La loi dite « OMNIBUS » a retiré au « pacte vert européen » l’essentiel de sa substance. En particulier l’obligation de produire un rapport de « durabilité » dit « CSRD » ne s’étend plus qu’à un petit nombre d’institutions, qui pour la plupart l’avaient déjà fait. Pour les autres, il a été remplacé par une procédure simplifiée, volontaire.
En fait, il n’est pas certain que cela change grand chose. Depuis le début le « pacte vert » joue sur le levier financier : si vous ne pouvez pas faire la preuve de votre « vertu », vous n’avez pas de financement. Les banques imposent cette règle. Et les grandes entreprises font de même avec toute leur chaîne de fournisseurs.
Le changement est ailleurs. Il concerne la perception que nous avons de cette information « extrafinancière ». Aujourd’hui elle souffre de son association avec un courant idéologique qui s’est fait beaucoup d’ennemis. Or, il s’agit réellement d’un travail, vital, concernant la « durabilité » de l’entreprise, au sens propre du terme. Il la force à envisager, ce qu’elle ne fait jamais, l’avenir et la solidité de son modèle économique. Alors, elle découvre, comme disent certains, que « 80% de sa valeur n’est pas dans son bilan ». Bref, elle doit faire, pour la première fois, un travail de stratégie, sur les risques et les opportunités, les forces et les faiblesses, et sur le plan d’action qui doit en résulter.
C’est aussi un changement massif pour l’expert comptable. Au lieu de se contenter de « regarder dans le rétroviseur », ce qu’on lui reproche et qui a peu d’intérêt, il doit aider l’entreprise à se projeter dans l’avenir. Avec tout ce que cela signifie de provisions et autres conseils de bonne gestion.