Mona Ozouf juge les Misérables de Victor Hugo.
J’apprends à cette occasion qu’ils ont été mal reçus par la presse de tous bords. J’avais déjà lu que Flaubert et Baudelaire en avaient la plus mauvaise opinion.
Il semblerait que, comme ce que j’avais noté pour Notre dame de Paris, les Misérables est avant tout une réflexion sur la condition humaine et l’évolution de la société, qui est aussi celle de Victor Hugo, dont la vie a été, quasiment un passage, par étapes, d’un extrême à l’autre.
Cambrone serait le héros de Waterloo. Il symbolise la transformation du monde. A l’ère du surhomme succède celle du sans grade, du misérable. Il n’y a d’ailleurs pas de modèle, de héros de roman, dans les Misérables. Chacun est bien et mal. Et, comme pour Candide, sa vie peut-être aventures extraordinaires, comme celle de Jean Valjean, mais, elle se termine misérablement, à cultiver son jardin, et encore au mieux. Quand à la société, elle passe aussi par des phases dont chacune a ses bons et ses mauvais côtés, qui sont peut-être nécessaires. Pour autant, il n’y a pas de fatalité. Le libre arbitre existe. Et chacun, quoi que misérable, a la responsabilité de pousser l’histoire dans la bonne direction, celle montrée par la Révolution ?

