Étiquette : Faurie
Comment les livres s'écrivent-ils ?
J'ai pensé à tout… et pourtant ça ne marche pas… mon cinquième livre est paru !
Mon cinquième livre est sorti. Pour en savoir plus, cliquer ici.
J’en profite au passage pour remercier Henri Kaufman. Il dirige la collection qui m’édite. C’est un homme surprenant. A une heure où nous sommes tous devenus des bonnets de nuit, lui est resté étonnamment jeune. A soixante-dix ans. Il est d’une rare fantaisie, et pourtant d’un grand sérieux. C’est aussi quelqu’un qui a été enthousiasmé par mon projet, et, cela n’allait pas de soi, par le livre qui en a résulté. Enthousiasme que j’avais perdu. Cela m’a fait immensément de bien de le retrouver.
(Et une pensée amicale pour Hervé Kabla, qui est à l’origine de la rencontre…)
Le changement, ça s'apprend
Mon quatrième livre est sorti…
En trente ans, le monde s’est métamorphosé. Et nous, avons-nous changé ? « Le changement nous à pris à la gorge », selon l’expression de Churchill. Les causes de la crise sont là.
Nous devons « changer pour ne pas changer » dit ce livre. Nous devons saisir les occasions de faire triompher ce qui compte pour nous. Et changer n’est qu’une question de techniques. C’est du travail, pas un miracle. Le changement, ça s’apprend !
Très pédagogique, cet ouvrage est destiné au manager ou à l’étudiant. Il présente les fondamentaux de la conduite du changement, des outils pratiques et des conseils mais aussi de nombreux exercices d’application et des cas tirés de situations réelles.
(Acheter chez Studyrama ou Amazon…)
Pour en savoir plus…
DEUX PARTIES
- Une introduction aux grandes questions que soulève la conduite du changement : le sujet en bref, exercices de familiarisation et références d’approfondissement.
- Cas d’application (réels).
GRANDS THÈMES
- Comment préparer un changement ? En quelques questions.
- Qu’est-ce que le changement ? Définitions et conséquences.
- Psychologie et changement : deuil, injonction paradoxale, irrationalité et résistance au changement.
- De l’importance d’une pensée systémique pour bien aborder le changement.
- L’animation ou le contrôle du changement.
- L’anthropologie, science, par excellence, du changement.
- La communication dans le changement.
- Décoder une organisation : le paradoxe.
- Aborder un changement, et conseils pratiques. En particulier, rattraper un changement mal parti.
Darwin et Lorenz en ont rêvé, la FSE l'a fait!
50, 17 et 2!
Tiercé gagnant? non bien mieux!
50 car c’est dans ma cinquantième année que je connais l’aboutissement d’une évolution d’espèce unique, l’expert.
17 c’est le nombre d’années d’observation de cette évolution
2 c’est le temps d’une métamorphose éphémère ou éternelle.
La semaine dernière se déroulait l’assemblée générale de la jeune Fédération des Sociétés d’Expertise (FSE) au cours de laquelle la charte RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) a été approuvée à l’unanimité, puis ratifiée par l’AG ordinaire.
Cette charte est née en mars 2010, d’une feuille de route simple : « les assureurs ont défini une charte du développement durable, comment devenir un interlocuteur utile de nos donneurs d’ordre sur ce sujet tendance?« .
Après moins de deux ans de réflexion, conception, conviction, la charte est donc acceptée avec motivation par « les vieux sages du bureau ».
Son originalité, un mélange de simplicité et de profondeur. Elle définit la place et le rôle de l’expert dans la Société et propose des axes pour conduire le changement (merci Christophe) et pour que l’expert puisse jouer ce rôle central unique avec l’ensemble de ses parties prenantes.
Même s’il a fallu une chercheuse universitaire, N. RAVIDAT, le spécialiste de la conduite du changement, C. FAURIE, et le pape des médias sociaux, H KABLA, pour convaincre les Anciens du bureau, leur évolution est remarquable à plus d’un titre :
– En premier lieu, depuis 17 ans, j’observe ces Anciens (m’sai africain) qui sont tous à la tête d’une organisation qui représente l’évolution d’une profession à l’origine libérale, respectée et libre.
Poussée par les assureurs, cette profession s’est structurée, hiérarchisée pour survivre au sens de DARWIN.
Ces individus solitaires se sont adaptés pour évoluer en organisations multi-métiers adaptées à leur nouvel environnement.
Paradoxalement, elle reste en danger!
– En second lieu, ces Anciens sont en fin de carrière – réussie – et ne semblent plus avoir grand chose à prouver, ni à craindre.
– Cependant, leur instinct qui a fait leur réussite, fonctionne toujours avec discernement, et ils sentent ce monde qui ne cesse de se modifier plus vite plus fort, et qui veut leur échapper…
Le projet de charte RSE comme un catalyseur diffus est venu titiller cet instinct animal endormi.
La démarche intellectuelle suivie par ces meneurs d’hommes en 2 ans est remarquable.
Ces Anciens sont passés du sourire condescendant devant ce sujet hochet : le développement durable, à une motivation, qui même contenue, mérite le respect.
Ils ont su voir « Le » projet qui permettra à la profession de répondre à ses défis pour prendre sa place centrale dans son écosystème.
Mais, à y regarder de près, quel intérêt avaient-ils à s’engager dans la démarche que propose une telle charte novatrice, qui impose de conduire le changement avec des parties prenantes aussi puissantes et malvoyantes que les assureurs?
La réponse reste à construire!
J’ose y discerner un message très fort à la génération qui suit :
Nous, les Anciens forts de notre riche expérience, avons pétri ce projet d’avenir. A vous jeunes générations de vous engager sur cette trajectoire. Devenez acteurs de la transformation de notre profession et responsables de notre avenir collectif.
Ce projet ambitieux propose donc, ni plus ni moins, de faire évoluer l’écosystème des experts basé sur le rapport défensif, brutal et destructeur entre capitalisme et éthique vers un modèle de coopération, d’échange, de partage d’intérêts, de co-conception qui s’inscrit dans la durée… comme tout écosystème naturel.
Alors, chapeau les Anciens!
Je ne connais pas d’espèce capable de ce genre de preuve d’amour filial, conscient…!
Je suis donc fier d’avoir vécu cette expérience unique.
« Le plus beau métier est d’unir les hommes » Antoine de St Exupéry
La dialectique de l’expert
Connaissez-vous le métier d’expert auprès des assurances ? Je vais vous l’expliquer en un cas, comme à Harvard. Vous y verrez qu’il n’a rien à envier au Juge Ti, selon Christophe FAURIE.
Tout commence par l’appel du service sinistre d’un assureur. L’entretien est bref. L’expert repose le combiné. Il relit ses notes. Il a tiré un dossier explosif.
Le dossier
Les parties prenantes du sinistre :
l’assuré : un sous traitant d’un fabriquant de produits pharmaceutiques étranger
le tiers : le laboratoire pharmaceutique
l’assureur à deux têtes : le siège et l’agent local
et l’expert en Responsabilité Civile
Le résultat de l’expertise initiale :
L’origine du sinistre est rapidement connue, acceptée et assumée : une contamination bactérienne sur un lot sur lequel le sous-traitant est intervenu
la relation contractuelle entre les deux partenaires étant clairement établie, la prestation définie, le prix convenu, la responsabilité du sous traitant est donc évidente.
Ça se complique
Reste la définition de l’indemnité à verser au tiers.
L’expert découvre un accord contractuel entre les deux partenaires. Il définit les modalités d’indemnisation en cas de litige. Cet accord a été respecté et le fabricant indemnisé. Pour ce dernier le dossier est clos.
L’expert indique que cet accord n’engage pas l’assureur du sous traitant et qu’il souhaite donc en connaître la teneur pour évaluer l’indemnité due.
Le fabricant ayant déjà été indemnisé et voulant protéger ses secrets de fabrication filtre ses informations à l’expert. Celui-ci doit calculer alors avec impartialité une indemnité sur la base des informations connues et de l’état de l’art du métier. Résultat : le sous-traitant serait remboursé du tiers de l’indemnisation qu’il a payée.
Et ça devient explosif
- l’assuré (le sous traitant) est furieux et menace de ne plus livrer son donneur d’ordre.
- l’agent d’assurance prend peur : le contrat vendu à son assuré (le sous traitant) était-il inadapté?
- le fabriquant se braque : pas question de livrer les modalités de calcul de ses prix de revient
La dialectique de l’expert
Et voilà, on est revenu au début du cas : l’assureur appelle un nouvel expert pour démêler la pelote.
Le dit expert interroge les protagonistes de l’affaire. Voici ce qu’il apprend :
- L’agent redoute de perdre son client, et sa réputation. Il critique le premier expert.
- Le fabricant, première rencontre : êtes vous sûr d’être bien protégé par votre accord contractuel pour tout sinistre???
- L’assuré (le sous traitant) : je veux travailler avec le fabricant mais pas avec un accord inadapté.
- Le fabricant, deuxième rencontre. L’entreprise utilise un procédé très particulier qui consiste à travailler avec des souches bactériennes vivantes. Ce travail sur le vivant impose de la souplesse au mode de fonctionnement du fabricant.
Résultat :
L’expert réalise alors que le contrat auquel s’accroche le fabricant n’est pas dans son intérêt. Soit le sinistre porte sur des petites quantités, et l’accord contractuel est pénalisant pour le sous traitant et le fabricant peut être attaqué (enrichissement sans cause). Soit le sinistre est important, et le fabricant est très mal protégé.
Curieusement, on trouve alors une solution mutuellement satisfaisante.
Le fabricant renonce à son accord type, et accepte que l’indemnisation se fasse « à dire d’expert selon la réalité du sinistre » (c’est-à-dire en utilisant le calcul initial fait par l’expert). Ce faisant, il est soulagé de s’être tiré d’un contrat dangereux.
L’assuré est ravi, il peut reprendre sa collaboration sur des bases certaines et justes.
L’agent a pu démontrer à son client qu’il était efficace et son contrat adapté.
Le siège de l’assureur est soulagé d’avoir évité une crise.
Le premier expert est heureux que sa compétence ait été reconnue.
Et voilà, les mérites de la dialectique ont été à nouveau démontrés, se dit le second expert. N’est-ce pas comme cela que l’on construira un monde durable ?
Mais le dossier explosif menace l’expert, comme l’insecticide l’abeille… sa vie est une vigilance sans fin.
Christophe Faurie
Il y a quelques mois Thomas Blard a fait de moi une interview. Je ne me souvenais pas de ce que j’avais dit, l’entretien n’ayant pas été préparé, et moi ayant répondu sans beaucoup de réflexion aux questions posées, un peu surprenantes. Y avait-il un thème à ressortir de mes propos ? me suis-je demandé. J’ai donc regardé la vidéo de l’interview.
En fait, je n’en sais toujours rien. Je ne me suis pas vraiment écouté. J’étais tout au spectacle. C’est extraordinaire à quel point Thomas passe bien. On ne s’invente pas journaliste. Quant à moi, je me trouve beaucoup mieux que ce que j’attendais. Un peu savant nimbus, certes, mais s’il fallait refaire cet entretien, je ne suis pas sûr que je répondrais aussi bien. Suis-je le seul à en comprendre le sens ? Je finis par croire, comme le groupe Anvil, que dans certains cas on n’a de responsabilité que vis-à-vis de soi…
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