2001 Odyssée de l’espace expliqué

Et si la force de l’homme n’était pas la vivacité de son intellect, mais de penser comme tout le monde ? Et si c’était cela, plutôt qu’un monolithe, qui transforme l’homme de 2001 Odyssée de l’Espace ?
C’est l’idée qui m’a traversé l’esprit en lisant l’histoire de l’Arabie Saoudite. Un Islam antique est donné à une tribu famélique et voilà qu’elle se met à conquérir un espace gigantesque. N’en est-il pas de même de la France révolutionnaire ? Entraînée par un même idéal, elle écrase l’Europe ?
Quant au libéralisme, en détruisant le lien social, il donne un avantage décisif au petit groupe dont l’intérêt commun permet d’acquérir un monopole. La religion moderne serait l’intérêt, et il produit des grumeaux sociaux ?
Compléments
  • D’ailleurs, ne sélectionnons-nous pas notre élite pour sa vitesse d’escalade de la montagne qu’on lui désigne, plutôt que pour sa capacité à discerner si c’est la bonne ?

Histoire de l’Arabie Saoudite

VASSILIEV, Alexei, The History of Saudi Arabia, New York University Press, 2000.
Première expansion
Au début, il y a des tribus bédouines dans un désert. Le Bédouin ne mange pas à sa faim. Le désert n’intéresse aucune grande puissance. Seuls les Ottomans prétendent défendre les lieux de culte, Médine et la Mecque.
Arrive alors un événement étrange. Un peu comme le monolithe de 2001 Odyssée de l’espace, le Wahhabisme est donné à la tribu des Al Saud, et transforme l’histoire arabe. (Le Wahhabisme est un Islam intolérant qui nie toutes les évolutions de cette religion depuis le 9ème siècle – avant le 18ème siècle, les religions bédouines n’étaient pas islamiques.)
Les razzias s’appellent dorénavant Jihad. Et ce Jihad fédère les tribus, qui peuvent s’enrichir grâce à lui pour une noble cause. Elles s’agglomèrent autour des Al Saud.
Mais la géographie et les dommages commerciaux de l’intolérance religieuse mettent un terme à l’expansion continue que demandait leur enrichissement, la coalition se dissout. L’Égypte, qui est alors dans une période faste, envahit la péninsule.
Seconde expansion
La puissance égyptienne connaît un déclin. Les Al Saud reprennent de la vigueur. Poussés par une résurgence islamiste (Ikhwan), encouragés par le protectorat britannique, ils s’emparent, après de multiples rebondissements dont une seconde dissolution de leur émirat, de la quasi-totalité de la péninsule arabique. Le terme de leur conquête, c’est la Mecque.
Le pétrole
Des champs pétrolifères sont découverts à la veille de la guerre de 40 par les Américains. La production pétrolière ne devient significative qu’après guerre. La part que les Saoudiens reçoivent des bénéfices réalisés est initialement faible, elle croîtra ensuite. Cette soudaine richesse cause chez eux une folie du luxe, qui noie le royaume sous les dettes. Mais, une fois l’argent du pétrole réparti à son avantage, la prospérité s’installe.
La Guerre froide fait de l’Arabie Saoudite un allié dont l’Amérique prend soin. D’autant plus que contrairement à ce que voulait (le sage ?) Eisenhower, les USA deviennent dépendants du pétrole saoudien. Ce qu’ils paient très cher en 1973, lors de la guerre du Kippour. En revanche, l’Arabie Saoudite fera tout ce qui est en son pouvoir pour amener les alliés des Soviétiques dans le camp occidental.
Aujourd’hui : un équilibre de contradictions
Le régime saoudien est un étrange tissu de contradictions. Il est dominé par la famille royale, très étendue (2 à 5000 membres mâles), qui possède la fortune nationale et a un pouvoir absolu. Ce pouvoir repose sur deux piliers antinomiques :
  1. l’allié américain, 
  2. un islam féodal qui n’a pas évolué depuis les origines, et qui prône le dénuement et exècre l’Occident.  
La contradiction est partout. L’Arabie Saoudite se veut le champion de l’Islamisme et du monde arabe, et donc l’ennemie d’Israël. Mais elle craint plus que tout ses frères arabes ou islamistes, soit qu’ils aient adopté des valeurs laïques comme l’Égypte de Nasser ou l’Iraq de Saddam Hussein, soit qu’ils prônent un Islam non corrompu par l’argent, comme l’Iran, soit encore qu’ils appartiennent à la famille royale ennemie des Hachémite, qui a régné à la Mecque, en Iraq, et qui gouverne la Jordanie. Et que dire du danger que représentent les sectes fondamentalistes saoudiennes pour le luxe royal, ou l’élite intellectuelle éduquée en Occident, pour ses valeurs féodales ?
Mais les avantages compensent les inconvénients, et cet écosystème de contraires trouve son intérêt (essentiellement économique en ce qui concerne les citoyens saoudiens) dans l’équilibre. 
Commentaires :
Le principe du régime saoudien semble être le maintien d’une famille royale riche. Pour cela elle joue de sa formidable fortune. Qu’elle demeure aussi durablement au pouvoir prouve qu’elle a su apprendre de son histoire, et, peut-être, aussi, que ce que peut l’argent est immense… Finalement, faut-il y voir un appui à ma théorie sur la RSE et l’écosystème : la famille royale saoudienne est particulièrement habile à satisfaire ses parties prenantes ?

Pourquoi le Pakistan est-il une poudrière ?

Le Pakistan est le candidat le plus sérieux à une guerre nucléaire. En attendant, il est aux prises avec des conflits religieux. Y a-t-il un coupable ?
Ce pourrait être une fois de plus les USA. Afin de mener la guerre afghane, ils ont  « encouragé l’interférence des militaires dans les affaires civiles » et ont déstabilisé le Pakistan.
Dominos ? Pour détruire l’URSS (qui n’en avait pas besoin), ils ont fait renaître un Islam radical et fondamentaliste, ce qui a entraîné toute une série de conflits (notamment en Europe), chacun étant provoqué par la tentative de répondre à l’autre…
Ne faudra-t-il pas un jour envisager de maîtriser l’apprenti sorcier ?
Compléments :
  • Islam et Pakistan.
  • Elsässer, Jürgen, Comment le Jihad est arrivé en Europe, Xenia, 2006.

Islam et Pakistan

30.000 morts en 4 ans. C’est ce que coûte au Pakistan ses luttes interconfessionnelles. Un modèle tellement satisfaisant qu’il cherche à l’exporter.
Cause ? Ses gouvernements successifs trouvent habile d’utiliser l’Islam pour masquer leurs échecs, et leur corruption.
À l’UMP comme ailleurs, Islam outil de manipulation des peuples ?
Compléments :

L’Arabie Saoudite, axe du mal ?

Un invité algérien de France culture, il y a quelques jours, fait remarquer que c’est de l’Arabie Saoudite que partent tous les mouvements fondamentalistes islamistes. Or cette dictature est le meilleur allié des USA !
J’ai dit, par ailleurs, que l’Arabie Saoudite est la justification de l’Iran (une démocratie…). L’Iran est vu par beaucoup de peuples arabes comme un rempart contre la tentation de leurs gouvernements à adopter le modèle obscurantiste saoudien.
Faudrait-il envisager d’aider l’Arabie Saoudite à changer ?

Turquie démocratique ?

Je me demande si les élections turques nous sont favorables. N’est-ce pas un parti islamique, qui met à mal des partis liés aux militaires, certes, mais défenseurs des valeurs laïques turques ?
Le vainqueur est islamique modéré. Quelques tendances dictatoriales quand même : la presse le craint.
La meilleure garantie de modération est peut-être, simplement, que le pays est prospère, et finalement assez satisfait de son sort.

Mosquée américaine

Photo de satellite : le site envisagé par la Mosquée de « Ground zero » est à deux pas de l’emplacement de l’ex World trade center. Succession de réflexions :
  • Si l’on avait voulu démontrer que l’Islam était une religion d’autistes, aurait-on pu trouver meilleur symbole ?
  • Mais quelle leçon, pour les fondamentalistes et ceux qui en souffrent, si l’Amérique acceptait cette Mosquée ! Lorsque le général Kléber a été assassiné pendant la campagne d’Égypte, les Égyptiens avaient été extrêmement surpris que ses assassins aient droit à un jugement.
  • Et pourquoi ne pas utiliser cette Mosquée comme lieu de rencontre de la pensée américaine, à l’image de ce qu’a peut-être été l’Andalousie d’Averroès ? On pourrait y réfléchir à un Islam qui aime l’Amérique et ses valeurs. 

Mosquée américaine

Vif débat aux USA. Faut-il accepter la construction d’une mosquée à proximité de l’emplacement du World Trade Center ? Une intéressante réflexion sur le sujet :
  • D’un côté il y a les principes fondateurs et la raison : liberté de religion (probablement le fondement d’une nation conçue comme un asile contre l’intolérance) et ne pas confondre Islam et Al-Qaïda.
  • De l’autre il semble qu’il y ait quelque chose d’autre que ces grands principes, une identité nationale qui se définit par une sorte de jurisprudence. Et celle-ci impose des contraintes implicites, en particulier aux religions : les Mormons ont renoncé à la polygamie, et les Catholiques à leur zèle réformateur.
  • Peut-être que ce que reproche l’Amérique d’en bas à l’Islam, c’est de ne pas accepter ces règles culturelles implicites, c’est de demander d’être Musulman avant d’être Américain (ce que montre l’insensibilité au symbole qu’est le WTC).

Type de raisonnement qui s’applique à la France ? Pourrait fournir un juste milieu entre le Charybde d’une gauche dogmatique et bornée, et le Scylla d’une droite qui transforme tout fait divers en appel à la haine ?

Compléments :