TVA sociale (suite)

J’entends France culture dire, ce matin, que tout le monde est contre la TVA sociale.

Les syndicats : augmentation du coût de la vie ; un économiste : le problème n’est pas là, nos coûts salariaux ne pourront jamais rattraper ceux des pays émergents ; un autre économiste : le problème n’est pas là, les PME n’investissent pas.

Tout ceci, affiché péremptoirement, me semble singulièrement idiot.
  • L’augmentation de la TVA ne signifie pas une augmentation mécanique des coûts à la consommation, puisque les prix hors TVA peuvent baisser. (L’effet recherché est en partie de rendre les entreprises françaises plus compétitives à l’export, ou elles ont perdu énormément de part de marché – face à des pays comparables.) On peut imaginer que l’action de la TVA peut être orientée de façon à ce qu’elle ait un effet nul, ou positif, sur les défavorisés.
  • La France est relativement peu performante, mais pas totalement ridicule. Il semble logique qu’une légère amélioration de sa compétitivité accroisse nettement ses résultats. C’est d’ailleurs le chemin qu’a suivi l’Allemagne. En outre, si j’en crois Paul Krugman, le moteur de la crise de l’euro est la perte de compétitivité des coûts salariaux du sud de l’Europe par rapport à ceux de l’Allemagne.
  • L’entreprise française semble effectivement avoir un problème d’investissement, à un moment où il est difficile de trouver de l’argent, mais la TVA sociale peut être un moyen, justement, de trouver de l’argent lorsqu’il n’y en a pas.
Sophismes ? L’opposition fait-elle passer son intérêt particulier avant l’intérêt collectif ?

Ce qui manque là dedans est une discussion des objectifs du plan. Quel est notre problème majeur ? L’emploi ? La dette ? L’assèchement du financement des entreprises ? Que faire pour le résoudre ? Relancer l’économie, remettre en marche les entreprises, ce qui peut recréer de l’emploi et raboter la dette ? Quelles sont les solutions proposées pour ce faire ?…

Pourquoi le gouvernement n’attaque-t-il pas la question sous cet angle ? Il nous croit incapables de comprendre ? Il a quelque chose à nous cacher ?… 

La conviction de François Hollande

Que reproche-t-on à François Hollande ?

Ses partisans attendent un tribun du peuple, il est inaudible. (Avec des militants socialistes : « Hollande, on a envie de lui dire : Vas-y, pépère ! » – LeMonde.fr)

Deux hypothèses. Pas de conviction, peur de s’aliéner certains électeurs. Mauvais dans les deux cas. En particulier dans le second : si la France veut un changement c’est probablement avant tout pour ne plus être gouverné par la dissimulation.

Alors, comment se forger des convictions que l’on peut clamer sans arrière pensée ? Il y a une technique pour cela.
  • Il faut faire une psychanalyse de ses doutes. En leur trouvant une solution on découvre la cause pour laquelle on est prêt à mourir, au moins à perdre les élections. Alors, on est indestructible.
  • Quant aux réactions du peuple et des sectes de gauche, elles sont prévisibles. Par conséquent, avec un peu de travail, il est possible de leur répondre de manière satisfaisante sans déroger à sa cause.
Mais cette technique demande beaucoup de travail et d’être prêt à perdre les élections. Incompatible avec la nature d’un politique ?

Compléments :
  • Exemple à méditer : Jean Jaurès. Il était prêt à mourir pour ses convictions, et il en est mort…

Hiver nucléaire

Au moment où le pays est inquiet pour son emploi et son économie, le PS parle de fermer des centrales nucléaires, ce qui sous-entend chômage et renchérissement de l’énergie nationale.  
La majorité semble avoir compris que le nucléaire, les verts ?, est le talon d’Achille du PS. (Sarkozy fait du nucléaire un axe de campagne) Manœuvre habile ?
Compléments :
  • La gauche est-elle en train de démontrer que son candidat est incapable de résister à ses propres factions ?

Démocratie verte

Hier, j’entends dire que, en accord avec les verts, le programme du PS annonce la disparition de 24 centrales nucléaires, mais que l’intervention d’un ami du patron d’EDF a évité que le dit programme ne lui soit encore plus défavorable.

Est-ce cela la démocratie ? Le problème infiniment complexe de l’énergie est réglé en 5 minutes par des manœuvres d’arrière cuisine, ayant pour seule rationalité l’idéologie d’intérêts particuliers ? C’est cela le dialogue avec les parties prenantes dont le développement durable parle tant ?

Pas joli-joli ?

Jean Jaurès

Livre de Jean-Pierre Rioux, Perrin 2008.

Étrange. Jaurès a eu la vie du philosophe grec. Sa mort est l’illustration de sa pensée.

Jaurès était porté par un idéal : réaliser l’unité de l’humanité. Comme Socrate, il a été mis à mort par ceux qui n’en voulaient pas. (Et son assassin a été acquitté…) Et comme Socrate, et contrairement à son camarade Bergson et aux philosophes modernes, il a utilisé la philosophie pour transformer la société.

Il a été ce qu’il prêchait. Il voulait « émanciper » l’homme, qu’il apprenne à penser par lui-même. Il a été un esprit libre, indépendant des partis, des appareils, et surtout des dogmes. Et pourtant, en dépit des haines qu’il a suscitées, il n’a pas été sans pouvoir. Il a réussi, notamment, une sorte de fédération de courants socialistes invraisemblablement individualistes et centrifuges, et même de la très puissante CGT.

C’est à son inébranlable optimisme qu’il a dû l’influence qui fit ce miracle. Il avait la capacité de voir le bon côté de tout, de la religion, de la France, du nationalisme, du colonialisme, de la lutte des classes, du parti socialiste et de ses sectes, du syndicalisme, et même du marxisme… Et il en jouait pour éviter leurs vices et leur médiocrité qu’il percevait bien mieux que d’autres. Un Obama, qui aurait une culture encyclopédique, et à sang chaud.

Que la société internationale de son époque l’ait rejeté, en dépit de ses talents extraordinaires, montre probablement à quel point la haine de l’autre est un sentiment qui nous fait chaud au coeur.

Hobby de DSK

Loisirs de DSK : organisation de visites des « boîtes coquines » mondiales avec quelques « petites ».
Ses SMS s’expriment comme les passionnés d’un hobby : cigare cubain, cuisine, voiture de collection… (DSK – « Tu viens plus aux soirées ? » | Big Browser)
Mais, peut-on être socialiste et considérer, au moins implicitement, une femme, un être humain en général, comme un objet ?
Et quid de son parti : peut-il se dire « des droits de l’homme » en acceptant de telles pratiques, visiblement connues de beaucoup ?

Silence socialiste

En ce moment, je n’ai pas le temps de m’informer. Mais je n’entends pas le cri déchirant du PS percer les murs.

Serait-il de conviction faible ? Pense-t-il qu’il n’y a pas d’autre politique que celle de M.Sarkozy ? Attend-t-il que l’échec flagrant de cette politique lui montre une solution, devenue évidente ?…
Seraient-ce les idées qui manquent le plus France ? Comme je l’entends dire souvent, ferions-nous bien de chercher du pétrole ?…

Mue du PS?

Le PS semble avoir changé de visage.

Contrairement au modèle du male dominant choisi par le Gaullisme, le PS est caractérisé par de puissantes personnalités. Jusque-là, elles plaçaient leur intérêt au dessus de celui de leur parti, ou de la nation. 
Aujourd’hui, il possède toujours autant de gens intelligents, mais ils semblent croire à leurs idées (et elles ont pris un coup de jeune) et vouloir jouer l’équipe.
Par contraste, N.Sarkozy, ses exécuteurs de basses œuvres, et son appel à des valeurs ringardes paraissent une réincarnation de ce qui a donné à la France une envie de barricades ?