Pélerinage aux Trois montagnes

J’ai l’impression que l’intérêt que nous avons eu pour le Japon a correspondu à une mode. Après guerre, il exerçait une fascination. Elle se traduisait, en particulier, par les prix que recevaient ses réalisateurs. Auparavant, il y avait eu une mode soviétique. Après, on s’est interessé à la Chine, à la Corée, à l’Iran…

Raison ? Pays mystérieux ? Volonté de nous rassurer sur leur compte, en les récompensant d’appliquer les règles de notre monde – par exemple en soumettant leurs films à nos prix ?

ici, il s’agit de nouvelles qui, apparemment, s’étalent sur l’ensemble de la carrière de Mishima. Au début, on y voit un Japon américanisé, mais les valeurs traditionnelles et même les dieux japonais reviennent rapidement.

Un intérêt du livre est de montrer que ce qui nous paraît évident ne l’est pas. Il est banal de dire qu’il y a de grandes différences entre deux cultures. Mais on ne sait pas ce que cela signifie. (Ce que nous rappelle actuellement M.Trump.)

En tous cas, lorsque l’on prend la nouvelle avec un peu de recul, dans son ensemble, il me semble que les rapports entre personnages reprennent un sens universel…

(PS. Mishima semblait aussi très bien connaître la culture française.)

George Bush et les voraces Japonais

Un hasard de Wikipedia m’a fait découvrir que le premier George Bush aurait pu être mangé par les Japonais. Il participait à la guerre du Pacifique. Avec quelques aviateurs, il fut abattu, mais fut le seul à ne pas être capturé. Et plusieurs des autres furent consommés.

Dans ma jeunesse, on parlait beaucoup de la sauvagerie des Japonais. Le pont de la rivière Kwai ou La mousson sont deux exemples de ce qu’on publiait alors.

Brutalement, ces Japonais sont devenus les plus pacifiques des êtres humains. Le passé a été oublié. Mystère des phénomènes sociaux ?

Le Japon en guerre

Lorsque le Japon a déclaré la guerre aux USA, il était en guerre depuis 10 ans. Il construisait un empire de 8m de km2. Il avait constaté que les USA le gênaient. Mais il ne s’attendait pas à sa réaction. Il semble avoir confondu Trump et Roosevelt et cru que les USA ne s’intéressaient qu’à leur île et qu’une paix de compromis serait signée.

Initialement, il avait une sérieuse supériorité sur les USA. D’ailleurs, il s’en est fallu de peu qu’il coule tous les porte-avions de la flotte américaine à Pearl Harbor. Comme les Allemands, il a été écrasé par la puissance industrielle américaine.

Phénomène curieux, mais fréquent, la défaite l’a rendu doux et amical.

(Emission.)

Chronique japonaise de Nicolas Bouvier

Un vagabond suisse arrive au Japon un peu après guerre. Il n’a pas un sou. Il trouve un pays rural, pauvre et accueillant, où, apparemment, il se sent bien. Il ne s’adapte pas aux moeurs locales, il semble plutôt être un original parmi des originaux.

Le livre raconte à la fois l’histoire du Japon et celle de son auteur. Pas de grandes découvertes, mais une ambiance agréable. Peut-être l’esprit du Zen ? Voilà un livre qu’il fait bon lire.

Soleil levant

S’il est un pays où le renforcement de l’axe Pékin-Moscou est scruté avec minutie et inquiétude, c’est bien le Japon. Longtemps considéré comme un géant économique et un nain politique, le pays a changé de statut, Alors que son économie stagne, son poids géopolitique s’accroit.

Affaires étrangères, de France Culture

Le monde vu du Japon, en particulier par un professeur japonais, Kanehara Nobukatsu.

Etrangement, j’ai retrouvé les propos du général de Gaulle : les Américains utiliseront-ils leur bombe atomique pour nous défendre ? L’Allemagne pense de même.

Mais le Japon, après des années de repli sur soi, semble reprendre du poil de la bête. Son économie se redresse, alors que celle de la Chine donne des signes d’essoufflement.

Oublions le complexe de la colonisation, et regardons devant nous : « l’Occident » promeut un système politique qui a l’avenir pour lui, Russie et Chine sont des rétrogrades.

Voilà un discours nouveau, ai-je pensé. En tous cas, il serait bien de travailler, aussi, à renforcer notre modèle démocratique. Car, pour le moment, il a besoin de la crainte d’un « bogeyman » rétrograde et nucléaire pour ne pas céder à la tentation de manger ses enfants – comme il l’a fait récemment.

Eternel Japon

J’ai appris (Carbone 14, de France Culture), que le Japon avait été peuplé par le nord, il y a environ 30.000 ans. On aurait pu, à l’époque, peut-être, y aller à pied sec du continent.

J’ai aussi appris que sa société s’était développée selon un mode différent de ce que l’on pensait jusque-là un parcours obligé.

Comme quoi, me semble-t-il, ce qui fait une société n’est pas un déterminisme historique, mais, plutôt, des conditions locales. En revanche, il semble qu’aux mêmes conditions, elle réponde, plus ou moins, de la même façon.

(Emission du 14 octobre.)

Repli chinois ?

Je pense depuis longtemps que la Chine pourrait suivre le chemin japonais. A moins que, dans un dernier élan vers la grandeur, elle ne déclenche une guerre mondiale.

D’après la BBC d’hier matin (informations matinales de BBC4), le scénario japonais est toujours vraisemblable. 20% de l’économie chinoise viendrait d’un immobilier spéculatif, et, comme les Japonais, les Chinois auraient décidé d’ignorer la question…

à suivre.

(Au passage, j’ai appris que la Chine souffrait du même problème que le nôtre : elle forme des masses d’intellectuels. Or, l’offre d’emplois intellectuels est limitée. D’où important chômage, structurel, des jeunes.)

Une soif d'amour de Mishima

Un de mes professeurs d’anglais pestait contre les traductions de films, anglais, faites par des « gens qui n’avaient pas eu le bac, à cause de l’anglais ». Eh bien, j’ai l’impression que le traducteur de ce livre n’a pas eu le bac à cause du français. Traduction atroce. Un grand auteur japonais ne peut avoir ce vocabulaire et ce style.

Beaucoup de remarques, qui se veulent philosophiques, tombent à plat. Les personnages paraissent, souvent, des extraterrestres. Différence culturelle ? Traduction malheureuse ?

Pour le reste, c’est, effectivement, une soif d’amour. Mais peut-être aussi une interrogation sur ce qu’est l’amour. Ici c’est un dialogue de sourds, dans lequel l’autre est, essentiellement, une chose. L’individu est mû par ses impulsions.

J’en étais venu à penser que la morale était une invention occidentale. Mais un personnage, d’ailleurs à qui je n’aurais pas prêté de tels sentiments, m’a détrompé, au dernier moment. Mais pas très vigoureusement.

Si bien que le mieux que peut espérer l’amoureux, c’est la disparition de l’autre. Au moins cela apporte un peu de calme.

Détail surprenant : le livre est écrit juste après la guerre. Mais, on en parle à peine. Et comme s’il s’agissait d’un événement sans grande importance. Un personnage envisage même d’entrer dans la marine, s’il y a une nouvelle guerre. Mais pas pour la gloire. Parce que ce serait l’occasion de changer de condition. Et sans apparemment avoir la moindre conscience du danger encouru.

Chine : début de la fin ?

Evergrande, gigantesque promoteur immobilier chinois, est en difficulté. Lehman Brothers chinois ? Faut-il craindre une crise mondiale ? J’entendais un interviewé de la BBC (jeudi dernier) dire que le risque était plutôt un ralentissement de croissance de l’économie chinoise : cette crise appauvrissant le citoyen. Or, la croissance chinoise est le moteur du monde…

Cela m’a rappelé une de mes anciennes prédictions. J’ai pensé que Chine et Japon se ressemblent par leur culture. Et que la Chine connaîtrait un repli après une forte croissance. Or, il se trouve que le repli japonais a commencé par une crise immobilière… Y a-t-il plus qu’une coïncidence ?