True crime

La BBC m’a fait découvrir « True crime ». L’Anglais est fasciné par l’affaire sordide, particulièrement si elle est vraie, me suis-je dit. C’est devenu un genre. J’ai trouvé les premières enquêtes intéressantes. La fiction est bien pâle par rapport à la réalité ! (En particulier, parce que, dans la réalité, le mystère est impénétrable et le doute permanent.) Mais aussi que le filon s’épuise vite. (Va-t-on être contraint de faire appel à quelque tueur à gage ?)

Et voilà la surprise : en regardant les menus de l’application de Radio France, je vois : True crime ! On n’a même pas fait appel à un Québécois pour traduire le mot (on aurait trouvé : « documentaire criminel » – les « dossiers du crime » ou « dossiers criminels » ne seraient pas mal non plus).

Paresse intellectuelle : le véritable crime ?

Eric Hebborn, faussaire

Hasards de wikipedia. Je tombe sur la fiche de Eric Hebborn. S’il n’avait pas dit qu’il était un faussaire, on ne l’aurait pas su. En fait, il avait inventé l’Intelligence artificielle avant celle-ci. Il ne copiait pas, il créait des oeuvres originales, dans l’esprit de tel ou tel artiste, mais bien mieux que lui.

Et il jouait sur l’appétit du lucre de certains, et l’incompétence des experts. Exploiter l’hypocrisie sociale, éternelle technique de conduite du changement ? (Mais qui demande tout de même du génie ?)

La mort de Staline

Staline est mort prématurément. Il eut un AVC. Seulement, il faisait une telle peur à son entourage qu’il a fallu un temps interminable pour que l’on prenne une initiative : on avait peur de le déranger, elle devait être collective, et il avait procédé à une purge de la profession médicale, et une purge de ses proches s’annonçait. Sa mort arrangeait tout le monde.

L’histoire de Staline ressemble à beaucoup d’autres. Il doit son succès à ce qu’il paraissait médiocre à ses collègues. On croyait le manipuler aisément. Et, il avait un talent utile, rarement présent chez le révolutionnaire intellectuel : il était travailleur et ce qu’il entreprenait réussissait.

Etait-il un monstre ? N’est-ce pas, plutôt, un exemple de servitude volontaire selon La Boétie ? Dans certaines conditions, les cultures créent des totalitarismes ? Comme le pensait de Gaulle, qui, d’ailleurs, décrit fort bien Staline, c’était un Tsar ?

Fait surprenant : même ceux qu’il avait condamnés au Goulag et que sa mort a sauvés ont cru que la terre s’écroulait. Il est remarquable, alors comme aujourd’hui, à quel point le libre arbitre est une illusion ?

Devenir Staline, remarquable série de France culture !

Ere de la mode

Drôle de temps. Les experts cyber, IA, de coaching (dernièrement « coaching en IA »)… courent les rues, et nous submergent, sur les réseaux sociaux, de billets à leur gloire. Pourquoi ne comprennent-ils pas que l’offre excède massivement la demande ? Qu’ils sont d’autant plus ridicules que leur savoir-faire est né de la dernière pluie alors que d’autres travaillent le sujet depuis des décennies ?

Question de gloriole ? Le sujet est à la mode, donc j’en suis un expert ?

(Dans ces conditions, l’art de la start-up devient celui de la mode, une fois qu’elle a trouvé une idée qui enflamme les esprits, la terre se couvre spontanément de prosélytes du sujet ?)

Le vert de l’amitié

Phénomène Pétain ? L’anti écologisme est au pouvoir. Mais, contre qui en a-t-il ? Contre l’écologie, ou contre ses champions ? Va-t-il, comme Pétain, préférer le Nazi à ceux qu’il exècre ?

Comme le disait Aristote, la bonne solution se trouve au milieu des extrêmes. Ce n’est pas parce que le Bobo s’est aliéné l’opinion que son combat est mauvais. Il est mauvais parce qu’il s’est aliéné l’opinion. Et il se l’est aliénée par ce qu’elle n’aime pas ce qui lui est imposé. Cela s’appelle le totalitarisme.

Eternelle leçon de conduite du changement.

Manipulation

Le langage permet à certains d’exploiter la société à leur profit, dit un universitaire.

La langue est la meilleure et la pire des choses, selon Esope.

J’ai découvert relativement récemment que « l’influence », la manipulation des esprits, était un des moyens de changement les plus employés. Ce qui est d’autant plus inquiétant qu’elle joue sur des faiblesses inconscientes. Peut-on s’en garantir ? Ou est-on condamné à être manipulé ?

Dans un sens, ce n’est pas surprenant. Le conflit armé est généralement interdit. La volonté de puissance individuelle cherche d’autres canaux pour s’exprimer, qui sont sociaux. La rhétorique est une arme de domination. Elle donne l’avantage à l’instruit sur le non instruit. (Ce qui pose une question de justice sociale, qui devrait préoccuper l’Education nationale.)

D’un autre côté, on peut imaginer que c’est l’instruit qui en souffre le plus, puisque c’est dans son milieu que l’arme en question est d’usage commun.

Nom de bateau

Il était dit que la marine militaire américaine avait débaptisé un de ses bâtiments. Jusque-là, il portait le nom d’un militant de la cause LGBT.

Effectivement, ce n’était pas un état de service que j’associe à un navire de guerre. D’ailleurs comment sont-ils nommés ? Voici ce que j’ai trouvé, pour la France :

Les noms proposés doivent répondre à tes critères strictes et qui soient évocateurs selon 5 logiques :

Le milieu naturel (comme le vent : PHA Mistral, ou Cassiopée, Orion, Glycine, … )
La vertu (Le Téméraire, Le Vigilant, Le Triomphant, La Confiance, La Combattante)
La reconnaissance (Charles de Gaulle, Dixmude, Surcouf, La Fayette, …)
La cohésion de la Marine et de la Nation (Aquitaine, Auvergne, Bretagne, Marne)
Le Rayonnement de la France

Article.

Il me semble, en outre, qu’il doit y avoir un caractère militaire : Jeanne d’Arc, Clémenceau, le père de la victoire, par exemple, Dixmude est une bataille, une classe de navires de la première guerre portait le nom de « sans peur » (dreadnought)… Peut-on avoir des Louis Pasteur, Mère Térésa, Einstein, Gandhi ?

D’ordinaire, une société donne le nom de ce qui la représente le mieux à ce qui compte le plus pour elle. Je me demande si, ces derniers temps, on n’a pas pensé qu’en modifiant le langage, on changeait la culture et l’homme.

Care

« Take care ». La première fois que j’ai entendu cette expression, en Angleterre, il y a plus de quarante ans, elle m’a surpris. Mais j’ai cru comprendre que c’était le plus haut témoignage de sympathie.

J’ai aussi été surpris de voir l’expression reprise récemment. Le mouvement du « care », en français dans le texte. (Et « Obamacare ».)

En écrivant mon billet sur « l’âge de la terreur », et en écoutant parler des dommages imprévus de notre politique de prévention, qui diagnostique de plus en plus d’autisme ou de risques génétiques, ce faisant détruisant la vie de gens qui auraient été heureux en d’autre temps, je me suis demandé si, une fois de plus, l’intention n’avait pas donné son opposé. L’ange fait la bête.

Leçon ? Quand la mode est au bon sentiment, attendons-nous au pire ?

Platon

On ne le dit pas, mais Platon avait un talent fou. Il est surprenant à quel point ses dialogues sont vivants. (Talent du traducteur ?) Je suis un contemporain de Socrate, et j’ai envie de l’assassiner.

Platon illustre le propre de la philosophie : elle pose des questions fondamentales. Mais au lieu de s’y arrêter, elle prétend qu’elles ont des solutions. Et ces solutions sont totalitaires, par définition même du terme. Elles dénient à l’homme le droit de penser.

Quels sont les sujets de Gorgias ?

La politique, pour commencer. Il est dit que le peuple est mauvais par nature et que l’homme politique ne cherche qu’à le séduire. Voilà le fameux « populisme » dont on nous rebat les oreilles. Comme l’écrit aussi Aristote, le peuple doit être éduqué. Mais, le peuple, c’est nous !

Lorsque l’on considère la politique de nos gouvernements, depuis un demi siècle, on ne peut que constater que tout en se lamentant de l’arriération du peuple, ils font tout pour l’encourager dans ce sens. Ils lui donnent ce qu’il ne demande même pas ! Le peuple comme mal, une prédiction auto réalisatrice ? Et si, au contraire, ils cherchaient à comprendre le peuple ? A mener ce que Kurt Lewin nommait un « changement planifié » ?

La rhétorique ensuite. Platon en fait une flatterie des plus bas instincts (ceux du peuple !). Mais l’observation commune montre que nous ne savons pas parler. Socrate en donne l’exemple : il roule ses interlocuteurs dans la farine. Il ne cherche pas à comprendre ce qu’ils avaient du mal à exprimer. Il les ridiculise. Or, il arrive que nous ayons des idées justes. D’ailleurs, c’est peut-être toujours le cas. La rhétorique est la technique qui permet de s’exprimer, au sens premier du terme, de parvenir à formuler ses sentiments, par nature inconscients, impalpables. Mais aussi d’éviter de tomber dans les pièges des manipulateurs. Et il faut peut-être plus d’une vie pour cela.

(Remarque. Mon dictionnaire d’ordinateur oppose totalitarisme à démocratie. Je l’entends au sens du CNRTL : « Qui rend ou tente de rendre compte de la totalité des éléments d’un phénomène, qui englobe ou tente d’englober la totalité des éléments d’un ensemble. »)

Supplice chinois

Si Trump n’existait pas, il faudrait l’inventer ? Sans lui le monde est terne.

Christine Ockrent lui consacrait, samedi, une nouvelle émission. Elle s’interrogeait sur la situation en Asie.

Je retiens que la Chine ne va peut être pas bien économiquement, mais qu’elle flairerait une occasion. Sa stratégie jouerait sur la psychologie de ses adversaires, plus que sur la force. Elle cherche à faire craquer les nerfs de Taiwan, et soupçonne que Trump pourrait être amené à lâcher l’île.

Ce blog a beaucoup étudié « l’influence », la manipulation des esprits. Ce fut longtemps l’apanage de la « soft power » américaine. Les régimes dirigistes vont-ils lui rendre la monnaie de sa pièce ? En tous cas, en ce qui nous concerne, nous Européens, rien ne change ?