Qu’est-ce qui nous fait rire ?

Pourquoi rit-on ? Apparemment ce serait une théorie de Kant qui expliquerait le mieux la cause du phénomène : le rire viendrait de la transformation d’un problème qui met l’esprit en difficulté en un dénouement étonnamment simple. (What’s Funny? | Psychology Today)

Pour ma part, il me semblait que le rire venait de situations « irrationnelles », c’est-à-dire qui ne correspondaient pas à des éléments associés entre eux par notre cerveau. 

Comment devenir un bon présidentiable en lisant la presse écolo

Petite (très petite) revue de la presse écolo.

KAIZEN

Kaizen
Je découvre un nouveau magazine « KAIZEN ». Cette revue bimestrielle, se place sur le credo du « comment rêvons nous notre monde, comment le transformer et comment peut on y contribuer« . Il nous apprend que KAIZEN est un mot japonais qui signifie « changement » KAÏ et « bon » ZEN. KAIZEN serait aussi une méthode d’amélioration continue.

KAIZEN nous rappelle que les grandes transformations commencent par un premier pas et propose de faire une succession de petits pas conscients et déterminés vers un objectif fixé. C’est la version des gouttes d’eau qui font les grandes rivières.
A lire l’article sur la révolution citoyenne islandaise.
Je suivrai donc ce magazine pas à pas…
Terraeco

Le second magazine est déjà plus installé dans la sphère de cette presse responsable, c’est « Terraeco ». Certains articles du n°35 d’avril font d’ailleurs échos à ceux de KAIZEN. Une brève et un article m’ont séduit :
Les jobs de la honte. La brève s’intitule avec mon job plus laide la planète. Elle nous apprend que 30.000 salariés américains ont répondu à la question : votre métier rend-il l’humanité meilleure?
Résultats :  près de 15 % répondent non!
Les banquiers font partie du top 10 des pires métiers. Les employés des fastfoods occupent la première place de « ce classement de la honte » suivent les serveurs et les créateurs de mode!
Réformer le capitalisme. L’article est un portrait de Cécile RENOUARD, soeur de l’Assomption, diplômée de philosophie et de l’ESSEC. Elle est l’auteur, avec un jésuite Gaël GIRAUD, de vingt propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion, 2012).
Dans cet ouvrage, elle envisage rien de moins que de tout mettre cul par dessus tête!
Les meilleurs exemples :
  1. changer les statuts de l’entreprise pour placer son utilité sociale avant sa fonction lucrative
  2. mettre en place une cour internationale pénale pour les multinationales
  3. domestiquer la finance
  4. remplacer les agences de notation par des agences aux critères environnementaux et sociaux
Elle est une fille de diplomate. Après la tentation des multinationales du CAC40, elle a rejoint une autre multinationale : celle du Christ!
Elle est adepte de KANT lorsqu’il dit « croire que la disposition au bien est plus originelle que le penchant au mal« .
Elle enseigne son éthique et ses principes à l’Ecole des Mines en expliquant

« il faut éduquer les jeunes à penser à d’autres perspectives que celles de la réussite par l’argent et qu’il est salutaire de donner un autre sens au travail que le créer de la valeur de l’actionnaire« .

Vaste programme ! Chiche et si l’on demandait à nos candidats aux élections d’inclure ces 20 propositions de réforme du capitalisme ?

Voilà un vrai changement, qui pourra se faire pas à pas!

Les sources du nazisme

Le hasard fait bien les choses ? Lancé par notre discussion sur K.Lorenz sur la piste des courants de pensée qui ont inspiré le nazisme (Konrad Lorenz ou l’âge de ténèbres ?), je suis tombé nez à nez, lors d’une attente de RER, avec un hors série de Philosophie(février – mars) dont le sujet est « les philosophes et le nazisme ».

Une forme de système

Le nazisme est sorti d’un courant de pensée profond et relativement homogène. Aucun penseur allemand n’aurait été fier d’un disciple comme Hitler, cependant les thèmes du nazisme lui auraient été familiers. Ce qui peut expliquer que tant de monde ait pu s’y retrouver, ou même penser l’influencer (Heidegger et Carl Schmidt ?).

La pensée allemande a été une réaction à la brutale transformation de la société amenée par la Révolution industrielle. De ce fait, elle s’est bâtie contre les causes de cette transformation : les Lumières et le progrès. Elle a trouvé le salut dans une forme de fondamentalisme. Une vision fantasmée de son passé, mélange d’influences multiples dont certaines remontent à très loin. L’Allemand appartiendrait à une race élue et persécutée qui doit régénérer le monde. Sa langue, d’ailleurs, est celle des origines (une idée que l’on retrouve chez Heidegger).

D’une certaine façon, une sorte de régression se serait jouée au moment de la transition entre Kant et Hegel. Hegel rejette la raison de Kant et en revient à la métaphysique (il suffit de suivre son cœur pour faire le bien). Quant à Nietzche, il est tellement provoquant qu’il est aisé de se méprendre sur ses propos.

Lorenz et les thèmes du nazisme

À l’individu, universel, et à la raison des Lumières, la pensée allemande oppose donc l’espèce et une forme de mission divine, et la croyance que « la force seule crée le droit ». à noter que qui dit race, dit amélioration de la race (au sens troupeau du terme), i.e. biologie et eugénisme.

Curieusement, comme dans la théorie de l’agressivité de Lorenz, cette société est « anti », français, révolutionnaire, libéral, sémite…

Que Konrad Lorenz semble aussi marqué par un courant de pensée qui a mené au cataclysme, signifie-t-il que l’on doive condamner ses travaux ? Jacques Taminiaux parlant d’Heidegger : « tous les grands noms de la pensée européenne se sont confrontés à Heidegger. Leur œuvre est née dans cette confrontation. » Une idée à reprendre concernant la pensée de Konrad Lorenz : utile comme stimulant, mais non comme fin ?

Compléments :
  • Billet inspiré notamment par : Une histoire allemande de Georges Bensoussan (fondements de la pensée allemande d’avant guerre) ; Nietzsche le dynamiteur de Yannis Constantides ; Pensée juive et pensée allemande de Luc Ferry (Hegel) ; Jacques Terminiaux : La philosophe est-elle soluble dans le nazisme ?
  • Tout ceci est assez cohérent avec les conclusions que j’avais atteintes jusqu’ici. Sur ce blog, revues de livres : Heidegger pour les nuls, Kant pour les nuls, Kant et les lumières, Nietzsche, Troisième Reich (George Mosse et le mouvement völkisch), Le savant et le politique (Max Weber). 

Qui connaît ce grand humaniste Konrad LORENZ?

Quel bonheur de re découvrir Konrad LORENZ au hasard d’un article jauni datant de 1980 (?) exhumé lors du tri de mes archives perdues!

LORENZ né à Vienne en 1903, a été prix Nobel de Médecine en 1973 pour ses découvertes sur « l’organisation et la mise en évidence des modes de comportement individuel et social« . Il s’agit du seul prix Nobel jamais remis à un spécialiste du comportement.Ces travaux constituent les fondements d’une nouvelle discipline de la biologie : l’éthologie ou l’étude du comportement des espèces animales. LORENZ, est surtout un vrai humaniste et ce malgré un passage délicat en 1940, qui lui a valu de nombreuses attaques de la classe scientifique. Ce biologiste de formation, a succédé à KANT à la chair de philosophie de KONIGSBERG.

Dans cet article, LORENZ, alors âgé de près de 80 ans, explique pourquoi le comportement de l’homme du XXème siècle est suicidaire et propose des remèdes. Il rappelle qu’il a publié en 1969 « l’agression » ouvrage dans lequel il explique que les animaux, les hommes y compris, ne sont pas les bons sauvages chers à JJ ROUSSEAU. Ils sont agressifs et hiérarchisés ainsi, l’animal privé d’exercer son agressivité tombe malade.

Est ce à dire que l’homme n’est qu’un animal? LORENZ précise que l’Homme possède des facultés propres acquises par l’instinct et l’inné, mais il n’est pas une page blanche à la naissance. Il n’est donc pas malléable à merci et son comportement ne peut être modifié dans n’importe quelle direction. Les travaux de Konrad LORENZ, et d’autres, ont permis à la pensée biologique de se faire une place dans les sciences du comportement humain.

Nous ne serions donc pas égaux et la base de cette inégalité est d’origine biologique ce qui sous tend qu’il existe des différences de capacités entre les hommes. LORENZ explique que l’égalitarisme a une responsabilité dans ce qui se passe dans le monde (de 1980).

Les analyses scientifiques et philosophiques de LORENZ débouchent sur un véritable humanisme et une vision prémonitoire. Déjà en 1973 LORENZ parle des huit péchés capitaux :

  1. le surpeuplement,
  2. la dévastation de l’environnement,
  3. la tiédeur de l’homme moderne,
  4. la course contre soi-même,
  5. le risque de dégradation génétique,
  6. la rupture de la tradition,
  7. la contagion de l’endoctrinement,
  8. le développement de l’arme nucléaire.

LORENZ détermine une marque d’auto-domestication qui modifie physiquement et moralement l’espèce humaine vers plus d’intelligence et moins de fierté. Ce phénomène est poussé par l’espace sur le globe, qui se réduit sous l’influence du commerce et des communications qui poussent vers une uniformité accélérée. (On est en 1973!) Le phénomène sélectif naturel, qui a fait notre grandeur, n’est aujourd’hui gradué que par la seule capacité économique…

LORENZ de conclure que la catastrophe est inéluctable et le remède est l’éducation.

N’est ce pas là une vision très prémonitoire de ce que nous voyons aujourd’hui? Ne faudrait il pas vite relire LORENZ? Je vous le recommande car c’est riche, très riche!

Du néoconservateur et de la dialectique de Hegel

Le néoconservateur (cf. Neocon) rejette le relativisme de gauche, en affirmant qu’il existe des civilisations supérieures (la sienne).

Bizarrement, Kant et les Lumières semblent avoir donné une solution à cette question il y a deux siècles : le fédéralisme. Le monde doit être construit sur des cultures différentes, qui se stimulent mutuellement, du fait de leur différence. (Kant parle de « paix armée ».)
Et les USA montrent comment des religions naturellement en conflit peuvent cohabiter sans s’affronter. Le tout est de penser que l’union vaut mieux que la guerre, et que, pour le reste, il y a toujours un moyen de s’arranger.
Curieuse illustration de la dialectique de Hegel : thèse (relativisme), antithèse (supériorité des civilisations), synthèse (fédéralisme, il faut de tout pour faire un monde).
Compléments :

Y a-t-il des civilisations supérieures ?

M.Guéant affirme qu’il existe des civilisations supérieures. Question de « bon sens ». Le mien ne s’y retrouve pas. Qu’est-ce qu’une civilisation ? Comment classifier des civilisations ?

Curieusement, les penseurs allemands ont opposé « culture » et « civilisation ». La première était caractérisée par sa dimension sociale, la seconde était la création des droits de l’homme, un réseau d’individus reliés par contrats. La « civilisation » était le mal.

J’aurais tendance à penser, avec les ethnologues, que la seule notion un peu claire est celle de « culture ». C’est-à-dire les règles (majoritairement implicites) qui guident les comportements collectifs d’un groupe. Nouvel écueil. Dès qu’il y a groupe, il y a culture. En particulier, on parle de « culture d’entreprise ». De quelle culture s’agit-il ? M.Guéant pense peut-être « culture nationale », ou extranationale. Sa civilisation serait-elle celle de l’Occident ? Mais l’Occident n’est pas homogène ! Le nord de l’Europe rejette le sud, paresseux, « anglo-saxon » est souvent un terme injurieux, les USA sont fondés sur le rejet de la « culture » européenne… Même la science n’est pas une valeur universelle : une grosse partie de l’Amérique est créationniste. À moins d’en revenir à la définition allemande de civilisation : notre point commun est l’individualisme ? Mais y a-t-il accord sur ce que signifie « individualisme » ?

Et puis comment démontrer qu’une culture vaut mieux qu’une autre ? Les civilisations grecques et romaines ont cédé à leurs vices de forme et aux invasions « barbares ». Les vagues des « sauvages » indo-européens ont balayé des cultures sédentaires. Qui était supérieur ? Les « sauvages », comme le pensaient les Allemands d’avant guerre, ou les sociétés qu’ils ont asservies, probablement plus proches des nôtres ?

Plus prometteur : certaines cultures ont exercé un attrait sur les autres. La modernité occidentale et l’avantage (parfois militaire) qu’elle apportait a fasciné. Mais est-ce toujours le cas ? Les révolutions arabes, par exemple, paraissent motivées par le désir de remplacer des élites occidentalisées par une société islamique.

Dernière tentative : quitte à être individualiste, dans quelle culture l’homme trouve-t-il le mieux son compte ? Bizarrement, ici, les scientifiques semblent proches de Jean-Jacques Rousseau : la société n’est pas bonne pour la santé. Si elle a protégé l’espèce, elle contraint ses membres à des « changements » extrêmement douloureux.

En fait, notre culture nous façonne, elle nous dicte le comportement nécessaire à la maintenir en vie. C’est probablement pour cela que la plupart des peuples se désignent, eux-mêmes, comme « les hommes ». Ainsi, pour les Chinois anciens, ne pas connaître les rites est être « barbare ». Alors, M.Guéant a-t-il retrouvé un réflexe vieux comme le monde, celui du « nous » contre « eux » ?

Et si l’on mettait le doigt là, paradoxalement, sur quelque chose qui nous est propre ? Et si l’innovation occidentale, celle des Lumières, celle qui explique à la fois la création des USA et la pensée de Kant ou de Hegel, était l’idée qu’il n’y a  pas « d’eux » et de « nous » ? Que notre avenir est une fédération de cultures qui s’enrichissent mutuellement ?

En fait, M.Guéant a repris littéralement la théorie du « droit naturel » des néoconservateurs. Son principe est que ce à quoi tiennent les néoconservateurs sont des valeurs supérieures. C’est ce que comprend, dans un flash, tout bourgeois assistant devant sa télévision aux émeutes de 1968. Malheureusement, il n’est pas certain que cette « civilisation » d’angoissés attachés à leurs avantages acquis ait quoi que ce soit de supérieur, de séduisant ou même la moindre capacité à survivre à la marche du temps. 

L'esprit des Lumières de Tzvetan Todorov

« Ce sont les lumières qui sont à l’origine de l’Europe » dit Tzvetan Todorov (L’esprit des Lumières, Le Livre de Poche, 2006). L’Europe serait une image agrandie des États grecs antiques. Comme eux, elle est la somme de la diversité farouche de nations en accord sur l’essentiel (« rationalité scientifique, défense de l’État de droit et des droits de l’homme ») : « leur pluralité crée un espace de liberté. Hume découvre, en effet, qu’elle favorise l’esprit critique, étouffé, au contraire, par l’unité ».
Paradoxe ? Non, simple conséquence de la cohabitation entre les deux piliers de la pensée des Lumières : toute puissance du peuple, et liberté de l’individu.
Voici comment on les réconcilie : si l’on fait l’effort de se mettre à la place de l’autre, on peut concevoir un « point de vue qui tienne compte de la différence entre l’un et l’autre ». Ce qui est la « volonté générale ».
En fait, l’histoire des Lumières serait, justement, celle de cette réconciliation : « Les lumières sont une époque d’aboutissement, de synthèse – et non d’innovation radicale. » « Les lumières absorbent et articulent des opinions qui, dans le passé, étaient en conflit. »
Pas d’innovation ? Les Lumières remplacent le salut, dans l’autre monde, par le bonheur humain, dans celui-ci. L’homme devient fin ultime, et reçoit des droits inaliénables. Quant à sa morale : « L’adhésion de l’humanité valide le choix du bien. »
Comment réussir ce changement ? L’individu doit devenir « autonome ». Développer un esprit critique, et la raison nécessaire pour comprendre dans quoi il s’engage, et, éventuellement, le modifier. Quant à l’État, il doit former ces êtres de raison (importance de l’éducation, libératrice), et faire respecter les lois que dicte cette raison quand elle se combine en volonté générale (en particulier, les relations entre hommes). Et ce sans empiéter sur les sphères privées appartenant aux individus.
Compléments :
  • En fait, Kant ne pense pas que le fédéralisme doit s’arrêter à l’Europe. Il doit couvrir le monde. (Kant et les Lumières) En ce sens, c’est bien une idée centrale des Lumières, que l’on a oubliée. 

Choisir un président (4) : leadership

La théorie du leadership joue un rôle central dans la culture anglo-saxonne et dans les cours de MBA. Peut-on l’appliquer à nos élections ?

Traditionnellement, le leader est le pasteur du troupeau. Aurions-nous besoin d’un Führer ? En fait, la définition des théories du management sont plus acceptables pour notre amour-propre. Le leader, selon John Kotter (Leading change), est l’homme qui sait « conduire le changement ». Il a une vision pour l’avenir du groupe, et elle réussit.
Cette vision (parfois appelée « stretch goal ») paraît évidente à tous. Autrement dit, il y a probablement de l’intérêt général là-dedans, comme chez Kant et Rousseau. Mais cela va peut-être plus loin que chez eux : l’intérêt général pourrait avoir besoin d’une « réinvention » pour être opérationnel. C’est d’ailleurs ce que dit Chester Barnard (The Functions of the Executive), un autre théoricien des sciences du management.

Dans l’entreprise, cette réinvention se nomme nouveau « modèle économique ». Pour une nation on parlera de « projet de société ». Un tel « projet » n’est pas unique. Ce qui compte est qu’il réponde aux problèmes perçus par la nation – qui se résument probablement à l’idée que notre situation n’est pas « durable ». Et ce n’est pas « the one best way » de Taylor, un processus pour machine. C’est un problème à résoudre ensemble, le leader donnant un objectif à atteindre et une méthode de travail au groupe. 
Napoléon fournit une métaphore explicative : s’il a le génie de la stratégie, il ne peut réussir sans son armée. Paradoxalement cette stratégie semble à la dite armée la solution de la bataille, alors que c’est à elle de se sacrifier pour la gagner.

Vers une fédération mondiale ?

Ne sommes nous pas dans le scénario prévu par Kant ? Une fédération mondiale d’États maintenue en équilibre par l’action et la réaction de cultures différentes, qui vivent en « paix armée » les uns avec les autres.
Comme toute fédération, celle-ci semble s’entendre sur quelques principes « universels » (par la force des choses) : les hommes sont plus ou moins égaux – il est devenu difficile de les massacrer en toute bonne conscience ; la science pratique, de l’ingénieur, est utile ; un capitalisme (ou simplement le commerce ?), que chacun essaie d’accommoder à ses intérêts, conduit le monde ; pour le reste, l’homme tente de défendre ce à quoi il croit, une version diluée de sa culture d’origine, au sens où elle peine à conserver son aspiration à l’absolu.
Les empires romains, c’est fini ? Idem pour les grandes croissances glorieuses d’après guerre ? Monde un peu gris, peu innovant, où chacun est replié sur soi et joue sur les faiblesses de l’autre pour le maintenir dans la médiocrité ? La définition même du comportement français par l’Anglais ? Le monde sera-t-il français ? 

Choisir un président (3)

Que donnerait l’impératif catégorique de Kant appliqué au choix du président ? : Kant, impératif

Une de ses versions dit qu’il faut décider comme on aimerait que tout le monde décide. « Agis seulement d’après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. »

Certes, mais quid du tsunami de 2006 ? Un élan de générosité international a produit des masses d’argent inutiles. Ne faut-il pas tenir compte du comportement du reste de la population dans notre choix, sachant qu’elle ne suit pas Kant ? C’est d’ailleurs probablement ainsi que nous votons.

D’ailleurs Kant, lui-même, est pragmatique : le monde ne se fera pas en un jour, le tout est d’aller dans la bonne direction.

Aboutirait-on à une sorte d’impératif « relativement » catégorique : chercher la direction dans laquelle doit aller le pays ; évaluer le comportement prévisible de ses concitoyens ; et agir en fonction ?

Compléments :