Opinions de la BBC

La BBC a eu récemment des ennuis. Le gouvernement anglais considère le Hamas comme terroriste, mais pas la BBC.

Autre fait curieux, Jeremy Corbin, l’ancien dirigeant du parti travailliste, serait considéré comme antisémite. Keir Starmer aurait dû désinfecter le parti. Curieux venant d’un militant gauchiste qui ne semble pas avoir évolué depuis les origines ?

On écrit que la gauche est victime de « sinistrisme« . Elle et ses idées dérivent vers la droite.

Mais, dans ce cas, il semble que c’ait été le contraire. Non seulement elle tend à assimiler Israël et l’Allemagne de la guerre, mais elle traite le petit peuple de « bourgeois », et l’a abandonné à son triste sort.

Ce blog tend à avoir des explications pour tout, mais là ? Mal de l’intellectuel, qui ne connaît pas la mesure ? Et qui confond un simple pêché avec un vice mortel ? Volonté de puissance ?… Mystère.

Take care

Il y a toujours dans la charité quelque chose qui corrompt à jamais. (Dostoievsky)

« Take care ». La formule m’a surpris quand je l’ai entendue, il y a plus de quarante ans. J’ai cru comprendre que mon interlocuteur, que je connaissais à peine, me disait par là toute son amitié. Les relations entre Anglo-saxons n’ont peut être pas la retenue que l’on trouve en France, et dans les pays latins ?

J’ai été encore plus surpris lorsque j’ai vu apparaître cette expression en français, il y a quelques années. En fait, j’ai cru comprendre qu’elle était la traduction du cri de ralliement de que l’on appelle, très curieusement, « l’extrême gauche » américaine (c’est une « gauche caviar », pas du tout dans nos traditions de libertaires crevant de faim et poseurs de bombes), le « care », qui veut défendre la veuve et l’orphelin. Cf. Obamacare.

Comme tout absolu, cette idée produit l’énantiodromie de la systémique. Autrement dit, elle a un effet pervers : c’est une prédiction auto-réalisatrice. Elle crée victimisation et pauvreté. Elle s’en nourrit, même : une quantité de personnes sont payées pour « assister » le misérable. Leur intérêt est qu’il le reste. Cette gauche, qui s’appelle aussi « de progrès », reproduit les élites.

(Ce qui est en cause ici n’est pas la gauche, mais l’extrémisme, et l’absolu de l’idée. Le « développement personnel », de droite et tout aussi anglo-saxon, ne dit rien d’autre que : je ne porterai nulle assistance à personne en danger.)

Capitalisme woke

« Aux Etats-Unis, la guerre culturelle n’est guère favorable aux entreprises »
En raison des débats sur les questions de genre et d’environnement, les entreprises américaines sont écartelées entre les progressistes et ceux qui dénoncent le capitalisme woke. (Le Monde du 13 juin)

L’arme de notre société est le mot. Dès que l’on est parvenu à caractériser un phénomène, on a le pouvoir d’entraîner une partie de la population avec soi !

Initialement, ce sont les classes intellectuelles qui ont eu le dessus. Ce qui est naturel, puisqu’elles sont formées pour manier des mots. Elles se sont approprié le mot « progrès ». Mais l’arme s’est retournée contre elles. Au grand dam de la gauche, Donald Trump s’est révélé le génie du postmodernisme, allant jusqu’à emprunter sa « post vérité ». Aujourd’hui, le retour de balancier est violent. Tous les sujets portés par la « gauche de progrès » sont en danger, car ce type de procédé n’est pas compatible avec la balance de la justice. Il ne peut y avoir que des gagnants et des perdants. Qui a vécu par le glaive… ?

Rejet culturel ?

La gauche et la droite n’en finissent pas de sombrer.

Roche Tarpéienne et Capitole ? Il y eut un moment où elles pavoisaient. On entendait quelqu’un comme M.Kouchner dire que, au fond, il n’y avait pas grande différence entre elles. Et, surtout, elles se sont identifiées aux démocrates et républicains américains, jusqu’à s’appeler, effectivement, « républicains », pour la droite. M.Sarkozy n’avait-il pas fait tomber le mur de Berlin ?

N’est-ce pas là le noeud du problème ? Elles ont été prises en otage par une « élite », qui elle-même avait été convertie à ses valeurs par la soft power américaine ? Mais cela n’a pas été le cas du reste du pays, qui est restée attaché à ses valeurs anciennes. Si bien que cette élite ne représente plus rien ?

Mais elle domine toujours la politique locale. Car ses élus se contentent de faire leur métier ? Une bonne idée ?

Extrême gauche

« Extrême gauche » est un mot qui a changé de sens. Il y a des années, extrême gauche aurait fait dire, probablement, « anarchiste ». En tous cas, l’extrême gauche était associée au miséreux.

Maintenant « extrême gauche », particulièrement aux USA, signifie « haute bourgeoisie ». Plus exactement « haute bourgeoisie intellectuelle », le fameux Bobo, dont les modèles sont les rentiers français que furent Flaubert ou Baudelaire.

Quand V.Giscard d’Estaing a dit à F.Mitterrand qu’il n’avait pas le « monopole du coeur », aurait-il exprimé la frustration d’une certaine classe de la population ? Pour obtenir ce qu’elle désirait, aurait-elle utilisé ce qu’elle possédait : le langage ?

Gauche de progrès

Les mots jouent un rôle essentiel dans le changement. 

Le terme « gauche de progrès », par exemple. Qu’entendez-vous par « progrès » ? Probablement pas grand chose de très clair. Mais, qui est contre le progrès ? 

Et la gauche de progrès, qu’entend-elle par là ? A l’observer, il est probable qu’elle considère qu’il y a deux types d’êtres humains. Ceux qui inventent un monde joyeux de start up et « d’idées socialement avancées », l’élite ; et les esprits enténébrés, irrécupérables. 

Or, il est possible que la gauche ait toujours été de progrès. Et c’est peut-être pour cela que l’on n’a pas vu venir sa transformation. 

Quel était le sens original du mot ? On ne peut pas dire, à la naissance, ce que donnera un être humain, la société doit l’aider à « progresser », à « se réaliser », selon la terminologie de Maslow ?

Ne nous faisons pas payer de mots ?

Consécration ?

M.Mélenchon est devenu le leader de la gauche. 

Il a fait le même coup que Mme Le Pen. La gauche a abandonné le socialisme. Il l’a récupéré. Et elle est obligée de s’aligner derrière lui. Qui va à la chasse perd sa place. 

Même si je le connais peu, cela semble confirmer une de mes intuitions. M.Mélenchon est un Trotskyste. Et le Trotskyste est un ultra-libéral de gauche. Un individualiste forcené. Il ne craint rien tant que l’emprise de l’Etat. D’ailleurs, beaucoup de trotskystes ont basculé dans le néo libéralisme. 

Et c’est pour cela qu’il ne peut pas y avoir de parti trotskyste. Car tout trotskyste est, par construction, un « chef ». 

Bref, je pense que M.Mélenchon a toujours voulu être le « chef », mais n’a pas réussi à prendre la tête des socialistes. Alors, il a créé son mouvement. Et, ce fut long, mais il a gagné. Aurait-il inventé une nouvelle version, géniale ?, de « l’entrisme », la tactique du Trotskiste ?

Et il a adopté, je soupçonne, un positionnement qui est propre à la France : celui du conflit. C’est le paradoxe de Jaurès. Jaurès était modéré. Il avait vidé le Marxisme de sa substance. Et c’était un pacifiste, qui est mort pour la paix. Or, quand il a fallu unifier la gauche, il a cru que la violence populaire était légitime – contrairement à Clémenceau. C’est une solution de facilité. 

(Histoire des trotskistes : ici.)

Du social à l'idéal

La gauche a totalement évacué la question « sociale ». C’est étrange de se nommer « socialiste » dans ces conditions. Elle s’est passionnée, en particulier, pour de « grandes idées ».

Or, si l’on en croit les sondages, les partis qui portent ces « idées » représentent moins de 10% de l’électorat ! 

Ce qui fait la séduction des régimes dit « autoritaires », c’est qu’ils ont les pieds dans la réalité ? 

(PS. Article écrit avant les élections. Elles ont montré que les « grandes idées » étaient appréciées par bien moins de 10% des votants.)

Le changement et la gauche

Pour ma génération, la gauche, c’était la lutte des classes. C’était Marx, les Misérables, Germinal, camarade… Maintenant, celui qui parle au nom du peuple est un « populiste ». (Le terme n’a pas toujours eu sa connotation actuelle.)

En fait, mon étonnement ne ressortit pas tant à une question d’éthique, qu’au bon sens calculateur de l’intérêt à court terme : comment prétendre se faire élire, Mme Clinton, lorsque l’on se coupe de sa base, et d’autant d’électeurs ? 
Le changement c’est maintenant ?
France Culture consacrait à cette question une émission. Le sociologue interviewé définissait la « domination » moderne par la position que nous occupons au travail. Celui qui exécute, le « dominé » (dans sa définition mise à jour), représenterait 48% de la population. Il est plus souvent employé qu’ouvrier. La classe moyenne, dans une situation guère plus enviable, transmet les ordres, et le reste les donne. (Mais où sont les chefs d’entreprise, les indépendants, les agriculteurs et autres précaires, passablement « dominés » ?)
Paradoxalement, ce serait l’arrivée de la gauche au pouvoir qui aurait amorcé ce décalage vers la droite. A chaque élection, les promesses étaient trahies, et le mouvement s’accélérait. La gauche est dominée par des diplômés méprisants. Pour eux, nous sommes « la France moche ». 
Qu’en penser ? Je me souviens d’une dame du seizième qui me disait, en 81, que les ministres de gauche étaient inquiétants car ils n’avaient pas fait d’études. C’est tout le contraire aujourd’hui. 
La classe des (hauts) diplômés a pris le pouvoir et, comme l’aristocratie, elle agit selon ses intérêts ? Cette classe a redéfini ce que « gauche » signifiait ? La gauche ayant « le monopole du coeur », pourquoi devrait-elle avoir des scrupules ?

LRPS

Pourquoi les Républicains ne sont-ils que l’ombre d’eux mêmes ? se demandait France culture samedi matin. On pourrait aussi se poser la question pour le PS. A eux deux, un temps, ils se partageaient quasiment l’ensemble de l’électorat, à l’américaine, ou à l’anglaise. Ils étaient les vainqueurs de l’enterrement du projet de De Gaulle. 

Ce qu’il y avait de curieux dans le débat, c’est que l’on cherchait toutes les causes possibles, sans en voir une qui semble évidente : la personnalité des chefs du parti. Les candidats qui se portent bien dans les sondages semblent croire à ce qu’ils disent. Ceux de l’UMPS paraissent chercher les courants porteurs. Et si c’était, justement, cela que les électeurs avaient voulu « dégager » ? Et si l’UMPS avait été tué par sa masse, par son succès même : à la tête d’un appareil, il n’y a que des hommes d’appareil ?