le retour du Colbertisme ?
L’idéologie de l’élite économique mondiale semble avoir connu une transformation aussi brutale que radicale.
Les élites américaines ont cru à un système de libre échange dont elles tireraient les ficelles. Elles ont détruit l’industrie de leur pays. Erreur ? 1) Comme le pensait Adam Smith, le libre échange ne peut pas survivre au mercantilisme (de la Chine, dans notre cas) 2) pour pouvoir échanger, il faut avoir quelque chose à vendre, une industrie pour le produire 3) l’élite se pensait au dessus des nations, elle avait tort.
Les politiques occidentales semblent maintenant repartir vers un protectionnisme déterminé. Les pays en développement pourraient découvrir qu’ils ont à réinventer leurs stratégies s’ils ne veulent pas vivre des moments difficiles.
Sur le mercantilisme moderne : Global imbalances threaten the survival of liberal trade.
Sur les élites américaines : Grande illusion.
Soyons anticycliques