L’homo en Europe

Pourquoi les espèces anciennes d’hominidés sont elles arrivées si tardivement en Europe, se demandait Carbone 14, du 17 février (France culture).

Cela ne tiendrait-il pas à ce qu’il y a eu deux temps dans l’histoire de l’homme ? Dans un premier, il était une espèce comme une autre, qui se déplaçait au gré des événements, avec le reste de son écosystème. Puis il a inventé l’agriculture et l’élevage et a fixé son écosystème, une bonne fois. Plus exactement, il l’a emmené avec lui.

Idiot ?

L’homme qui valait des milliards

Dans mon enfance, il y avait un feuilleton qui s’appelait « l’homme qui valait trois milliards ». Apparemment, c’était des anciens milliards, car le titre original serait « six millions de dollars ». Histoire d’un astronaute réduit en pièces, après un atterrissage raté, et qui est reconstruit avec l’état de l’art du progrès. (Il ne valait pas cher, à l’époque.)

En fait, c’est une escroquerie. Nous sommes à des années-lumières de savoir produire des matériaux aussi performants que ceux qui constituent notre corps. C’est d’ailleurs une des raisons de l’intérêt que l’on porte au biomimétisme.

Mais, le plus étonnant est que, comme les animaux, nous sommes faits de beaucoup de choses qui ne semblent pas avoir une utilité évidente, comme, par exemple, le menton. Ou même les cils et les sourcils.

Je me demande si tout cela ne s’explique pas par « l’esthétique », un mot que l’on utilise lorsque la raison est à genoux. Une sorte de génération d’idées aléatoires, dont certaines plaisent au peuple, on ne sait pas pourquoi, et qui ont pour caractéristique d’avoir des effets sociaux. Le paon a de belles plumes, ou l’homme un menton, non parce que cela trahit des gènes efficaces, mais parce que cela produit des rites qui soudent le groupe ? Ou encore que la vie est création, et que la création est un effet heureux du hasard ?

(Réflexions venues de The body : a guide for occupants, de la BBC.)

Bruit et ADN

We give our genes and our environment all the credit for making us who we are. But random noise during development might be a deciding factor, too.

Article de Quanta Magazine

Aurais-je raison, pour une fois ?

Jusque-là le scientifique pensait que nous étions totalement déterminés par notre ADN. Décoder l’ADN c’était tout savoir, et tout résoudre.

En fait, on constate que le hasard, le « bruit », joue un rôle critique dans la création de l’individu, si bien qu’il y a de populations entières de clones, tous ayant le même ADN mais ni le même comportement ni la même apparence. Ce « bruit » serait particulièrement important dans la création du cerveau humain…

Une confirmation de ma théorie selon laquelle la nature sélectionnerait la diversité ?

It’s known that random noise is critical to the survival of bacteria and other single-celled asexual organisms. For them, random fluctuations allow for an evolutionary strategy known as bet hedging: The temporary, random introduction of variants into a population improves the species’ chances of survival should environmental conditions change. For instance, among infectious bacteria, the presence of a few “persister” cells that randomly shift into metabolic dormancy can help the population survive doses of antibiotics that wipe out the rest.

Parasitisme

Drôle de chose que le parasitisme. Une espèce vit aux dépends d’une autre. Et il y a certains types de parasitisme qui sont féroces : un être a pour unique utilité de fournir de la nourriture à la larve d’un autre. (Il faudrait se renseigner pour savoir si l’homme ne se livre pas à ce type de parasitisme, en particulier lorsqu’il utilise les animaux comme cobayes ?)

On aimerait que le parasitisme ait une utilité, qu’il ne soit pas pure cruauté ? Au moins, il permet de nourrir le parasite, qui a peut-être un rôle à jouer dans le concert naturel. Dans certains cas, le parasitisme deviendrait coopération. Ce qui se passe durant les guerres : on se fait des amis des ennemis coriaces. Plus curieux : parasite et parasité semblent évoluer ensemble. Tout n’est que changement ?

(Venu de In our time, de BBC4. Question : dans sa lutte contre le parasite, et si le parasité acquerrait des facultés utiles ?)

(Une histoire surprenante de parasitisme.)

Etre et changement

Curieuse chose qu’une société. L’enfant remplace l’homme. Et, pour cela, il doit repartir de zéro. Et la transmission se fait, finalement, très peu par l’école. D’une génération à l’autre, beaucoup se perd. Et l’on perd surtout les raisons des comportements collectifs un moment dominants, qui résultent de l’expérience. L’hédoniste M.Clinton se souvenait-il, quand il les a démantelées, que les lois qui contrôlaient la finance, étaient une réaction à la crise de 29, vue comme l’origine de la seconde guerre mondiale, et du nazisme, menace d’anéantissement de l’humanité ?

Il est possible que ce soit ainsi que procède la vie. Elle est recréation permanente. Comme il y a continuité, il y a souvenir. Mais un souvenir imparfait, qui parfois est interprétation erronée.

Phénomène bizarre. Ce changement est double. Il y a un changement apparent, qui n’en est pas un parce que ce n’est qu’une reproduction par d’autres moyens de l’existant, et un changement dissimulé, mais qui, lui, produit des résultats, qui correspond à une nouvelle interprétation, peut-être erronée, de ce qui précédait, comme l’histoire de la plume, peut-être accessoire esthétique ou thermique, devenu moyen de transport.

Dans ces conditions, y a-t-il un peu de continuité ? Un « principe » fondamental, parvient-il à se maintenir ?

Lunettes décoratives

A un moment, il est devenu à la mode de mettre ses lunettes sur son crâne. Les femmes trouvent que cela fait chic, et les hommes pensent que cela cache leur calvitie.

L’autre jour, j’ai identifié une innovation : sur le sommet d’une tête, des lunettes qui visiblement n’étaient pas faites pour la vue, mais qui étaient assorties à une robe.

Voilà qui semble être le type de changement qu’a adopté la nature depuis la nuit des temps : elle semble sans arrêt trouver de nouveaux usages à ses « fonctions », si bien que, bien vite, la fonction initiale est oubliée.

Le sort des lunettes ?

Hybrides

Prête-t-on suffisamment attention aux hybrides ?

L’hybridation permet le partage de gènes. Et le gène c’est la mémoire de l’expérience !

Paradoxalement, ça peut être la meilleure, et la pire des choses.

Imaginons que le climat se réchauffe. Eh bien, nous auront intérêt à nous croiser avec des individus qui sont habitués à ces nouvelles conditions. De même les croisements permettent aux plantes d’éviter les maladies. Et l’on a intérêt à multiplier les variantes.

Mais, le partage n’est pas toujours bon. Deux gènes ont parfois des effets contraires, ce qui peut, par exemple, produire des cancers foudroyants.

En conséquence, parler « d’espèce » est trompeur. La vie n’est que changement. Et, probablement, plus grande est la diversité, plus l’est aussi la capacité de l’ensemble à traverser les épreuves de la vie…

(Inspiré, comme d’habitude, de In our time, de la BBC.)

Science et vie

Le scientifique cherche la vie. Il est sûr qu’il la trouvera. Elle est sur une planète qui ressemble à la Terre.

Mais qu’est-ce que la vie ? Il ne semble pas s’être posé la question. Implicitement, il estime que c’est « quelque-chose » qui ressemble à nous. Il y a des gens comme nous quelque-part.

Or, le monde est d’une complexité invraisemblable. Nous sommes issus de milliards d’années d’accidents. Pourquoi cette suite de hasards se serait-elle reproduite ailleurs ? Pourquoi, plutôt, ne pas définir la « vie », comme une sorte de niveau de complexité supérieure. (Que Jay Gould, d’ailleurs, ne croyait pas fatalement encouragée par la sélection naturelle.)

Et, ne faudrait-il pas avoir peur de cette vie extraterrestre ? Car, comme dans la Guerre des mondes, et comme on l’a vu lors de toutes les conquêtes humaines, ce qui caractérise la rencontre entre deux communautés jusque-là isolées, c’est l’épidémie !

Décidément, la science ne favorise pas la pensée complexe ?

Homo erectus

Homo erectus est celui de nos ancêtres qui a le mieux réussi. Il a duré 2m d’années.

Son évolution paraît illustrer la complexité du changement. Sa station debout lui a non seulement permis de libérer la main, mais aussi de se débarrasser de son pelage, ce qui l’a rendu capable d’évacuer la chaleur de l’effort en continu, et donc de devenir un coureur de fond, ce que n’est aucun autre animal. Il pouvait épuiser sa proie. Sa grosse tête serait le résultat d’une sélection naturelle qui veut que la femelle préfère les jolis coeurs inventant des bobards. En même temps, cette tête lui a permis de construire des sociétés complexes, qui sont sa meilleure assurance sur la vie. Sociétés dans lesquelles il est parvenu à vivre, parce que son niveau de testostérone a chu.

Voilà ce que j’ai retenu de In our time de la BBC. (Il n’est pas dit que je ne sois pas passé à côté d’informations essentielles.)

J’en ai aussi retenu que tout cela n’était qu’hypothèses. Et que la science de ma jeunesse, qui affirmait, a fait son temps.

Mauvaise histoire ?

Il y a quelque-chose qui ne me va pas dans Le nom de la rose, et ce type d’ouvrage écrit par un moderne sur un temps ancien (comme toutes ces enquêtes que diffuse la BBC, et qui m’amènent à écrire ce billet !). Il me semble qu’on projète des idées modernes sur un monde ancien. 

Ce que j’aime, au contraire, ce sont les anciens parlant d’eux-mêmes. 

Il me semble que le monde se crée en permanence, et donc que l’individu est toujours confronté à des problèmes que personne n’a rencontrés avant lui. 

Ce qui est intéressant est de voir ce qu’il fait alors. C’est rarement glorieux, mais il y a parfois des moments d’humilité et de grâce…