La City contre l’Europe ?

Il semblerait que les hedge funds de Londres aient acheté de la dette grecque en pariant que le contribuable européen viendrait au secours du pays, et leur ferait réaliser de gros bénéfices. (Awaiting a Greek Payout – NYTimes.com)
Si je comprends bien, ils pourraient bloquer le processus de restructuration des comptes grecs, ce qui déclencherait la crise que nos gouvernants cherchent à éviter. 
Habile publicité pour les bienfaits de la City et d’une industrie financière qui échappe à tout contrôle ?

Crédit Foncier recapitalisé

Le Figaro du 23 m’apprend que le Crédit Foncier va être recapitalisé par sa maison mère. Il a été victime d’un peu plus d’un milliard de dettes grecques.

Désormais sa stratégie est de « se rencentrer sur l’immobilier en France ».

Depuis sa privatisations le Crédit Foncier paraît dans un curieux mouvement cyclique : il se diversifie, connaît un crash, et se recentre sur son métier.

Et si il avait évité de s’en éloigner ? Pas assez glorieux pour ses dirigeants ? 

Japonaises gaspillées

La société japonaise semble assez peu occidentalisée. L’homme est soumis au groupe, et la femme à l’homme. Du coup peu de diplômées travaillent. D’autant plus que si l’on importe des prostituées, les gardes d’enfants sont proscrites. (Schumpeter: Land of the wasted talent | The Economist)
La culture japonaise prive le pays de ressources importantes pour sa prospérité.
Les cas grecs et japonais me font me demander si le capitalisme n’installe pas une forme de concurrence entre modèles sociaux, qui mettrait en faillite les moins productifs… 

Crise européenne

Comme prévu, la crise a repris après une courte accalmie (Greece and Italy Sink Under Turmoil as Euro Crisis Widens – NYTimes.com).

Et une fois de plus, le gouvernement français annonce un plan d’économie qui est au dessous de ce qu’en disaient les rumeurs. Les marchés vont-ils l’interpréter comme un manque de courage ? (Un plan de rigueur « mou du genou » et inefficace – TF1)

À nouveau la question se pose : y a-t-il ce que dans mon passé d’algorithmicien on appelait « convergence » du processus, ou, au contraire, le fossé se creuse-t-il ? La recherche de solution se heurte-t-elle à un problème idéologique qui la rendrait impossible ?

En tout cas, il semblerait que la dette grecque est, après (possible) restructuration, au dessus de ce qu’elle était lorsque la crise a commencé… (L’Italie doit montrer patte blanche – Coulisses de Bruxelles, UE)

Charlie et la démocratie

Charlie Hebdo, dévasté par une bombe.

J’entendais dire ce matin que la notion de « blasphème » n’existait pas dans la loi française et ne correspondait pas à notre « identité ». Charlie Hebdo serait-il plus efficace que notre président pour définir cette identité ?

Je me suis demandé, d’ailleurs, si elle ne se constituait pas lors de ce type de crise. De tels incidents forcent partisans et opposants à un principe à se manifester et à se compter. Les principes qui ont suscité une lame de fond s’installent pour longtemps dans l’inconscient collectif ?

Charlie Hebdo, en annonçant un numéro « blasphématoire », aurait-il voulu forcer la France à se prononcer sur ce qui compte pour elle ?

Compléments :

  • La Grèce serait-elle le Charlie Hebdo de l’Europe ?

Que reproche-t-on à la démocratie ?

Pourquoi reprocher à la démocratie grecque son référendum ? Les Allemands et tous les eurosceptiques ne disent-ils pas que l’Europe n’est pas assez démocratique ? disait France Culture ce matin.

Je me demande si le reproche qui est fait à la démocratie ne vient pas de ce qu’elle est détournée de son fonctionnement normal. Il est soupçonné que les aléas démocratiques connus par l’Europe ces dernières décennies viennent de ce que ses peuples utilisent le vote pour en tirer un profit privé.

Il reste à inventer la notion d’intérêt collectif européen ?

Compléments :

  • L’Irlande, le Portugal et la Slovaquie ont traversé de telles crises. Résultat : ils ont remplacé un parti par un autre, sans changer de rigueur. M.Papandréou aurait-il voulu couper l’herbe sous le pied à son opposition ?

Référendum grec

Pourquoi le premier ministre grec demande-t’il a son peuple d’approuver le plan de sauvetage de leur pays par référendum ? Je ne lis, ou n’entends, rien de très convainquant.

Et si le billet précédent donnait un indice ? Si la société grecque a pour principe l’assistanat, il est impossible de lui faire prendre la moindre décision responsable. Le seul moyen est de la mettre face au chaos. Soit elle accepte la politique de son gouvernement, et est liée par sa décision. Soit elle la refuse et est la cause de ce qui pourrait bien être, pour elle et le reste de la planète, un cataclysme redoutable.

Technique de la « burning platform » ?

Compléments :

Changement en Grèce

La Grèce fonctionnerait selon le principe du clientélisme. Le Grec serait affilié à une sorte de clan, qui lui apporterait ce dont il a besoin pour vivre, en fonction de ses relations, non de sa contribution à l’intérêt collectif. Bref le rôle du clan (ou « parti politique » en grec moderne) est de trouver des ressources à répartir (par exemple les fonds européens, des emprunts, confondus avec des revenus…).

Les réformes en cours correspondraient, elles aussi, à une tradition. L’étranger intervient de temps à autres en Grèce pour essayer de la transformer en État. (Grèce: la dette, une affaire d’Etat – Coulisses de Bruxelles, UE)
Le modèle grec paraît remonter à l’antiquité. L’expansion grecque et romaine semble avoir été poussée par le besoin de trouver des terres à cultiver.

Son vice : forme de parasitisme ? Faible capacité à la création et à l’exploitation de son bien ?

Compléments :

  • Ressemble au modèle de la Mafia. D’ailleurs l’Italie semble, aussi, avoir besoin de l’étranger pour se réformer.

Grèce sous tutelle

Il semblerait que les fonds européens qui ont arrosé la Grèce aient quand même été un peu détournés, et qu’il faille maintenant remettre l’économie du pays dans un mode de fonctionnement plus rationnel.
« La structure de l’économie grecque ressemble d’ailleurs beaucoup à celle des anciens pays de l’Est : forte présence de l’État dans l’économie, forte bureaucratie. » Et si les techniques qui ont été utilisées pour aider les pays communistes à s’adapter à un nouveau régime étaient appropriées ?
C’est ce que semble penser le dirigeant, allemand, de la « task force » venue aider le pays à emprunter le droit chemin.
Compléments :