Certains jeux sont des vices et l’Etat en a profité. Est-ce bien ?
Dans la mesure où le vice est une pathologie humaine, il est peut-être préférable que ce soit l’Etat qui le contrôle plutôt que quelque acteur public, qui l’encourage ?
Certains jeux sont des vices et l’Etat en a profité. Est-ce bien ?
Dans la mesure où le vice est une pathologie humaine, il est peut-être préférable que ce soit l’Etat qui le contrôle plutôt que quelque acteur public, qui l’encourage ?
Le premier feuilleton japonais que j’ai vu m’a marqué. C’était il y a plus d’un demi-siècle ! Je trouvais choquant d’entendre des samouraïs parler français. Je ne me souviens de rien d’autre, sinon que, à la fin, après de multiples péripéties, le héros laisse partir son ennemi, qu’il a vaincu. Car la vie n’est qu’affrontement d’opposés, de Yin et de Yang. Voilà qui était curieux.
Ce héros n’avait-il pas raison ? Nous n’avons pas d’ennemis. Ce que nous prenons pour tels n’est que le fruit de nos faiblesses. Ils nous forcent à nous transformer. Bien sûr, ils peuvent aussi avoir le dessus sur nous. Mais, sans eux, nous nous auto-détruirions. (Et inversement.)
Si Trump et Poutine n’existaient pas, il faudrait les inventer ?
La paresse et la gourmandise auraient-elles du bon, malgré tout ?
Je me demande si la question se pose. Car dépend-elle de l’individu ?
Paresse et gourmandise ne sont-elles pas liées à des sociétés de l’incertain, où il faut profiter de l’instant ? Et n’ont-elles pas des vertus que la raison ne perçoit pas : par exemple, le plaisir partagé d’un bon repas crée des « copains » ?
Ne serait-ce pas la morale qui pousserait, par réaction, à un excès malsain, comme on l’a vu lors de la prohibition ?
Quelle est la tentation de notre époque ? me suis-je demandé, en écoutant Jankélévitch (un billet précédent).
Au début de ma carrière, je m’occupais d’algorithmes. Ce qui m’a frappé alors est que ceux qu’écrivaient mes collègues ne marchaient pas. Il fallait les reprendre, ce qui est devenu mon travail. Ils disaient « on n’avait pas le temps de faire autrement ». Mais, traiter correctement le problème n’avait rien de compliqué. Et, de toute manière, le temps que l’on pensait avoir gagné initialement, on l’avait perdu, au centuple, en corrections (qui ne corrigeaient rien) de « rapports d’incidents » expédiés par des clients hystériques.
Ce constat est revenu sans cesse dans ma vie. C’est d’ailleurs la raison qui m’a fait écrire mon premier livre. Toute notre société semble le résultat de choix bizarrement paresseux. Des choix idiots, alors que la conduite vertueuse n’aurait demandé quasiment aucun effort supplémentaire. Peut-être, simplement, un peu de volonté. Une volonté qui constate que notre première idée n’est pas satisfaisante, et qui nous demande d’en chercher une autre.
Aristote pensait que la vertu s’apprenait. Comment créer des conditions qui fassent que l’individu acquiert de la volonté ?
Ce blog s’appelle « antichiant », parce que l’on vit à une époque où l’on se marre peu.
Bergson fait du rire un signal d’avertissement. Il prévient l’homme qu’il n’est plus humain. Qu’il est « mécanique ». Le rire rappelle, paradoxalement, à la raison.
Une société qui ne rit plus doit s’attendre au pire ? La dictature de tristes sires ?
On m’a dit, il y a déjà pas mal de temps, que les jeunes pensaient que les vieux étaient des dangers publics. Ils leur auraient laissé une terre invivable. Le jeune peut donc se laisser aller à sa totale inexpérience avec la meilleure des bonnes consciences !
Curieusement cette idée leur a été donnée par des vieux.
Nous avons vécu, et vivons encore, un temps où de beaux sentiments montent les enfants contre les parents, les femmes contre les hommes, les étrangers contre les nationaux… Décidément, l’enfer est pavé de bonnes intentions ?
Que dire des écrits de chatgpt sinon que cela dégouline de bien-pensance et de bêtise : c’est le génie humain que l’on assassine.
Peut-être devrait-on se demander ce que cache cette alliance du capitalisme le plus pur et de la morale la plus bornée ?
Une des caractéristiques de notre temps aura été de vouloir réécrire l’histoire, en appliquant des normes morales modernes.
Il semble que l’humanité évolue comme grandit l’individu : elle ne fait qu’émerger d’une sorte de magma. Elle subit les événements. Bien sûr, avec le recul, tout paraît simple. Mais y a-t-il eu cercle avant que quelqu’un ait l’idée de le tracer ?
De même que les nobles étaient issus de brigands, il y a de bonnes chances que nos moralistes modernes doivent leur situation enviable aux vices de leurs ancêtres.
Accordons à ces derniers le droit à l’erreur ? Et aussi à nous-mêmes ? Au lieu de vouloir changer le passé, pourquoi ne pas apprendre de lui ?
Amazon is the latest Big Tech company to donate $1mn to Trump fund
Contribution to inauguration effort comes as founder Jeff Bezos and others attempt to build ties with the president-electFinancial Times, 13 décembre
Comme les opinions changent, décidément. Trump a vaincu, ses critiques sont devenus inaudibles. On lit ailleurs :
TRUMP ON MELONI: FANTASTICA! “She’s fantastic. She’s a fantastic leader and person,” once-and-future U.S. President Donald Trump told a reporter asking if he had a message for Italian Prime Minister Giorgia Meloni (our No. 1 most-powerful person in the POLITICO 28 Class of 2025). Asked if he’d work with her, Trump shouted, “Yes!”
Politico.eu, 13 décembre
Mme Melloni, que l’on disait fasciste, soit le mal absolu, est désormais l’homme fort de l’Europe.
La « pensée 68 » défaite en rase campagne ? Curieusement, cela rappelle un thème de 68, que l’on trouve à répétition dans les films de Roman Polanski : le mal n’est pas ce que l’on nous en dit !
Scandale Archegos, aux USA. Une fois de plus c’est une histoire de produits dérivés et d’opacité. Plusieurs banques ont perdu leur chemise dans l’affaire.
D’après ce que je lis, celui qui avait créé Archegos, Bill Hwang, était un homme modeste et bien.
Curieusement, c’était aussi le cas de M.Bankman-Fried, qui avait eu l’idée d’un moyen de collecter beaucoup d’argent pour l’investir dans des affaires méritantes. Et ce afin de changer le monde. Il a aussi fait de gros dommages.
Tous les deux vont passer de longues années en prison.
Comme quoi, il n’y a pas que l’intention qui compte ?