Front anti Bobo ?

Je participais à une réunion des membres d’une association que je trouve particulièrement dynamique. Ce que j’apprécie est qu’elle me semble très concrète, et obtenir des résultats « sur le terrain ».

Je la croyais sur la voie du succès. Mais ne me suis-je pas trompé ?

Ce qui m’a surpris dans ce que j’entendais des réactions que suscitait l’action de ses membres, était deux choses : à quel point le terme « Bobo » surgit rapidement pour censurer un argument, et à quel point le raisonnement conceptuel irrite.

Quelqu’un me disait l’autre jour qu’il était regrettable que Mme Le Pen se soit approprié « le bon sens ».

Je me suis demandé si le discours qui a « le haut du pavé » n’est pas celui d’une infime minorité, ayant un énorme pouvoir d’influence. Et si l’ombre ne cache pas un considérable mécontentement d’une très grande part de la société.

Du mensonge

On peut mentir en disant la vérité. En ne disant pas toute la vérité. C’est ce que font nos journaux.

Comme dans la fable des aveugles et de l’éléphant, la vérité est « complexe ». Elle a plusieurs dimensions. Si on ne les connaît pas toutes, on ne peut rien décider.

Exemple ? Il y a autour de moi des gens qui m’horripilent, mais, qu’aurais-je fait sans eux ?

Mozart était un avorton, Beethoven laid, Le Carravage un voyou…

Une erreur habituelle est de ne parler que de ce qui ne va pas. Ce faisant on passe à côté de la seule chose d’utile : les leviers du changement, la réelle richesse de l’individu ou de la société.

Loi forte des petits nombres

Hier, la BBC était sens dessus dessous. Depuis 19 ans, un homme est en prison. Des preuves de son innocence sont apparues très tôt. Mais les instances judiciaires n’ont pas voulu les considérer. (En particulier pour des questions de coûts.)

A côté de cela, il y a un grand nombre d’innocents qui se font massacrer tous les jours, sans que cela n’émeuve personne.

De la rationalité humaine ?

Le charme de l’escroc

La vie de Talleyrand a été une de mes grandes découvertes. On dénonçait ses vices, mais dès que l’on était en difficultés, on avait recours à ses services.

On me racontait une histoire similaire concernant quelqu’un généralement considéré comme un escroc.

Nouvelle erreur de raisonnement ? Pourquoi un escroc serait-il infréquentable ? Comme le diable, il a de grandes vertus !

(En fait, la raison de ne pas fréquenter les escrocs est qu’ils n’escroquent que ceux qui croient en eux. Le phénomène est bien connu. On en a récemment parlé au sujet de l’affaire Madoff.)

Consensus n’est pas scientifique

J’ai entendu dire que les eaux de surface, en moyenne, avaient battu un record. Record d’autant plus curieux qu’il était en juillet, et pas en mars, comme d’habitude. Mars s’expliquant par le fait que le gros des mers est dans l’hémisphère sud. Cause évidente : réchauffement climatique. Résultante nécessaire : drame car les mers régulent le climat. (informations de la BBC.)

Quand on aborde le moindre autre sujet scientifique (j’écoutais récemment un débat portant sur l’origine de la lune, et lisais un article sur l’éruption du Krakatoa au 5ème ou 6ème siècle), les théories s’affrontent, et on ne parvient jamais très bien à être sûr que celle qui est la plus vraisemblable soit réellement juste. D’ailleurs cette théorie change au cours des ans. Dans ce cas, pourquoi ne pas nous dire le raisonnement qui a conduit à cette conclusion ? Les théories qui se sont affrontées, les hypothèses qui ont été étudiées ? D’ailleurs, que cache la moyenne ? Comment s’explique-t-elle ? Il y a eu récemment un pic de chaleur sur l’Europe du sud et peut-être ailleurs : et si c’était suffisant pour changer significativement la moyenne des eaux de surface ? Et pourquoi transformer un événement peut-être exceptionnel en une tendance permanente ? etc.

Il semble qu’il y ait une machine à informer qui transforme toute nouvelle climatique en justification du réchauffement climatique, et qui, à chaque fois, invente des conséquences toujours plus terribles. « Cancel culture » ? Les intellectuels qui nous gouvernent estiment que s’ils veulent nous amener quelque-part, ils doivent nous servir un message aussi facile à comprendre que possible ?

J’ai vu récemment passer un article de Newsweek disant, ainsi, qu’un prix Nobel de physique 2022, s’est vu refuser l’accès à une conférence, parce qu’on le soupçonnait de critiquer la « doxa » climatique. On nous parle de « consensus scientifique ». Mais « consensus » n’est pas scientifique ! Car consensus signifie critique interdite ! Plus de « découverte », l’histoire est finie ! Sans scepticisme on en serait resté à la génération spontanée ou à la religion façon foi du charbonnier. La science est remise en cause permanente. Apprentissage. La religion aussi, d’ailleurs.

D’où paradoxe : comment peut-on croire une doxa, s’il est interdit de la critiquer ? Comment se fait-il que l’intellectuel ne comprenne pas qu’il perd toute crédibilité et qu’il fait le jeu de M.Trump et de ses comparses ? Parce que, justement, il n’a plus d’esprit critique ? Il n’est plus scientifique ?

Qualitatif

Qualitatif est une de mes allergies.

Aujourd’hui il est employé comme signifiant d’une grande qualité. « Nos services sont très qualitatifs ». Or, la qualité a un autre sens, qui est celui de « qualitatif » : non mesurable.

qualitatif, ive adj. adjectif 

Qui se rapporte à la qualité. Une analyse qualitative. ANTONYME quantitatif.

(Au fond, un homme de marketing est peut être fondé à parler de l’aspect « qualitatif » de son offre : sa qualité est rarement mesurable…)

Dilution ?

Hier, Rishi Sunak annonçait un grand projet de stockage de carbone, qui allait créer des milliers d’emplois. Curieusement, il y a deux ans, j’ai interviewé le responsable d’un groupement d’industriels de l’énergie, qui a fini par me demander de ne pas publier le compte-rendu de l’entretien, parce qu’il contenait une allusion à un projet de ce type. Et ce sujet semble extrêmement contentieux.

Hier encore, on lisait, dans le Financial Times :

FirstFT: UK makes polluting cheaper by watering down carbon reforms

La transition climatique semble suivre un cours dont parle ce blog au sujet d’autres changements : imperceptiblement, les mots changent de sens…

Pensée d’élite

Notre pensée est-elle manipulée par la « nouvelle élite », se demandait la BBC.

Un interviewé expliquait que c’était une thèse stupide : les médias sont aux mains des milliardaires. C’est, d’ailleurs, eux qui ont manipulé le peuple afin qu’il vote Brexit.

Cela m’a rappelé une discussion que j’ai eue avec mon voisin. Lors de l’élection présidentielle de 2017, il me disait que la presse votait Macron, alors que je constatais le contraire. Nous lisions probablement deus presses différentes.

Ce qui m’a aussi frappé, à l’époque où je côtoyais les journalistes, c’était leurs CV : on y trouvait aussi bien Libération que le Figaro.

Je crois surtout que nous sommes influencés par notre éducation et que notre éducation est de gauche. Je reçois la communication de Cambridge et de l’INSEAD : dans les deux cas, on ne parle que de changement climatique et de genre. Il n’est plus question des sujets que l’on traitait jadis dans ces institutions. C’est ce que l’on nomme désormais le « capitalisme woke ».

Grand froid

Cette été restera dans notre souvenir comme exceptionnellement froid. J’entendais dire cela par les autorités scientifiques, hier matin, à la BBC.

Histoire de bien faire comprendre au citoyen britannique qu’il ne doit pas se fier à ses impressions : le climat se réchauffe ? Que, surtout, il ne lui prenne pas l’envie de douter du dogme officiel ?

(Ce qui est oublier que tout citoyen n’obéit pas aux dogmes, mais à ses intérêts immédiats. Le jour où ils sont touchés, il fait sauter le gouvernement ?)

Grandes illusions

Lorsque je me tourne vers ma jeunesse, je constate que les grands choix de ma vie ont reposé sur des idées auxquelles je croyais dur comme fer, et qui étaient totalement fausses. Elles m’ont fermé beaucoup de portes.

Ces idées m’ont été enseignées par la société. Souvent, ce que nous considérions comme des « autorités » les appuyaient de tout leur prestige de prix Nobel, ou équivalent. Elles ne reposaient, je le comprends maintenant, sur rien de matériel. En outre elles ne jouaient pas le même rôle pour tous. Pour ceux, par exemple, qui pensaient que la « fin justifiait les moyens », elles n’avaient pas grande influence.

Je ne parviens pas à regretter mes erreurs, toutefois. Elles m’ont fait sortir d’une voie qui, a posteriori, était toute tracée. J’ai roulé ma pierre, je n’ai pas amassé de mousse : j’ai beaucoup découvert, sans jamais étudier suffisamment un sujet pour pouvoir prétendre bien le connaître. Ce qui fait que je roule encore…

En tous cas, si j’avais des enfants, j’essaierais de les aider à rechercher quelles sont leurs certitudes, et à se demander quelles portes s’ouvriraient, si elles étaient erronées.