Faut-il avoir peur des Grecs ?

Paul Krugman craint que les Grecs soient éjectés de l’euro. Quel est le risque me direz-vous ? Il est que l’on ne sait pas ce que cela entraînerait. Voilà ce que je tire de mon expérience. Et que, dans le doute, il vaut mieux s’abstenir.
Est-ce le cas pour l’Angleterre ? N’est-elle pas déjà en dehors du système ?

(Bien entendu, tout ceci n’est qu’un jeu de bluff. Plus les Grecs, par exemple, nous croirons attachés à eux, plus ils seront irresponsables. Une condition nécessaire pour qu’une négociation réussisse est qu’elle puisse se terminer en catastrophe…)

Grexit : quelles conséquences pour le monde ?

Grexit est le nom que les Anglo-saxons ont donné à la sortie de la Grèce de la zone euro. On pense de plus en plus que ses conséquences seraient négligeables pour le monde. La Grèce prendrait l’essentiel du choc. Au pire, ai-je entendu dire, cela jetterait les Grecs dans les bras de M.Poutine, et forcerait la France et l’Italie à appliquer des politiques de rigueur. 
N’y a-t-il pas là l’erreur d’un raisonnement non systémique ? En effet, nous raisonnons avec les hypothèses de notre système, alors que plonger la Grèce dans la misère correspond à un changement de règles du jeu. Deux rappels :
  • Les Grecs, comme les Portugais, sont entrés dans l’UE pour échapper à une dictature. Pas pour des raisons économiques. Le principe fondateur de l’UE, c’est la paix. 
  • Après guerre on parlait de la Grèce comme d’un « domino« . Si la Grèce tombait entre les mains des Soviétiques, l’Europe allait suivre. Le Plan Marshall, d’aide économique à l’Europe, en a résulté. 
Autrement dit, éjecter la Grèce pourrait être traiter le symptôme et pas le mal. Le mal, c’est l’abandon du principe de solidarité qui justifie le dispositif européen. Principe dont la raison est probablement la paix. (L’économie étant un moyen de l’assurer.) Une fois que la solidarité est officiellement enterrée, il est possible que le chaos gagne rapidement le reste du continent (Russie incluse). 
Question : après le système paix, le système guerre ? 
(PS. Il n’y a probablement pas la bonne Grèce et la mauvaise Europe, mais un sentiment commun d’égoïsme qui provoque l’hostilité entre les deux.)

Immigration en Europe : mort par chaos ?

Enquête sur les boat people de l’Europe. Ils viennent des zones de conflit (Syrie), et de pauvreté (Mali). (Mais peut être pas d’extrême pauvreté, car il faut pas mal d’argent pour faire le voyage.) Leur nombre n’est pas en augmentation significative. S’ils meurent plus, c’est peut-être parce qu’en attaquant les bateaux des passeurs, l’Europe les force à prendre des embarcations de fortune. C’est aussi parce que l’Italie a mis un terme à son programme Mare Nostrum, qui repêchait les embarcations en difficulté. On lui reprochait d’encourager l’immigration. On pense maintenant que ce n’était pas le cas. Il permettait simplement d’éviter des morts. Alors pourquoi ne pas adopter le dispositif qui a permis la prise en charge mondiale des boat people vietnamiens ? Parce que l’Europe donne un tel spectacle de désorganisation lamentable que personne n’a envie de l’aider. (Quant aux Australiens, ils empêchent les boat people d’approcher de leurs côtes. Ils les auraient découragés.)
L’Europe, justement. Portrait en regard de MM.Schäuble et Varoufakis. Chacun ressemble à l’image que donne son pays. M.Schäuble est un invalide digne et droit. M.Varoufakis, un dilettante hypocrite, qui s’occupe fort peu de son ministère des finances, trop occupé à gagner de l’argent sur le circuit des célébrités et à mener la vie de la jet set. La Grèce est proche de la sortie. Les fonds spéculatifs ne croient plus à ses chances. L’impact de son départ, pour l’Europe, serait limité. Ce serait même une bonne opération pour les marchés financiers. Mais elle peut gagner du temps en payant ses salaires avec des reconnaissances de dette.  Quant à la France, son problème est la flexibilité de l’emploi, dit The Economist. Avec un euro inflexible, l’emploi doit s’adapter. Or, la France, contrairement à l’Allemagne, protège l’emploi en place. D’où chômage et précarité. MM.Hollande, Valls et Macron savent ce qu’il faut faire mais ils sont bloqués par la résistance du système (politique ?). Ils font donc du Schröder en sous marin. Ils facilitent les licenciements, notamment en réformant la justice. Et ils réduisent les charges patronales. De manière à ce qu’elle ne puisse pas être détectée, la manœuvre a été divisée en petits morceaux. Mais peut-elle être efficace dans ces conditions ? Et l’Angleterre, ne devrait-elle pas être notre modèle ? Voilà un pays qui a fait de la flexibilité de l’emploi sa loi fondatrice. Eh bien tout va mal, et M.Cameron, qu’interviewe The Economist, s’en fiche. L’Europe tape sur Gazprom. Message : M.Poutine est un tigre de papier. Les USA, depuis la guerre du Vietnam, ont maintenu la paix en Asie. La Chine en a profité pour se développer. Ce qui lui donne les moyens d’éliminer l’influence américaine… Quant au Japon, la protection américaine l’a infantilisé. Aux USA aussi M.Obama essaie de faire passer ses traités de libre échange en douce. Comme en France, son parti n’en veut pas, mais il a l’appui tacite de son opposition. Et il y a des tas de candidats à l’investiture républicaine. Pas que l’on compte être élu, mais parce qu’un coup de pub est toujours bon pour une carrière.
La Chine, Eldorado de la bagnole occidentale, c’est fini. Le marché se contracte. Maintenant surcapacité et guerre des prix. Cela va être fatal aux producteurs locaux. Mais ce n’est pas grave. Ce n’est pas le véhicule, mais le composant qui compte aujourd’hui. Les compagnies aériennes occidentales, c’est fini. Après le low cost, qui va attaquer le long courrier, les « connecteurs » mettent le dernier clou à leur cercueil. Emirates, Etihad, Qatar et Turkish Airlines emploient, comme l’Ouest, la technique de la subvention massive. Mais eux sont riches. Et leurs aéroports, contrairement à ceux de l’Ouest, sont à des emplacements stratégiques.
Il y a une grosse spéculation sur la dette d’entreprise. Cela devrait claquer l’année prochaine en Europe, et un peu plus tard en Amérique. (Attention, M.Drahi ?)
Les sciences du management n’ont plus que de vieux gourous. 

Traités internationaux : combat entre modèles de sociétés ?

Et si une guerre des civilisations était en train de se livrer ? Les traités commerciaux mondiaux sont remplacés par des traités régionaux. L’enjeu réel de ces traités est d’y fixer des normes (culturelles ?), et de les imposer à ceux qui n’y ont pas participé. Combat entre modèles de société. A ce jeu, l’Amérique n’aurait pas le dessus. Elle veut marginaliser les Chinois. Elle a refusé d’entrer dans leur banque de financement des travaux d’infrastructure en Asie. Pas de chance, tout le monde s’y rue. L’Amérique est isolée. Idem ?, les USA s’en prennent au président du Venezuela. Effet inverse de celui attendu : son peuple se regroupe derrière lui.

Le modèle qui a dominé le monde se fissure ? La « valeur actionnaire » est remise en cause. On constate que, contrairement à ce que dit ce modèle, l’actionnaire n’a que des droits limités sur l’entreprise, puisqu’il a des responsabilités limitées… L’Amérique augmente ses taux d’intérêts. Augmentation du dollar. Quelles conséquences ? Elles seraient surtout pour les nombreux pays qui ont emprunté en dollars pour profiter de faibles taux. Surtout « l’inconnue est la confiance. Comment la perspective de taux élevés va-t-elle affecter les esprits animaux des investisseurs et des acheteurs immobiliers ? » C’est un « saut dans l’inconnu ». En tout cas, le jeu des banques centrales est dangereux. En faisant des emprunts d’Etat des investissements qui ne comportent plus que des risques, elles pourraient « modifier fondamentalement la nature du marché des obligations – pour toujours ». (Les banques centrales menacent-elles de mettre en faillite les prêteurs ?)

Les principes qui font la pérennité de l’Etat Islamique ont été touchés. Ses revenus pétroliers, détruits par les bombardements, et son réel moteur : un expansionnisme sans freins. Mais les causes qui l’ont fait émerger, elles, n’ont pas été atteintes. Au contraire ? « Les territoires détruits sur lesquels il espérait se construire (…) pourraient bien terminer en plus mauvais état qu’ils n’étaient au départ. »


Vie quotidienne du monde. Les Grecs réclament aux Allemands un dédommagement pour un emprunt forcé fait durant la guerre de 40. L’équivalent de 11md€. Il en a été question, un jour. Mais les temps ont changé. Car les Allemands se voient désormais comme des victimes (de la crise de l’euro). Les pays des Balkans sont asphyxiés par « un mélange de népotisme, de montagnes de taxes, et de freins à l’entreprise ». Leurs citoyens cherchent le salut dans l’immigration. L’Europe veut répondre à la désinformation russe. Faire de la propagande serait contre-productif. Systémique Netanyahou ? Parce qu’il a fait des promesses de campagnes de droite, il va gouverner à gauche. En effet, pour gagner les élections, il s’est mis à peu près tout le monde à dos. Pour réparer la casse, il pourrait demander à M.Herzog de devenir ministre des affaires étrangères. Ce que ce dernier, à qui sa défaite va coûter son poste actuel, accepterait. L’Egypte veut relancer son économie en construisant des gigantesques villes nouvelles, à la Dubaï. Ce n’est pas la première fois que ça a été tenté. Les autres ont raté. Certaines parties des USA sont dans une misère abjecte. Les démocrates ont tenté d’y remédier par des subventions. Ça n’a pas marché. La population va donc voter pour les Républicains, qui vont lui ôter toute aide. L’Italie et la France s’en prennent à leurs notaires. Ils gagnent un peu trop bien leur vie et concourent à renchérir le prix de l’immobilier (1%).

Pourquoi y a-t-il autant d’espèces de coléoptères ? Parce qu’un « sous ordre » semble produire des espèces qui défient la sélection naturelle. Ferez-vous des études universitaires ? Cela dépend avant tout de votre environnement familial à la naissance. La réussite scolaire est une question de liens sociaux, bien plus que de capacités intellectuelles. « Les parents éduqués s’engagent dans un dialogue socratique permanent avec leurs enfants (…) Les parents de la classe ouvrière (…) exigent simplement que leurs enfants leur obéissent. » Les Palestiniens essaient d’utiliser contre Israël les techniques terroristes qu’Israël a employées contre le colonisateur anglais. Mais si l’Angleterre avait fait ce que fait actuellement Israël, Israël n’existerait pas. Bonne nouvelle, pour finir ! Il y a stabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui prouve que lorsque l’on veut, on peut.

Grèce : négociation ou apprentissage ?

Les Grecs ont bien vite découragé ceux qui leur étaient favorables. (Mais ce n’était pas bien difficile à réussir…) Si bien que la négociation s’est transformée en une leçon. Les dirigeants grecs ont découvert qu’ils n’ont aucune marge de manœuvre. Et que le reste de l’Europe fait bloc. Mais qu’il est prêt à leur apprendre les bonnes manières. En faisant un effort pour les aider à sauver la face vis-à-vis d’un électorat auquel ils ont promis l’impossible. Aide qui passe essentiellement par un changement de noms concernant ce qui irrite le peuple. Au fond, c’est l’Europe qui dirige la Grèce… 
(The Economist parvient aux mêmes conclusions.)

La Grèce fait souffler le vent du renouveau ?

M.Renzi et le gouvernement grec annonceraient-ils le renouveau de l’Europe ? Le premier ministre et le ministre des finances grecs font le tour des capitales du continent. Leur style, détendu et créatif, a quelque chose de rafraîchissant (après celui, mesquin et constipé, des politiques traditionnels). Ils apportent des idées neuves, pas idiotes. Ils ont redonné de la fierté à la Grèce. Et les Espagnols rêvent de les imiter. L’Europe du Sud, tout en prétendant suivre la ligne Merkel, caresse l’espoir qu’ils soient l’hirondelle qui dégèle la rigueur. Quant à la BCE, certes elle tient la Grèce entre ses mains, mais sans légitimité démocratique peut-on éjecter une démocratie de la zone euro ? M.Renzi s’est attelé à des travaux d’Hercule : rationaliser la démocratie italienne. Il vient de réussir un exploit : faire élire son président.
A l’opposé, l’Allemagne donne une désagréable image de repli sur soi. Droite et gauche s’unissent dans le refus. Euro, immigrants et surtout, cela pourrait surprendre, Amérique. En France, la laïcité est en question. Et si elle avait été instrumentalisée en outil de domination ?
Délicate Ukraine. L’armée ukrainienne n’a aucune chance face à la russe. Peut-on l’armer sans déclencher une dangereuse escalade ? L’Allemagne et B.Obama pensent non, le nouveau ministre de la défense et les Républicains américains, oui.
Le fermier anglais, jadis le plus productif au monde, est maintenant en queue de peloton. Parmi les causes de ce retard, il semble qu’il y ait surtout le désengagement de l’Etat (Mme Thatcher ?). « Les instituts de recherche publique britanniques ont été liquidés dans les années 80. » Et la terre est devenue un « hot market » pour spéculateur.
Le Japon ne parvient ni à reconstruire une vie pour les victimes du tsunami et de l’accident nucléaire, ni à démanteler la centrale nucléaire de Fukushima. Ce n’est pas une question d’argent, mais de dysfonctionnement du système. Goulots d’étranglement. (Corruption ?… Au passage, je note ce que coûte un accident nucléaire : « 71.000 réfugiés nucléaires », plus démantèlement et nettoyage : peut-être plus de 400md€, sur une quarantaine d’années !)
En brûlant un pilote jordanien, l’Etat Islamique a fait une erreur de relations publiques. Il recule en Iraq, mais l’Etat de non droit syrien pourrait lui fournir un asile durable. D’autant que les candidats au djihad continuent à affluer.
M.Netanyahou joue des puissantes amitiés que compte Israël aux USA pour ennuyer M.Obama. Ce n’est probablement pas judicieux.
La pollution en Indeest effrayante. Elle ferait 1,6m de morts par an. En cause une croissance propulsée par une technologie d’un autre temps. Voitures (pourtant seulement 5% de la population est équipée) et usines. Il va falloir moderniser et penser transports en commun… En termes de pollution, ça ne va pas fort, non plus, en Chine. Mais on y a pris des mesures, à la Chinoise : la situation doit s’améliorer radicalement, quitte à sacrifier l’emploi et la croissance.
Le numérique n’a pas encore disrupté la traduction, mais pourrait bien disrupter le traducteur. Façon Uber. L’Amérique devient le plus gros exportateur mondial de pétrole. C’est bon pour ses affaires, et mauvais pour celles de ses adversaires.
Economie mondiale : l’enlisement ? Les Etats continuent à accumuler des dettes à grande vitesse. Pourquoi ? Pas de croissance, démographie en recul. Et surtout :  « comme n’importe quel médicament de confort, après quelques temps on ne peut plus se passer de la dette » ?)Tout le monde faisant face aux mêmes circonstances, pas possible d’exporter ses malheurs chez le voisin. Les banques centrales essaient, toutefois. Les taux de change sont partis pour fluctuer. D’où graves difficultés pour les pays endettés en monnaies étrangères. D’autant que les marchés financiers font sauter toutes les tentatives d’arrimage d’une monnaie à une autre. (Le montant des échanges de devises représente plus de cent fois celui du commerce mondial…) Petit succès, tout de même, les Etats se sont mis, avec une efficacité inconcevable il y a peu, à traquer les riches qui échappent à l’impôt, partout où ils se cachent. 
Pourquoi se rase-t-on ?(Et surtout, pourquoi les femmes s’épilent-elles ?) La culture contre la nature. Autre effet de la culture, américaine cette fois : le fonds activiste. Il lui suffit d’acquérir une petite partie du capital d’une grande entreprise pour lui dicter ses volontés. En effet, les autres investisseurs sont soit passifs, soit des spéculateurs attirés par une affaire fumante. L’existence de tels fonds forcerait le dirigeant à demeurer sur ses gardes. Mais leur avenir est compromis : ils sont devenus trop gros pour le marché. Et seuls les USA leur sont propices. 

Grèce humiliée par la BCE ?

La BCE coupe les vivres à la Grèce. C’est ce que j’ai cru entendre ce matin à la radio. La Grèce va-t-elle être humiliée ? Lâchée par tous ? Surtout la France ? Pas d’alternative à la rigueur ? Paul Krugman pense qu’il s’agit, au contraire, d’une manœuvre de M.Draghi. La ligne de crédit qui a été fermée ne comptait pas. Mais sa fermeture serait une façon de couper toute retraite à l’Allemagne et de la mettre en face de ses responsabilités :
Maybe it’s an effort to push the Greeks into reaching a deal, but my guess — and it’s only that — is that it’s actually aimed more at the Germans than at the Greeks. On one side, it’s the ECB making tough noises, which might keep Germany off their backs for a little while. On the other, it’s a wake-up call: dear Chancellor Merkel, we are *this* close to watching a Greek banking collapse and euro exit, and are you really sure you want to go down this route? Really, really?
Ce qui semble confirmer ce que je disais ailleurs : on pourrait bien être en face d’un numéro de négociation de très haut vol. Attendons-nous à quelques beaux coups de théâtre ?

Le monde se tient par la barbichette, et ça pourrait faire boom ?

Cette semaine, monde en équilibre instable entre jeux de forces particulièrement dangereux. La Grèce, pour commencer. Le premier ministre grec est pris entre et des marchés et une BCE qui ne lui laissent quasiment aucune marge de manœuvre, Mme Merkel qui ne veut pas lui faire de concessions pour ne pas faire de cadeau à la France et à l’Italie, et une coalition d’idéologues extraordinairement peu expérimentée, qui va exploser s’il revient sur ses promesses. Il reste l’Europe qui aimerait bien trouver une autre voie que la rigueur… En tout cas, ce qui semble se jouer c’est une attaque contre les partis de gouvernement traditionnels. The Economist pense que cette offensive va discréditer les assaillants. Mais qu’il faudrait tout de même que les dits partis traditionnels se remettent en cause. Ce qu’ils ne semblent pas prêts à faire… Plus dangereuse, peut-être est la situation russe. En Ukraine, M. Poutine s’est mis dans un guêpier, que ne fait qu’aggraver la baisse des prix du pétrole, dont il tente de se tirer par une course en avant insensée. « Tout ceci rend la situation même plus périlleuse que durant la guerre froide. » « La probabilité de conséquences imprévues, y compris l’usage des armes nucléaires devient de plus en plus possible. »
La monarchie saoudienne est en équilibre précaire. Une partie de la population occidentalisée, voulant une plus grande liberté, une autre, fondamentaliste bornée, des revenus pétroliers en baisse et une politique d’achat de la paix sociale non durable. (Curieusement, le pays est géré comme une entreprise familiale à la Antoine Roullier.)
Politique d’aide à l’accession à la propriété, mal du capitalisme ? Elle pousserait l’argent des banques vers les particuliers, créant ainsi des risques de crises systémiques, et en priverait les entreprises en développement, plombant l’économie.
Les entreprises du numérique ne touchent plus terre. Elles veulent changer le monde. Les entreprises traditionnelles, elles, dépriment. La révolution technologique crée le chômage et détruit la société, pensent-elles. « L’agilité a remplacé la puissance comme qualité la plus prisée. » Du coup, elles n’investissent plus. L’économie n’a plus de moteur.
La politique de la BCE est-elle bonne pour l’économie européenne ? Plutôt non (et même plutôt mauvaise ?). Elle stimule les exportations, mais les multinationales sont installées partout et n’en profitent pas. Et la demande mondiale est faible. Les entreprises cherchent plutôt à se refaire qu’à investir. Idem pour les banques européennes. Elles sont plus affectées par la baisse des taux à long terme que par la perspective de nouvelles affaires.
Aux USA, on se suicide de plus en plus. En cause, la crise, les armes et les guerres (les anciens combattants ont du mal à revenir à une vie normale). Clint Eastwood fait un film à la gloire d’un tueur d’élite. Un vrai Américain. La politique américaine est le terrain d’une corruption exemplaire. Le FMI a besoin de plus d’argent, mais les USA ne veulent pas le lui donner, et ne veulent pas non plus être dilués. Pendant ce temps, les émergents fondent un FMI Bis. Le Canada, qui se croyait un émirat arabe, revient de son amour du pétrole. En Europe, la France ayant renoncé à défendre ses banques, la possibilité d’une taxe financière refait surface.
On a cru que la fonte des glaces ferait de l’Arctique un Eldorado. C’est raté, il demeure difficile d’y naviguer, ou de l’exploiter. Nouvelle victime de la baisse du prix du pétrole.
Apple ne sait plus quoi faire de son argent (178md$ d’économies). Il vend de plus en plus d’iPhone, ses nouveaux gadgets devraient faire un malheur, ainsi que le logiciel et les services qui viennent s’ajouter à son offre. Quand à McDo, il passerait un mauvais moment. Un Américain, qui avait fait fortune en Russie, et qui s’en est fait sortir, s’est attaqué seul à l’Etat russe. Jusqu’ici, il a eu le dessus. Comme dans les films. Etonnants Américains. 

Syriza : les amateurs au pouvoir ?

Grèce. Syriza au pouvoir. Tremblons ?, se demandait Hervé Kabla. Je lui ai répondu, en substance, que je distingue trois scénarios possibles dans la presse internationale :
  • Le scénario idéal. Pas de changement d’objectif : la Grèce rembourse et se réforme. Mais la manière de mener le changement change. On passe du changement comme punition à un changement comme recherche de performance. J’ajoute qu’ici Syriza a un atout que personne ne remarque. La Grèce souffre de clientélisme. Or les partis de gouvernement sont les causes premières du mal. Ils ne peuvent pas se mettre à dos leur clientèle en lui faisant subir le changement ! Syriza a, en théorie, les mains libres. D’ailleurs, que Syriza conduise des changements désagréables, mais utiles, est probablement dans l’intérêt des partis de gouvernement. Il y a mieux. L’Europe apprend une nouvelle façon de se réformer. Le peuple n’est plus la victime de « l’austérité ». C’est elle qui le pousse, en désespoir de cause, vers les extrêmes. L’économie et la société s’écartent du précipice au bord duquel elles chancellent… 
  • Il y a le scénario chaos : Syriza ne parvient pas à établir un gouvernement. Ce scénario a été écarté. 
  • Il y a le scénario « bande d’amateurs ». C’est celui qui paraît, pour le moment, le plus vraisemblable. En effet, Syriza, très à gauche, s’est allié avec un parti qui ressemble à notre FN, en un peu plus de gauche, mais avec un QI inférieur. En outre Syriza est constitué d’un assemblage hétéroclite qui pourrait se disloquer au premier compromis. (Jean Quatremer parle de la question.)
La probabilité de nouvelles élections à court terme est élevée. Mais on ne peut pas écarter l’hypothèse qu’un montage aussi invraisemblable et fragile soit voulu. Puisque se mettre le dos au mur, brûler ses bateaux, est la technique la mieux adaptée à une négociation conflictuelle. Comme souvent, la frontière entre génie et bêtise est bien mince !
Tremblons, donc ? Pas nécessairement. On est dans le cas d’un changement « incontrôlé ». Il est incontrôlé parce qu’il n’a pas d’objectif. Plus exactement on cherche l’objectif en même temps que l’on essaie de réussir le changement. Ce type de changement est par nature chaotique. Mais il est rationnel. La société « pense » par essais et erreurs. Chaque crise lui permet d’avancer, d’expérimenter. Le coup de théâtre est la norme. C’est ainsi que les uns et les autres se testent. Le danger, dans cette situation, est le dogmatisme. Qu’un acteur se fige, et l’affaire peut mal tourner. Surenchère dans la menace. Jusqu’au geste irréparable. Pour ma part, j’ai l’impression, en dépit de tout le mal que l’on peut dire de nos gouvernants européens, que le pragmatisme est aux commandes.

(Illustration d’une de mes principales idées. Elle est issue de mon observation du changement. Le critère ultime de succès d’un changement est « l’in quiétude » (en deux mots). C’est-à-dire le fait non d’être stressé mais d’être vigilant. Je pense que nos dirigeants sont « in quiets ».)

11 septembre français ?

Attentats en France. La presse doit pouvoir publier ce qui lui plaît, même si cela peut « offenser » (The Economist n’a pas voulu publier les caricatures de Mahomet). Et surtout, attention à ne pas faire d’amalgame entre une infime minorité terroriste, et une immense majorité pacifique.
La Lybie est à feu et à sang, comment se tirer d’un chaos (incompréhensible) ? L’Occident avait mis à la tête du pays un comité d’intellectuels. Il n’a pas osé affronter les hommes forts de ses communautés. Car, la Lybie n’avait pas de tradition unitaire, mais, au contraire, est constituée de groupes ennemis. Curieusement, il demeure un certain Bernardino Leon qui tente d’organiser des négociations entre combattants. Son espoir est de leur couper les vivres pour les contraindre à la discussion. L’Allemagneest aux prises avec des mouvements anti-immigrés. Mais des mouvements opposés prendraient le dessus. Mme Merkel, finalement, aurait décidé de ne pas peser sur les élections grecques (où règne la confusion). En Angleterre, les élections devraient se jouer sur les thèmes des années 90. Ce qui donnerait un avantage aux conservateurs. La situation du pays paraît inquiétante. En effet, ses revenus dépendraient en grande partie de ses placements à l’étranger (560% de son PIB). Or, ils ne lui rapportent plus rien, du fait de la crise mondiale. Sa croissance pourrait se faire par « épuisement de sa richesse ». Le modèle de développement économique de l’Afriquepourrait, enfin, changer. Elle commencerait à se dégager de sa dépendance vis-à-vis des matières premières. Le marché des services, en particulier, se développe. Pour réussir, définitivement, il faut « améliorer son système d’éducation, des investissements dans les infrastructures et une réforme intelligente de la réglementation ». Aux USA, le système politique va continuer à être la proie des escarmouches. Et le parti démocrate manque de quelqu’un qui puisse donner un sens à son combat. Quant à M.Obama il veut laisser une trace dans l’histoire. Ce qui l’amène à rechercher des majorités dans lesquelles son camp se retrouve rarement entier. Les pays du Golfe doivent maintenir leur « stabilité sociale » par la subvention. Ils vont devoir compenser la baisse de leurs revenus pétroliers. Probablement par les impôts.
McDonald’s est à nouveau en difficultés. Faiblesse : sa dépendance vis-à-vis d’une image qui peut-être facilement attaquée. Emergence d’une concurrence « haut de gamme » : le « Fast casual ». Sans OGM.
Le TGV européen n’a pas eu les effets attendus. On utilise toujours autant la voiture. Le bus est en perte de vitesse. Le train n’a pas pris de marché (le TGV a cannibalisé les lignes lentes). C’est l’avion qui a le plus progressé ! The Economist incrimine l’incapacité des opérateurs ferroviaires européens à gagner en efficacité. Faute de concurrence.
« Dans trois grands secteurs (le capitalisme) a singulièrement échoué : la santé, l’éducation et le logement ». Comment, en particulier, réduire le prix du logement, qui n’a fait qu’augmenter. Il faut « avancer sur plusieurs fronts ». (Je ne vois rien de lumineux se dégager de l’article…) Que signifie un monde endetté ? La stagnation. Le Japon est dans cette situation depuis 20 ans. Mais nos sociétés sont moins « homogènes » que la sienne. Plus fragiles aux chocs… Les armées privées connaissent un remarquable développement. Pourraient-elles se créer un marché en déclenchant des guerres ?
Applications de Big Data chez les entreprises du numérique : prévenir le départ de compétences ; équilibrer offre et demande (rien de neuf ?). Quels sont les bénéfices du commerce électronique ? Curieusement, pas majoritairement économiques ! Cela profiterait à des produits peu achetés (livres rares). Mais l’impact économique serait faible. En fait, Internet aurait un intérêt non financier : c’est une distraction gratuite du même type que le léchage de vitrine.