Opium du peuple

Une émission célébrant Tzvetan Todorov (avoir raison avec Tzvetan Todorov, 2017) m’a fait penser, une fois de plus, que les opinions des hautes sphères de la société sont beaucoup moins simplistes que celles que l’on entend à notre niveau.

Cela m’a rappelé l’attitude de la France de la 3ème République : elle combattait la religion chez elle, mais la trouvait très utile pour asservir ses colonies.

Armes politiques

La population n’a aucune confiance en ses politiques. Pourquoi ?

Il est souvent question de Gramsci dans ce blog. Il aurait pensé que le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui. Pour le guider, il faut jouer sur ses affects, sur son irrationalité. Cette technique de gauche a été adoptée par la droite, sous M.Sarkozy.

C’est une technique, effectivement, qui marche, peut-on constater. Nous nous faisons aisément manipuler. Et, lorsque deux camps l’utilisent, cela conduit au chaos. Ce que n’avait pas prévu Gramsci.

(Le cas avait été étudié par Aristote, qui l’appelait « populisme ». En brossant le peuple dans le sens du poil, on l’amène à détruire la constitution de la cité, le garant du bien commun. Ce qui nous est probablement arrivé : que demeure-t-il du projet républicain fondé sur les droits de l’homme ?)

Différences irréconciliables

Pourquoi le parti socialiste veut-il faire tomber le gouvernement ? La lettre de mon député, dont je parlais précédemment, permet de faire quelques hypothèses.

Il pourrait y avoir un affrontement concernant la « valeur travail » et « le premier de cordée ».

Le gouvernement aurait tenté d’attaquer les acquis de la gauche : la réduction massive du temps de travail, le travail étant un mal. La gauche contre-attaquerait en s’en prenant au pilier de l’idéologie macronienne : c’est le riche qui crée la richesse, plus il est riche mieux c’est. Dent pour dent.

Tant que la droite et la gauche profiteront de la crise pour se porter des coups bas, le chaos est inévitable ?

True crime

La BBC m’a fait découvrir « True crime ». L’Anglais est fasciné par l’affaire sordide, particulièrement si elle est vraie, me suis-je dit. C’est devenu un genre. J’ai trouvé les premières enquêtes intéressantes. La fiction est bien pâle par rapport à la réalité ! (En particulier, parce que, dans la réalité, le mystère est impénétrable et le doute permanent.) Mais aussi que le filon s’épuise vite. (Va-t-on être contraint de faire appel à quelque tueur à gage ?)

Et voilà la surprise : en regardant les menus de l’application de Radio France, je vois : True crime ! On n’a même pas fait appel à un Québécois pour traduire le mot (on aurait trouvé : « documentaire criminel » – les « dossiers du crime » ou « dossiers criminels » ne seraient pas mal non plus).

Paresse intellectuelle : le véritable crime ?

Eric Hebborn, faussaire

Hasards de wikipedia. Je tombe sur la fiche de Eric Hebborn. S’il n’avait pas dit qu’il était un faussaire, on ne l’aurait pas su. En fait, il avait inventé l’Intelligence artificielle avant celle-ci. Il ne copiait pas, il créait des oeuvres originales, dans l’esprit de tel ou tel artiste, mais bien mieux que lui.

Et il jouait sur l’appétit du lucre de certains, et l’incompétence des experts. Exploiter l’hypocrisie sociale, éternelle technique de conduite du changement ? (Mais qui demande tout de même du génie ?)

La mort de Staline

Staline est mort prématurément. Il eut un AVC. Seulement, il faisait une telle peur à son entourage qu’il a fallu un temps interminable pour que l’on prenne une initiative : on avait peur de le déranger, elle devait être collective, et il avait procédé à une purge de la profession médicale, et une purge de ses proches s’annonçait. Sa mort arrangeait tout le monde.

L’histoire de Staline ressemble à beaucoup d’autres. Il doit son succès à ce qu’il paraissait médiocre à ses collègues. On croyait le manipuler aisément. Et, il avait un talent utile, rarement présent chez le révolutionnaire intellectuel : il était travailleur et ce qu’il entreprenait réussissait.

Etait-il un monstre ? N’est-ce pas, plutôt, un exemple de servitude volontaire selon La Boétie ? Dans certaines conditions, les cultures créent des totalitarismes ? Comme le pensait de Gaulle, qui, d’ailleurs, décrit fort bien Staline, c’était un Tsar ?

Fait surprenant : même ceux qu’il avait condamnés au Goulag et que sa mort a sauvés ont cru que la terre s’écroulait. Il est remarquable, alors comme aujourd’hui, à quel point le libre arbitre est une illusion ?

Devenir Staline, remarquable série de France culture !

Ere de la mode

Drôle de temps. Les experts cyber, IA, de coaching (dernièrement « coaching en IA »)… courent les rues, et nous submergent, sur les réseaux sociaux, de billets à leur gloire. Pourquoi ne comprennent-ils pas que l’offre excède massivement la demande ? Qu’ils sont d’autant plus ridicules que leur savoir-faire est né de la dernière pluie alors que d’autres travaillent le sujet depuis des décennies ?

Question de gloriole ? Le sujet est à la mode, donc j’en suis un expert ?

(Dans ces conditions, l’art de la start-up devient celui de la mode, une fois qu’elle a trouvé une idée qui enflamme les esprits, la terre se couvre spontanément de prosélytes du sujet ?)

Le vert de l’amitié

Phénomène Pétain ? L’anti écologisme est au pouvoir. Mais, contre qui en a-t-il ? Contre l’écologie, ou contre ses champions ? Va-t-il, comme Pétain, préférer le Nazi à ceux qu’il exècre ?

Comme le disait Aristote, la bonne solution se trouve au milieu des extrêmes. Ce n’est pas parce que le Bobo s’est aliéné l’opinion que son combat est mauvais. Il est mauvais parce qu’il s’est aliéné l’opinion. Et il se l’est aliénée par ce qu’elle n’aime pas ce qui lui est imposé. Cela s’appelle le totalitarisme.

Eternelle leçon de conduite du changement.

Manipulation

Le langage permet à certains d’exploiter la société à leur profit, dit un universitaire.

La langue est la meilleure et la pire des choses, selon Esope.

J’ai découvert relativement récemment que « l’influence », la manipulation des esprits, était un des moyens de changement les plus employés. Ce qui est d’autant plus inquiétant qu’elle joue sur des faiblesses inconscientes. Peut-on s’en garantir ? Ou est-on condamné à être manipulé ?

Dans un sens, ce n’est pas surprenant. Le conflit armé est généralement interdit. La volonté de puissance individuelle cherche d’autres canaux pour s’exprimer, qui sont sociaux. La rhétorique est une arme de domination. Elle donne l’avantage à l’instruit sur le non instruit. (Ce qui pose une question de justice sociale, qui devrait préoccuper l’Education nationale.)

D’un autre côté, on peut imaginer que c’est l’instruit qui en souffre le plus, puisque c’est dans son milieu que l’arme en question est d’usage commun.

Nom de bateau

Il était dit que la marine militaire américaine avait débaptisé un de ses bâtiments. Jusque-là, il portait le nom d’un militant de la cause LGBT.

Effectivement, ce n’était pas un état de service que j’associe à un navire de guerre. D’ailleurs comment sont-ils nommés ? Voici ce que j’ai trouvé, pour la France :

Les noms proposés doivent répondre à tes critères strictes et qui soient évocateurs selon 5 logiques :

Le milieu naturel (comme le vent : PHA Mistral, ou Cassiopée, Orion, Glycine, … )
La vertu (Le Téméraire, Le Vigilant, Le Triomphant, La Confiance, La Combattante)
La reconnaissance (Charles de Gaulle, Dixmude, Surcouf, La Fayette, …)
La cohésion de la Marine et de la Nation (Aquitaine, Auvergne, Bretagne, Marne)
Le Rayonnement de la France

Article.

Il me semble, en outre, qu’il doit y avoir un caractère militaire : Jeanne d’Arc, Clémenceau, le père de la victoire, par exemple, Dixmude est une bataille, une classe de navires de la première guerre portait le nom de « sans peur » (dreadnought)… Peut-on avoir des Louis Pasteur, Mère Térésa, Einstein, Gandhi ?

D’ordinaire, une société donne le nom de ce qui la représente le mieux à ce qui compte le plus pour elle. Je me demande si, ces derniers temps, on n’a pas pensé qu’en modifiant le langage, on changeait la culture et l’homme.