L’équipage

La guerre de 14, une escadrille d’aviation. Ce qu’a vécu Kessel. Et cela commence bien. On se retrouve balloté dans un biplan au dessus des lignes ennemies. Mais cela tourne court. Tout l’intérêt du livre est ruiné par une sotte et invraisemblable histoire d’amour, pleine de bons sentiments. Un conflit entre le coeur et le devoir, bien sûr. Au moins, Kessel écrit-il simplement et clairement. Ce qui est un mérite, aujourd’hui.

Rien à voir avec Ceux de 14 de Maurice Genevois. Les aviateurs mangeaient beaucoup et buvaient sec, ils étaient bien logés, et étaient la plupart du temps désoeuvrés. De temps à autre, ils étaient abattus en flamme. Aucune comparaison avec l’horreur des tranchées.

Et question récurrente, déjà posée au sujet des corsaires : comment se fait-il que l’on tire des récits aussi mièvres de pareilles expériences ? Le héros est inconscient ? Et lorsqu’il se met à écrire, il fait ce que lui dicte la société ? Girouette humaine ?

(Rien à voir, non plus, avec Pilote de guerre de Saint Exupéry. Le récit d’une seule mission, elle aussi d’observation. Elle se vit minute par minute. Et, surtout, on y comprend les raisons de la défaite, l’esprit qui y a conduit.)

Qui veut faire l’ange…

PINCH ME: Even for journalists immersed in the wild upheavals of our time, some moments still land with surreal force.

Ghost of war: One such occasion came this week when NATO chief Mark Rutte visited Berlin and essentially warned of World War III, telling an audience that Vladimir Putin’s Russia may be ready to attack the alliance within five years and that Europeans must be “prepared for the scale of war our grandparents or great-grandparents endured.”

‘Extreme losses’: Behind Rutte’s grave warning, there was a simple message: If Europeans don’t do more to help Ukraine stand up to Putin now, things will get much worse later. Or as Rutte put it: “Imagine it: a conflict reaching every home, every workplace, destruction, mass mobilization, millions displaced, widespread suffering and extreme losses.”

Politico Berlin, 12 décembre

Pourrions-nous connaître une guerre mondiale ? La Russie n’a pas la puissance de l’Allemagne de la précédente guerre, et la guerre qu’elle mène face à l’Ukraine n’a rien d’impressionnant. D’un autre côté, l’Europe fait l’unanimité contre elle : Russes, Américains, Chinois, reste du monde, ses anciennes colonies, la haïssent. (Au fond, écraser les faibles est une jouissance ?)

Et la logique russe a toujours été d’établir un cordon sanitaire entre elle et les démocraties. En toute logique, tant qu’elle n’aura pas conquis l’Europe, elle ne sera pas tranquille. Et elle sait l’Europe lâche. Il suffirait de raser quelques villes pour qu’elle fasse allégeance. N’est-ce pas déjà le spectacle que donne l’Europe vis-à-vis de Trump ?

Curieuse histoire, d’ailleurs. L’Europe était prospère et en paix. Elle a été prise en main par des gouvernements qui ont voulu faire encore mieux. Qui ont eu des idées « socialement avancées ». Qui ont proclamé notre culpabilité éternelle… Qui ont voulu être aimés. Et qu’ont-ils obtenus ?

Souverainisme

China curbs use of Nokia and Ericsson in telecoms networks

Financial Times, 2 octobre

Les économistes nous disent d’investir dans le numérique, le « new space »… Mais est-ce un argument économique ?

Les nations se livrent une guerre dans ces secteurs : pas question de trouver de marché en dehors de chez soi. Et si, pour la financer, il fallait chercher d’autres sources de revenus ? Produire des denrées et des services que ses ennemis acceptent d’acheter ?

Ile de Sein

Les habitants de l’Ile de Sein entendent l’appel de De Gaulle. Alors, tous, à l’exception des vieux et des enfants, ils s’embarquent pour l’Angleterre.

Tout ce qui reste de la population va devoir trouver les moyens de survivre, sans pêche, avec les ressources de l’île, qui n’en a pas.

La guerre est finie. La radio nationale lui rend visite. Les hommes reviennent. Certains sont rentrés depuis seulement deux jours. Qu’espèrent-ils de la vie ? Reprendre la pêche. Qu’ont-ils fait pendant ces 5 ans ? On n’en saura rien, sinon qu’ils ont beaucoup voyagé…

On ne peut rêver contraste plus frappant avec nos, auto proclamés, héros modernes ?

Guerre

En ce moment, France culture rediffuse d’anciennes émissions sur la guerre de 40. Beaucoup de témoignages, en particulier.

Je suis frappé par la « concordance des temps ». Le changement comme « dégel (des certitudes) » dirait Kurt Lewine ? Soudainement, tout ce à quoi l’on croyait cède. Plus rien à quoi se raccrocher. On est tout étonné. On découvre que l’on croyait penser, alors qu’on ne faisait que suivre les idées reçues. Et que celles-ci sont sans fondement.

Absurde des existentialistes ? Il se révèle qu’il y a des gens qui ont des convictions, et d’autres pas. Phénomène mystérieux.

L’Amérique en guerre

La guerre aurait-elle sauvé Roosevelt ? Le New deal n’avait pas tiré les USA de la crise. La guerre a fait leur fortune.

A-t-elle aussi été une affaire de dupes ? On croyait l’Allemagne forte, l’URSS faible, l’Angleterre aussi désespérante que la France, l’Amérique pacifiste… A moins que les crises ne révèlent les natures des peuples ? Ou celles de leurs leaders ?

Roosevelt avait été élu en promettant la paix, ce que désirait l’électeur, encouragé par des mouvements politiques puissants menés par des personnalités telles que Lindberg. Mais, du jour au lendemain, tout ce monde a changé d’opinion.

(Emission.)

L’URSS en guerre

Staline croyait au pacte de non agression d’Hitler. Il a été pris par surprise par l’attaque de ce dernier. L’URSS était d’autant plus mal partie que Staline avait fait subir à son armée des purges.

Mais le Russe n’est pas un « slave » pour rien, autrement dit un esclave ? Il est docile et coutumier du sacrifice ? Il est mort en masse, sans protester, et peut-être surtout, a déplacé, en marche forcée, son industrie hors d’atteinte des frappes allemandes. En outre il a été aidé par les USA, qui tendent à économiser leurs ressortissants.

La Russie a été une grande puissance, tant qu’elle a eu une population nombreuse et que les guerres se sont jouées au corps à corps ?

(Emission.)

Le Japon en guerre

Lorsque le Japon a déclaré la guerre aux USA, il était en guerre depuis 10 ans. Il construisait un empire de 8m de km2. Il avait constaté que les USA le gênaient. Mais il ne s’attendait pas à sa réaction. Il semble avoir confondu Trump et Roosevelt et cru que les USA ne s’intéressaient qu’à leur île et qu’une paix de compromis serait signée.

Initialement, il avait une sérieuse supériorité sur les USA. D’ailleurs, il s’en est fallu de peu qu’il coule tous les porte-avions de la flotte américaine à Pearl Harbor. Comme les Allemands, il a été écrasé par la puissance industrielle américaine.

Phénomène curieux, mais fréquent, la défaite l’a rendu doux et amical.

(Emission.)

L’Angleterre en guerre

Perfide Albion ? En 40, l’Angleterre aurait compté sur l’armée de terre française. Mais, prudemment, pour la défense de son île, elle avait sa flotte et son aviation. Ce qui lui a effectivement bien servi.

Pour le reste, sa guerre ne semble pas avoir été excessivement glorieuse. Si, en Afrique et en Méditerranée, elle s’en est plutôt tirée, cela tient à ce que les forces allemandes étaient absorbées par la campagne russe. En Asie, elle a été proprement défaite par des troupes japonaises inférieures en nombre…

Finalement, elle aura perdu relativement peu de monde. De l’ordre de 300.000 personnes. Comme les USA.

(Emission.)

Drone

Attaque de drones ukrainiens sur des bombardiers russes. Impressionnante vidéo. Non seulement, on détruit, mais en plus, on filme. Et pour pas cher (400.000$ ?), d’après ce que je lis.

Curieusement, l’impact le plus violent ne semble pas avoir concerné la Russie, mais les armées occidentales : elles ont découvert qu’elles avaient une guerre de retard.

Les drones sont apparemment capables d’exploits surprenants (article). En particulier de détruire l’armement conventionnel. Peuvent-ils rétablir l’équilibre des forces entre la Russie et l’Ukraine, et forcer la première à négocier ?