Montée des périls

Un mot sur la réforme des retraites.

Elle illustre la raison d’être de l’association des interpreneurs, dont je suis un des fondateurs.

Le remous qu’elle a créé montre que notre pays est extraordinairement fragile. Il n’a plus d’armée, d’industrie, est dépendant de l’étranger, et généralement de régimes qui ne lui veulent pas du bien, quasiment pour tout ce qu’il consomme, est criblé de dettes, a des services publics qui ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils furent, et en plus est au bord de la guerre civile. Dans mes cours d’histoire, on parlait de « montée des périls ». Et je n’exagère pas.

Ce dont nous avons besoin c’est d’un changement d’état d’esprit. Mot d’ordre : « responsabilité ». Le citoyen doit prendre son sort en main et faire preuve de solidarité, pour relancer le pays « par en bas ».

Big bang ?

Le gouvernement va-t-il être renversé ? J’entends dire que Mme Le Pen pourrait bientôt diriger la France.

On ne lance pas de pierres, quand on habite une maison de verre ? Curieuse réforme des retraites. Qu’est-ce qui a poussé notre président à prendre ce risque ? Je vois dans la presse étrangère et française qu’il est victime d’un déni démocratique.

Toujours est-il que cela illustre une propriété de l’histoire que l’on n’enseigne pas à l’école. Un incident infime peut la faire changer de cours, radicalement, façon big bang. L’instant d’avant c’est la paix. Celui d’après, la guerre.

Ainsi, ce n’est pas la crise qui a amené Hitler et le nazisme au pouvoir, mais la mort d’un homme politique qui était parvenu à maîtriser les instincts suicidaires de son pays. De même Nicola Sturgeon vient de disparaître, pour avoir pris une mesure malheureuse, alors qu’elle était au faîte de sa popularité.

La retraite à 68 ans

L’Angleterre annonce que l’âge de la retraite sera bientôt de 68 ans. Il est aujourd’hui de 66.

Autres pays autres moeurs ?

Combien de temps faudra-t-il attendre pour que l’on se rende compte de l’injustice faite à l’homme ? Car l’espérance de vie de la femme est bien plus longue que la sienne.

Sans compter que, de plus en plus, on constate que la femme fait plus facilement des études que l’homme. Ce qui sous-entend, dans notre société, une vie moins éprouvante.

L’humour est la politesse du désespoir : le limerick de la complainte de la retraite du professeur Suhamy :

Une vache meuglait : « tarie étant ma traite,
Mes exploitants devraient m’offrir une retraite.
Mieux vaudrait faire le trottoir
Que de périr à l’abattoir.
Hélas depuis toujours l’homme ainsi nous maltraite ! »

Inflation

Que donne mes théories sur l’inflation confrontées à la réalité ?

Elles résistent. Curieusement, il semblerait que l’on ait trouvé le moyen d’éviter les crises monétaires. Et cela par un raisonnement complexe et contre-intuitif.

D’abord, il y a le récent Nobel, Ben Bernanke, qui a décidé lors de l’éclatement de la bulle internet, contre toute la littérature de l’économie, qu’il fallait avoir un recours massif à la planche à billets. Cela a produit une « inflation différentielle », en enrichissant massivement le « 0,1% », et en créant une spéculation sur le titre d’entreprise, et l’immobilier. Mais le commun des mortels n’a pas été touché. On a pu dire qu’il n’y avait pas d’inflation. L’INSEE ne s’intéresse qu’au prix de la carotte.

On peut même estimer que cela a créé une nouvelle économie. Ces nouveaux riches veulent investir leur argent. Et c’est bon pour la start-up. Même si elle est généralement un flop, elle permet à des gens de rêver, et à d’autres, en se la passant de main en main pendant une vie professionnelle, de toucher de gros salaires. Tout l’art de Robin Hood consiste désormais à créer des modes qui orientent cet argent vers des activités utiles.

Ce que l’on a découvert, ou redécouvert, c’est que l’inflation est une question de « tuyau ». Si on ne l’adapte pas, le « système » a une capacité à la croissance limitée. Vouloir pousser l’activité économique au delà de cette capacité produit un échauffement, l’inflation. Cela est arrivé lors du redémarrage de l’économie après confinement, et à l’occasion de la relance Biden. Cette inflation devient un mal, si elle crée une spirale d’augmentation des prix. C’est-à-dire si, lorsque il y a à nouveau équilibre entre le flux d’activités et le tuyau, il n’y a pas de contre poussée sur les prix.

Cela révèle aussi la nature du mal : l’inflation, contrairement à ce que pense l’économie, ne touche pas tout le monde de la même façon. Les « isolés », qui sont très nombreux dans une société libérale, peuvent être broyés.

Et les gouvernements ? Au lieu d’accorder des augmentations de salaires, qui sont irréversibles, ils ont apporté un secours à court terme. Ils ont été aidés par la faiblesse des syndicats, et des grandes organisations. De plus en plus l’action syndicale paraît être une défense de minorités privilégiées, aux dépens de la majorité et de l’intérêt général (cf. paragraphe précédent). C’est peut-être ce qu’estime le gouvernement anglais, qui ne bouge pas face à un mouvement de grève massif. Et ce qui explique, peut-être aussi, la réforme des retraites de notre gouvernement.

(Le moment Thatcher de M.Macron ? A ce sujet, il est surprenant qu’il n’ait pas placé l’âge de la retraite à 70 ans. Histoire de montrer sa force. Peut-être sera-ce pour la prochaine fois ?)

Une vie de retraité

« La jeunesse mélenchoniste est persuadée que la solution est le revenu universel et l’inactivité d’une grande partie de la population (sous-entendu le travail sera fait par des IA et des robots payés par les taxes sur les revenus du capital qui travaillera tout seul). » écrit un ami.

Je suis frappé par cette analyse. Je ne m’étais pas interrogé sur la jeunesse mélenchoniste.

Je vois dans cette idée, presque aussi vieille que le monde, une hérésie. La machine ne crée pas le chômage. Au contraire, le principe même de l’économie est le « gain de productivité ». Plus il y a de machines, plus un homme peut produire et plus, collectivement, la société est riche. Si je pouvais produire dix fois plus, j’achèterais dix fois plus !

Comme le dit un livre que cite ce blog, l’art du tailleur de pierre des cathédrales était de concevoir des outils qui lui permettaient de travailler vite et bien.

Bien sûr, la machine pose la question du changement. Mais elle pose surtout celle du fantasme. D’un côté, il y a les Elon Musk, qui rêvent d’éliminer le travailleur. De l’autre il y a leur opposé, peut-être bien le mélenchoniste, qui rêve de ne rien faire.

Pas étonnant que les élucubrations sur l’IA aient eu un tel succès ?

La retraite commentée

J’ai écrit sur la retraite. On me répond :

« Avant de mettre les retraités au pain sec, peut-être faudrait-il se demander où sont passées les considérables liquidités que possédaient les caisses de retraite. En effet, avant le papy boom il y eu le baby boom et des cohortes d’actifs qui cotisaient face à une masse faible de retraités (saignée des 2 guerres et retraite à 65 ans jusqu’en 81).

Est-ce que le gouvernement n’aurait pas plongé sa grosse louche dans le pactole des caisses de retraite pour financer les 35 heures par exemple ?

Ah la politique !!!

Et voici venu le temps où les retraités, à qui on a soutiré des cotisations toute leur vie en vue de sécuriser leur fin de vie, se voient reprocher le montant de leur pension !

Plutôt que retirer du pouvoir d’achat à ceux qui après avoir travaillé toute leur vie contribuent encore à l’économie par les besoins qu’ils créent et satisfont, je préfèrerais que la société crée plus de richesse.

Par bon gestionnaire, on entend souvent homme ou femme économe.

C’est ainsi que les difficultés d’une entreprise sont généralement traitées par la contraction des dépenses, la première de ces dépenses étant les salaires en oubliant que le salarié est une ressource supérieure à la dépense qu’il occasionne.

Mais gérer une entreprise ou un Etat, ce n’est pas économiser c’est savoir se doter des moyens nécessaires à la création de richesse en vue d’atteindre les objectifs que l’on s’est fixé. Où serions-nous si le gouvernement avait choisi d’appliquer un plan d’économie pour faire face à la crise du covid ? »

Voilà, résumé, tout le problème qui se pose à notre pays ? Et à son gouvernement, s’il veut éviter bien des désagréments ?

La République des cigales

Retraites : où se trouve le problème ? Chez les retraités, dit un article

Ils ont un niveau de vie nettement supérieur à celui de la population. D’où prélèvements toujours plus grands sur les actifs et l’économie. D’où cercle vicieux : plus l’économie est faible moins elle peut alimenter les caisses de retraite, et plus il faut prélever. 

Décidément, volontairement ou non, nos gouvernements avaient décidé de liquider le travail, « l’industrie » au sens fourmi du terme. Mais voilà, la bise est venue… et nous sommes fort dépourvus. 

(Un curieux graphique :

En 70, les hommes semblent ne pas survivre à la retraite. Théorie du genre à l’envers : ils cotisaient pour leurs femmes, dont l’espérance de vie était bien supérieure à la leur ?)

La retraite de Montaigne

Montaigne semble avoir écrit sur tout. Y compris sur la retraite. (De la solitude, dans Les essais.)

Comme souvent, il semble plus moderne que nos contemporains. Car, c’était un retraité moderne. Il a pris sa retraite alors qu’il était en pleine possession de ses moyens. 

Quand on a beaucoup donné aux autres, que l’on n’a plus rien à apporter, on peut prendre du temps pour soi. « La plus grande chose au monde, c’est savoir être à soi.« 

Donc, danger : aliénation. Se faire prendre au piège d’une activité qui n’est qu’un passe-temps, qui empêche de regarder la réalité en face. La retraite ne s’improvise pas. Il faut « conformer sa vie aux règles de la raison, l’ordonner et l’arranger par une réflexion préalable« . « Retirez-vous en vous, mais préparez-vous premièrement à vous y recevoir. » 

Il est question de « voie » comme dans le taoïsme : « voie qui consiste à vous contenter de vous-même, à ne rien emprunter qu’à vous-même, à arrêter et à fixer votre âme sur des pensées déterminées et limitées où elles puissent se plaire, puis, quand vous aurez reconnu les vrais biens dont on jouit à mesure que l’on comprend, à vous en contenter sans désirer prolonger votre vie ou votre renom. »  

Je vis, puis j’analyse ce que j’ai vécu, et j’y trouve ce qui méritait d’être vécu ? C’est à la fin de ma vie que je comprends ce qu’elle avait de beau ?

Finir dignement

Ce blog cite un anthropologue qui a étudié un EHPAD. Il a mis deux ans à s’en remettre. Il y a vu des êtres humains qui ne l’étaient plus. Il en avait tiré la théorie selon laquelle ce qui expliquait cette situation déplorable était des enjeux économiques. 

Une amie me racontait que sa grand mère, corse, s’était retirée de la civilisation pour vivre ses dernières années. La bonne façon d’échapper à la loi du marché ?