Averroès

Un temps l’Islam a aspiré toutes les connaissances du monde. Averroès paraît avoir été le point culminant de ce mouvement. Il vivait avec l’oeuvre d’Aristote. Pour lui, raison et foi allaient ensemble. Il semble même avoir pensé que le théologien était une sorte de charlatan, le seul bon croyant était philosophe. On ne croit bien qu’avec la raison.

Puis le cours de l’histoire s’est inversé. Il a été disgracié. L’Islam s’est replié sur lui-même. Et son oeuvre a inspiré l’Occident, quoi qu’elle ait aussi suscité de vives oppositions.

De l’influence de la foi et de la raison sur les sociétés ?

Toute une vie, de France culture.

Voies de Dieu

La cathédrale gothique est apparue en un temps de croissance démographique forte.

La France, en particulier, s’est couverte d’églises et de cathédrales. Ce qui avait pour conséquence l’emploi de beaucoup de monde. Et c’était un travail qui rapportait beaucoup. Une façon efficace de répartir des richesses. (France culture.)

Les sociétés trouvent des moyens mystérieux d’assurer leur équilibre ?

Mariage pour tous

La bigamie serait une invention récente. A peine mille ans. Une invention du catholicisme.

Il a bien essayé d’en faire un péché mortel, mais ça n’a pas pris. En Angleterre, la pratique était courante, en France, les tribunaux considéraient le bigame comme un martyr d’intérêt public (à l’image d’Elon Musk, qui multiplie les ménages, pour repeupler la race blanche).

La preuve ultime qu’il n’y avait pas mort d’homme ? Contrairement à ce qui se passe pour le véritable crime, le nombre de femmes bigames était important.

Voilà ce que je retiens d’une émission de Jean-Noël Jeanneney.

Ténèbres

Un des livres cités par ce blog parle des USA comme « reluctant crusaders ».

Les USA se voient comme des « croisés ». Mais dès que la croisade tourne mal, ils se replient sur leurs terres.

C’est cet instinct que Trump semble avoir libéré. Vance, par exemple, c’est le retour des sorcières de Salem. C’est un rappel que le puritanisme anglo-saxon est plus effrayant, car plus froid, systématique et intellectuellement consternant, que l’inquisition catholique, qui conserve toujours quelque-chose de l’irrationalité latine.

On ne s’en rend pas compte, mais la France est en première ligne de l’affrontement. C’est l’expression même de sa culture à laquelle les USA s’en prennent. Celle dont le maître mot est « laïcité ». Car ce qui l’a caractérisée jusqu’à récemment a été la pensée des Lumières et de la raison, et, en conséquence, son combat contre l’obscurantisme dont les USA demeurent probablement le meilleur représentant, loin devant les Jihadistes. Paradoxalement, la Chine communiste et l’URSS ont été bâties sur le modèle français.

Mais les paradoxes ne s’arrêtent pas là. Ce qu’attaque Trump est le résultat d’une autre idéologie, qui, elle, est parvenue à conquérir le pays, du moins ses élites.

US tells French companies to comply with Donald Trump’s anti-diversity order
Move signals push by the American president to widen his ideological campaign abroad

Financial Times, 28 mars

La nature des USA

My word is my bond est la devise de la bourse de Londres. On pourrait penser que c’est aussi celle du capitalisme. Et pourtant, le propre des USA est de ne pas tenir parole. Aujourd’hui, mais aussi hier.

Au fond, nous, Européens, avons une idée totalement erronée des USA. Nous pensons qu’ils nous aiment parce que nous avons la même origine. Or, ils nous haïssent. Les pères fondateurs étaient des fanatiques, qui fuyaient l’Europe, qui les persécutait. Je pense que les Américains quelle que soit leur origine, nous en tiennent encore rigueur.

Ils nous ont aidé durant nos guerres fratricides. Mais ils ont tardé longtemps à défendre les démocraties. Et leur fortune et leur domination mondiale vient de ces guerres. (Leur attente était-elle un calcul ?) Avant Trump, déjà, ils ont vidé l’Europe de ce qu’elle avait de mieux : ses cerveaux. Le Plan Marshall ? La peur de la contagion soviétique, et la leçon de l’histoire : pour ne pas avoir aidé l’Europe en 19, les USA ont créé les conditions de la guerre de 40. (Et ont mis le feu aux poudres avec leur crise spéculative de 29.) Un Etat prédateur ?

D’ailleurs, très longtemps leur sympathie est allée au Nazi. (Lorsqu’il a fallu choisir entre Opel et Citroën, avant guerre, GM n’a pas hésité une minute.) Ils ont aussi terriblement aimé les dictateurs d’Amérique du sud. (La dernière fois qu’ils ont envahi le Panama, c’était pour en retirer un dictateur qu’ils y avaient installé.)

De même, les USA sont un Etat ultra religieux. Une sorte de fossile de l’histoire. Paradoxalement, l’URSS et la Chine communistes sont les héritiers directs des Lumières et de la France laïque. La nature réelle du conflit qui oppose ces deux blocs n’est-elle pas avant tout religieuse ? Les USA, démocratie ou théocratie ?

C’est aussi pour cela que, de temps à autre, les USA ne peuvent s’empêcher d’avoir de la sympathie pour le fondamentaliste. Ce fut le cas, durant la guerre russe d’Afghanistan. Et c’est ainsi qu’ils ont relancé la croisade islamiste, partout dans le monde.

Serait-il grand temps que nos illusions se dissipent ?

Tradition et religion

Il existe des temps durant lesquels les religions cohabitent en bonne entente et d’autres où elles s’affrontent…

Cela tiendrait-il à l’idée que la religion peut ne pas être un absolu, mais une tradition, une culture, au sens anthropologique du terme ?

C’est probablement comme cela que les Romains concevaient les religions. L’idée qu’une religion puisse être absolue et universelle a peut-être été une innovation. (Fâcheuse ?)

Le Dieu du Moyen-âge

« Le christianisme est une religion d’égaux qui promet la vie éternelle aux fidèles vertueux. Là se trouvent ses deux attraits majeurs. » Cependant, est-ce tout ce qu’il a de fixe ? Le Dieu du Moyen-âge a une histoire. Le concept a beaucoup évolué au cours du temps.

En particulier, par rapport à l’original, le dieu juif : alors que ce dernier était un « Dieu de colère », le chrétien est un dieu « protecteur » et de « souffrance ».

Sa particularité est d’être triple : le père, le fils, le saint-esprit. Le rôle de chacun variant en importance et en sens au cours des ans. Avec, en outre, la Vierge. (Un genre de polythéisme ?)

L’homme invente des concepts, à des fins utilitaires, qui, à leur tour, le transforment ?

Bonne religion

J’entendais que, en Egypte, un temps, chaque membre d’une communauté religieuse invitait ses amis d’une autre communauté à participer aux fêtes de sa religion.

Les dites fêtes devaient être interprétées comme des traditions respectables.

Comme quoi rien n’est intrinsèquement mauvais. Tout dépend de l’esprit du temps, volonté de puissance ou générosité ?

Julien l’apostat

Julien l’apostat est un obscure empereur romain, qui a régné un an.

C’était un empereur philosophe sur le modèle de Marc Aurèle. Ses réflexions l’ont amené à vouloir secouer le monopole de la religion catholique et à réinstaller la tradition de tolérance religieuse romaine. Voilà qui aurait pu changer l’histoire du monde ?

En tous cas, cela lui a valu d’être maudit pour les siècle des siècles. A quoi tient la gloire éternelle ?

(In our time de la BBC m’a fait découvrir Julien.)

Calvin

A l’étranger, et peut-être en France, peu de gens savent que Calvin était français. Il est vrai que Calvin (calvine, plutôt) est devenu un prénom anglo-saxon.

Concordance des temps, de France culture, lui consacrait une émission (16 mars). Je n’ai pas appris grand chose, sinon que c’était un malade et un esprit totalitaire (le propre du Français ?) qui a fait griller et tuer une bonne centaine de personnes durant son règne sur Genève. Ce qui, compte-tenu de la taille de la ville à l’époque, doit être comparable aux sévices de la Terreur. En tous cas, les catholiques se seraient inspirés de ses pratiques.

Il est curieux de penser qu’avec un tel passé, Genève ait pu devenir une ville aussi pacifique. Ce qui ne tue pas renforce ? (D’un autre côté, la France n’a pas appris grand chose de la Terreur : la culture nationale serait-elle aussi à prendre en compte ?)