Pensée libre

En assistant à la conférence du sénateur Retailleau, je croyais découvrir une pensée en construction. J’ai été déçu. (Billet précédent.)

Mais, comme le dit Montaigne, les défauts des autres sont parfois le meilleur moyen de corriger les siens.

Comme chez Clint Eastwood, cette pensée « de droite » obéit à des codes « de gauche ». Par exemple, il s’escrimait à démontrer que la droite avait été écologique avant la gauche. Il n’est pas allé jusqu’à dire que la droite avait fait l’apologie de l’homosexualité avant la gauche, ce qui est dommage, car il aurait eu raison. De même, tout en faisant une référence perfide à un viol commis par des homme d’origine africaine, il a semblé fermement condamner le racisme. Et il a vanté l’ascenseur social éducatif, la grande affaire des Radicaux.

Pour le reste, il a fait preuve de bon sens. Effectivement, le mal du secteur public est d’être une pyramide inversée, une armée mexicaine. Mais cela, tout le monde le dit. La question est de savoir comment on transforme le petit chef en un citoyen utile. Ce sujet n’a pas été abordé.

Etre de droite ne veut pas dire être raciste, contre l’écologie et condamner l’homosexualité, il signifie savoir justifier ses positions par des convictions ultimes. C’est l’exercice existentialiste par essence. Cela demande beaucoup de travail, sur soi.

Ce qui tombe bien, finalement. Car le sénateur Retailleau s’est livré à un morceau de bravoure sur la « valeur travail »…

(« Valeur travail », actuellement revendiquée par le Parti Communiste…)

Sénateur Retailleau

Mon premier meeting politique. Le hasard m’a fait assister à un discours de M.Retailleau.

J’en avais entendu parler. Il semble avoir un petit fan club dans l’Ouest de la France. J’avais cru comprendre qu’il travaillait à une réinvention de la droite. Comme nous sommes en un temps où l’on cherche ses valeurs, j’étais intéressé.

Curieusement, il a paru heureux de voir autant de monde, alors que j’ai trouvé qu’il n’y avait personne, et, encore, essentiellement des élus. Il est vrai, et cela a été répété, que la droite traverse le désert. (Et que, lorsque l’on obtient moins de 5% aux élections présidentielles, il serait bien de ne pas se diviser un peu plus.)

Quant au discours, mon voisin m’a fait remarquer que, s’il parlait sans notes, c’est parce qu’il ne disait rien de neuf. Et qu’il aurait dû commencer par prendre des cours d’élocution. Quant à moi, je n’y ai pas trouvé ce que je cherchais. Il était question des « valeurs de la droite ». Mais, si c’est cela les valeurs de la droite, il n’y a pas de quoi s’en vanter. Sans compter qu’il y avait quelques sous-entendus « populistes », bien appuyés. Des facilités trop fortes pour qu’on leur résiste ?

Si un sénateur de 61 ans, inconnu jusque-là, peut se croire un avenir présidentiel, c’est que sa concurrence ne doit pas être bien relevée ?

Tout s’est terminé par la Marseillaise. Et j’ai pensé que si être de droite consistait à connaître les paroles de la Marseillaise, cela risquait de réduire sérieusement son électorat. Un mauvais point de départ, pour un changement ?