Il y a quelques temps, j’écoutais Amin Maalouf parler de l’état du monde. Il disait que la situation était désespérée, mais que personne n’avait d’alternative au modèle occidental.
Paradoxalement, le camp qui prétendait proposer une voie nouvelle est désormais entre les mains de l’Iran et de la Corée du nord. Voilà qui ne fait pas rêver. Et c’est toujours l’Ouest qui apporte de l’aide. On aime bien la maudire, mais, quand on est en difficultés…
Et si l’Occident avait une seconde chance ? Je crois qu’il suffirait qu’elle apprenne de ses erreurs pour trouver une stratégie intelligente.
Quand les Russes lui ont demandé de les aider à bâtir leur démocratie, elle leur a envoyé la lie de son humanité. Quant à l’Afghanistan, il a eu droit à son armée ! Pourquoi n’a-t-elle pas fait comme au temps du Plan Marshall : concevoir une aide qui pousse la nation du « bon côté » ? (Réponse : parce que au temps de la guerre froide, elle avait peur, et que la peur rend intelligent !)
Idem pour les droits de l’homme. C’est une bonne idée de penser que tous les hommes sont faits de la même pâte. Cela peut éviter les famines et les guerres. Mais pourquoi vouloir bouleverser des régimes ?
Même l’inefficacité de la démocratie et de l’UE a du bon : pendant que l’on discute, on ne se bat pas, c’est certainement la meilleure façon de ligoter la « volonté de puissance ».
En fait, ce que doit rétablir avant tout l’Ouest, c’est sa capacité de séduction. Sa puissance économique et le bonheur de ses peuples. Elle doit être « un employeur de référence » comme disent les « entreprises à mission ».
Et pour cela, elle doit veiller à son vice constitutif : son instinct de mort, l’émergence d’une oligarchie qui s’en prend à son propre peuple, et qui la détruit.
Il est possible qu’une réelle démocratie soit ce que Montesquieu a envisagé : un équilibre de forces. Toute la difficulté est de faire que cet équilibre puisse avancer. Ce qui ne peut réussir que s’il y a consensus, ou encore « anxiété de survie » partagée.