France dissolue

Soyons de notre temps, pour une fois ? Que penser de ce qui s’annonce comme une nouvelle dissolution ?

M.Bayrou est tombé dans le même piège que M.Macron ? Il a joué la « politique du pire ». Il a fait un pari. Le pari que le parti socialiste, en particulier, fasse preuve de « responsabilité ».

Curieusement, on en est revenu à ce que de Gaulle considérait comme le cancer de la France. Ce qui en avait fait une nation minable, au bord de la poubelle de l’histoire. Il pensait avoir résolu le problème.

D’où vient le mal ? Probablement de la culture française. Elle permet d’être irresponsable en toute bonne conscience. Nous avons des principes, des absolus, des utopies, nous croyons à la révolution. Il suffit de tout détruire pour créer un régime qui n’a jamais existé nulle part. Cela tombe sous le sens.

L’antidote. Prendre conscience que le système dans lequel nous sommes nous est consubstantiel. Comme l’air. Comme l’eau pour le poisson. Tellement consubstantiel que nous en avons oublié les bénéfices. Il est possible de l’améliorer, il a même beaucoup de plasticité (c’est ce que disent les travaux sur le changement), mais vouloir le casser est suicidaire. Qui sème la révolution récolte la terreur.

Avenir de nos enfants

Au hasard des titres, on lit :

Czech coal and gas investor Pavel Tykač sees vindication in Trump’s White House return

Prague-based Sev.en is planning to double carbon-intensive investments outside the EU

Financial Times 27 janvier

La défaite du totalitarisme écologique met l’humanité devant la réalité : son avenir, c’est dix milliards d’Occidentaux. Un monde irrespirable, artificialisé à outrance, où chacun se comporte chez les autres en terrain conquis.

L’avenir n’est pas rose.

En tous cas, s’il y a un enseignement à tirer de nos mésaventures, c’est que le changement ne peut se faire que si tout le monde y consent et pas par la manipulation des esprits. 

Dissolution

Dissolution surprise. Curieux. Les résultats obtenus me semblent avoir été ceux attendus. Et l’on aurait même pu penser que le PS allait devancer le parti présidentiel, ce qui n’a pas été le cas. En ce qui concerne l’Europe, seuls les écologistes ont connu un véritable revers. L’union semble rester manoeuvrable.

Depuis une décennie, il y a eu un changement de cap de nos gouvernements. On aurait pu s’attendre à ce qu’il finisse par porter ses fruits. Il y avait trois ans pour cela. De surcroît, M.Macron semble cultiver le chaos : la dissolution succède au remaniement ministériel. Un pays a besoin de calme pour travailler.

Le danger, dans ces conditions, est que l’électeur confirme son opinion d’un gouvernement qu’il n’aime pas. Une leçon de l’histoire est que ce sont, bien souvent, les manoeuvres des politiques qui amènent l’extrémisme au pouvoir. Et, exactement dans ces circonstances.

Un journaliste du Figaro, interviewé par BBC world service, émettait l’hypothèse que ce pourrait être une manoeuvre subtile. M.Macron pourrait désirer que le Front national prenne le pouvoir, histoire de démontrer qu’il est incapable de gouverner. D’autres informations (Poltico.fr) laissent entendre que la décision n’a pas été improvisée.

M.Macron dit faire confiance au sens des « responsabilités » des Français. Leur donne-t-il l’exemple ?

(Dans le droit fil des réflexions de ce blog, qui ne parle que de crises, il y a deux jours, je me faisais la réflexion qu’il n’y en avait pas eue… C’était compter sans M.Macron.)

Guerre de trente ans

Drôle d’affaire que cette guerre de trente ans (1618, 1648). Elle a ravagé l’Allemagne, en particulier, et a fait des millions de morts.

Apparemment, les Habsbourg catholiques voulaient étendre leur influence, ce que refusaient les protestants et la France.

De cette affaire, dit-on, aurait émergé le concept moderne d’Etat souverain. Et, pour une fois, la France, de Richelieu, aurait tiré les marrons du feu. (D’après In our time, de BBC4.)

Tout a commencé par la défenestration de Prague. Comme souvent un incident sans importance. Mais y a-t-il de tels incidents ? Et une cause au nom de laquelle on met un continent a feu et à sang peut-elle être juste ?

Prématuré

Les stéroïdes couramment administrés aux bébés prématurés, pour améliorer leurs chances de survie, augmentent le risque de problèmes cardiovasculaires à long terme. Mais une nouvelle étude sur des rats a révélé que, s’ils sont administrés en conjonction avec des statines, leurs effets positifs persistent tandis que les effets secondaires négatifs potentiels sont «éliminés». (Université de Cambridge.)

De notre responsabilité sociale ?

Tous irresponsables ?

Une entreprise veut devenir « à mission ». On fait venir des consultants. Le projet va coûter des millions. On commence par le comité de direction. On évoque la question de la « responsabilité ». Sa DRH s’exclame : n’utilisons pas le mot « responsabilité », il fait peur !

Il y a quelques années Science Po m’a demandé de faire une conférence sur le changement aux cadres à potentiel d’un organisme d’Etat. L’organisatrice de l’événement m’a dit : le changement n’existe pas. Je lui ai répondu de se passer de moi. (Quelques-temps avant j’avais pu constater les effets de l’action de ses services d’investissement sur un concurrent d’un de mes anciens employeurs : sanglants. L’entreprise, un des piliers du métier, a disparu !)

Je ne sais pas comment qualifier cette pensée, mais je pense qu’elle a gagné les plus hautes sphères de l’Etat. Elle nous considère comme des simples d’esprits.

Et si c’était cela la responsabilité : considérer les autres comme intelligents ? Aime et fais ce que tu veux !

Changement de sexe

Les Ecossais veulent changer de sexe à 16 ans. Les Anglais doutent du bien fondé de l’idée.

Nos élites ne semblent plus capables de penser. Elles croient aux idées « socialement avancées ». Et ces idées, il faut les appliquer mécaniquement, sans débat. A une époque, elles pensaient que la réduction du temps de travail était obligatoirement une avancée sociale. Il semble qu’il en soit de même de beaucoup d’autres sujets comme le changement de sexe, toujours plus précoce, ou l’avortement, toujours plus tardif.

Or, ce ne sont pas des questions à prendre à la légère. L’adolescence est le temps des crises, et de l’embrigadement. Est-ce un bon moment pour prendre des décisions qui vont engager le reste de sa vie ? Quand à l’avortement, il pose la question du droit à tuer un être humain. Où s’arrête-t-on ? A quel moment crée-t-on un précédent dangereux ?…

Il n’y a pas de solution en blanc ou noir à ces questions. Elles sont graves, elles demandent beaucoup de réflexions. Avant tout, la conscience de sa responsabilité, illimitée ?

Roulette américaine

On donne à un comédien américain (Alec Baldwin) une arme chargée. Il tue une personne. On lui fait un procès.

J’entendais dire qu’il aurait dû vérifier son arme.

Ce qui est surprenant. Je pensais que le cinéma utilisait des jouets. Mais non. Est-ce que tout comédien, dans ces conditions, doit être formé au maniement des armes, et pouvoir reconnaître une cartouche à blanc ?

Le plus étrange est qu’il ne semble surprendre personne que l’arme ait pu contenir de véritables munitions. En fait-on ordinairement usage dans les tournages ?

L’Amérique ne s’est pas sevrée du Far West ?

Toujours est-il que cela nous rappelle que nous avons des responsabilités que nous ignorons souvent. Peut-être aurions-nous besoin d’un cours de rattrapage les concernant ?

Renier le passé

Un jeune homme disait : regardez comme j’ai changé. Hier, je parcourrais le monde en colon et en avion, aujourd’hui, je suis une pasionaria de la bicyclette. (Linkedin)

Ailleurs on dévisse les statues des anciens, parce qu’ils ont mal pensé, ou mal agi. Faut-il renier son passé, au nom du présent ? 

Ou reconnaître qu’il n’y a ni bien, ni mal absolus, mais un monde en évolution ? Un monde qui se construit en avançant, et donc qui peut s’égarer si l’on ne s’interroge pas sérieusement à chaque pas qu’il fait ?

Le début de la responsabilité ?