Averroès

Un temps l’Islam a aspiré toutes les connaissances du monde. Averroès paraît avoir été le point culminant de ce mouvement. Il vivait avec l’oeuvre d’Aristote. Pour lui, raison et foi allaient ensemble. Il semble même avoir pensé que le théologien était une sorte de charlatan, le seul bon croyant était philosophe. On ne croit bien qu’avec la raison.

Puis le cours de l’histoire s’est inversé. Il a été disgracié. L’Islam s’est replié sur lui-même. Et son oeuvre a inspiré l’Occident, quoi qu’elle ait aussi suscité de vives oppositions.

De l’influence de la foi et de la raison sur les sociétés ?

Toute une vie, de France culture.

ISIS

Attentat à Moscou. Peu de compassion. Peut-on en avoir pour un Etat qui en massacre un autre ?

Rappel aussi : on a dit, qu’un temps, M.Poutine s’est cru l’ami de l’Occident et qu’il a cru lutter avec lui contre la menace islamique. Apparemment, la Russie est en guerre contre tout ou partie de l’Islam, ce que l’on a oublié.

Qu’est-ce que cela annonce ? Troubles en Russie ou troubles mondiaux ? Devrions-nous nous en préoccuper ? (Autrement qu’en disant que l’ennemi de notre ennemi est notre ami ?)

Bataille de Tours

« Bataille de Poitiers » se traduit « bataille de Tours », en anglais. J’ai découvert cela, en écoutant In our Time de la BBC.

Qu’en sait-on ? Rien. On ne sait même pas combien de personnes se sont affrontées. En tous cas, ce n’est pas ce que l’on a dit. Les « Arabes » étaient en maraude. Ils n’avaient probablement aucune envie de conquérir la Gaule. La rapine leur permettait de garder leur train de vie. Ensuite, ils ont appris à administrer leurs propriétés.

La bataille en question a coïncidé avec une autre bataille, à l’autre bout du monde, gagnée contre les Chinois. Sans qu’on sache expliquer pourquoi, ces deux événements ont marqué la fin du désir d’expansion musulman.

(Emission qui a mis un terme à un mythe familial. La famille de ma grand mère maternelle fait « arabe ». Ma grand mère me disait : « les Arabes se sont arrêtés à Poitiers ». Ce qui voulait dire, qu’ils avaient dû habiter nos lieux d’origine…)

Identité de la France

M.Poutine a pensé, un temps, être du côté de l’Occident contre l’islamisme. 

En y réfléchissant, il avait peut être des raisons de le croire. Selon certains des textes commentés par ce blog, les USA ont puissamment contribué au renouveau d’un Islamisme combattant

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis ? a peut-être pensé M.Poutine. Mais était-ce aussi simple ? Les USA sont un Etat profondément religieux. Ils tendent à aimer tous les peuples religieux. L’URSS, par contraste, est un descendant direct de la France laïque. 

Que le monde est compliqué ? Qui sont nos véritables amis ?… 

Voilà peut-être pourquoi nos partis politiques font fausse route, qu’ils soient libéraux pro américains, ou, par réaction ?, pro Russes. Il n’y a pas de salut à l’étranger. Nous sommes nos seuls amis. Et c’est pour cela qu’il est certainement utile de se pencher sur notre identité collective. 

Que cache la Burqa ?

Cet été, j’ai entendu une émission dont le sujet était le voile islamique. Une étude a été faite sur celles qui le portent. Curieusement, ce sont souvent des esthéticiennes. Cela ressemble un peu aux théories de Durkheim sur le suicide. Celle qui porte le voile est, en quelque-sorte, une championne des normes culturelles occidentales. Mais ces valeurs l’amènent à une impasse. Par exemple, elle ne peut pas être aussi belle que les images de magazines. Ou encore, elle a trouvé un « copain » vraiment gentil, mais ce n’est pas supportable. Il lui faut un homme, un guerrier. 

Quant à la législation sur le voile islamique, elle a, comme le pass sanitaire, durci le mouvement des durs. 

Islamophobie et islamo gauchisme

Islamophobie, islamo gauchisme. Encore des trucs d’intellectuels ?  

Il suffit de tendre l’oreille pour entendre certaines personnes prétendre que l’Islam conspire contre l’Occident. L’islamophobie, c’est cela. Et certains courants intellectuels ont choisi de mener une croisade contre ces gens ?

N’était-ce pas déjà la même chose avec le mariage pour tous ? Les, jusque-là champions de l’union libre, défiaient les valeurs d’une partie de la population ? Cathophobie ? 

Frères ennemis ? Xénophobes : ils n’aiment pas « l’autre » ? Mais, ne sont-ils pas, aussi, bien souvent, les « suiveurs » d’un « influenceur » ? Pas à l’aise avec l’autre, signifierait-il que l’on n’est pas à l’aise avec soi-même ? 

Voilà qui se guérit peut-être ? Et qui mériterait d’être étudié ?

Religion et intégration

Le fondamentalisme musulman, phénomène récent, a révélé chez certains Français une sorte de phobie de l’Islam. Les Musulmans seraient, par nature, porteurs du mal. Ce qui est curieux. (C’est une constatation personnelle, elle ne vient pas de la lecture d’articles.)

J’écoutais une émission sur le Salafisme, qui expliquait qu’il y en avait une quantité de versions, et que, par certains côtés, il ressemblait au protestantisme : certaines variantes voient la volonté de Dieu dans l’enrichissement d’une personne. (Le prophète était lui même un marchand.)

En France, il a été saisi comme un « discours d’opposition », par des gens qui « avaient beaucoup à reprocher à la France ». Plus on le combat, plus il séduit. Selon une des thèse de ce blog, la réaction fondamentaliste est causée par la défaillance de la « logique d’intégration sociale ». 

(Cette logique a été longtemps celle de la France (cf. l’ascenseur social et les « hussards noirs »). Quelle est la cause de sa disparition ?)

L'esprit du Coran

Emission sur l’interprétation du Coran.

L’idée de son invité était, je crois, qu’il faut, dans un premier temps, comprendre l’esprit du Coran, et ensuite interpréter ses sourates en fonction de cet esprit. En effet, il y a tellement de significations possibles pour un mot que l’on peut tout lui faire dire. A tel point que selon que l’on pense que le Coran est un manifeste capitaliste, ou proudhonien, on peut y voir une défense, ou une condamnation, de la propriété (mon interprétation de l’interprétation !).

On pourrait dire cela de tous les textes religieux ou juridiques.

La première chose à faire est peut-être de se demander, avec Montesquieu, quel est l’esprit de la loi. Ou plutôt quel est l’esprit que l’on veut donner à la loi. Et ensuite, juger en fonction.

Et si, comme le proposait Bergson, on fondait notre société sur la générosité ? par exemple.

Dommage que l’on ne fasse pas plus souvent cet exercice ?

Anges pécheurs

Il y aurait des anges imparfaits dans le Coran. C’est ce que disait la radio ce matin. Leur histoire mérite d’être comptée. Les anges se seraient étonnés que Dieu leur demande de révérer sa création, les hommes, alors qu’elle est aussi peu exemplaire. Dieu leur aurait répondu qu’ils feraient comme elle dans les mêmes conditions. Joignant le geste à la parole, il teste cette prévision « falsifiable » (pour reprendre le vocabulaire de Karl Popper, on dirait peut-être « réfutable » en français). Il expédie sur terre ses deux anges les plus vertueux. Et, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ils sont corrompus par une femme. Elle leur fauche la formule divine de téléportation. Elle s’établit définitivement au ciel. C’est Vénus.

L’anthropologie ne dit pas autre chose. L’homme est conditionné par son environnement. Kurt Lewin en avait fait un principe de conduite du changement. En tout cas, une religion qui a de tels anges mérite le respect.

Comprendre l'Islam

Un livre écrit par un dominicain, spécialiste de l’Islam du 14ème siècle. L’Islam n’est pas ce que l’on nous en dit. Pour commencer, que le Coran soit compréhensible ou non n’est pas le sujet. Et ce pour la même raison que nous ne comprenons rien à la plupart des chansons (anglaises, espagnoles…) que nous aimons tant. Comme ces chansons, le Coran apporte à ceux qui le pratiquent autre chose qu’un sens littéral. Et l’Islam n’est pas l’axe du mal, ni une religion de peaceniks dévoyée par quelques fous furieux. C’est une « culture », au sens anthropologique du terme : un ensemble de règles qui permettent à une collectivité de vivre ensemble. De ce fait, l’Islam s’est adapté aux impératifs de son temps. « L’Islam classique » a été la religion d’un empire. Y cohabitaient une multitude de peuples et de religions. Et, plus ou moins bien, il a su administrer cette complexité. Pour autant, on ne peut pas tout faire avec l’Islam. Il existe des principes qui ne peuvent pas plier. 
Quant à son évolution moderne, elle semble le résultat de difficultés d’adaptation aux transformations du monde apportées par l’Occident. Une première réaction a été l’Islam politique. Il a pour but de prendre le pouvoir (Iran, frères musulmans…). Mais, une fois qu’il le tient, il se retrouve gros Jean comme devant. Alors, il y a le Salafisme. Le Salafisme est un avatar récent de l’Islam. C’est un retour à une pureté originelle inventée. Il doit son succès à ce qu’il est, en quelque sorte, l’acte constitutif de l’Arabie saoudite. Les milliards du pétrole l’ont diffusé partout dans le monde. Il est en passe de devenir la « nouvelle orthodoxie » de l’Islam. Mais il a un vice. Si sa version saoudienne est « quiétiste », il se prête à une interprétation qui conduit au terrorisme.  
La solution à ce problème n’est pas un Islam de pisse-froid. C’est une autre forme de radicalisme islamiste. Mais un radicalisme qui transcenderait la difficulté par un retour à une essence généreuse. 
CANDIARD, Adrien, Comprendre l’Islam, ou plutôt, pourquoi on n’y comprend rien, Champs actuel, 2016.