C'est l'idéologie qui fait le clown

Alcatel ou la chronique d’une mort annoncée. Un ami s’y trouvait et me racontait, à chaque fois que l’on se voyait, le progrès du déclin, et ses efforts pour que ses dirigeants ne le précipitent pas par une nouvelle bêtise. Il les appelait « les clowns ». 

Le « fabless » d’Alcatel n’est pas propre à son dirigeant, il illustre la vision « post moderniste » de la France que son gouvernement s’applique à réaliser, avec une détermination remarquable. Notre pays serait-il dirigé par des « clowns » ? 

Qu’est-ce que cela signifie ? Le Français attend tout de l’Etat. Il a tort. Certains parlent de « Grand soir ». Ils croient qu’une idéologie peut en remplacer une autre. Or, c’est l’idéologie qui fait le clown.

Le Français doit tout attendre de lui-même. 

Responsabilité, Solidarité, Exemplarité, dit Dominique DELMAS. 

RSE nationale (suite)

Quelle est la responsabilité du citoyen ? Il doit gérer la « co propriété » nationale. C’est ce que l’on appelle, depuis les Grecs, « politique ». 

Mais comment avoir un impact sur un Etat de 60m de personnes ? Et même sur un village ? Ou encore sur un syndic de copropriété ?

D’abord, il faut chercher à comprendre. La passivité bovine, c’est fini. Il faut avoir une opinion, pour savoir où guider la société. Ensuite, il y a des leviers d’action. Ce sont les réseaux. Toute la question, est d’en trouver un qui convient. Ou de le construire. Et de s’assurer qu’il a une véritable efficacité. Qu’il n’est pas une de ses multiples associations dont le seul mérite est d’avoir donné un titre de président. 

On peut, d’ailleurs, commencer par s’entraîner.  Par exemple avec sa copropriété. 

Principal enseignement : cela demande du temps, beaucoup de temps, et du travail. La responsabilité, ce n’est pas le loisir. 

RSE nationale

La RSE ? Un truc qui plaît aux jeunes. Voilà ce que j’entends. Les entreprises victimes de la « pénurie RH », deviennent RSE. 

Mais que veut dire RSE ? Responsabilité ! 

Et si notre première responsabilité était de tenir notre place dans la société ? Mais quelle est-elle ? Ne sommes nous pas formés pour savoir tout faire, pour être des « polytechniciens » ? D’ailleurs, ne sommes-nous pas d’infects donneurs de leçons ? Notre Etat ne se prétend-il pas, comme le dit Tocqueville, « tuteur ».  Il n’a jamais vu une usine ou un champ, mais il sait tout sur la politique industrielle ou agricole, et, sans aucun sens du ridicule, ne se prive pas de l’enseigner à l’ingénieur et au paysan. Il n’a jamais rien programmé de sa vie ? C’est un expert d’intelligence artificielle, qui va pondre, sans complexe, un rapport sur le sujet. Ne sommes nous pas comme lui. Des footballers de canapés ?

Or, la vie nous a spécialisés. Nos énarques, par exemple, sont des experts des mécanismes publics nationaux et internationaux. Ils savent tout, et sont enchantés, de rites qui nous paraîtraient le degré zéro de l’intelligence. 

Et si, au lieu de donner des leçons aux autres, nous cherchions à comprendre ce que la vie, à défaut de l’Education nationale, nous a appris ? Et si nous en devenions des professionnels ? 

Seulement, la responsabilité ne s’arrête pas là. Nous sommes aussi des citoyens. (A suivre.)

Politique et ordre public

L’ordre public était ce que faisait respecter la police de l’Ancien Régime, ai-je lu quelque-part. 

A y bien réfléchir, c’est peut-être aussi l’obsession des régimes dits « autoritaires ». 

Quel en est l’intérêt ? Nos débats politiques tendent à être des « plans sur la comète ». Principes idéaux, nobles idées. Mais on n’en mesure pas les conséquences. On ne fait pas « d’étude d’impact ». On ne tient pas compte de ce que la systémique nomme « énantiodromie » : le fait que l’utopie donne son contraire. 

En fait, par certains côtés, c’est le « principe de précaution », si difficile à utiliser, voire la RSE.

Toute la complication du politique est de trouver le juste milieu entre un conservatisme inadapté au changement, et le délire destructif de l’utopie. 

Héritage

« La Cour constitutionnelle allemande a jugé jeudi que la loi de 2019 sur la protection du climat, qui prévoit des réductions d’émissions au cours de la prochaine décennie, était en partie inconstitutionnelle car elle transférait le fardeau des réductions les plus douloureuses sur les générations futures. Ce qui viole leurs droits constitutionnels, a jugé le tribunal, car «des mesures suffisantes pour de nouvelles réductions des émissions après 2031 font défaut» » lisait-on dans la lettre de Politico.eu de vendredi dernier.

Du coup, l’Allemagne se demande comment faire vite et bien ces réductions. 

Voilà un précédent dont nous devrions nous inspirer ? Peut-être serait-il temps, dans notre politique de « RSE » nationale, de tenir compte de nos descendants ? 

Danone : du plomb dans le lait ?

Le départ du PDG de Danone serait moins une question d’impact que de règlement de comptes internes. Il aurait mécontenté beaucoup de monde, qui aurait pris l’excuse d’un mouvement d’humeur de quelques activistes pour le licencier. (Article.)

Toujours est-il que c’est un avertissement à tous ceux qui croyaient qu’il suffisait de promettre un impact pour être invulnérable et attirer des fonds. 

Mauvais impact

Danone, entreprise à « impact », a des ennuis avec ses actionnaires. 

Il se trouve que j’ai travaillé à la question de la RSE à l’époque où ISO 26000 n’était pas encore adopté. Je me demandais alors ce qu’allait donner ce courant. Eh bien, maintenant, tout le monde est RSE.  

Je soupçonne que la RSE est la stratégie des dirigeants qui n’ont pas de stratégie. Du coup, la RSE a un impact imprévu : très satisfaits d’eux, ils oublient de faire leur métier de dirigeant. 

Mais, au fait, la RSE, qu’est-ce que c’est ? Assumer ses responsabilités d’être humain. Je me souviens d’un dirigeant dont l’entreprise, familiale, était devenue RSE à la suite de l’entrée d’un fonds dans son capital. Il avait eu la surprise de découvrir qu’elle était RSE depuis toujours. 

L'éléphant et l'écologiste

Dans le combat climatique, la stratégie des écologistes est d’étouffer « l’ennemi ». Wikipedia donne un exemple de cette stratégie. Les fiches de leurs opposants servent à démontrer que ceux-ci sont des manipulateurs. (N’utilisent-ils pas les mêmes techniques que celles des écologistes ?)

D’ailleurs, cela n’est pas faux. Devant l’efficacité de cette tactique, de gauche, M.Sarkozy, et les néoconservateurs, plus généralement, l’ont employée.

Les principes de la RSE sont une autre forme de démocratie. Il s’agit de prendre en compte l’opinion des « parties prenantes » concernées par un sujet. Ce n’est plus une question de qui a raison entre écologistes, climato-sceptiques ou autres Gilets jaunes. C’est la fable des aveugles et de l’éléphant. Chacun a une vision partielle d’un « tout » qu’il ne peut pas concevoir. Mais une fois que ce « tout » est apparu, résoudre les problèmes individuels est évident.

Contre le GIEC ?

Il y a quelque-chose d’étrange. Il y a vingt ans, dans un cours, j’avais pris le réchauffement climatique comme exercice de « stratégie en environnement incertain ». Ce qui m’avait amené à faire une enquête et à lire une excellente étude sur le sujet. Et pourtant, je me méfie du GIEC. Et, je me demande si cette méfiance n’est pas partagée par beaucoup de gens. Mystère ?

Des organismes comme le GIEC sont des lobbys, ce qui discrédite leur discours. D’autant qu’ils ne tiennent pas compte d’autres opinions, même pas des travaux antérieurs du Club de Rome, pour le GIEC. On ne peut pas parler de RSE, et ne pas appliquer ses principes.

(A l’origine de tout cela, il y a un manque de confiance vis-à-vis de son prochain ?)

RSE : ne nous moquons pas des entreprises ?

On se gausse de la RSE. L’entreprise veut nous faire croire qu’elle se préoccupe de développement durable, nous dit-on.

Mais la société a-t-elle des leçons à donner à l’entreprise ? Le principe de la RSE, c’est le « dialogue avec les parties prenantes ». Or, la caractéristique de notre époque, c’est la pensée unique, la croyance en un bien absolu que l’on aurait découvert. Il faut que les Gilets jaunes hurlent pour que l’on sache qu’ils existent. Même les chercheurs ne cherchent plus. Ils ont trouvé. Ils n’en ont que pour le réchauffement climatique. C’est un des paradoxes de notre monde. L’individualisme de Woodstock a produit un conformisme sans précédent. Faire ce que je veux, c’est ne plus penser ?

Tout cela est bien peu systémique. La systémique nous dit que la solution n’est pas où nous la cherchons. Pour la trouver, il faut un rien d’ouverture d’esprit. Notre prochain changement ?

(Un livre sur le sujet.)