Ptite tête

Le volume du cerveau de sapiens aurait régressé en 10 ou 20.000 ans. Abêtissement ? Question que se posait une émission de la BBC. (The body : a guide for occupants.)

Quantité ou qualité ? Toutes les têtes ne semblent pas avoir le même volume, et pourtant fonctionner aussi bien. En particulier, la tête féminine est plus petite que son équivalent masculin. Le volume du cerveau semble aussi avoir un lien avec la taille de la personne.

On pourrait aussi se demander si le volume ne tient pas au câblage. Le propre d’homo sapiens, me semble-t-il, est sa capacité à bâtir des sociétés, et des réseaux sociaux. Le professeur Cialdini constate que nous cherchons à économiser nos cerveaux et que nous le faisons en utilisant des euristiques sociales (si les autres le font, ce doit être bien…). Peut-être avons nous un cerveau économe ? A l’image de ces puces électroniques qui sont optimisées pour traiter un petit nombre d’instructions particulièrement fréquentes ?

Si c’est le cas, l’intérêt de ce codage doit se manifester très tôt, car il ne semble pas qu’il y ait beaucoup de différences entre la tête d’un homme des villes et celle d’un occupant de quelque forêt épargnée par la civilisation.

Sélection du plus agile

Think of it more like the Mississippi River before it was engineered, he explained. It rapidly shifted course in small areas over short periods, and yet for tens of millions of years the river’s overall journey led to the Gulf of Mexico. Similarly, a lizard population’s traits can vary over the short term and stay stable over the long haul.

Article de Quanta

L’évolution procède de deux façons : par des changements quasi instantanés, qui pourtant donnent des tendances stables à très long terme.

La sélection semble choisir à la fois une stratégie à long terme et une grande « agilité », qui permet d’y faire des entorses. Ce que nous constatons tous les jours ?

Bourdon et abeille

To make their choices, the bumblebees trade off the time they spend collecting nectar with the energy content of that nectar. This means they will forage to collect nectar that’s hard to access – but only if the sugar content of that nectar makes it worth doing so.

This big-and-fast approach contrasts with honeybee foraging: honeybees make their decisions by optimising their individual energy expenditure for any nectar they collect. This more measured approach should prolong the honeybee’s working life.

Je parle d’écologie comportementale, et je trouve un article sur le sujet.

Il s’agit de bourdons et d’abeilles. Ils ont adopté deux stratégies de collecte de pollen opposées. L’abeille semble privilégier sa longévité, et donc ne pas chercher l’exploit, alors que le bourdon veut récolter ce qu’il y a de plus énergétique, pour le bien de sa communauté, quoi qu’il lui en coûte. Mais les deux espèces ont aussi des stratégies de stockage différentes, qui vont avec ces comportements.

Cela irait-il dans le sens d’une sélection naturelle de la diversité ?

Dinosaure vole

Le dinosaure et l’oiseau. On a découvert que certaines espèces de dinosaures portaient des plumes. Et que les oiseaux descendent des dinosaures.

Les plumes ont plusieurs fonctions présumées : elles réchauffent, associées à un squelette allégé, elles permettent de voler, mais, aussi, elles sont belles. Et la beauté est un facteur de reproduction.

Voilà qui défie la raison et Darwin : il semble que, dans l’espèce humaine comme ailleurs, la femelle préfère le bellâtre. Jusqu’à en pincer pour le castrat, comme à l’époque de Farinelli.

Un peu de fantaisie aurait-il du bon ? L’aléa, en évitant de creuser le même sillon, est créatif ? A moins que ce ne soit un moyen d’égaliser les chances, le dominant s’accouplant à un « individu objet », et ne pouvant, donc reproduire sa domination ?…

(L’idée de l’article vient de In our Time de la BBC 4, les considérations suivantes, peu scientifiques, sont de moi.)

Le cheval : espèce menacée

Le cheval aurait dû disparaître. C’est la domestication qui l’aurait sauvé. Il n’y aurait d’ailleurs aucune espèce de chevaux réellement sauvage. J’ai entendu dire cela par In our time de BBC 4.

Comme quoi, rien n’est simple. L’homme n’est pas que destructeur d’espèces animales, il est aussi créateur, ou protecteur. D’ailleurs, on peut imaginer que du fait des modifications qu’il apporte à la nature, il contribue à la sélection naturelle.

Je me demande parfois si la vie ne ressemble pas à mes rosiers : le rosier semble avoir un « principe vital », qui l’amène à profiter des difficultés que lui cause le jardinier, jusqu’à ce que la difficulté soit insurmontable, et que le rosier crève…

Atlantide

Etrange dialogue de Platon, qui ne semble pas avoir de morale. On s’interroge sur la cité vertueuse. Ce serait une sorte d’Athènes antique, qui aurait disparu dans une lutte avec l’Atlantide.

Curieusement, la première ressemblait à Sparte, puissance terrestre, puritaine et autarcique. Un genre d’URSS. Et l’autre à l’Athènes d’avant la guerre du Péloponnèse, impérialiste, ivre de richesse, de progrès et de puissance. Une sorte d’USA. Le plus curieux est que l’histoire est racontée par un Pétain grec. Peut-on croire un tel personnage ?

Et tous cas, la morale de l’Histoire (la nôtre, pas celle de Platon) est que la sélection naturelle ne retient ni les autarciques façon Sparte, ni les impérialistes, façon Athènes. Il faut probablement chercher le juste milieu.

(Réflexion suscitée par In our time de BBC 4. Qui me fait dire que Platon mériterait d’être lu. Comme beaucoup de philosophes, il a trouvé de mauvaises solutions à de bons problèmes.)

L'Ecole des gouvernants

La force d’une nation vient de ses structures, pas de ses dirigeants. C’est pourquoi l’entreprise « libérée » est bien plus efficace que la bureaucratie, et la démocratie que l’autocratie. 

Ce n’est pas pour autant que le recrutement du gouvernant n’est pas important.

Si l’on considère notre passé et notre présent, il semble qu’il y ait deux façons de mal faire : le parti politique et l’ENA. La cause est la même : la sélection naturelle de l’homme d’appareil. Il est mû par son petit intérêt, pitoyable, et est un virtuose des magouilles infâmes, seul domaine dans lequel il puisse prétendre à une forme de génie. 

A l’entreprise, qui est aussi victime de ce phénomène, Philip Kotter propose une solution : créer les conditions permettant à de réels « leaders » d’émerger. (Il appelle les « hommes d’appareil » des « managers ».)

Mais comment leur éviter « l’appareil » ? 

Le problème, c’est la sélection. Quand elle est organisée par la société, elle produit l’opposé de ce qu’elle cherche. Le talent se révèle, il ne se sélectionne pas. Ce que la société doit apporter, ce sont de bonnes connaissances, bien solides, à autant de monde que possible. Ensuite, à chacun de faire ses preuves. 

Paradoxalement, c’est en ayant un peuple fort, que l’on a des dirigeants forts ?