Le changement de rupture, c'est maintenant

On parle de changement incrémental et de changement de rupture. L’histoire de la grenouille que l’on porte à ébullition illustre ces deux changements. Cela s’applique-t-il à notre cas ? Prise de conscience que la situation s’est, insensiblement, transformée, et que ce qui en résulte n’est pas bon ?

C’est M.Macron qu’on assassine ? « Premier de cordée » et travail que l’on trouve en « traversant la rue », sont-ils d’actualité ? Le petit ne veut plus des conditions de travail qu’on lui infligeait, et le grand se trouve, finalement, fort dépourvu. Les industries qui ont subi les premières ce phénomène, qui n’est pas nouveau, se sont adaptées aux aspirations de leurs personnels. Le rapport de force s’inverse ?

M.Macron va-t-il changer ? 

France 2030

 

Comme beaucoup, j’ai pensé : le plan passe, le Français reste. Aucun intérêt. Ce qui est, au fond, honteux. 

Que dire de France 2030 ? Si on le juge selon les standards des sciences du management (définition d’un « stretch goal »), c’est zéro. Cela ne parle pas de nos préoccupations. Cela ne pose pas de problème. C’est une série de thèmes à la mode, qui peuvent très bien être les conséquences de l’influence d’un habile marketing de tel ou tel lobby. Si le gouvernement ne connaît pas les techniques de l’entreprise, il peut être victime d’un de ses maux : « management fad » en anglais, « mode de management », en Français. 

Mais il y a aussi du bien. Car, contrairement à ce que l’on a longtemps dit, le marché et la concurrence qui lui est propre ne créent pas le meilleur des mondes. L’entreprise a besoin de lignes directrices, d’une forme de protection, mais surtout d’un objectif. Même si celui-ci n’est pas très pertinent, au moins, il existe. Et, qui sait ?, il arrive qu’en cherchant quelque-chose on trouve autre chose, mieux. Travaillez, prenez de la peine, c’est le fond qui manque le moins ! 

Emmanuel Macron, idéal de la 5ème République ?

M.Macron est entouré de techniciens, députés y compris. Il n’a quasiment aucune assise politique. D’ailleurs ceux qui se réclament de lui se ramassent méchamment. Etrange situation. 

Mais n’est-ce pas le rêve de De Gaulle ? Un président au dessus des partis, dont la légitimité est tirée du suffrage universel. 

Cela ne correspond-il pas, d’ailleurs, au profil de M.Macron, dont le modèle vient de l’entreprise plutôt que de la politique traditionnelle ? Une sorte d’extraterrestre ?

Reste à constituer ce qui est au dessous du président : des partis qui aient une signification pour l’électorat. Qui soient réellement porteurs de convictions, et non, exclusivement, d’ambitions. 

Et si l’on était en train de comprendre, 60 ans après, la pensée de De Gaulle ? De Gaulle : une conduite du changement ratée ? 

Le combat des chefs

Election du président de l’association des maires de France. Si je comprends bien, un candidat est soutenu par le parti du président, l’autre, par tous les autres partis, y compris le MODEM. Du jamais vu ? (Article.)

En outre, ces deux candidats ont l’air de dire la même chose, et c’est une critique du gouvernement ! (« Tous deux déplorent, de concert, que l’Etat relègue les élus locaux au rang de « supplétifs » et de « sous-traitants » des bureaux parisiens.« )

Paradoxe du monde politique français. Un président (quasiment) seul contre tous ? 

Eric Zemmour peut-il renverser M.Macron ?

Je dois être le Français qui en sait le moins sur Eric Zemmour… J’ai voulu me renseigner. 

Première impression : Trump. Deux bêtes de scène qui s’en prennent aux valeurs « socialement avancées ». Ils jouent sur la frustration d’une partie de la population. Or, elle a fourni les troupes de choc des partis politiques. 

MM.Trump et Zemmour font vendre, et même beaucoup, si bien que tout le monde a intérêt à parler d’eux, à commencer par leurs adversaires. 

Cela s’arrête là. Eric Zemmour ne peut pas être président. Mais il veut faire battre Emmanuel Macron, si j’ai bien compris. 

Possible ? S’il se présente aux élections et prend suffisamment de voix à Mme Le Pen, M.Macron devra affronter au second tour un candidat d’un parti traditionnel. Alors se posera la question de la popularité de notre président. Car, à prendre son CV, de serviteur de l’Etat embauché par Rothschild, comme hier les généraux par Dassault, et ses déclarations sur les premiers de cordée ou le travail au coin de la rue, ou sa profession de foi, il est facile d’en faire un oligarque du « monde d’avant ». La presse la plus respectable ne s’en prive pas. 

Le monde est complexe, dirait Edgar Morin… 

Covid, c'est reparti pour un tour

L’épidémie de coronavirus, en Grande Bretagne, est en recul. Elle y a fait de très gros dommages. Elle semble maintenant toucher le continent. La Hollande confine. 

Quelle stratégie va adopter le gouvernement français ? 

Quand on considère le cas anglais, on peut se demander si ce n’est pas le « trouble à l’ordre public » qui est la principale préoccupation d’un gouvernement. Boris Johnson a démontré que l’Anglais tolérait un haut niveau de décès, en échange d’une absence de contrainte. Dans cet ordre d’idées, l’intérêt de la vaccination n’est pas son efficacité, mais le fait qu’elle est suffisamment convaincante pour diviser l’opinion, et permettre de régner. 

D’ailleurs, il est possible que la meilleure vaccination soit d’attraper le mal. Serait-ce le pari de M.Johnson ? Ce qui ne tue pas renforce. Si l’on prend en compte les porteurs sains, une grosse partie de l’Angleterre pourrait donc être protégée, et peut-être même pouvoir résister, sans encombrer les hôpitaux, aux nouvelles variantes du virus. 

Nous sommes bien peu de choses ? Peut-il en être autrement lorsqu’une seule personne a la responsabilité de dizaines de millions d’êtres humains ? 

France forte ?

Querelle de la pêche. La BBC interviewe, samedi dernier, un représentant du port de Calais. Il est désolé. De tels embarras pour seulement 40 bateaux. Auparavant la BBC avait annoncé que la France avait demandé à l’UE de décourager le séparatisme. 

Peut-être que le gouvernement a compris que Boris Johnson a adopté la tactique du voleur chinois, ou de la grenouille. Qui vole un oeuf vole un boeuf, autrement dit. Zéro tolérance. 

Et si l’on n’arrêtait pas là ? Et si la France se convertissait à la doctrine Trump / Poutine ? Le rapport de force ?

Et l’Allemagne, comme réagirait-elle ? Elle est forte économiquement et faible moralement ?

Combattre Zemmour

Comment combattre Eric Zemmour ? se demandent les partis politiques. 

Peut-être imiter MM.Biden et Johnson ? Ils ont cherché à comprendre pourquoi on avait voté Trump et Brexit. Et ils ont trouvé l’équivalent de nos gilets jaunes (probablement en plus mauvais état). Des gens qui avaient beaucoup de difficultés. 

Et le discours ? Pas besoin de surenchère. Simplement leur annoncer que l’on va les sortir de l’ornière. Solidarité. Comme le gouvernement l’a fait avec l’économie pendant l’épidémie. 

Et si tout le monde retrouve de « bons emplois », comme on le dit en Angleterre, cela signifie que l’économie marche, et que les dettes n’en sont plus, elles ont été des investissements. 

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis

« Je veux que nous retrouvions un cercle vertueux qui se vérifie : innover, produire, exporter et ainsi financer notre modèle social. »  déclare Monsieur Macron. Il ne fait que répéter ce que dit Boris Johnson. 

Et cela est un changement radical. Car, jusqu’à il y a peu le consensus était du côté de la regrettée Mme Merkel, qui déclarait que que l’Europe représente à peine 7% de la population mondiale, seulement un quart du produit intérieur brut mondial, mais 50% des dépenses sociales du monde. 

Après l’ère du modèle social intenable, qui encourage la paresse, et de l’obsession de la réduction des coûts, on repart vers le modèle de la société d’abondance, dont le moteur est l’innovation. 

France 2022 : la réélection de Jupiter

« Les collectivités sont donc dans l’attente d’un signe de l’Elysée. Comme en début de quinquennat, le retour du « en même temps » semble aller de pair avec celui de « Jupiter ». » (France 2030 : un plan d’investissement qui laisse les collectivités dans l’attente)

Soit le gouvernement encourage le changement par en bas, soit il l’impose par en haut. Schizophrénie ? Ou le naturel revient au galop ? 

Un résultat que rien ne dément : un pays en crise au moment d’une élection ne reconduit pas son gouvernement. M.Macron est un trop bon connaisseur du marché, pour le laisser faire à sa guise ? Raison du plan de relance ? France 2030 ou France 2022 ? Et après nous le déluge ? 

Dans ces conditions, il est logique de ne compter que sur ses forces, plutôt que sur celles de ses ennemis, qui ont fait des régions leurs baronnies ?