Ukraine, un an après.
Pour nous, Occidentaux, l’Ukraine peut être la meilleure et la pire des choses.
La meilleure parce qu’elle nous met en face de nous mêmes.
L’histoire des trente dernières années est celle du film « Nous nous sommes tant aimés ». Depuis la chute de l’URSS l’Occident domine le monde. Et le monde, à commencer par la Russie, a aspiré à lui ressembler. Mais il a montré ce qu’il avait de pire : l’instrumentalisation de ses valeurs, au service de quelques intérêts individuels. Il est responsable de la situation actuelle.
La chance que nous offre l’Ukraine est celle de reconsidérer toutes ces valeurs, en particulier les droits de l’homme, et nous demander ce qu’elles signifient réellement. Et ce qu’elles signifient pour nous, individus.
Aime et fais ce que tu veux, que je cite souvent, s’applique aussi à nous-même. Aime-toi toi-même. Il faut nous considérer tels que nous sommes, avec le bon et le mauvais, et nous demander lequel l’emporte sur l’autre. Et surtout comment ne pas persévérer dans l’erreur, plutôt que de la nier.
C’est cela le mal de la démocratie, depuis Thucydide. La démocratie est la fabrique de l’oligarque. Diriger une démocratie est incompatible avec la notion même de démocratie. Ceux qui, pour une raison ou une autre, se trouvent en position surplombante, se croient divins et méprisent le citoyen. Ils n’obéissent plus qu’à leur bon plaisir, fruit de leur paresse intellectuelle. Hybris du « gros malin ». Faute d’intelligence collective, c’est le drame. Ce qui, mais ça ne réussit pas toujours nous disent Thucydide et Marc Bloch, force à resserrer les rangs.