Paris est une poubelle ? (Suite)

Décidément, le réservoir des inconnus de La République En Marche est sans fond. On annonce qu’après M.Villani, le mathématicien qui ne fait plus de mathématiques, M.Griveaux, l’exhibitionniste honteux, et Mme.Buzyn, le médecin qui ne fait plus de médecine, un certain M.Guérini, homme d’affaires qui ne fait plus d’affaires, se présenterait à la Mairie de Paris. Un autre sacrifié ?

Ces équipes d’inconnus ont, en fait, des origines connues. LREM a joué les voitures balai des ambitions déçues. Il y a, par exemple, les ex Jupé, derrière le premier ministre. Mais aussi les ex DSK, généralement des anciens d’HEC, comme lui, et leurs proches. Profils identiques : aucune expérience et la fréquentation précoce des cercles politiques, auxquels ils apportent leur génie attesté par leurs diplômes. Ce sont les startupers de la politique. Ils ne savent rien sinon que tout est à changer. Le gouvernement est entre les mains de bandes de copains. Il suffit de lire wikipedia, et de suivre ses liens pour s’en convaincre.

Le népotisme est-il un mal ? Tout dépend ce que cela donnera. On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs. La fin justifie souvent les moyens…

(A moins que M.Macron ne trouve, au niveau local avec lequel il se réconciliera peut-être, des hommes politiques solides qui remplacent son équipe de bras cassés ?)

Comment faire baisser le prix du mètre carré à Paris

La mairie de Paris, curieusement, semble reprendre une des idées de ce blog : un moyen de réduire le prix de l’immobilier à Paris est de proposer l’immobilier de la ville à un prix inférieur à celui du marché. Ce qu’elle a fait. (Le Parisien.) Sera-ce efficace ?

Probablement pas pour faire tomber les prix. En effet, il va y avoir sélection des acquéreurs à prix bas, selon leur niveau de revenus. Et leurs revenus ne leur auraient probablement pas permis de jouer au jeu de l’offre et de la demande parisienne. En outre, il n’y aura que 500 appartements en vente.

Cependant, cela peut être utile aux acquéreurs retenus, en les rapprochant de leur lieu de travail, par exemple. Encore faut-il voir comment ils sont sélectionnés.

En fait, une stratégie systémique pourrait me faire mentir. Imaginons que la mairie sélectionne des personnes peu fréquentables, et qu’elle les dissémine dans Paris. Voilà qui aurait un effet sur les prix de l’immobilier que la théorie économique n’a pas prévu.

Edouard Philippe, maire de Paris ?

Election à la mairie de Paris. Mme Hidalgo ne serait plus en tête des sondages. Les candidats du président seraient devant elle, mais à égalité. Edouard Philippe, s’il se présentait, résoudrait le problème.

Mais est-ce dans l’intérêt du président ? Il manque de collaborateurs compétents. Edouard Philippe est une exception. N’est-il pas préférable de le garder au gouvernement ? Quant au citoyen de Paris, c’est plus l’ambition que la compétence qui semble caractériser le choix qui lui est offert.

M.Macron à Paris

La mairie de Paris pourrait-elle échoir aux amis de M.Macron ? C’est ce que l’on dit.

Le camp Macron est convaincu que la ville est macroniste. Est-ce vrai ? M.Macron doit séduire le Bobo de droite (trader), mais pas le Bobo de gauche (universitaire ou fonctionnaire). Et il y a une importante minorité anti-Hidalgo, façon 16ème, qui ne doit pas se reconnaître dans les valeurs « avancées » de M.Macron.

Reste que M.Macron pourrait réitérer le coup de la présidentielle. (Voilà ce qui éclaircirait un mystère : pourquoi est-ce que LREM présente autant de candidats maires.) Il y a certainement une volonté de « dégagisme » à Paris, et un disciple de M.Macron serait la seule solution crédible. Seulement, y en a-t-il un qui soit compétent et expérimenté ? Un débat entre ce candidat et Mme Hidalgo finirait-il comme celui du second tour de la présidentielle ? Même en France, il y a des limites au règlement de comptes ?

Location d'appartement et économie comportementale

AirBnB chasse le pauvre des villes, entend-on dire. Il se trouve que j’ai fait une mission dans le monde de la location d’appartements, il y a quelques années, et que j’en ai tiré une vision de la question un peu plus nuancée.

En lisant une revue de mon assureur, je vois que dans un cas sur deux, un propriétaire a des difficultés avec son locataire (assurez-vous !) : diantre. Effectivement, dans mon cercle étroit, j’entends des histoires horribles de dégradation d’appartements, et même d’escroquerie organisée, et même d’agent immobilier ne reversant plus les loyers qu’il perçoit (on gère mal son argent dans ce métier ?). Il y a des gens qui s’en sortent très bien, parmi ceux que je côtoie. Mais ils ont fait de la location un métier, quasiment.

En fait, il n’y a pas de bons propriétaires et de mauvais locataires. Les locataires souffrent aussi, sérieusement. J’en déduis qu’il y a une culture de la location, et qu’elle est sauvage. Je m’y ferais plumer.

Si l’on déduit les impôts et les coûts de remise en état des appartements des loyers, le rendement du capital investi est très faible. Eh oui, ce qui détermine le prix du loyer, ce n’est pas tant AirBnB que la spéculation immobilière, qui augmente le prix des biens. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas louer ? C’est là où la location de courte durée (AirBnB n’est qu’une des solutions possibles) entre en jeu. Car, non seulement elle peut rapporter plus qu’une location normale, mais elle est associée à une remise en état permanente des locaux.

Apparemment, la mairie de Paris s’en est pris aux loueurs de courte durée (hors AirBnB). Je doute que ce soit la bonne façon de faire pour réduire le prix de la location à Paris.

Apartheid à Paris

Un week end, je vais de ma banlieue à Paris. Quelque-chose me surprend. Cela me fait penser à « La machine à remonter le temps ». La Terre, demain, sera peuplée d’êtres diaphanes et fragiles, le sous-sol, de méchants tout noirs, dit Wells. Eh bien c’est cela. Le Parisien est blanc, délicat, couteusement habillé pour le loisir auquel il se prépare; le banlieusard est gros, noir et fruste, il dort ou joue électroniquement.

C’est l’apartheid. Le saint protecteur de la Mairie de Paris est Nelson Mandela.

Velib

Plus de Velib, depuis que la Mairie de Paris a changé de concessionnaire. Vu de loin, cela ressemble à un scénario habituel. Un donneur d’ordre public, qui n’a aucune idée des réalités de la vie, et qui conçoit des utopies. Et des fournisseurs qui lui disent ce qu’il a envie d’entendre. Le tout c’est de décrocher le contrat, ensuite on verra. Finalement, les réalités se rappellent à eux, et c’est le désastre. Attendez les Jeux olympiques, vous n’avez encore rien vu ?

Peut-être aussi a-t-on voulu favoriser une petite entreprise, plutôt qu’une grosse ? Sans savoir qu’il est plus facile à une grosse de mettre en oeuvre un grand projet qu’à une petite ? En revanche ce qu’il y a de curieux dans cette histoire, c’est que l’on n’y emploie pas la « stratégie de l’avenant ». La pratique du BTP est de décrocher un contrat coûte que coûte, puis, une fois en place, en améliorer la rentabilité, par des avenants. C’est ainsi que le prix du projet finit souvent par être de plusieurs fois ce qu’il était dans le contrat initial.

Ici, la mairie inflige des pénalités à son sous-traitant, et celui-ci l’insulte dans les journaux.

Décidément, le Vélib est une affaire d’amateurs ?

(Article du Monde.)

Paris Syndrome

Connaissez-vous le syndrome de Paris ? C’est la désillusion qui vous envoie à l’asile. La déception fatale qui frappe l’étranger lorsqu’il arrive dans notre capitale.

(Paris Syndrome is described as a temporary mental health disorder that strikes visitors upon discovering that the Paris doesn’t meet their romantic expectations. The dissonance between the myth of the city and its reality is apparently so great that a sort of psychiatric breakdown ensues.
Article.)

Curieusement, j’ai noté cet effet. En particulier à une époque où je donnais un cours optionnel en MBA. Curieusement, tous les étrangers, et rien que les étrangers, choisissaient ce cours. Et je ne pouvais démarrer le programme prévu qu’après une première séance durant laquelle les participants m’expliquaient à quel point le Français et la France étaient criminellement stupides. Ce à quoi je répondais que tout ce qui leur paraissait mal était l’expression d’une culture très honorable. L’argumentation n’était certainement pas définitivement efficace, mais, au moins, elle semblait les calmer.

Ombre de Paris

Mes amis m’ont affirmé que je faisais une erreur de m’installer hors de Paris. Un de mes changements de cette année. La vie parisienne me manquera, m’ont-ils dit. 
Mais qu’en reste-t-il, de Paris ? J’ai couru à une époque les cinéclubs. Mais la majorité des films est porteuse d’un message moral bien lourd, et c’est lassant. Quant au théâtre, qu’est-il en comparaison de ce qu’il fût à l’époque de Victor Hugo ? Les concerts ? La vie dans les bars ? Cher et prétentieux. La ville elle-même n’a plus rien du charme auquel Walter Benjamin était sensible quand il s’y promenait. Les Champs Élysées ne sont plus que fast food et bling bling pour parvenu, les monuments historiques sont récurés, et la mairie et le pouvoir culturel, avec un goût de chiotte affirmé, y construisent partout des immeubles écoresponsables, qui font regretter l’esthétique soviétique. Il reste une librairie, rue des écoles, et quelques magasins, que l’on ne trouve pas en banlieue. Mais ils ne sont pas perdus.