- Des hommes virils, garants d’une descendance en bonne santé, mais qui sont infidèles.
- Des efféminés plus fidèles mais moins bons reproducteurs.
Étiquette : progrès
La grande manipulation
Quand j’ai démarré le travail qui a conduit à 3 livres et à un blog, mon ambition était petite : parler de techniques de conseil en management. Je ne savais pas où cela allait me mener. Parmi mes découvertes : le détournement des concepts fondateurs de notre culture occidentale.
Les philosophes des Lumières voulaient la victoire de la « raison », l’homme utilisant son cerveau pour décider, seul. Il se dégageait de la dictature des conventions. Le progrès c’était l’émergence progressive de la raison. Le processus du progrès ? La confrontation permanente avec le néant, l’incertitude, nécessaire au mécanisme même de la pensée. Elle est remise en cause, la destruction d’une certitude par une autre.
Aujourd’hui, il semble que deux tendances s’affrontent, qui ont, sur le fond, le même effet.
- Pour la pensée anglo-saxonne, qui nous influence grandement, le choix rationnel, c’est obtenir ce que l’individu désire. Le progrès ? La marche de la technologie, qui accumule le bien matériel, et nous endort dans la béatitude d’un avenir tout tracé. La démocratie ? Le libre échange ! Et nos décisions ? Les sciences du management sont, le plus officiellement du monde, des sciences de la manipulation. Les écoles de management enseignent comment utiliser les sciences humaines pour faire nos quatre volontés. Soit en utilisant les lois de notre culture pour déclencher chez l’homme le réflexe désiré, soit, au contraire, en les modifiant pour mettre la société à son service (c’est le rôle de la télévision et de la publicité). Résultat ? Ceux qui ne peuvent se défendre contre cette influence sont transformés en « consommateurs ». La culture qui était supposée infléchir l’instinct pour conduire au bien de l’humanité est maintenant faite à l’image des vices de certains.
- Tout Charybde a son Scylla, semble-t-il. Tout TF1, son service public. Notre élite intellectuelle, appuyée par la presse, nous dicte nos idées. Que l’homme prétende penser est indécent. Un événement survient ? L’individu doit avoir une opinion spontanée. Il doit savoir, et savoir comme ceux qui savent qu’ils détiennent la vérité.
Ces deux forces sont convergentes. Elles vont à l’exact opposé de ce qui définit notre civilisation, peut-être même depuis les Grecs : la libre pensée individuelle. Est-ce une étape nécessaire ? Le premier réflexe de celui qui pense par lui-même est d’imposer sa pensée à l’autre ? Sommes nous les petits soldats de deux communautés, sœurs et ennemies, des « libres penseurs » les plus évolués, qui détiennent les leviers du pouvoir et s’affrontent pour la domination du monde ?
Les étapes de ma réflexion :
- Sur les évolutions de la définition de la rationalité : De la rationalité.
- Et sur celles de « démocratie » : Démocratie américaine.
- Pour les sciences de l’influence, voir les travaux de Robert Cialdini (CIALDINI, Robert B., Influence: Science and Practice, Allyn and Bacon, 4ème édition, 2000.), sur celles de la manipulation : Totalitarisme et management.
- Sur la Presse : Presse d’opinion.
- Sur quelques philosophes : Platon pour les nuls, Kant pour les nuls, Heidegger pour les nuls.
- Sur l’effet de la culture sur les hommes (avant que l’Anglo-saxon n’arrive à la mettre à son service), voir une allusion aux travaux de Bronislaw Malinowski, dans L’économie n’est pas une science et un aperçu de ceux de Norbert Elias.
- Sur la transformation de l’homme en consommateur, sous l’influence de la télévision : Médiamorphose.
- Sujet lié : Individualisme.
De la pauvreté
Un extrait d’un billet de Carmen Schlosser Alléra (voir blog dans liste de blogs), au sujet de la conférence de Poznan :
L’envoyé spécial de l’Inde et chef de la délégation indienne à Poznan affirme que son pays n’est pas un émetteur important et que comme la Chine ne prendra pas d’engagements de réduction contraignants. Toute réduction d’émission menacerait la croissance et empêcherait de réduire la pauvreté énergétique de son pays, où 500 millions de personnes vivent dans le noir. En Inde, j’ai besoin de donner de la lumière à un demi-milliard de personnes. A l’Ouest, vous voulez conduire votre Mercedes aussi vite que vous le voulez. Nous avons des émissions de survie, les vôtres sont de confort, de style de vie. Elles ne peuvent être mises sur le même pied. J’essaye d’assurer de l’énergie pour des services commerciaux minimum, alors que vous n’êtes pas prêts à abandonner votre riche style de vie ni votre niveau de consommation. Ce même négociateur exprime sa surprise devant la facilité avec laquelle les fonds avaient été trouvés pour contenir la crise financière. Il ajoute que si en cas de crise sérieuse les gouvernements sont capables de trouver les ressources nécessaires de l’ordre de centaines de milliards de dollars, qu’en est-il des changements climatiques ?
En lisant ce texte, je me suis demandé ce que signifiait être pauvre.
Si être pauvre, c’est ne pas avoir l’électricité, le monde a été pauvre depuis toujours. Les rois les premiers. Et certaines parties de ma famille étaient très pauvres il y a encore quelques décennies. Est-ce qu’être pauvre c’est ne pas avoir ce qu’on les autres ? Et est-ce qu’il n’y a que cela dans la pauvreté de l’Inde. Que dire de la pollution (Malheureuse Inde), de son instabilité sociale ? N’est-ce pas une pauvreté en grande partie de fabrication récente ?
Aurait-on confondu progrès avec empilage de biens matériels ? Est-ce que ce progrès crée la pauvreté ?
Jean-Noël Cassan, passe beaucoup de temps au Pakistan. Il y voit des gens pauvres mais dignes. Il pense qu’ils sont heureux. Mes ancêtres étaient pauvres mais dignes, eux aussi. Et leurs descendants ont gardé un souvenir de paradis perdu.
Il est temps de réfléchir à ce que nous appelons progrès. J’ai le sentiment que nous avons le choix entre être esclave de l’économie, comme aujourd’hui, ou la mettre à notre service. Et cette seconde solution ne demande pas de retour à l’âge des cavernes, de communisme, ou de freinage de l’élan entrepreneurial. Juste une orientation correcte. C’est peut-être le sens du changement que nous vivons aujourd’hui.