Occident barbare ?

Pourquoi le Moyen-âge ? Le monde entier était civilisé et raffiné, y compris la partie est de l’empire romain, qui a survécu un millénaire à la chute de Rome. L’Europe de l’ouest, sauvage. C’est ce qui ressort de toutes les émissions d’histoire que j’entends. C’est l’envers de ce que l’on m’a enseigné.

La Chine et l’Inde se sont fait conquérir à plusieurs reprises. Mais, à chaque fois, les conquérants s’installaient à la tête de la civilisation qu’ils avaient trouvée. En Occident, il semble que les barbares ont été trop violents, trop nombreux, et la civilisation trop faible. Les barbares ont bien essayé de récupérer ce qu’ils pouvaient, en particulier, ils se sont convertis, mais il y avait peu.

Cette destruction fut-elle créative ? L’Occident a pris un nouveau départ, et il a trouvé une nouvelle voie. Peut-être celle, un rien barbare ?, de la raison nue, par opposition au raffinement de la coutume. Il a changé les règles du jeu ?

Croisade baltique

On ne le sait pas, mais l’Est de l’Europe a été converti au catholicisme par la croisade.

Un moment la Chrétienté a tremblé. Elle était assaillie par les Vikings, Hongrois, et autres fléaux de Dieu. Puis, elle s’est ressaisie. Et elle a commencé une politique d’expansion.

Bloquée au sud, elle n’était pas de taille à se mesurer à la civilisation islamique, elle est partie à l’Est, vers les Pays baltes. Et, comme souvent, se fut une conquête bien plus économique que spirituelle.

Quant à Alexandre Nevsky, il semble que ce soit une « fake news » de plus. Il était sous le joug mongol, et la Russie présentait peu d’intérêt. L’histoire du lac gelé n’aurait peut être été qu’une escarmouche sans conséquence.

(Idées venues de In our time, de la BBC)

Inde

Lorsque Narendra Modi est parvenu au pouvoir, la presse que je lisais le considérait comme une créature maléfique. Et pourtant, il est toujours au pouvoir. Et il est courtisé par l’Occident.

L’Inde ressemble beaucoup à la Turquie. D’un côté c’est un irritant pour l’Occident, elle ne lui obéit pas au doigt et à l’oeil, et continue à commercer avec son vieil allié russe, de l’autre, c’est un pays extrêmement fragile. Il est en guerre avec la Chine. Sa population s’appauvrit d’année en année. Il y a étonnamment peu d’emplois pour un peuple qui croit à grande vitesse. Il n’a pas les moyens de s’industrialiser, comme la Chine, donc de la remplacer…

Peut-être y a-t-il quelque-chose à corriger dans la pensée occidentale ? Arrêtons de demander aux autres de nous aimer, et de croire à nos valeurs, et prenons-les tels qu’ils sont ?

(Réflexions suscitées par Affaires étrangères, de France Culture.)

Trahison

Un feuilleton comme seuls les Anglais savent les inventer ? L’histoire, vraie, d’un haut gradé du KGB, un temps le chef des espions russes en Angleterre, qui, pendant 12 ans, a déversé sur l’Angleterre tous les secrets des services secrets de son pays. Sobre et palpitant. En particulier l’épisode final. (The Spy and the Traitor by Ben Macintyre.)

Sa motivation ? Il avait connu le premier dégel kroutchévien, et n’avait pas aimé le durcissement qui l’avait suivi. Il désirait que son pays échappe à l’intimidation.

Il a été exfiltré de Russie, dans des conditions rocambolesques, et vit, maintenant, dans l’anonymat, sous protection permanente.

Leçon ? Les Russes ont eu foi en l’Occident, et ils ont été trahis ?

Gentillesse occidentale

Ce qui m’a toujours surpris, c’est à quel point l’Anglo-saxon est gentil. « Care » veut réellement dire quelque-chose pour lui. D’ailleurs, il n’a pas peur de montrer ses émotions en public.

Comment expliquer, alors, qu’il ait envahi l’Iraq, exploité l’humanité, et créé le Workhouses pour ses pauvres ?

Ce qui lui a valu une universelle réputation de duplicité.

Il lui manque peut-être une vision systémique. Il ne voit pas sa nation comme un tout, comme un être, ayant des comportements contradictoires. S’il le faisait, il parviendrait, qui sait ?, à combiner ses pulsions opposées, et à faire réellement le bien qu’il a à la bouche ?

Leçon ukrainienne

Ukraine, un an après.

Pour nous, Occidentaux, l’Ukraine peut être la meilleure et la pire des choses.

La meilleure parce qu’elle nous met en face de nous mêmes.

L’histoire des trente dernières années est celle du film « Nous nous sommes tant aimés ». Depuis la chute de l’URSS l’Occident domine le monde. Et le monde, à commencer par la Russie, a aspiré à lui ressembler. Mais il a montré ce qu’il avait de pire : l’instrumentalisation de ses valeurs, au service de quelques intérêts individuels. Il est responsable de la situation actuelle.

La chance que nous offre l’Ukraine est celle de reconsidérer toutes ces valeurs, en particulier les droits de l’homme, et nous demander ce qu’elles signifient réellement. Et ce qu’elles signifient pour nous, individus.

Aime et fais ce que tu veux, que je cite souvent, s’applique aussi à nous-même. Aime-toi toi-même. Il faut nous considérer tels que nous sommes, avec le bon et le mauvais, et nous demander lequel l’emporte sur l’autre. Et surtout comment ne pas persévérer dans l’erreur, plutôt que de la nier.

C’est cela le mal de la démocratie, depuis Thucydide. La démocratie est la fabrique de l’oligarque. Diriger une démocratie est incompatible avec la notion même de démocratie. Ceux qui, pour une raison ou une autre, se trouvent en position surplombante, se croient divins et méprisent le citoyen. Ils n’obéissent plus qu’à leur bon plaisir, fruit de leur paresse intellectuelle. Hybris du « gros malin ». Faute d’intelligence collective, c’est le drame. Ce qui, mais ça ne réussit pas toujours nous disent Thucydide et Marc Bloch, force à resserrer les rangs.

Originalité russe

La particularité de l’Occident est peut-être de se haïr. A moins qu’il ne veuille se faire aimer ?

Certains prétendent qu’il est le mal incarné. L’inventeur du colonialisme. D’autres vous parlent « d’atlantisme » comme de la peste. On peut imaginer que chacun pense que l’étranger saura distinguer le bon grain (lui) de l’ivraie (nous).

La Russie a des leçons à nous donner. Le bon M.Poutine, homme de grand QI, n’a aucun complexe à utiliser ses armes, et à faire tuer les autres et les siens, en foule. On aurait parlé de de patrie et de gloire aux temps anciens.

Et l’Ouest ? Il répond par des sanctions. Et il n’utilise les armes que lorsque d’autres ont utilisé les armes.

Qui préférez-vous ? Choix de société ?

Ouest coupable ?

On entend que le bon M.Poutine n’aurait fait que répondre aux manoeuvres de l’Ouest.

Ceux qui disent cela estiment que l’Amérique est une menace pour nous. Hier, ils pensaient que c’était l’Islam. Ils ne semblent pas s’inquiéter de ce que le bon M.Poutine soit prêt à liquider la planète dans une apocalypse nucléaire.

En fait, ce blog leur donne raison. L’Ouest, ou du moins son « élite » au pouvoir, a voulu faire le « bien » mondial. Pour cela il a voulu faire tomber les régimes qui ne respectaient pas les « droits de l’homme ». Par exemple au Moyen-orient. Il en est résulté un chaos.

Avant cela le « consensus de Washington » a voulu imposer le modèle capitaliste partout dans le monde. Là aussi c’était pour son bien. Ce qui a produit une série de crises extraordinairement violentes et meurtrières, en Russie, en Turquie, en Asie et en Amérique latine. Curieusement, on découvre que tous ses gens nous veulent du mal…

Il en a été de même entre l’Allemagne et la France, pendant un siècle. Pour différentes raisons, la France a dévasté l’Allemagne, qui n’était pas encore unifiée. L’Allemagne, unifiée, a voulu se venger, ce qui nous a valu trois guerres, dont deux mondiales, alors que la France avait oublié ses pulsions guerrières, et pardonné à l’Allemagne tout le mal qu’elle lui avait fait, généralement pour le bien de l’humanité, d’ailleurs.

Pour éviter de persévérer dans ce type d’erreurs, il faudrait peut-être dissocier « juger » et « condamner » ?

La fin de l'Occident ?

M.Poutine a certainement compris qu’il pouvait détruire l’Occident. Et que son point faible était l’UE. Non seulement il y a bien peu en commun entre la Hongrie et la Pologne, d’un côté, et la France et l’Allemagne, de l’autre, mais ses nations, elles-mêmes, sont divisées. Et que dire de la Grande Bretagne, parasite de l’UE ?

Surtout, l’Occident a donné au reste du monde la corde pour se pendre. Non seulement, il lui a apporté sa technologie, mais encore, il l’a abreuvé de l’auto-détestation qu’il a pour lui même. Avec un grand paradoxe : les valeurs des intellectuels qui portent cette auto-détestation révulsent les non Occidentaux ! 

La faiblesse de l’Occident, c’est son principe : l’individualisme. Il produit le chacun pour soi. Et son arme d’auto-destruction massive, c’est l’inflation, car elle fait exploser la société entre « profiteurs » et « victimes ». 

Au fond on a ici un exemple de la théorie de Hegel du changement comme dialectique. L’Occident a suivi ses principes jusqu’à l’absurde, la thèse a mené à l’anti thèse. Il doit maintenant se transformer, ou périr. 

Il est heureux que MM.Xi Jinping et Poutine n’aient pas plus attendu pour abattre leurs cartes. 

Pauvre Ouïgour

Pauvre Ouïgour. Un petit peuple, sur un grand territoire riche en ressources naturelles. La Chine veut l’assimiler, par le camp de rééducation, et l’intimidation. Et il n’a pas d’amis : sa religion est jugée non orthodoxe par les pays musulmans. Surtout, prendre sa défense n’est pas dans leur intérêt économique. 

Voilà ce à quoi me faisait penser Concordance des temps, de France Culture. 

Pourquoi l’Occident s’y intéresse-t-il, maintenant, d’ailleurs ? Une question d’intérêts, aussi ?

Mais, en dépit de son hypocrisie, l’Occident aurait-il une vertu ? Défendre les nations opprimées n’est pas une idée que partagent beaucoup de cultures…