Câble sous marin

La dernière mode est d’endommager des câbles de communication sous-marins. Technique : laisser traîner une ancre. Les navires russes et chinois sont à pied d’oeuvre.

Comment réagir ? Traiter la cause ou le symptôme ? Dent pour dent ? Mais cela ne risque-t-il pas d’entraîner une dangereuse escalade avec de dangereux fous-furieux ?

Une autre solution, chinoise : politesse étouffante ?

Syrie

Le régime syrien connaît des revers. La raison en est que ses alliés russes et iraniens sont affaiblis. (Informations de la BBC.)

Ce qui semble montrer que l’Occident n’a pas encore perdu la partie, et qu’il ferait peut-être bien d’y penser à deux fois avant de faire preuve de faiblesse.

Seulement, il doit peut-être aussi faire attention à ne pas détruire ses ennemis, car, l’histoire montre que, sans eux, c’est lui qu’il détruit ?

Aimer la Russie

Que c’est ennuyeux, la Russie, me dis-je en écoutant son histoire. Elle n’est que l’histoire de quelques monarques. La population n’a pas de vie à elle. Elle souffre et se fait massacrer.

C’est le drame de la nation : elle a un besoin maladif de reconnaissance par l’Europe, pour qui elle n’existe pas. Au mieux, la considère-t-elle comme un désagrément, façon moustique, lorsqu’elle lui fait la guerre.

Et pourtant, la Russie n’est-elle pas utile ? Elle a arrêté Napoléon, elle a à la fois permis à Hitler d’envahir l’Europe, puis a mis un terme à son aventure, et elle a empêché l’Occident, et son capitalisme, d’exploiter excessivement sa population. Et, maintenant, elle lui signifie, une nouvelle fois, alors qu’il avait recommencé à s’auto-détruire, qu’il est en danger ?

Slavisme

Slavisme, un courant qui a parcouru l’élite russe, il y a un peu plus d’un siècle.

C’était un messianisme. « Communiquer au monde une âme vivante, donner la vie à l’humanité meurtrie et déchirée, en la réunissant à l’éternel principe divin. » Et si cela avait aussi été le projet de l’URSS ?

Le Russe est un être étrange ? En fait, il y a quelque-chose d’identique aux USA. Un livre que cite ce blog se nomme « reluctant crusaders » : les Américains, de temps à autres, ont la tentation de convertir le monde à leur image. Puis ils se replient sur leur ile.

Toutes les civilisations ne sont-elles pas comme cela ? La France a voulu aussi conquérir le monde, comme l’Angleterre, le Japon ou l’Allemagne, et toutes ont fini, piteusement, par se recroqueviller sur leur territoire national.

Le coup de folie comme pathologie sociale ? Un sujet pour Durkheim ?

(Source : Histoire de la pensée moderne, tome III, Jean-Louis Dumas.)

Péril rouge

Comment arrêter M.Poutine, si M.Trump signe la reddition de l’Ukraine, et la France s’aligne sur lui ?

M.Poutine semble faire la politique des Tsars et de Staline : bâtir un cordon sanitaire autour de lui. Bien sûr, comme ce cordon est lui même en contact avec les puissances impures, il doit être à son tour isolé, jusqu’à épuisement des terres. Mais il n’y pas de mot en russe pour « logique ».

Seulement la Russie de M.Poutine n’est pas celle des Tsars ou de Staline. Sa population est vieille. Surtout, ce n’est plus un des pays les plus peuplés au monde. Et qui dit impérialisme dit minorités opprimées. En particulier, elle est en guerre contre l’islamisme.

Il suffit que les pays de l’Est fassent bloc, s’arment jusqu’aux dents, avec l’appui de l’Allemagne, dont c’est l’intérêt puisqu’ils sont son marché captif (ce que l’on appelait un Lebensraum en d’autres temps), pour qu’ils réussissent un nouveau « containment » de l’expansionnisme russe. L’Europe aura alors un curieux aspect…

(Mais l’Allemagne, elle aussi, n’est plus ce qu’elle fut. Elle est vieille.)

Histoire de la Russie et de son empire

The Stalin Affair

Hitler attaque Staline. Quel est le moindre des deux maux, se demandent Churchill et Roosevelt ? Ils choisissent Staline. Un Staline qui, un moment, est prostré tant il est pris par surprise.

On l’a oublié, mais les USA ont apporté une énorme quantité de matériel à l’URSS. Aurait-elle pu résister sans cela ?

La BBC consacrait une série d’émissions aux relations personnelles qu’ont eues Staline, Roosevelt et Churchill, et leurs proches. Cela ressemble étonnamment à ce que dit de Gaulle dans ses mémoires. On est en face de simples mortels. Mais, ce que ne dit pas de Gaulle, probablement parce qu’il est trop bien élevé pour cela, est à quel point ils sont en mauvaise santé. Roosevelt est moribond, Churchill, alcoolique, donne des signes de sénilité. Staline, physiquement, a quelque-chose d’un monstre. Mais c’est le plus habile de la bande.

Sa stratégie est celle de Poutine, et des Tsars : s’isoler en asservissant les nations limitrophes. Roosevelt, que l’émission qualifie régulièrement de « naïf », le laisse faire en échange de son appui contre les Japonais (dont il n’aura pas besoin). Churchill comprend qu’il va se retrouver seul face à Staline. C’est la raison pour laquelle il milite pour que la France de De Gaulle retrouve sa place, et pour que l’Allemagne reprenne rapidement forme.

Ce n’est pas pour autant qu’il ne fait pas preuve d’un rien de perfidie. Comme l’avait vu de Gaulle, il essaie de négocier avec Staline le maintient de l’influence de l’Angleterre sur l’Europe du sud.

L’histoire ne tient pas à grand chose ?

Le bug démocratique

En lisant les Mémoires de De Gaulle, j’en viens à penser que, quoi qu’on en dise, il nous a rendu un fier service.

Car la 3ème République était une clownerie. La durée de vie des gouvernements se comptait en mois. Et la politique n’était que petite manigance minable, à l’image de ce que l’on voit aujourd’hui aux USA. La France était la risée du monde. De Gaulle a créé une dictature, mais, au moins, elle garde le cap. (Certes, mauvais.)

Je crois qu’il y a là le bug de nos démocraties. En effet, si l’on reprend les travaux qui sont à leur origine, ils disent que l’homme est enchaîné. (Ce qui est une hypothèse culturelle, pas un constat scientifique.) Il faut le protéger. Le seul but des démocraties est donc la liberté individuelle. Et l’élu est supposé être « représentatif ». Mais représentatif d’intérêts individuels. Et l’intérêt général, dans cette affaire ? dit de Gaulle.

La Russie et la Chine ont une vision gaullienne de la chose. Ce qui compte pour elles, ce n’est pas l’individu, mais la grandeur de la nation. Au fond, on parle des « nationalismes » de 1848 au sujet des démocraties, mais c’est une erreur. Seuls les Etats non démocratiques sont réellement « nationalistes ». Ils sont la propriété d’une personne qui, comme de Gaulle, en a une « certaine idée ». Et qui veut les faire admirer. Eventuellement de force.

Custine

Mécontent de son pays, la marquis de Custine pense trouver l’idéal perdu en Russie. Il publie La Russie en 1839, le récit du voyage qu’il y fait. Ce serait le pendant de l’oeuvre de Tocqueville sur l’Amérique.

« J’allais en Russie pour y chercher des arguments contre le gouvernement représentatif, j’en reviens partisan des constitutions. Le gouvernement mixte n’est pas le plus favorable à l’action ; mais dans leur vieillesse, les peuples ont moins besoin d’agir ; ce gouvernement est celui qui aide le plus à la production, et qui procure aux hommes le plus de bien-être et de richesses ; il est surtout celui qui donne le plus d’activité à la pensée dans la sphère des idées pratiques : enfin il rend le citoyen indépendant, non par l’élévation des sentiments, mais par l’action des lois : certes, voilà de grandes compensations à de grands inconvénients. » cité par Wikipedia.

Déception. Custine semble y avoir rencontré la Russie éternelle, de Staline et de Poutine. Une Russie où tout est dissimulation à la Potemkine, où tous sont esclaves de leur désir de conquête du monde, qui les a conduits à abandonner leur liberté à un tyran. Mais aussi une Russie qui n’a pas d’identité propre. Qui à la fois voudrait être et rejette l’Europe. Même Pouchkine ne serait qu’une copie de Byron.

Custine craignait que l’Europe ne s’endorme et ne soit balayée par les hordes slaves.

Livre qui fut un « best seller » de son temps et qui est ressorti à chaque grand changement russe. (Concordance des temps, de France culture.)

(Custine n’aurait-il pas été aussi le prototype de nos amoureux modernes de M.Poutine ? Ce qu’ils apprécient chez lui est qu’il s’oppose à ce qu’ils n’aiment pas chez nous. Ils n’ont pas compris que l’ennemi de notre ennemi, peut être bien pire que lui.)

Passoire

QATAR, MOROCCO, RUSSIA, CHINA … WHAT MAKES THE EP A SITTING DUCK? When a parliamentary assistant to far-right German MEP Maximilian Krah was arrested in Dresden on charges of spying for China on Tuesday, the news pulsated through the European Parliament in Strasbourg — but surprise wasn’t one of the main reactions.

In fact, the allegations seemed to confirm a pattern of foreign powers attempting to invade the EU assembly. Still under the cloud of Qatargate, the Parliament’s last few months have been further darkened by allegations that an MEP spied for Russia and that others were paid to spread Russian disinformation in the run up to June 6-9. Now there’s a potential Chinagate on our hands.

Politico.eu, 27 avril

Le plus surprenant dans ces affaires est, probablement, qu’elles n’émeuvent pas l’opinion. Le Parlement Européen, les instances européennes en général, n’a rien de sérieux. Et la Russie et ses amis ont pour métier la manipulation. Tout le monde n’est-il pas dans son rôle ? D’ailleurs, l’UE ne prône-t-elle pas la liberté des marchés ? Tout est à vendre ou à acheter ?

Drôle de démocratie

Curieuse situation. La Russie a déclaré ouvertement la guerre à l’Occident, et la Chine a fait de même, en plus dissimulé.

Et l’Occident est attaqué par des courants internes favorables à la Russie, et d’autres, qui le dénoncent comme un mal absolu. Et pourtant, il fait comme si de rien n’était. Comme si tout le monde était beau et gentil.

Serait-ce ce qui fait la force d’une démocratie ? Elle libère tellement d’énergie que, dans le lot, le bon excède radicalement le mauvais ?