Tsigane

Pauvre Tsigane ? On ne s’intéresse à lui que comme à un objet folklorique ?

Une émission de France culture parlait de la « civilisation tsigane ». Voilà qui était prometteur. Mais qu’en est-il résulté ? Une discussion de croyances plus ou moins exotiques, qui ne sont probablement plus d’actualité. Seul intérêt : l’histoire de ses origines. Mais, là aussi, le fantasme n’est pas loin. On lui prête un passé égyptien. En fait, il est venu d’Inde, et il est passé de nation en nation, ce dont la langue qu’il parle garde la trace.

La logique de l’intellectuel

La logique de l’intellectuel (de gauche ?) serait que l’opprimé est fatalement un juste. J’ai saisi cette idée au hasard d’une émission de France Culture dont j’ai attrapé une minute, dans la confusion, d’où l’approximation de la citation. Entout cas, la modélisation semble étonnamment puissante.

Elle pourrait expliquer bien des paradoxes. Par exemple, pourquoi le Juif est-il un bon quand il est dans un camp nazi, et un mauvais quand il est Israélien ? Pourquoi la famille Rom peut-elle être l’antithèse des droits de l’homme mais aussi l’image du bien absolu ? Pourquoi a-t-il fallu les printemps arabes pour que l’on découvre qu’il y avait oppression et misère au Maghreb, sinon parce que d’anciennes colonies ne peuvent qu’être le bien ?
Où est l’intellectuel dans tout ceci ? Il combat du côté des opprimés. Mais alors en opprimant les oppresseurs, il en fait des justes, et est le mal ? Ne serait-il pas plus logique de périr en martyr non violent ?
Et si la nature de l’homme était d’opprimer quand il le peut ? Le bien n’existerait pas ?
Question finale : l’intellectuel en est-il un ? En effet, penser est le contraire d’obéir mécaniquement à des règles sommaires. Défaite des Lumières, des philosophes, de la Révolution, de la 3ème République, des instituteurs, des radicauxpuis du socialisme de Jaurès, dont le combat a été justement de nous apprendre à penser par nous-mêmes, en dehors des coutumes et autres règles qui nous préexistent ?