Avec philosophie

Sur le tard, je me suis intéressé à la philosophie.

Drôle de chose que la philosophie. Notre société considère les étudiants de philosophie comme des égarés, alors que le diplômé de philosophie est révéré, comme une autorité. La cohérence n’est pas le propre de l’homme.

Philosophie, art de la sagesse ? Les philosophes sont incompréhensibles et se critiquent les uns les autres. D’ailleurs, si on les adore, qui les lit ? Quelle influence ont-ils sur la vie de la plupart d’entre-nous ? (Heureusement ?)

Et, parlent-ils de nous ou d’eux-mêmes, êtres élevés hors sol ? Et si leurs théories complexes n’étaient qu’une rationalisation de la façon dont ils aimeraient que la société les laisse vivre ? Et si, derrière toute leur abstraction, si séduisante pour le néophyte, il n’y avait que des réalités banales ?

Toutes ces réflexions m’ont amené à un paradoxe. L’erreur philosophique est productive. Elle offre un excellent exercice à l’esprit. L’exercice de la critique « constructive ». Celui de la liberté ?

Transgenre

Drôle d’histoire que celle du transgenre ?

Elle est apparue il y a peu.

Ne serait-ce pas une dérive du combat pour la défense des opprimés ? Apparemment, certains ont décidé de s’emparer de ce combat. Histoire de se laver la conscience ? Un temps, on a parlé des « Roms ». On semble les avoir oubliés. Et il y a eu le cas des minorités sexuelles. On s’est beaucoup intéressé aux homosexuels. Alors que, dans la société de Proust, ils étaient de droite, ils sont devenus de gauche. Gauche qui, de l’union libre, est passée au mariage pour tous. Et puis, il y a eu cette affaire de transgenre. Et elle semble avoir de l’influence sur certains adolescents.

Mais l’adolescence est facilement influençable, comme en témoignent les nombreuses « jeunesses » de sinistre mémoire. Et si ces transgenres changeaient d’idée, plus tard dans leur vie ? Ne risquent-ils pas d’en vouloir à mort à notre génération et à son interprétation des droits de l’homme ? Ou peut-être à ceux qui se sont tus, alors qu’ils ne la partageaient pas ?

Plus généralement, s’est-on demandé ce que nous reprocheront les prochaines générations ?Banalité du mal (tous coupables ?) et intérêt du changement démocratique ?

Paradis artificiel

Peut-on prédire le degré de sévérité d’une dépression, distinguer dépression unipolaire et bipolaire et enfin réaliser un suivi de l’apathie ?

(des universitaires) cherchent à modéliser une variété dans un espace de faible dimension qui représenterait au mieux l’espace des émotions.

Cette modélisation doit se faire de façon faiblement supervisée : il faut que cette variété « sorte » des données et ne soit pas contrainte par des représentations à priori. Les données d’entrée sont les expressions du visage, la prosodie de la voix et les phrases prononcées par les personnes.  

Annonce d’une conférence

Autrement dit, on met dans la machine ce qu’un individu interprète, d’ordinaire, et on attend à ce qu’elle nous trouve des idées que l’on n’avait pas eues.

Ma première rencontre avec l’IA ressemblait à cela. C’était en 1984. On m’a parlé d’une machine à innover. Elle avait déjà trouvé quelque-chose comme un Klaxon qui faisait un appel de phares, je crois. C’était un début, qui montrait que l’on était sur la bonne voie.

Ce que l’IA a de formidablement séduisant, c’est qu’elle vous promet de penser pour vous.

Changement et raison

Nous sommes dirigés par des économistes. Or, l’économie n’est qu’un tissu de sottises.

Pourquoi ? Parce que ce sont des théories sorties de la tête d’individus qui ne les ont jamais testées. Et que ce qu’il y a dans notre tête n’a rien à voir avec la réalité.

Si le scientifique n’arrête pas de faire des découvertes, cela en est la cause. A chaque fois qu’il améliore un télescope ou un autre outil, il se rend compte qu’il y a des choses qu’il ne pouvait imaginer. Par exemple, j’ai lu récemment, qu’il n’y avait pas que des « systèmes solaires » dans l’univers. Des planètes se promèneraient sans étoile.

En fait, non seulement il faut vouloir tester, mais il faut vouloir « changer ». C’est ainsi que se révèlent les propriétés de ce qui nous entoure, à commencer par celles du groupe humain.

(Bien sûr, nous finissons toujours par tester les théories des économistes. Comme le disait un oncle, ancien militaire : « une balle perdue est si vite retrouvée »…)

Ecologie punitive

On parlait « d’écologie punitive » dans l’émission de Christine Ockrent, Affaires étrangères. (Samedi dernier.)

Si je comprends bien ce terme que je ne connaissais pas, « l’écologie punitive » est la ligne que suit traditionnellement le mouvement écologiste. Il tend à faire porter au peuple, qui n’en a guère les moyens, le coût de la transition climatique. Ce qui nourrit la grogne du dit peuple et le succès électoral de l’extrême droite. Les Verts vont-ils mettre de l’eau dans leur vin ?

Le Green deal étant la stratégie de l’UE de Mme Van der Leyen, cette question, et l’immigration, risquent de peser lourd dans les prochaines élections européennes, disait-on.

En tous cas, cela signifie au moins que l’intellectuel n’a plus le monopole de la formule assassine.

Landlords in a bind as France imposes tough new emissions rules
Owners of historic apartments among those affected by green standards

Financial Times de dimanche dernier

Etes vous crédule ?

Un test et vous saurez si vous êtes facilement manipulable : ici.

L’article qui l’accompagne donne un exemple de « pensée positive » : soit vous êtes jeune, soit vous avez du discernement.

Pour ma part, je ne suis ni l’un ni l’autre, et je me méfie des protocoles scientifiques. Et ce pour plusieurs raisons :

  • On dit que plus une nouvelle nous brosse dans le sens du poil, plus nous tendons à la croire. Ce résultat a-t-il été pris en compte dans l’étude ?
  • Surtout, ce n’est pas tant la nouvelle que l’on peut juger que sa source. Si une nouvelle vient de telle ou telle personne ou organisation, je tends à penser qu’elle est juste… Je ne suis pas capable de juger une nouvelle sans connaître son origine.

Majorité silencieuse ?

Alors que la « préférence nationale » va faire son entrée dans le droit français, l’autre grande victoire culturelle des droites extrêmes est la conversion de tout le camp conservateur à l’hostilité vis-à-vis des politiques environnementales, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Le Monde de lundi

Curieux phénomène effectivement. Curieux changement, plutôt.

Qui l’eut dit ? La presse que je lis et j’entends n’a jamais fait la moindre mention à un quelconque doute de la population concernant ces sujets. Et voici qu’on le découvre, soudainement, majoritaire, et que le gouvernement y semble sensible.

Une faille de la « méthode Gramsci » : le lavage de cerveau donne le contraire de ses intentions ?

Flop du SPAC

The Spac bubble and bust is one for the history books

Financial Times du 25 Novembre

Le Financial Times parle d’amnésie. Effectivement, j’ai toujours vécu au milieu des bulles spéculatives. J’ai même fait ma thèse de MPhil en Intelligence Artificielle, elle faisait rage dans les années 80. C’était la « 5ème génération ». La dite thèse m’a convaincu que la bulle était vide, en dehors de ce que l’on appelle la « réalité virtuelle », dont une application était les icônes de mon Mac de l’époque, ou les calendriers tournants de nos téléphones.

Aux USA, il y a un mot pour ces crises collectives : « management fads ». Mais, en France, on les prend toujours pour argent content. Le plus surprenant est que là-bas, comme chez-nous c’est l’élite intellectuelle qui semble gober le plus facilement ces balivernes.

Au cours des ans, j’ai identifié deux hypothèses pouvant expliquer le phénomène :

  • Celle qui ressort de l’étude de la crise de 29 par J.K. Galbraith : la bulle spéculative est un jeu financier tout à fait rationnel.
  • Celle, qui n’est pas incompatible avec la première, selon laquelle l’escroc n’escroque que celui qui a envie d’être escroqué. Quand vous vous proclamez un génie certifié par l’Education nationale, en particulier, et que vous vous retrouvez à la tête d’une multinationale ou d’une nation sans savoir quoi faire, vous êtes certainement prêt à croire au père Noël. Ne serait-ce que parce que d’autres pourraient y croire, et que le temps qu’ils y croient, il peut arriver un miracle ?

Epate et impact

« L’entreprise à mission », une idée à la mode.

Les rapports des « entreprises à mission » ne sont pas convaincants. Admirez notre vertu ! disent-ils. Il y a des images, de la couleur, des gens qui sourient, des chiffres. Le même vocabulaire partout (chatgpt ?). Mais que signifient ces chiffres ? J’ai fait mon devoir, je peux dormir tranquille ? Tout dans l’épate, mais quel impact ?

Que faudrait-il faire, si l’on était sérieux ? Partir de ce que l’on cherche à obtenir, du phénomène global, et ensuite se demander ce qu’il faut faire pour changer la situation, et à quel endroit critique on peut intervenir.

L’entreprise à impact est un colibri qui prétend éteindre un incendie en crachant dessus. Il ferait mieux d’utiliser ses ailes pour aller prévenir les pompiers.