Classique de l’anthropologie. Marshall Sahlins s’attaque aux deux grands mythes de notre temps ! La question qu’il pose : est-ce que les faits mesurables soutiennent l’idée généralement acceptée selon laquelle notre société serait d’abondance, et qu’elle aurait remplacé une société de subsistance ? A moins que, au contraire, ce soit Marx, et sa théorie de l’histoire, qui ait vu juste ? C’est la société qui détermine l’économie, et pas le contraire. Ce que l’on sait des sociétés qui nous ont précédés, ou des sociétés « primitives », nos contemporaines, montre qu’elles obéissent à d’autres principes que les nôtres. Les communautés de l’âge de pierre avaient pour principe la liberté de mouvement. Elles s’encombraient d’aussi peu de biens que possible. Mais, elles se plaçaient toujours là où ce dont elles avaient besoin était en abondance. En outre, dans ces sociétés, on travaillait et on travaille fort peu, et à son gré ! (Et encore, on peut se demander si ce que Marshall Sahlins appelle travail en est un : la chasse, par exemple !) La galère et la pénurie sont le propre de notre société !
