Comment gagner des millions ?

Newspace. Une idée d’Elon Musk semble-t-il. Il faut mettre des tas de satellites en orbite. Les lanceurs traditionnels sont obsolètes. Au secours la start-up ! On va désormais lancer des fusées de partout sur la planète, peut-être même d’un jardin proche du vôtre. Et même d’avions.

Est-ce très écologique toute cette consommation d’énergie, et tous ces déchets spatiaux ?

En tous cas, c’est un des secteurs qui captent actuellement le plus d’argent.

La recette de la fortune ? Trouvez le mot qui fait rêver. Intelligence artificielle, new space, Xtech… Elon Musk est le Jules Verne de notre temps ? Et le financier, le dernier des poètes ?

Heureux effets du Brexit

L’Angleterre a trouvé un moyen de stimuler sa croissance : assouplir la législation bancaire résultant de la crise de 2008… Vive le Brexit, disaient des financiers au micro de la BBC.

Pourquoi n’y avait-on pas pensé plus tôt ? D’ailleurs, pourquoi ne pas abolir les « droits de l’homme », ils nous coûtent cher ?

On dit que la contrainte stimule l’innovation. Seulement, pour cela, il faut pouvoir disposer d’un cerveau en état de marche ?

Finance systémique

L’Angleterre vacille, Crédit Suisse et Deutsche Bank sont en difficulté, alors que ce sont des banques systémiques. Les assurances vies, et les fonds de pension sont en difficulté. Risque d’une crise financière ? (Article.)

Oui pour les fonds de pension (les assurances vies ne feront que des dommages à leurs adhérents), non pour les banques. La précédente crise systématique a renforcé leur système d’auto contrôle. (Une leçon ?)

En revanche, le danger vient, ce n’est pas une surprise, en France, de l’endettement de l’Etat et des entreprises.

« Dans le cas de la France, le risque financier est donc plutôt celui d’une faiblesse persistante de la croissance que d’une crise systémique, les banques françaises étant bien capitalisées. »

Et si l'on se passait de l'Etat ?

J’ai non seulement toujours tort, mais je suis aussi hautement influençable. 

Je travaille sur le financement de l’innovation. L’Etat fait beaucoup de chose pour l’aider, malheureusement on me dit, et je constate, que l’aide ne va « qu’au plus visible ». On me parle aussi de ce qui se fait en Allemagne, en Suisse et ailleurs : les banques locales y ont un rôle critique. Elles sont au coeur des tissus économiques des territoires. Non seulement, elles investissent vite et bien, mais, surtout, elles ont une compétence technique, qui leur donne les moyens d’assister le dirigeant, de le pousser à donner son meilleur. 

Comment adapter ces modèles à notre pays, me dis-je ? Jusqu’à ce que je m’intéresse à la Vendée, et que l’on me parle d’entrepreneurs de zones d’activité, qui détectent, par le bouche à oreille, des projets prometteurs et les font profiter de « financement participatif ». Or, c’est bien plus malin que le système étatique ou l’allemand. Non seulement l’entrepreneur lève de l’argent, mais il trouve beaucoup plus important : l’expérience de « pairs ». Et ceux-ci peuvent faire fructifier leurs ressources. En outre, c’est la réinvention des « noyaux durs » de M.Balladur : ce type d’entreprise est très difficile à saisir par le court-termisme du marché. 

(Quant à l’Etat, il conserve un rôle important, même en Vendée : il construit des routes.)

La bulle spéculative pour les nuls

La plupart des entreprises travaillent très dur et tirent le diable par la queue. D’autres ne produisent rien et valent cent milliards ou plus. La différence, c’est la spéculation. 

Pourquoi, chaque entreprise ne chercherait-elle pas à en tirer partie ? Pourquoi pas une chaire de spéculation à HEC, par exemple ? 

Les mécanismes spéculatifs ont fait l’objet de travaux d’économistes très sérieux, et sont forts complexes. Quoi qu’ils soient tout à fait rationnels. 

La technique de la bulle spéculative consiste à faire penser que, même si un bien ne vaut rien, il y a un consensus social selon lequel il y a de l’argent à gagner en pariant sur lui, lorsqu’il est à la hausse, et en se dégageant, avec célérité, lorsqu’il est à la baisse. Et il y a des leaders d’opinion, tels que Goldman Sachs en 29, pour montrer la voie. 

Il y a le degré zéro de la spéculation, la bulle spéculative évidente, telle que la voiture électrique, ou le moteur à hydrogène, il y a aussi l’art, le grand art. Et il consiste à prendre une activité totalement ringarde, les taxis ou les entrepôts, par exemple, pour en faire un nouvel eldorado, Uber ou Amazon. La sidération produit la spéculation. Les investisseurs de la Silicon Valley, qui avaient compris la valeur de start up de B.Obama, disaient que la bonne start up est un discours nouveau sur un sujet ancien. Mais ce n’est pas un art de brute. Il est tout en subtilités. The Economist, par exemple, a cru à la disruption de la prostitution. Flop. 

Ce n’est qu’un début. Tout le succès est dans la communication. Un travail de pro, d’Américain. Comme l’écrivait le professeur Trivers, un psychologue, ce qui fait le succès de l’escroc, c’est qu’il croit à ce qu’il dit.

Chief Speculation Officer

Un fabricant de voitures électriques qui ne vend rien a une valeur boursière qui dépasse celle des plus grands constructeurs. De l’irrationalité humaine et de la spéculation ? 

Et pourquoi les entreprises traditionnelles ne profiteraient-elles pas de ce phénomène ? Qui peut le plus peut le moins ? Après, la créativité comptable et les Chiefs Revenue Officers, le Chief Spéculation Officer ?

(FT annonçait : Rivian, the electric vehicle maker that has yet to record any meaningful revenue, surged on its Nasdaq debut, with an opening market value of more than $100bn, greater than Ford and General Motors.)

Corde et capitaliste

Nous allons être sauvés par Poutine ! Les bourses s’enflamment. 

(FT, hier : « Equities climb as investors bet that Russia will help Europe avoid energy crisis. European and UK gas prices fell in early trading after a chaotic Wednesday that saw UK futures contracts climb almost 40 per cent before Russian president Vladimir Putin said his country was prepared to stabilise the market.« )

M.Poutine a profité de la pénurie d’énergie, pour réduire notre approvisionnement. Maintenant, il nous dit : construisez le pipe line dont vous ne voulez pas, et je vous sauve. 

Grosses ficelles, première leçon du jeu d’échec pour les nuls, mais ça marche. Car le financier est un animal. « Greed and fear », dit-on dans son langage. Et dire qu’il veut gouverner le monde… 

Financement local

Et si l’on finançait localement l’économie locale ? C’est le combat de Territoires et financements innovants. Idée qui mériterait d’être étudiée ?

En effet, c’est une des forces de l’Allemagne. Les banques régionales sont des investisseurs patients, de long terme, pour les entreprises régionales. En cas de difficultés, on peut compter sur elles. Voilà qui est bénéfique pour l’économie locale, et donc nationale. 

En outre la solution alternative, le capital risque, est extraordinairement dangereuse. En effet, il demande des taux de rentabilité invraisemblables, à relativement court terme (par exemple un doublement de la valeur de l’entreprise à 5 ans). Ce qui conduit, comme le note Michael Porter, à de la « cavalerie ». C’est fatal à l’entreprise, et au petit porteur. 

Seulement, ce n’est pas simple à mettre en oeuvre. Il faut un véhicule, et aussi un état d’esprit. Si l’on croit ce que l’on entend, les banques allemandes, contrairement, par exemple, à l’Etat français, sont de bons (de réels) investisseurs : elles ne sont pas passives. 

(On dit d’ailleurs la même chose des syndicats allemands, qui se comportent comme des investisseurs, et non des défenseurs de droits acquis.)

Wall Street et la Chine

« Wall Street’s new love affair with China. At a time of growing geopolitical competition, US and European investment firms are plunging into the Chinese market. » disait le Financial Times. 

Les délocalisation, aussi, s’accélèrent, semble-t-il. 

Que se passerait-il si la Chine déclarait la guerre à Taiwan ? Nos Etats viendraient au secours de nos multinationales en faillite ? 

Défaillance du marché ? Plus le risque grandit, plus les profits possibles le font aussi, et moins il y a de place pour la prudence ? 

GameStop

Un temps, j’ai été bombardé de nouvelles de l’affaire « GameStop ». 

De quoi s’agit-il ? D’un jeu américain. Faire de l’argent avec de l’argent. La spéculation. Il existe une profession dont le métier est de parier contre un cour de bourse (par exemple celui de Tesla). Cela se fait en vendant à terme des actions que l’on n’a pas. Si le prix baisse, on a gagné. Mais s’il augmente, c’est raté. Et cela, comme souvent, produit un cercle vicieux. Car dès que les prix montent, tous les vendeurs à terme doivent acheter des actions pour pouvoir respecter leur contrat, ce qui fait monter l’action… Si vous voulez gagner beaucoup, il faut donc faire comme les vendeurs à découvert, mais contre eux : acheter des actions contre lesquelles ils ont joué. Si vous êtes assez nombreux à le faire, le cercle vicieux démarre. Ils sont pris à la gorge. 

Comme dans toutes les spéculations, celui qui gagne est celui qui lance le mouvement. Cela attire une foule de gogos, dont les dernières générations se font prendre à revers. Car, il y a toujours un moment où celui qui était au début juge qu’il a assez gagné. Le cercle vicieux part à l’envers. 

Dans ma jeunesse, on m’a dit que les marchés financiers étaient parfaits, et que cela avait été démontré par des prix Nobel…