Biais gouvernemental

On entend dire que, du fait de la guerre d’Iran et de ce qu’elle révèle de notre dépendance au pétrole, il faut adopter un programme d’électrification, en urgence. Or, est-ce la seule solution ? Est-ce une bonne solution ? 

Il y a des gains énormes à effectuer en réduisant les pertes d’énergie ou en récupérant l’énergie perdue (cf. le séchage industriel, mais surtout l’énergie évacuée par les centrales nucléaires, ou encore le nettoyage des moteurs). De plus un savoir-faire dans ce domaine est exportable. 

Curieusement, notre gouvernement paraît victime d’un biais cognitif : il semble obnubilé par l’électrique, les éoliennes, les panneaux solaires, l’isolation de l’habitat individuel. Il ne parle pas d’amélioration de l’existant et d’entreprise, or c’est là qu’il y a le plus à gagner. Et ce à la fois en termes d’efficacité et d’économie nationale (de PIB), voire de souveraineté. Car la politique gouvernementale nous rend dépendants de technologies maîtrisées par d’autres, alors que l’amélioration de l’existant requiert des techniques traditionnelles.

Quelqu’un sait-il expliquer ce constat surprenant ?

Gaz liquide

Gaz liquide, une fois de plus l’UE est le dindon de la farce. Elle a confié son sort à la Russie, puis aux Américains. C’est ce que j’ai entendu dire à l’émission de Christine Ockrent.

Allons nous être sauvés par l’énergie nucléaire ?

Par ailleurs, me dis-je, elle pourrait être une réponse à la menace que constituent les terres rares (billets précédents). Mais une planète couverte de centrales nucléaires serait-elle très durable ?

En tous cas, l’état précaire de l’UE semble en dire long sur ceux qui l’ont dirigée et qui ne se sont pas privés de critiquer ses populations. Ils ont prôné la lutte contre le réchauffement climatique, mais, contrairement aux Chinois, l’intention n’a pas été suivie d’action ; ils ont absorbé sans le moindre esprit critique tout ce qui se disait aux USA, à commencer par l’inutilité de l’industrie ; ils ont raconté qu’il fallait commercer avec la Chine et la Russie, au prétexte que cela en ferait des amis, alors qu’ils vendaient la corde pour nous pendre…

C’était des esprits purs qui avaient tout intérêt à croire ces belles théories ?

L’homme et l’énergie

L’évolution humaine pourrait s’expliquer par une question d’énergie disait un cours du Collège de France. Une énergie consommée par le cerveau. Cela ressemble à ma vie professionnelle : l’histoire de notre espèce est celle d’un permanent « reengineering » de façon à faire des économies d’énergie d’une part, pour que, d’autre part, le cerveau puisse consommer toujours plus.

La bipédie aurait été un premier coup de génie. Puis une modification de notre alimentation aurait permis à notre système digestif de gagner massivement en productivité. Gain récupéré par le cerveau. Enfin, la conception de l’enfant, elle même, serait optimisée.

Il commence par avoir un exceptionnellement petit cerveau, par rapport aux autres primates. Si bien que, dans le ventre de sa mère, il consomme peu. Sorti de là, ce cerveau se développe rapidement, consommant initialement 70% de l’énergie qu’il reçoit. La mère ne peut y suffire, et le sèvre rapidement. C’est alors à la communauté de l’alimenter.

(Prochaine étape : transhumanisme, de façon à pouvoir utiliser l’énergie des centrales nucléaires ?)

Rendements décroissants ?

Tech industry taps old power stations to expand AI infrastructure

Financial Times, 22 août

L’Intelligence artificielle serait-elle un leurre ? Elle nous fait croire qu’elle va nous remplacer, pour cela, elle a besoin de plus en plus d’énergie. Et, encore, en dehors d’actions publicitaires, elle ne fait encore rien. Imaginons qu’elle soit réellement employée, elle mettrait les ressources terrestres à plat !

Et les écologistes, que font-ils ?

(Suite : « AI-powered coding pulls in almost $1bn of funding to claim ‘killer app’ status
Software engineering attracts investors but making money from generative artificial intelligence still eludes many
 » – FT du 23 août.)

Ivre de puissance

Nuclear industry strains to meet demands of power-hungry data
AI and crypto are driving soaring usage that next-wave technology may struggle to meet

Financial Times du 21 mars

Un ami écologiste me dit que le véritable problème de notre société, c’est l’énergie. Elle en veut toujours plus.

Un paradoxe est qu’elle en consomme toujours plus pour des applications toujours plus anecdotiques, et, apparemment, toujours plus « vertes » et bien pensantes…

(Je demeure convaincu qu’en attendant un hypothétique changement de comportement, il s’ouvre un énorme marché pour la réduction de la consommation d’énergie du secteur numérique. Avis aux amateurs.)

Fusion nucléaire

On n’en parle pas beaucoup, mais la fusion nucléaire résoudrait tous les problèmes actuels de la planète.

Le principe est simple : imiter le soleil. Le soleil tire son énergie de ce qu’il transforme de l’hydrogène en hélium. Comme l’hélium est un peu moins lourd que les deux hydrogènes qui le constituent, cela produit l’énergie, selon le fameux E=mc2.

Mais voilà, les progrès sont poussifs. Un grand projet est en cours. Mais ses étapes se comptent quasiment en demi-siècles !

En tout début de carrière, j’ai rencontré des concepteurs du grand projet mondial ITER, qui sortira probablement de terre bien après mon décès, et qui ne sera, encore, qu’un prototype. La bureaucratie au pouvoir ?

Qu’est-ce qui pourrait accélérer le mouvement ? La science, d’abord. Ne pourrait-on pas chercher d’autres moyens que ceux du soleil pour fusionner des atomes ? D’ailleurs, la science n’est que hasard. Il est probable que s’il y a solution, elle viendra d’où on ne l’attend pas. Mais, a-t-on encore des chercheurs, ou plus que de « l’intelligence artificielle » ?

Et il y a la concurrence. Pas celle des start up, qui n’ont probablement pas les moyens de réussir, mais celle des Etats. La coopération, surtout quand elle a pour raison l’économie (!), n’est pas une bonne idée. Les guerres ont fait des miracles pour l’avancée scientifique.

Energiques Allemands

Je lisais (politico.eu), il y a quelques-temps, que si l’Allemagne s’opposait au nucléaire français, c’était par peur de perdre ses entreprises !

La question du prix de l’énergie est si aiguë pour elles, qu’elles pourraient venir en France.

Voilà qui est inattendu. Et qui montre que l’Allemagne pourrait être un géant au pied d’argile.

En tous cas, il me semble que les problèmes de chacun des membres de l’UE devraient être considérés comme des problèmes de la communauté…

La transition climatique de M.Poutine

« L’isolation d’une maison au Royaume-Uni ne réduit la consommation de gaz que pendant la première ou la deuxième année, toutes les économies d’énergie disparaissant à la quatrième. C’est ce dit une étude de Cambridge, qui suggère que toute économie réalisée par l’installation d’une isolation écoénergétique est annulée par une augmentation constante de la consommation d’énergie. » (Nouvelle de l’Université de Cambridge)

Est-ce différent chez nous ?

Les systèmes naturels ressemblent à des thermostats. De même qu’il ne sert à rien d’ouvrir une fenêtre pour faire baisser la température d’une pièce qui en possède un, de même, une réforme qui ne comprend pas le système qu’elle veut changer échoue.

Résultat de systémique qui n’est pas enseigné à l’ENA. Mais certainement au KGB : M.Poutine a été plus efficace que toutes les réformes. Il a trouvé le levier du changement.

Communication gouvernementale

Innovation de 2022 ? Le gouvernement s’est mis à dire la vérité. Après l’avoir nié, il a avoué qu’il y aurait probablement des coupures de courant.

Puis il a expliqué comment il allait y faire face.

Et cela n’a pas provoqué de révolution. Personne n’a demandé la tête des coupables de, grande, légèreté.

Et il a peut-être tout à y gagner : s’il y a coupures, on aura été prévenus ; sinon, on le remerciera de son efficacité.

Va-t-il enfin abandonner le vieux démon de la « maginite » : « dormez bien » ?

Un voeu pour le nouvel an ?