Je ne savais pas que Montesquieu avait eu une telle influence sur les USA. Il semble avoir dit que seule la petite démocratie était efficace. Donc si l’on voulait une grande démocratie, il fallait une fédération de démocraties. Les pères fondateurs des USA l’ont entendu.
S’il a eu raison, cela augure bien de l’avenir de l’UE !
Une idée que je n’avais pas. Lui et le mouvement des Lumières auraient résulté d’une déception. La France aurait été la Chine de son temps (Xi Jinping, lisez la suite ?). A l’avénement de Louis XIV, c’était l’Etat le plus puissant d’Europe. L’avenir lui était promis. Elle allait, même, unifier la chrétienté, d’où l’éviction des Huguenots, d’où l’importance donnée par le roi à la culture… (Nouvelle Rome ?) Mais rien ne s’est fait comme prévu. C’est la médiocre Angleterre qui a tiré les marrons du feu. Le coup de pied de l’âne.
Alors, les intellectuels se sont interrogés. Qu’est-ce qui n’allait pas en France ? Et si c’était l’absence de liberté, a pensé Montesquieu ? Comment avoir une « France libérée » ? Il faut des contre-pouvoirs qui éliminent l’effet castrateur du despotisme, et laissent s’épanouir l’initiative individuelle.
(Réflexions venues de In our time, de la BBC. Je n’ai pas eu le courage de relire L’esprit des lois. Honte.)
Réflexion intéressante. Car, lorsque l’on y pense un peu, l’histoire de la France n’est qu’un retour sans fin du despotisme. Jusqu’à ces 50 dernières années lors desquelles le pouvoir central, au nom du libéralisme !, n’a eu de cesse de démonter les contre-pouvoirs et organes intermédiaires (la chambre des députés, les chambres de commerce…).
D’un autre côté, le souci de la liberté individuelle peut se transformer en égoïsme délétère. Les droits de l’homme ne sont pas « avantages acquis » de tel ou tel individu, mais doivent être entendus comme droits dus à la nature humaine, son « humanité » (comme entendu dans « crime contre l’humanité »). Justement, Montesquieu parlait de « vertu » : comme hier nos hauts fonctionnaires, l’individu doit avoir le sens du devoir, du « service public ». Si le citoyen doit être éduqué, c’est à la vertu, disaient déjà les Grecs. (Formidable bonnet d’âne donné à notre « Education » nationale ?)
Est-ce tout ? Une société a certainement besoin de « progrès », d’un élan vital, au sens de Bergson, qui la pousse en avant. Elle a aussi besoin de « dispositifs » pour « organiser l’autonomie » de ses citoyens (par exemple, comment monter une entreprise). Difficile question ?


