Digital native : fumisterie ?

Le « digital native » est notre salut. On nous le serine. Mais qu’est-ce que c’est que ce machin ? 
J’ai travaillé avec des tas d’étudiants, pardon, des « digital natives », eh bien je peux vous dire qu’ils sont loin de m’épater par leurs exploits numériques. Mon mot de passe ne marche plus ! Est-ce que vous cherchez à vous connecter avec le compte associé au dit mot de passe ? Silence gêné. Un de mes anciens collègues, qui, lui, est demeuré informaticien, me disait la même chose. Ses enfants utilisent très mal les outils informatiques quels qu’ils soient. Ils en font un usage superficiel. Les nouvelles générations n’ont aucune méthode. Cela nous promet une baisse de productivité massive. 
En revanche ma mère fait un usage épatant d’Internet. Elle y a trouvé son intérêt. 
Et si on nous parlait de « digital native » parce que ces mots sonnent bien, et qu’ils nous donnent envie de croire ce que l’on nous dit et qui est dans l’intérêt de celui qui les emploie ? Et si l’on arrêtait de nous prendre pour des imbéciles ? 
(Là où le digital native est sans égal, c’est dans la pratique du jeu vidéo. Et si c’était pour cela qu’on l’appelle « digital native » : né avec des doigts mais pas de cerveau ?)

French Tech : le progrès à la française ?

L’économiste Daniel Cohen disait hier que le numérique détruisait l’emploi, et les classes moyennes. Il y avait consensus à ce sujet. Mais cela peut-il se poursuivre sans explosion sociale ? 
L’humanité moderne considère, dans l’ensemble, qu’il n’y a pas de surhomme et de sous-homme. En conséquence, il n’y a pas de raison qu’une partie de la race humaine crève de faim. Si c’est le cas, c’est le système de répartition des ressources, aujourd’hui l’économie de marché, qu’il faut réformer. En outre, la démocratie ne fonctionne pas bien en temps de misère. Elle tend à sombrer dans le populisme. 

Et si la France sauvait l’économie de marché du numérique ? 
En 84, j’étudiais l’intelligence artificielle, énorme mode. J’en ai déduit que l’Intelligence artificielle, remplacer l’homme par la machine, n’avait pas d’avenir. Ce qui en avait était la réalité virtuelle : ramener un problème à un contexte que l’homme connaît. C’est ce qui m’avait enthousiasmé dans l’interface du premier Apple. En lisant le livre de Sylvie Lachkar et Hervé Kabla sur le SocialSelling, j’y ai vu une confirmation de cette idée. Linkedin est une réalité virtuelle commerciale. Elle décuple les capacités du « networker ». Et il en est de même de la CAO, elle n’a pas remplacé le dessinateur industriel, elle lui a donné des ailes. Idem pour les technologies de « lean start up » : une belle idée peut profiter des outils les plus impressionnants et toucher le marché en un temps record, et sans grands moyens.
Pourquoi le numérique détruit-il l’emploi ? Parce qu’il a été conçu pour cela. Il réduit les coûts, et l’homme est un facteur de coûts. Mais l’homme est aussi une merveille de la nature, il y a bien plus à gagner à bien l’utiliser qu’à le liquider. Et si, désormais, nous partions de ses capacités uniques pour les mettre en valeur grâce au numérique ? La France a toujours cru à un progrès qui profiterait à l’humanité, et si c’était notre mission nationale de faire du numérique un bienfaiteur de l’humanité ? Call it French Tech ?

Le social selling expliqué à mon boss

Afficher l'image d'origineComment utiliser les réseaux sociaux pour vendre ce que produit votre entreprise ? Voilà le sujet de ce livre. Il est beau, plein de couleurs et de figures. Trop beau pour être honnête ? Va-t-on nous dire que le numérique est l’avenir de l’humanité, encore ? Que celui qui ne l’a pas compris est un dinosaure condamné par Darwin ? Et les auteurs, un dirigeant d’agence et un high flyer de SAP, vont-ils nous vendre leur soupe ?
Eh bien si le numérique a fait un miracle, il est là : non. Et l’écueil a été évité de manière brillante. D’une part par des interviews, généralement très intéressantes, et, d’autre part, par une remarquable analyse du fonctionnement des réseaux sociaux (fin du livre). Une analyse d’autant plus surprenante que l’on apprend des choses même si on pratique ces réseaux. Et même comment relier votre réseau social à votre CRM.
Networker : Master of the Universe
Qu’est-ce que je retiens de tout cela ? Les réseaux sociaux ne sont qu’un canal de vente supplémentaire. De l’amélioration, mais pas de révolution. Ensuite, le réseau de loin le plus utile est Linkedin. C’est, cette fois, une révolution. C’est un retour aux fondamentaux de la vente : la vente comme construction d’un réseau relationnel bâti sur la confiance. 
Car Linkedin n’est pas une question de mode. C’est une question d’intérêt bien compris. En effet, c’est avant tout un réseau RH. On y trouve donc des fiches détaillées sur les hommes et les entreprises. On peut, donc, non seulement identifier des clients potentiels, mais aussi comprendre ce qui les motive. Connaissez-vous une autre source d’informations aussi riche ? De là, il est possible d’établir un contact personnel. S’il y a de l’automatisation, elle est dans la recherche, et, le moins possible, dans le contact : le spam est inefficace. Mais, surtout, la logique réseau force à avancer pas à pas. A aller de relation de confiance en relation de confiance. La patience paie. (Et, la logique de réseau veut aussi que qui se ressemble s’assemble…)
Pas de Big data ou autre intelligence artificielle, ici. Comme le prouvent les témoignages, le réseau social sourit au talent commercial. Il y a probablement de gros gains de productivité à faire pour les meilleurs commerciaux, qui sont bien souvent les dirigeants de PME. Et si le « networker » valait bien plus cher que le « data scientist » ?
(Lachkar, Sylvie, Kabla, Hervé, Le social selling expliqué à mon boss, Kawa, 2015.)

La banque fait payer le client

La banque va faire payer le compte courant, disait France Culture. 
C’est curieux, il me semblait qu’ailleurs les comptes courants étaient rémunérés. Surtout, la raison en serait le coût des services Internet et de la relation client. Encore plus curieux. J’avais cru entendre qu’Internet c’était la destruction créatrice, donc mieux pour moins cher ; et que sans client une banque n’étant pas grand chose, une bonne relation client était un impératif. 
Du client roi au client pigeon, tel est le nom du changement ?

Les réseaux sociaux ou le côté obscur de la Force ?

Saviez-vous que Linkedin se réservait le droit d’informer qui bon lui semble de ce que vous publiez sur son site ? Voici ce que j’apprends en lisant le dernier livre d’Hervé Kabla. Un algorithme s’occuperait de dire qui va être intéressé par vos idées. 
Facebook ne publie pas les tableaux représentant des femmes dévêtues et les algorithmes de recherche de Google ressortissent à une sombre tambouille. Étrange comme on peut se tromper. Il y a quelques années Christian Huitema écrivait « Et Dieu créa l’Internet« . On y lisait qu’Internet, c’était la fin du monopole. Or, c’est exactement le contraire qui s’est passé. Le jeu des réseaux sociaux est de nous enfermer dans des mondes clos, patrouillés par des machines, où ne s’appliquent pas les règles de la démocratie. Star Wars était-il prémonitoire ? Les réseaux sociaux ou le côté obscur de la Force ? 
Les médias traditionnels n’ont aucune raison de se réjouir. Car, il y a belle lurette qu’ils ne nous informent plus de rien. Ils nous disent ce qu’ils jugent être le bien. C’est d’ailleurs de là que peut venir leur rédemption. S’ils parviennent à redevenir des lieux de débat, ils n’auront plus à craindre l’Empire Internet. 

La déglingue du numérique

Pendant plusieurs semaines l’application météo de mon iPhone ne marche pas. La météo de Paris et de quelques autres villes reste au même jour. Déjà, il y a quelques semaines, la dite application avait refusé une baisse de température. Cela semble à nouveau fonctionner. Mais pour combien de temps ? 

Lorsque j’étais programmeur, les normes de qualité parlaient de nombre d’erreurs par milliers de lignes. Et le moindre logiciel en contient des millions. Aujourd’hui, je ne suis même pas sûr qu’il existe encore des normes de qualité. La programmation est une question de force brute. On applique la loi du marché. Si le marché est mécontent, il proteste. Sélection naturelle. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas représenter une partie insignifiante du dit marché, on ne vous entend pas. Ce qui est apparemment mon cas. 

Que faire face à la surveillance numérique ?

Devenez invisible ! me propose mon anti-virus. La surveillance numérique fait peur. On tend à y répondre par l’anonymat, en évitant de laisser une trace numérique de ses opinions, etc. 
Mais, ce que les services secrets observent, ce sont les meta données. Ils veulent savoir avec qui parlent vos objets connectés. Le risque est alors que les ordinateurs des dits services secrets en tirent des conclusions fausses. D’ailleurs, le plus inquiétant, pour eux, est celui qui ne laisse pas de traces. Celui-là a certainement quelque-chose à se reprocher. Ou peut-être à reprocher à notre société…
Et si la conduite la plus sage était d’écrire ce que l’on pensait ? Quitte à être condamné, au moins que cela le soit pour ses opinions ?  

Anti uberisation

Publicité sur l’enveloppe d’un pain. Bonne idée. L’enveloppe du pain, c’est ce que l’on voit. La révolution numérique l’a fait oublier. 
La pub ne marche plus. Les médias traditionnels, qui étaient efficaces, sont mal en point et rien ne les a remplacés. Et si les reconstituer était dans l’intérêt des grandes entreprises ? Un changement que les grandes agences de communication pourraient organiser ?

Alphabétisme numérique

Que l’on maîtrise mal le « numérique » ! Je suis entouré de gens qui ont fait beaucoup, mais vraiment beaucoup, d’études. Il est surprenant de constater à quel point ils ont des difficultés avec l’informatique. Rares sont ceux qui savent écrire un texte powerpoint ou word correctement présenté et sans faute. Si bien que je me transforme souvent en secrétaire. Quant aux réseaux sociaux, c’est la Bérézina ! La seule chose d’universel, c’est le mail. Mais là, les règles ordinaires de bonne conduite n’ont plus lieu. La grande gueule se répand en commentaires oiseux, copie à tous, l’esprit supérieur refuse de se mêler à la masse… Pour obtenir ce que l’on veut, organiser une réunion par exemple, il faut solliciter chacun séparément. 
Les hommes du numériques se veulent libertaires. Laissez faire disent-ils. Le marché fera le bien universel. Eh bien, non. Ce que montre notre usage du « numérique », c’est que le laisser-faire vous construit un monde à la Mad Max. Il n’y a plus de règles partagées. Et sans règles partagées, c’est l’impuissance, la dépression. Pour qu’une société fonctionne, il faut une éducation obligatoire à ce qui est important à la vie en société, et il faut imposer des règles de collaboration. C’est comme cela que l’euro s’est implanté avec succès. Et que le ministère des finances fait remplir, par Internet, leurs déclarations fiscales aux entreprises.