Changement et raison

Nous sommes dirigés par des économistes. Or, l’économie n’est qu’un tissu de sottises.

Pourquoi ? Parce que ce sont des théories sorties de la tête d’individus qui ne les ont jamais testées. Et que ce qu’il y a dans notre tête n’a rien à voir avec la réalité.

Si le scientifique n’arrête pas de faire des découvertes, cela en est la cause. A chaque fois qu’il améliore un télescope ou un autre outil, il se rend compte qu’il y a des choses qu’il ne pouvait imaginer. Par exemple, j’ai lu récemment, qu’il n’y avait pas que des « systèmes solaires » dans l’univers. Des planètes se promèneraient sans étoile.

En fait, non seulement il faut vouloir tester, mais il faut vouloir « changer ». C’est ainsi que se révèlent les propriétés de ce qui nous entoure, à commencer par celles du groupe humain.

(Bien sûr, nous finissons toujours par tester les théories des économistes. Comme le disait un oncle, ancien militaire : « une balle perdue est si vite retrouvée »…)

Ecologie punitive

On parlait « d’écologie punitive » dans l’émission de Christine Ockrent, Affaires étrangères. (Samedi dernier.)

Si je comprends bien ce terme que je ne connaissais pas, « l’écologie punitive » est la ligne que suit traditionnellement le mouvement écologiste. Il tend à faire porter au peuple, qui n’en a guère les moyens, le coût de la transition climatique. Ce qui nourrit la grogne du dit peuple et le succès électoral de l’extrême droite. Les Verts vont-ils mettre de l’eau dans leur vin ?

Le Green deal étant la stratégie de l’UE de Mme Van der Leyen, cette question, et l’immigration, risquent de peser lourd dans les prochaines élections européennes, disait-on.

En tous cas, cela signifie au moins que l’intellectuel n’a plus le monopole de la formule assassine.

Landlords in a bind as France imposes tough new emissions rules
Owners of historic apartments among those affected by green standards

Financial Times de dimanche dernier

Etes vous crédule ?

Un test et vous saurez si vous êtes facilement manipulable : ici.

L’article qui l’accompagne donne un exemple de « pensée positive » : soit vous êtes jeune, soit vous avez du discernement.

Pour ma part, je ne suis ni l’un ni l’autre, et je me méfie des protocoles scientifiques. Et ce pour plusieurs raisons :

  • On dit que plus une nouvelle nous brosse dans le sens du poil, plus nous tendons à la croire. Ce résultat a-t-il été pris en compte dans l’étude ?
  • Surtout, ce n’est pas tant la nouvelle que l’on peut juger que sa source. Si une nouvelle vient de telle ou telle personne ou organisation, je tends à penser qu’elle est juste… Je ne suis pas capable de juger une nouvelle sans connaître son origine.

Majorité silencieuse ?

Alors que la « préférence nationale » va faire son entrée dans le droit français, l’autre grande victoire culturelle des droites extrêmes est la conversion de tout le camp conservateur à l’hostilité vis-à-vis des politiques environnementales, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Le Monde de lundi

Curieux phénomène effectivement. Curieux changement, plutôt.

Qui l’eut dit ? La presse que je lis et j’entends n’a jamais fait la moindre mention à un quelconque doute de la population concernant ces sujets. Et voici qu’on le découvre, soudainement, majoritaire, et que le gouvernement y semble sensible.

Une faille de la « méthode Gramsci » : le lavage de cerveau donne le contraire de ses intentions ?

Flop du SPAC

The Spac bubble and bust is one for the history books

Financial Times du 25 Novembre

Le Financial Times parle d’amnésie. Effectivement, j’ai toujours vécu au milieu des bulles spéculatives. J’ai même fait ma thèse de MPhil en Intelligence Artificielle, elle faisait rage dans les années 80. C’était la « 5ème génération ». La dite thèse m’a convaincu que la bulle était vide, en dehors de ce que l’on appelle la « réalité virtuelle », dont une application était les icônes de mon Mac de l’époque, ou les calendriers tournants de nos téléphones.

Aux USA, il y a un mot pour ces crises collectives : « management fads ». Mais, en France, on les prend toujours pour argent content. Le plus surprenant est que là-bas, comme chez-nous c’est l’élite intellectuelle qui semble gober le plus facilement ces balivernes.

Au cours des ans, j’ai identifié deux hypothèses pouvant expliquer le phénomène :

  • Celle qui ressort de l’étude de la crise de 29 par J.K. Galbraith : la bulle spéculative est un jeu financier tout à fait rationnel.
  • Celle, qui n’est pas incompatible avec la première, selon laquelle l’escroc n’escroque que celui qui a envie d’être escroqué. Quand vous vous proclamez un génie certifié par l’Education nationale, en particulier, et que vous vous retrouvez à la tête d’une multinationale ou d’une nation sans savoir quoi faire, vous êtes certainement prêt à croire au père Noël. Ne serait-ce que parce que d’autres pourraient y croire, et que le temps qu’ils y croient, il peut arriver un miracle ?

Epate et impact

« L’entreprise à mission », une idée à la mode.

Les rapports des « entreprises à mission » ne sont pas convaincants. Admirez notre vertu ! disent-ils. Il y a des images, de la couleur, des gens qui sourient, des chiffres. Le même vocabulaire partout (chatgpt ?). Mais que signifient ces chiffres ? J’ai fait mon devoir, je peux dormir tranquille ? Tout dans l’épate, mais quel impact ?

Que faudrait-il faire, si l’on était sérieux ? Partir de ce que l’on cherche à obtenir, du phénomène global, et ensuite se demander ce qu’il faut faire pour changer la situation, et à quel endroit critique on peut intervenir.

L’entreprise à impact est un colibri qui prétend éteindre un incendie en crachant dessus. Il ferait mieux d’utiliser ses ailes pour aller prévenir les pompiers.

Brics et Crics

Un temps, il n’y en avait que pour les Brics, un concept inventé par quelque consultant (en fait un économiste de Goldman Sachs, selon wikipedia). Si vous en doutiez, vous étiez, comme aujourd’hui pour les sujets à la mode, un déplorable obsolète. L’avenir avait fuit, emmené par son élite éclairée, l’Occident.

On imagine que le dit consultant doit maintenant avoir une autre théorie, à laquelle il tient toujours aussi fort. Ce n’est pas la girouette qui change…

Quant aux Brics, ils ont pris une mine méchamment patibulaire. Il y aurait de quoi refaire l’affiche de « usual suspects » avec leurs leaders. Les Brics sont devenus Crics : Chine, Russie, Iran, Corée du nord. Le plus curieux est que les deux premiers semblent aux mains des deux seconds, alors que ceux-ci paraissent faméliques…

Un bénéfice du changement ? Il a révélé les vertus de la démocratie. C’est peut-être le chaos, mais le chaos, c’est la vie !

L’armée du doute

Climat : les scientifiques, premières cibles de l’armée du doute sur le réchauffement. (Le Monde de jeudi)

Je découvre « l’armée du doute ». Toute annonce des « spécialistes du climat » ferait l’objet de centaines de commentaires rageurs.

Je n’imaginais pas que c’était possible. Il me semblait que tout doute concernant le réchauffement climatique faisait l’objet d’une censure implacable. Mais la critique est anonyme, ce qui fait qu’elle désamorce la censure. (Rappelons-nous qu’Internet fut un rêve libertaire ?)

Enantiodromie ? C’est parce que la pensée officielle ne veut pas laisser de prise au doute, qu’elle n’est pas crédible ?

L’essence du capitalisme

L’autre jour, je participais à une conférence. J’ai entendu un agriculteur résumer le sentiment général en disan, en substance : aujourd’hui le prix d’une laitue est de 1€, mais, comme elle vous rend malade, elle coûte 2€ à la collectivité. Pourquoi ne paierions-nous pas 3€ une laitue saine ?

Cela m’a rappelé une question que je me pose depuis longtemps. Et si la nature du capitalisme était, en grande partie, de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ? Autrement dit, de nous masquer ses « externalités négatives », par une manipulation habile. C’est une forme de conduite du changement.

(Autre exemple : l’épidémie de coronavirus. On sait que les mélanges produisent les épidémies. La « globalisation » devait, à coup sûr en être porteuse. Les épidémies n’ont pas été prises en compte dans les calculs économiques. Leur coût a été payé par la collectivité.

En fait, le phénomène a été prévu par le sociologue Robert Merton, il appelle cela « innovation ».)