Homosexualité animale

France Culture parlait d’homosexualité animale, hier. Après l’avoir niée, la science en viendrait aux faits.

Si je lis correctement Konrad Lorenz, le doute est permis. Selon lui les comportements animaux sont suscités par des « déclencheurs ». Il donne de nombreux exemples qui montrent que les relations sexuelles ne sont pas liées au « genre ». Le « genre » est une invention humaine moderne, si l’on en croit Florence Dupont.

La société nous bourre de préjugés, qui déforment notre vision du monde ? Même lorsque l’on s’appelle « scientifique » ?

Individualisme et bien public

Intérêt de l’humanité ou connaissance : ils étaient probablement la motivation de Pasteur ou Fleming. Il y a encore peu, la recherche était un bien public.

Je pensais à cela en écoutant parler d’entreprises californiennes et israéliennes. Elles manipulent le vivant à titre lucratif. Et je trouvais ce qu’elles faisaient peu enthousiasmant et vaguement inquiétant. Quelle est leur motivation ? D’où, ceux qui les dirigent tirent-ils leur légitimité à décider, sans contrôle, et peut-être sans même réfléchir, de l’avenir de l’humanité ?

Changement systémique ? Il suffit de convaincre l’individu qu’il doit maximiser son intérêt pour que le fonctionnaire devienne un oligarque ? Du coup, il ne peut plus y avoir de « service public » ?

Les errements du bon sens

Sous le gouvernement Sarkozy on parlait de « bon sens ». C’était un moyen de justifier ses décisions, sans les expliquer. Or, la systémique dit que le bon sens pave l’enfer de bonnes intentions. Ce que je constate régulièrement. Pourquoi ? 
Une hypothèse est qu’une société est un « système ». Le système s’oppose au chaos. Autrement dit, ce qui caractérise le système est l’homéostasie, le maintien du statu quo. Donc le système nous forme pour ne pas le changer. Il biaise notre capacité à la prise de décision. 
La solution ? L’in quiétude : savoir qu’il y a quelque-chose, de menaçant ou bénéfique selon la façon dont nous l’aborderons, au delà du système. Mais aussi collaborer avec des gens qui ne viennent pas de notre système, et qui peuvent en voir les particularités.

Qui décide : l'esprit ou le coeur ?

« L’esprit est toujours la dupe du cœur. » (La Rochefoucauld.) Autrement dit, nous n’agissons pas après délibération, mais nous inventons des raisons à nos décisions, fruits de l’impulsion. 
Pour autant, nous ne sommes pas totalement imprévisibles. Si c’était le cas, la vie en société serait impossible. Les raisons que nous inventons respectent certaines règles sociales, et nos actions en suivent d’autres, différentes. Cependant, comme la bécasse de Christian Kozar : un homme prévisible est un homme mort, ou un esclave. D’où il découle que nous devons être globalement imprévisibles.
Comme le dit la théorie de la complexité, la vie est ce qui est à la fois chaos et ordre…  

Des préjugés

Intéressant article sur les préjugés, et comment les combattre. Mais il ne répond pas à une de mes questions.

De plus en plus, il me semble que nous sommes enfermés dans des certitudes. Je ne sais pas à quoi cela tient. Victoire de l’individualisme post 68 ? Exemple type : une personne juge ce que dit une autre à partir des dits préjugés, et en déduit qu’elle ne l’aime pas. Or, le décodage est faux. Elles pensent la même chose.

Comment éviter les dialogues de sourd ? Il est certain qu’il faut apprendre à connaître les gens. Il faut apprendre à poser des questions. Les interroger sur leur passé, en particulier, semble utile (expérience). Il faut se méfier de ses propres a priori.

Plus compliqué : comment éviter que mes livres ne soient mal lus du fait de l’application d’un cadre de décodage non approprié ? Peut-être les commencer par un questionnaire qui amène le lecteur à douter de ses certitudes ? Mais quelles certitudes ?…

Acquisition de sociétés : malédiction du vainqueur ?

Des scientifiques ont fait une curieuse expérience (Winning by Losing: Evidence on the Long-Run Effects of Mergers). Ils ont suivi le rendement pour l’actionnaire d’entreprises qui s’étaient affrontées lors d’une acquisition. Première année : rien ne se passe. Mais, au bout de trois ans, le rendement de celui qui a gagné est de la moitié de celui qui a perdu…

Ce qui semble aller dans le sens d’une théorie de microéconomie, « malédiction du vainqueur ». L’idée est que le bon prix est au milieu des évaluations, et donc que celui qui gagne paie trop.

Faut-il fuir les entreprises qui ont pour seule politique d’en acquérir d’autres ? 

Comment choisir un président (7) : le hasard fait bien les choses

Depuis quelques semaines, je tente de trouver des règles scientifiques d’aide au choix d’un président. Mais peut-il y avoir une règle qui s’applique à cette question ? Ne peut-on pas penser que le système politique français trouve des moyens étonnamment ingénieux pour maintenir une forme d’indécidabilité ?

Il existe une théorie pour ce cas, où aucune règle sociale ne marche. Celle des économistes Tversky et Kahneman. Ils ont démontré que l’homme était irrationnel. Laissé à ses seuls moyens, hors règle sociale efficace, il tend à prendre des décisions erronées. D’où possible critère de choix :
  • S’il n’y a qu’une façon de se tromper, il est peut-être une bonne idée de faire le contraire de ce que l’on serait tenté de faire. (Cette recette convient très bien à mon sens de l’orientation.)
  • S’il y a plusieurs façons de se tromper, on peut faire appel au hasard. Encore faut-il déterminer entre quoi se joue le choix.

Cours de manipulation

Comment manipuler une société ?

Il faut partir de ce qu’elle croit, et l’amplifier dans la direction voulue. On lui fournit donc des informations partiellement vraies. Le message doit être, si possible, « visuel » et « répété avec toujours le même type de langage et de discours ».

Mais c’est la peur qui met l’homme à votre merci. « C’est pourquoi la peur est devenue une partie aussi importante de nos moyens d’information, de notre industrie du loisir, et de plus en plus, de notre politique publique ».

La manipulation n’est pas tant une arme de terroristes, que celle des affaires, des journalistes ou des gouvernants ? La manipulation comme moteur de notre société ?

Compléments :

  • Est-ce pour cela que la grippe A a eu un tel succès ? Grippe médiatique.
  • Le mécanisme de la manipulation, correctement utilisé, sert au changement : Polémique.

L’avenir du Web 2.0

Hervé Kabla a trouvé un très surprenant graphique du Gartner, où l’on voit l’avenir d’un certain nombre d’innovations dont on parle actuellement.

  • Particulièrement intéressant : on y prend en compte la tendance de l’homme à anticiper exagérément la vitesse d’adoption / de mise au point de l’innovation.

Le Gartner a été victime de ce biais durant la Bulle Internet : toutes les prévisions de croissance de marché d’une innovation donnée, qui me sont passées par les mains, parlaient de taux de plus de 100% par an sur 3 ans et plus. Je ne pense pas qu’aucun des « leaders » qui m’avaient transmis ces données soient encore en vie…

Éloge de l’irrationalité

Si je rédige un billet à cette heure, c’est parce que j’ai trouvé la porte de ma piscine close. Elle devait être vidangée le 12. Il faudra quatre jours de plus. Inefficacité française me suis-je dis.

Mais une pensée optimiste m’a traversé la tête. Imaginons que le monde soit bien organisé, suive des lois claires, que plus personne ne prenne à l’envers les sens interdits de mon quartier… Nous serions en grand danger, car ce petit nombre de règles nous rendrait prévisibles, donc susceptibles d’être liquidés massivement par toute agression extérieure (virus…). Le stratège chinois ne fait-il pas de la force de l’ennemi la cause de sa perte ?

Compléments :

  • Une chronique passionnante de la Chine éternelle, et des stratégies de ses généraux : LOUO, Kouan-Tchong, Les Trois Royaumes, Flammarion, 1992.
  • Autre éloge de l’irrationalité : Selective enforcement