Porterais-je malchance ? Je voulais demander un avis à Francis Mer sur mes projets, et je viens de voir qu’il était décédé.
J’ai envisagé un jour d’entrer chez Usinor, et je me souviens de l’avoir vu en photo sur la brochure de présentation de la société. Mais je ne l’ai rencontré que beaucoup plus tard. On me l’avait décrit comme tyrannique. J’ai découvert, au contraire, quelqu’un de charmant. La première question que je lui ai posée fut : qu’est-ce qui ne va pas en France ? Il m’a répondu : les dirigeants des grandes entreprises. Ils ne sont plus à l’écoute de leur entreprise.
Lui l’avait été. Ce blog rapporte l’histoire d’un anthropologue qui était venu lui dire que la science de ses ingénieurs était la cause des difficultés de ses usines, qu’il devait laisser libre cours à l’intuition de ses ouvriers. Et il avait suivi son avis.
Il avait créé la Fondation Condorcet. Mais celle-ci était dans une impasse. J’ai essayé de l’aider, seulement j’ai rencontré une résistance imprévue, et mon bénévolat a des limites.
A cette époque Francis Mer avait publié un article sur le cercle vicieux dans lequel se trouvait le pays. Ce qui le minait était la logique d’un capitalisme qui tournait à l’envers et était en train de tuer la poule aux oeufs d’or, ses producteurs ; le salut, c’était son opposé : le capital humain.
On parle désormais « d’économie productive ». Notre société va-t-elle dans la direction que lui indiquait Francis Mer ?
Francis Mer, ministre des finances :