Menace artificielle

L’année prochaine plus de deux milliards de personnes vont être concernées par des élections. L’intelligence artificielle, manipulée par quelques esprits mauvais, pourrait leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Voici ce que j’ai entendu dire aux information du matin de la BBC, il y a quelques jours.

Ordinaires conséquences imprévues du progrès ?

La personne qui tenait ces propos pensait que nous allions en arriver à ne plus rien croire. Je me demande, si, au contraire, ce ne pourrait pas être des circonstances favorables à une renaissance de l’esprit scientifique. Descartes et quelques autres ne disent-ils pas qu’il commence par le doute absolu ?

ADN messager

Faire analyser son ADN peut révéler des surprises.

C’est devenu très à la mode, en particulier dans les pays anglo-saxons. Et, comme toujours, cette mode a des conséquences imprévues. The gift, une émission de BBC4, en étudiait quelques-unes.

Certains ont ainsi découvert que leurs parents n’étaient pas ceux qu’ils croyaient. Adoption qui n’avait pas été avouée, infidélités, mais aussi erreur ou malversations. Cela a montré que les pratiques de l’insémination artificielle pouvaient se prêter à l’erreur, et les donneurs de sperme n’étaient pas toujours volontaires, et que, en ce qui concerne cette activité, certains médecins avaient beaucoup donné de leur personne, et qu’eux et d’autres se trouvaient avec des centaines d’enfants. (Avec ce que cela signifie de risque de consanguinité ?)

Plus curieux : une personne a découvert que son (excellent) père était un parricide en cavale.

Et il y a plus classique : découvrir que l’on a une maladie génétique, ou que l’on n’a pas les origines que l’on se croyait.

Surtout, c’est la fin de l’anonymat : il suffit que vos proches aient craché dans un plastique pour que votre ADN soit connu…

Ce qu’il y a de curieux est que l’on est tout à fait capables de prévoir les difficultés à venir, mais que l’on ne fait rien pour les prévenir, ou, du moins, en débattre démocratiquement :

Assurance électrique

even small dings to battery packs can destabilise cells, potentially causing fires and even explosions. A combination of high costs and volatile outcomes means many EVs are simply being written off for damage that traditional vehicles would survive.

Financial Times du 28 octobre

Il en faut peu pour endommager une batterie. Et une batterie vaut cher, et n’est pas facilement réparable, ou pas réparable du tout.

Trouvera-t-on des assurances pour les véhicules électriques. Si oui, à quel prix ? Que va-t-il en résulter pour les ventes de véhicules électriques ? se demande l’article. Une remarque originale : le marché des « early adopters » serait saturé. En conséquence, l’achat de véhicules électriques pourrait marquer une pause.

D’ailleurs, a-t-on une idée de toutes les conséquences d’un feu de batterie ? (Imaginons qu’il soit à l’origine de l’incendie d’un quartier…)

Curieusement, le progrès a, toujours, des conséquences imprévues. Quand notre société parviendra-t-elle à maîtriser les jeux d’intérêt qui les lui masquent ? Comment s’y prendre ?

Jet Morgan

Plaisirs de la BBC : des séries des années 50. Découverte de Jet Morgan, explorateur interplanétaire d’un distant avenir (1970).

C’est amusant de revenir dans les années 50. Mais, peut-être, ne peut-on y revenir que lorsque l’on y a déjà vécu.

Drôles de temps. D’un côté les intellectuels hurlaient à la mort, de l’autre la population était heureuse, car l’avenir était plein de promesses. Le monde allait de découverte en découverte, le niveau de vie collectif augmentait, on était optimistes, on rêvait aux étoiles.

L’exploration spatiale n’a pas été ce que l’on attendait d’elle. Jet Morgan était le frère de Magellan. Il partait avec ses vaisseaux vers l’inconnu, ne sachant pas s’il en reviendrait. Aujourd’hui, l’astronaute est un robot. C’est aussi un conquérant de l’inutile : on doit se casser la tête pour lui trouver une mission qui intéresse un peu le public, et qui justifie que l’on finance son voyage. Et l’on n’y parvient pas.

Empreinte du progrès

L’empreinte digitale fut une révolution. J’entendais l’autre jour une émission racontant la première fois qu’elle fut utilisée dans un procès, en Angleterre.

On l’a oublié aujourd’hui, mais l’utilisation des empreintes ne va pas de soi. Elle est supposée reposer (au moins était-ce le cas à l’époque victorienne) sur l’analyse de onze points de l’empreinte.

L’avocat des accusés s’en est pris à la technique. Et il a produit des experts qui étaient prêts à expliquer en quoi elle n’était pas sérieuse.

L’accusation a fait preuve de présence d’esprit : elle a demandé aux jurés de prendre leurs empreintes de façon à se faire une idée personnelle de la validité de la théorie.

Je me suis demandé si l’on n’est pas, actuellement, un peu victime de paresse intellectuelle, et s’il ne serait pas bon d’être plus critique.

Société et progrès

Comment peut-on en rester à l’âge de pierre (billets précédents) ? Comment se fait-il qu’un groupe humain n’ait pas évolué comme le reste de l’humanité ?

Une hypothèse pourrait être sa taille. Lorsque l’on observe l’histoire de l’humanité, il semblerait que la plupart des inventions (les cités, l’écriture, les grands courants de pensée…) se soient faites en même temps, mais de manière non coordonnée. Le point commun était probablement social. Une petite communauté n’a pas beaucoup de difficultés à se maintenir en équilibre avec la nature. Il faut faire preuve d’inventivité, lorsque l’on doit nourrir une grande quantité d’hommes. Et peut-être qu’alors on tend à trouver le même type de solution.

Mais alors pourquoi la Chine n’a-t-elle pas fait la révolution industrielle ? Une hypothèse pourrait-être celle du « cluster » : l’innovation nait d’une certaine forme de stimulation sociale.

Vieillesse et nature

Les hommes de l’âge de pierre vieillissent vite (billet précédent). A 35 ans ils sont vieux, à 55 des déchets.

N’est-ce pas curieux ? Leur existence ne semble pas excessivement épuisante, et ils vivent au coeur de la nature, dans une sorte de paradis des origines. Cela ne contredit-il pas beaucoup de nos théories modernes ?

A mon âge actuel, mon père était mort depuis longtemps. Mais, pourtant, je l’ai beaucoup entendu parler de retraite. Comment se fait-il que nous puissions envisager de travailler nettement plus tardivement que par le passé ? Etat d’esprit différent ou y aurait-il eu un progrès apporté à notre condition physique ? Extension de la jeunesse plutôt que de l’espérance de vie ?

L’élite en col roulé

Par Studio Harcourt — RMN, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=76812068

L’autre jour j’écoutais deux très jeunes hommes parler de leur rôle important dans leur multinationale. Avec mon mauvais esprit habituel, je pensais que l’on en était revenu à l’ancien régime. Ce n’est pas la compétence qui compte, mais la naissance.

Alors, j’ai remarqué qu’ils portaient tous les deux des cols roulés ! Voilà, à mon avis, un fait statistiquement représentatif.

Notre gouvernement aurait-il lancé la mode du col roulé ? Le col roulé, « acte militant » ? Défi aux puissances des ténèbres ? Marque de reconnaissance du progressiste ?

Acclimatation

L’autre jour il était question « d’acclimatation » dans l’émission de Jean-Noël Jeaneney (France culture).

En fait on y parlait de notre rapport à la nature, et à l’animal. Au 19ème, la société avait une vision « utilitariste ». Elle voyait dans l’animal une ressource naturelle. Le « progrès » consistait à « acclimater » des espèces étrangères à nos latitudes, de façon à en faire quelque-chose d’utile pour nous.

Puis on s’est rendu compte que ce n’était pas possible, et que les ressources naturelles étaient limitées. En conséquences, la « doxa » a changé.

Autrement dit la pensée manichéenne actuelle est fausse. Nos ancêtres n’étaient pas manipulés par les « forces du mal », qui se seraient soudainement dissipées. Le pragmatisme succède à l’idéalisme.

Les dangers du métro

« Selon des chercheurs de Cambridge, le métro de Londres est pollué par des particules métalliques ultrafines suffisamment petites pour se retrouver dans le sang humain. Ces particules sont si petites qu’elles sont probablement sous-estimées par les enquêtes sur la pollution du plus ancien métro du monde. » (Nouvelles de l’université de Cambridge)

Les autres métros font-ils exception ?

Conséquences imprévues du progrès ? Les prévenir : une nouvelle science à inventer ?