Knock

Que dire de Knock ? Que c’est élégant, que l’humour est fin, et pas trop insistant. Et que je l’ai lu sans m’en rendre compte ? (Alors que je l’avais déjà lu !) Mais est-ce profond ? Y a-t-il là une leçon pour l’humanité ou est-ce à qualifier d’humour potache ? Comme quoi, il n’est pas nécessaire d’être profond pour être durable ?

Curieusement, alors que je n’ai jamais vu jouer la pièce par Louis Jouvet, je n’ai pas pu m’empêcher de le voir et de l’entendre.

Jules Romains et les hommes de bonne volonté

L’autre jour, Jean-Noël Jeanneney (France Culture) cherchait à réhabiliter Jules Romains. Ce qu’il en a dit m’a amené à me renseigner. (Quoi que tout n’ait pas été glorieux dans sa vie : c’était un « embusqué » en 14…)

J’ai retrouvé dans la bibliothèque familiale le premier tome de ses Hommes de bonne volonté, Le 6 octobre. Les hommes de bonne volonté ont 27 tomes. Il est donc hasardeux de les juger sur le premier d’entre-eux. Ce que je vais pourtant faire :

Chaque chapitre raconte un moment de la vie d’un personnage, le 6 octobre 1908, à Paris, un jour où pourrait se déclencher une guerre mondiale… Aucune difficulté de lecture, mais pas grand intérêt. Sinon une description du Paris de l’époque et de la vie de ses citoyens.

L’intention était probablement de dépeindre la société de l’époque, peut-être à la façon des impressionnistes. Mais n’est-il pas vain de croire percer l’âme de ses contemporains ?

En fait, Jules Romains ne faisait que suivre une mode. Les Thibault de Roger Martin du Gard, Les Pasquier de Georges Duhamel étaient aussi d’interminables histoires prétendant témoigner avec perspicacité de leur temps, des « fresques historiques ». Comme d’habitude le prix Nobel a suivi la mode, il a récompensé Roger Martin du Gard.

Curieusement, je les ai lus dans ma jeunesse, avec tout ce qui avait été à la mode dans celle de mes parents, Gide et autres. Et déjà, je ne leur trouvais aucun intérêt. Bien que leur lecture ait été à la portée d’un enfant, et que j’en sois parvenu au bout. (Drôle d’éducation, me dis-je maintenant.)

Ce qui survit de Jules Romains, à mon avis, c’est Knock. Je me demande si une des forces de notre culture n’est pas la caricature ironique, qui masque une révolte profonde, une sorte d’humour politesse du désespoir : Voltaire dans ses contes philosophiques, Molière, Anatole France, Rabelais…